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Référence

Lexique

Définitions des termes techniques et acronymes employés dans les analyses. Chaque terme liste les articles qui l'utilisent.

Finance & économie

PRA· Prime de Risque Actions
Surplus de rendement exigé par les investisseurs pour détenir des actions plutôt que des obligations sans risque. C'est la différence entre le rendement attendu du marché actions et le taux sans risque. Elle varie selon le régime macroéconomique et l'appétit pour le risque des investisseurs.

Ex. : Après le krach de mars 2020, l'écart entre le rendement attendu des actions et le taux sans risque bondit temporairement de 2 points : cette hausse mesure directement la PRA, qui reflète l'aversion au risque accrue des investisseurs en période de stress.

Canal d'actualisation
Mécanisme par lequel une hausse des taux directeurs fait baisser mécaniquement la valeur actuelle des flux futurs des entreprises : en augmentant le taux d'escompte utilisé pour les valoriser. Distinct du canal de prise de risque.

Ex. : La BCE relève ses taux de 0 à 4 points de pourcentage : le taux d'actualisation des flux futurs d'une entreprise augmente d'autant, réduisant mécaniquement la valeur actuelle de ses projets à long terme.

Canal de prise de risque
Mécanisme comportemental par lequel un choc de politique monétaire modifie l'appétit des investisseurs pour le risque, et donc la prime de risque exigée. Un resserrement perçu comme punitif peut accroître la prime de risque même en l'absence de variation des fondamentaux.

Ex. : Lorsque la Fed maintient les taux proches de zéro pendant une décennie, les fonds de pension contraints de servir leurs engagements migrent vers des obligations high yield et des actifs alternatifs plus risqués.

VAR· Vecteur AutoRégressif
Modèle économétrique multi-équations dans lequel chaque variable est expliquée par ses propres valeurs passées et celles des autres variables du système. Utilisé pour identifier les effets dynamiques d'un choc de politique monétaire sur les cours boursiers et la prime de risque.

Ex. : Une banque centrale estime un modèle VAR à trois variables (taux directeur, inflation, cours boursiers) pour mesurer combien de trimestres il faut à un choc de taux d'un point pour se transmettre pleinement aux marchés actions : ce délai de transmission, pas une perte instantanée, est ce que le modèle identifie.

DSGE· Dynamic Stochastic General Equilibrium
Modèle macroéconomique calibré sur des fondements microéconomiques explicites (ménages, firmes, banque centrale), permettant de simuler l'effet de chocs exogènes (comme une décision de politique monétaire) sur l'ensemble de l'économie.

Ex. : La Banque de France utilise un modèle DSGE pour simuler l'impact d'un choc pétrolier de +30 $ sur l'inflation et le PIB français à horizon 2 ans, intégrant les comportements optimisateurs des ménages et des entreprises.

ACP / PCA· Analyse en Composantes Principales
Méthode statistique qui réduit la dimensionnalité d'un ensemble de données en extrayant les axes de variance maximale. Dans le cadre de Duarte & Rosa, elle agrège vingt modèles de prime de risque en un indicateur synthétique.

Ex. : Sur un portefeuille de 50 actions, l'ACP extrait 3 composantes (croissance, value, momentum) qui expliquent 70 % de la variance totale des rendements, réduisant drastiquement la dimensionnalité du problème.

Duration
Mesure de la sensibilité de la valeur d'un actif à une variation des taux d'intérêt, exprimée en années. Une duration longue signifie que la valeur de l'actif est très sensible aux variations de taux : ce qui s'applique aux obligations longues mais aussi aux actions dont les flux de trésorerie sont très éloignés dans le temps.

Ex. : Une obligation à 10 ans avec une duration de 8 ans verra son prix chuter d'environ 8 % si les taux montent de 1 point : un gérant qui anticipe une hausse raccourcit la duration de son portefeuille.

Taux sans risque
Taux de rendement d'un placement théoriquement exempt de risque de défaut, généralement assimilé au rendement des obligations d'État à court terme (bons du Trésor américain). Constitue la base du calcul du taux d'actualisation et de la prime de risque.

Ex. : En zone euro, le rendement du Bund allemand à 10 ans sert de taux sans risque : tout actif risqué doit offrir une prime au-delà de ce taux pour attirer des investisseurs rationnels.

REITs· Real Estate Investment Trusts
Véhicules d'investissement cotés spécialisés dans l'immobilier, distribuant la majorité de leurs revenus locatifs. Caractérisés par une dette élevée, des cash-flows réglementés et une duration longue, ils sont particulièrement sensibles aux variations de taux directeurs.

Ex. : Un investisseur achète des parts d'un REIT coté qui détient 200 centres commerciaux : il perçoit 90 % des loyers sous forme de dividendes sans gérer aucun bien en direct, avec la liquidité d'une action.

Bêta de politique monétaire
Sensibilité du cours d'une action aux surprises de politique monétaire, estimée empiriquement. Un titre à fort bêta de politique monétaire voit son cours varier fortement en réaction aux annonces de la banque centrale, indépendamment de son bêta de marché classique.

Ex. : Une action bancaire avec un bêta de politique monétaire de 1,5 chute 1,5 fois plus fortement qu'un indice large en réponse à une annonce de hausse de taux inattendue.

Élasticité de l'offre· Élasticité-prix de l'offre de logement
Variation en pourcentage du parc de logements entraînée par une hausse de 1 % des prix, ou son inverse selon la convention retenue. Une élasticité faible signifie une offre rigide qui amplifie l'effet des chocs de demande sur les prix : caractéristique des zones à foncier contraint (grandes métropoles, littoral) par opposition aux villes moyennes plus constructibles.

Ex. : Dans les zones où l'urbanisme est très contraint (Paris intramuros), l'élasticité-offre du logement est proche de zéro : une hausse de prix de 20 % ne génère presque aucune construction supplémentaire.

HCSF· Haut Conseil de stabilité financière
Autorité macroprudentielle française qui fixe des règles contraignantes d'octroi du crédit immobilier depuis 2022 : taux d'effort plafonné à 35 % des revenus nets et durée maximale de 25 ans, avec une marge de dérogation limitée à 20 % de la production trimestrielle par établissement.

Ex. : Le HCSF impose depuis 2022 que le taux d'effort des emprunteurs ne dépasse pas 35 % : un ménage gagnant 4 000 €/mois net ne peut emprunter que si sa mensualité reste sous 1 400 €.

Taux d'effort
Part des revenus nets mensuels d'un ménage consacrée au remboursement d'un crédit immobilier, assurance emprunteur comprise. Plafonné à 35 % par le HCSF depuis 2022 : au-delà de ce seuil, un dossier est mathématiquement exclu du crédit quelle que soit la qualité du profil emprunteur.

Ex. : Un ménage remboursant 1 200 € de mensualités pour un revenu net de 3 500 € affiche un taux d'effort de 34,3 % (juste sous le seuil HCSF) et peut emprunter.

RGA· Retrait-gonflement des argiles
Mouvement de terrain lié aux variations d'humidité des sols argileux (retrait en période sèche, gonflement en période humide), qui provoque des fissurations dans les fondations des bâtiments. Première cause d'indemnisation du régime catastrophes naturelles pour les bâtiments en France (70 % des coûts). Le zonage réglementaire a été étendu en janvier 2026 : 55 % du territoire métropolitain désormais en exposition moyenne ou forte.

Ex. : Une maison individuelle construite sur un sol argileux du Sud-Ouest voit ses fondations se fissurer après un été particulièrement sec : l'expert reconnaît un sinistre RGA, indemnisable au titre du régime catastrophes naturelles si l'état de catastrophe naturelle est reconnu par arrêté.

Macroprudentiel
Ensemble des politiques visant à prévenir le risque systémique dans le système financier dans son ensemble, par opposition à la supervision microprudentielle d'un établissement pris isolément. En France, le HCSF est l'autorité macroprudentielle pour le crédit immobilier.

Ex. : La BCE impose un coussin contracyclique de 1 % sur les expositions françaises : les banques doivent constituer des réserves supplémentaires en période de forte croissance du crédit pour prévenir une future crise.

ARM· Adjustable-Rate Mortgage / prêt à taux ajustable
Crédit immobilier dont le taux est fixe pendant une période initiale de deux à cinq ans puis se réajuste sur un indice de marché. Très minoritaire en France (marché quasi-exclusivement à taux fixe), il était dominant dans le segment subprime américain des années 2000 (73 % en 2004), exposant les emprunteurs à un choc de mensualité lors du réajustement entre 2006 et 2007.

Ex. : Aux États-Unis, un emprunteur souscrit un ARM 5/1 à 3,5 % : taux fixe les 5 premières années, puis révisable chaque année selon l'indice SOFR ; son risque de taux se matérialise dès la 6e année.

Canal de stock / canal de flux
Distinction entre un choc qui renchérit le service de la dette déjà contractée par les ménages (canal de stock) et un choc qui ne renchérit que les nouveaux crédits accordés (canal de flux). La structure de taux d'un marché détermine lequel des deux domine : en France, les prêts à taux fixe font que les chocs de taux frappent uniquement le flux de nouvelle production, pas l'encours existant.

Ex. : Au Royaume-Uni, où la majorité des crédits immobiliers sont à taux variable ou révisés tous les deux à cinq ans, une hausse des taux directeurs renchérit immédiatement le service de la dette existante des ménages : c'est le canal de stock qui domine, à l'inverse de la France où le stock de crédits à taux fixe reste protégé et seul le canal de flux (nouveaux emprunts) est touché.

Effet de blocage· lock-in effect
Réticence d'un propriétaire ayant emprunté à taux fixe bas à vendre son bien pour en racheter un autre à un taux plus élevé. L'écart de taux se traduit en surcoût total (mensualités supplémentaires sur la durée restante + frais de mutation et d'agence) qui rend la mobilité résidentielle économiquement défavorable, réduisant l'offre de biens à la revente dans les zones tendues indépendamment de tout choc de demande.

Ex. : Un propriétaire parisien emprunté à 1,2 % refuse de vendre pour acheter un bien similaire à 4 % : l'effet de blocage réduit les transactions de 30 % dans les zones où les taux ont le plus monté.

WRLURI· Wharton Residential Land Use Regulatory Index
Indice académique mesurant la sévérité de la régulation de l'usage des sols résidentiels dans les zones métropolitaines américaines. Construit par Gyourko, Saiz et Summers à partir d'enquêtes auprès des municipalités, il est utilisé par Saiz (2010) pour distinguer la contrainte réglementaire de la contrainte topographique dans la mesure de l'élasticité de l'offre de logement.

Ex. : Un indice de contrainte réglementaire du type WRLURI appliqué à une métropole comme Lyon (délais de permis de construire longs, zones protégées nombreuses, coefficient d'occupation restreint) donnerait probablement un score élevé, même si aucun score WRLURI officiel n'existe pour les villes françaises, l'indice n'ayant été construit que pour les municipalités américaines.

Indice Notaires-Insee
Indice trimestriel des prix des logements anciens en France, construit à partir des actes notariés transmis par les études notariales. Référence statistique indépendante pour suivre l'évolution des prix immobiliers, distincte des indices publiés par les fédérations professionnelles (Fnaim) dont l'intérêt économique est la fluidité transactionnelle.

Ex. : L'indice Notaires-Insee des logements anciens en Île-de-France a reculé de 8 % entre début 2022 et fin 2023, reflétant l'impact de la remontée des taux sur la demande solvable.

EBITDA / EBE· Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization
Résultat opérationnel avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements ; proxy du cash-flow opérationnel, utilisé pour comparer des entreprises indépendamment de leur structure de financement.

Ex. : Une PME industrielle génère 5 M€ de CA avec un EBITDA de 800 K€ (marge 16 %) : avant intérêts et amortissements, elle dégage 800 K€ pour rembourser sa dette et financer ses investissements.

BFR· Besoin en Fonds de Roulement
Montant nécessaire pour financer le décalage entre encaissements et décaissements liés à l'exploitation ; un BFR négatif (grande distribution, abonnements) est un avantage concurrentiel.

Ex. : Un grossiste achète à 60 jours, stocke 30 jours et accorde 90 jours à ses clients : son BFR représente 60 jours de CA, un décalage à financer en permanence par une ligne de crédit court terme.

VAN / NPV· Valeur Actuelle Nette
Somme actualisée des flux de trésorerie futurs d'un investissement, nette de la mise de départ ; un VAN positif signifie que l'investissement crée de la valeur au coût du capital retenu.

Ex. : Un projet d'investissement de 1 M€ génère 300 K€/an pendant 5 ans, actualisés à 8 % : la VAN de +196 K€ signifie que le projet crée de la valeur au-delà du coût du capital.

TRI / IRR· Taux de Rentabilité Interne
Taux d'actualisation pour lequel la VAN d'un investissement est nulle ; à comparer au coût du capital pour décider d'investir.

Ex. : Un fonds de private equity cède une participation après 5 ans avec un TRI de 22 % : chaque euro investi s'est multiplié par 2,7, largement au-dessus du seuil de rentabilité cible de 15 %.

WACC· Weighted Average Cost of Capital
Coût moyen pondéré du capital d'une entreprise, combinant le coût de la dette après impôt et le coût des capitaux propres selon leur part respective ; taux d'actualisation de référence pour les évaluations DCF.

Ex. : Une entreprise financée à 60 % par fonds propres (coût 12 %) et 40 % par dette (coût 4 % après IS) affiche un WACC de 8,8 % : tout projet dont le TRI dépasse 8,8 % crée de la valeur.

Levier financier
Usage de la dette pour financer un investissement, amplifiant les gains et les pertes rapportés aux capitaux propres.

Ex. : Un investisseur achète un immeuble à 1 M€ avec 200 K€ d'apport et 800 K€ de crédit : si l'immeuble prend 10 % de valeur, sa plus-value sur capitaux propres est de 50 % ; levier 5x.

Cash-flow· flux de trésorerie
Flux de trésorerie généré ou consommé par une activité sur une période ; le free cash-flow exclut les investissements et est la base des valorisations DCF.

Ex. : Un restaurant génère 50 K€ de recettes mensuelles mais décaisse 55 K€ (loyer, salaires, fournisseurs) : son cash-flow est négatif à -5 K€/mois, forçant un découvert ou une levée de fonds.

Amortissement
Constatation comptable de la perte de valeur d'un actif sur sa durée d'utilisation ; charge non décaissée qui réduit le résultat imposable sans impact sur la trésorerie.

Ex. : Un camion acheté 120 K€ avec une durée d'utilisation de 8 ans est amorti linéairement à 15 K€/an : après 4 ans, sa valeur nette comptable est 60 K€, même si sa valeur de marché est différente.

Provision
Montant comptabilisé pour couvrir une charge ou un risque probable dont le montant ou l'échéance restent incertains ; charge comptable sans décaissement immédiat.

Ex. : Un constructeur automobile constate un défaut sur 50 000 véhicules et provisionne 30 M€ pour les rappels probables avant même de recevoir les factures des ateliers.

IFRS· International Financial Reporting Standards
Normes comptables internationales encadrant la présentation des états financiers des sociétés cotées dans l'Union européenne et dans de nombreux autres pays.

Ex. : Sous IFRS 9, une banque doit provisionner les pertes de crédit attendues dès l'origination du prêt (et non seulement après défaut avéré) ce qui rend son bilan plus pro-cyclique.

Due diligence
Audit approfondi mené avant une opération financière pour vérifier la situation réelle d'une entreprise cible sur les plans juridique, financier et opérationnel.

Ex. : Avant d'acquérir une fintech pour 80 M€, l'acheteur mandate des auditeurs pour 8 semaines : examen des contrats clients, des litiges en cours, de la qualité du code et de la conformité RGPD.

Cap table· table de capitalisation
Tableau récapitulant la répartition du capital d'une entreprise entre ses actionnaires, avec les droits économiques et de vote associés à chaque catégorie de titres.

Ex. : Au closing d'une série B, la cap table montre : fondateurs 45 %, business angels 10 %, fonds seed 15 %, nouveau fonds 25 %, BSPCE salariés 5 % ; chaque ligne définit les droits économiques et de vote.

Term sheet
Document résumant les termes principaux envisagés pour une opération de financement avant la rédaction des actes définitifs ; non contraignant sur le fond, mais structurant pour la négociation.

Ex. : Un fonds envoie une term sheet valorisant la startup à 20 M€ pre-money, investissant 5 M€ avec une clause de liquidation préférentielle 1x non participante et un droit de veto sur les décisions stratégiques.

Dilution
Réduction du pourcentage de détention d'un actionnaire consécutive à l'émission de nouvelles actions ; inévitable lors d'une levée de fonds ou d'un plan de stock-options.

Ex. : Avant la levée, un fondateur détient 60 % du capital ; après émission de 25 % d'actions nouvelles, sa participation tombe à 45 % : il est dilué de 15 points mais sur une valorisation plus élevée.

DCF· Discounted Cash Flow
Méthode de valorisation fondée sur l'actualisation des flux de trésorerie futurs attendus ; très sensible au taux d'actualisation (WACC) et au taux de croissance terminal.

Ex. : Un analyste valorise une entreprise SaaS à 150 M€ par DCF : il actualise 10 ans de free cash-flows projetés à un WACC de 10 % et additionne une valeur terminale représentant 70 % du total.

LBO· Leveraged Buy-Out
Acquisition d'une entreprise financée majoritairement par de la dette, remboursée par les flux de la cible ; l'effet de levier amplifie le rendement des fonds propres investis.

Ex. : La reprise d'un groupe de distribution pour 500 M€ est financée avec 100 M€ de fonds propres et 400 M€ de dette senior : les flux de trésorerie de la cible remboursent la dette sur 7 ans.

M&A· Mergers & Acquisitions
Opérations de rapprochement ou de rachat entre entreprises ; les méta-analyses académiques montrent que la majorité des fusions détruisent de la valeur pour l'acquéreur à court terme.

Ex. : Le rachat de WhatsApp par Facebook pour 19 Md$ en 2014 est une acquisition M&A : la cible ne dégageait aucun bénéfice mais apportait 450 millions d'utilisateurs actifs.

Covenant bancaire
Engagement contractuel imposé par un prêteur dont le non-respect peut déclencher une exigibilité anticipée de la dette (ratio de dette, niveau de trésorerie minimum).

Ex. : Un prêt syndiqué impose un covenant de levier net < 4x EBITDA : si l'entreprise franchit ce seuil suite à une acquisition, les banques peuvent exiger un remboursement anticipé.

Stress test
Exercice simulant l'impact d'un scénario défavorable extrême sur le bilan ou les résultats d'une institution financière ; outil réglementaire obligatoire pour les banques et assureurs.

Ex. : L'EBA soumet les banques européennes à un stress test simulant une récession de -5 % du PIB, une hausse des défauts de 3 points et une chute des marchés de 30 % : celles sous 8 % de fonds propres doivent se recapitaliser.

Spread de crédit
Écart de taux entre une obligation risquée et une obligation de référence sans risque de même maturité, reflétant la prime de risque de crédit exigée par le marché.

Ex. : Une obligation high yield notée BB+ s'échange à OAT+350 bp : l'investisseur exige 3,5 points supplémentaires par rapport au taux sans risque pour compenser le risque de défaut.

Notation de crédit· rating
Évaluation de la solvabilité d'un émetteur ou d'un instrument financier par une agence spécialisée (Moody's, S&P, Fitch) ; influe directement sur le coût de la dette.

Ex. : Moody's dégrade la note d'un assureur de A2 à Baa1 après des pertes catastrophes répétées : son coût de refinancement augmente immédiatement de 80 bp sur les marchés.

Solvabilité
Capacité d'une entité à honorer l'ensemble de ses engagements financiers à long terme ; à distinguer de la liquidité, qui concerne la capacité à faire face aux paiements à court terme.

Ex. : Une compagnie d'assurance est solvable si la valeur de ses actifs couvre l'ensemble de ses provisions techniques et engagements, même dans un scénario de liquidation forcée.

Liquidité
Capacité à convertir un actif en trésorerie rapidement et sans perte de valeur significative, ou capacité d'une entité à faire face à ses échéances de court terme.

Ex. : Un Bund allemand est extrêmement liquide : vendu en secondes à sa valeur de marché. Une participation dans une PME non cotée est illiquide : la cession prend des mois et nécessite une décote.

PIB· Produit Intérieur Brut
Valeur totale des biens et services produits sur un territoire pendant une période donnée ; mesure standard de l'activité économique, critiquée pour ne pas mesurer le bien-être ni les externalités.

Ex. : Le PIB français de 2 800 Md€ en 2023 agrège la valeur ajoutée de toutes les entreprises, administrations et ménages produisant en France : sa variation trimestrielle mesure la conjoncture.

Inflation
Hausse générale et durable du niveau des prix, érodant le pouvoir d'achat ; cible principale de la politique monétaire des banques centrales (2 % pour la BCE).

Ex. : En France, une inflation de 5,9 % en 2022 signifie qu'un panier de 100 € fin 2021 en coûtait 105,90 € fin 2022 : érodant le pouvoir d'achat, surtout pour les ménages modestes sans indexation salariale.

Taux directeur
Taux d'intérêt de référence fixé par une banque centrale, influençant l'ensemble des taux de l'économie via les canaux du crédit et de l'actualisation des actifs.

Ex. : La BCE a relevé son taux directeur de 0 % à 4 % entre juillet 2022 et septembre 2023 pour juguler une inflation dépassant 10 % en zone euro : la hausse la plus rapide depuis la création de l'euro.

Politique monétaire
Ensemble des actions d'une banque centrale visant à influencer la masse monétaire, l'inflation ou l'activité économique, principalement via les taux directeurs et les achats d'actifs.

Ex. : Après 2008, la Fed a mis en place une politique monétaire expansive : taux proches de zéro et 4 000 Md$ de rachats d'actifs (QE) pour éviter une dépression comparable à celle de 1929.

Politique budgétaire
Usage des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires pour influencer l'activité économique ; soumise à la contrainte de la dette publique et aux règles budgétaires européennes.

Ex. : Face à la crise Covid, la France a adopté une politique budgétaire expansive : 100 Md€ de dépenses supplémentaires (chômage partiel, garanties de prêts) financées par emprunt, portant la dette à 115 % du PIB.

Élasticité-prix
Sensibilité de la quantité demandée ou offerte d'un bien à une variation de son prix ; une élasticité faible (inélasticité) caractérise les biens essentiels ou sans substitut proche.

Ex. : L'élasticité-prix de l'essence est estimée à -0,2 à court terme : une hausse de prix de 10 % ne réduit la consommation que de 2 %, les automobilistes n'ayant pas d'alternative immédiate.

Externalité
Effet positif ou négatif d'une activité économique sur un tiers qui n'y a pas consenti et qui n'est pas reflété dans les prix ; justifie l'intervention publique (taxe Pigou, réglementation).

Ex. : Une cimenterie émet du CO₂ sans en payer le coût social : externalité négative. Une entreprise qui forme ses salariés crée une externalité positive dont d'autres employeurs bénéficient gratuitement.

Asymétrie d'information
Situation où une partie à une transaction dispose de plus d'informations pertinentes que l'autre ; à l'origine de l'aléa moral et de la sélection adverse.

Ex. : L'acheteur d'un véhicule d'occasion ignore son historique réel de sinistres : cette asymétrie d'information justifie l'existence de services comme Carfax et explique la 'malédiction du marché des citrons' de Akerlof.

Aléa moral· moral hazard
Tendance d'un agent à prendre plus de risques lorsque les conséquences de ses actes sont supportées par un tiers ; problème central en assurance, finance et gouvernance d'entreprise.

Ex. : Une banque 'too big to fail' sait qu'elle sera sauvée par l'État en cas de faillite : cette assurance implicite l'incite à prendre des risques excessifs sur les marchés de capitaux.

Sélection adverse· adverse selection
Phénomène par lequel une asymétrie d'information conduit à une surreprésentation des mauvais risques dans un marché (Akerlof, 1970).

Ex. : Sur un marché d'assurance santé sans obligation d'affiliation, seules les personnes malades souscrivent : les personnes en bonne santé ne s'assurent pas, rendant le risque mutuellement non assurable.

Économie comportementale
Discipline étudiant les écarts entre les décisions économiques réelles et les prédictions de la rationalité classique, en intégrant les biais cognitifs et les heuristiques décisionnelles.

Ex. : Richard Thaler a montré que les salariés épargnent davantage pour leur retraite si l'inscription au plan d'épargne est automatique (opt-out) que volontaire (opt-in) : même montant, présentation différente.

Biais cognitif
Distorsion systématique du jugement par rapport à un raisonnement rationnel ou aux données disponibles ; catalogué par Tversky & Kahneman, fondement de l'économie comportementale.

Ex. : L'effet de dotation est un biais cognitif : les vendeurs de maison valorisent leur bien 10 à 20 % au-dessus du prix de marché simplement parce qu'il leur appartient.

Coût d'opportunité
Valeur de la meilleure alternative à laquelle on renonce en faisant un choix ; concept central pour évaluer le vrai coût d'une décision au-delà de son coût comptable.

Ex. : Un entrepreneur qui quitte un emploi à 80 K€/an pour créer sa startup doit intégrer 80 K€ de coût d'opportunité annuel dans le calcul de rentabilité de son projet.

Monopole
Structure de marché où un seul offreur fait face à l'ensemble de la demande ; permet la fixation d'un prix supérieur au coût marginal et génère une perte sèche de bien-être.

Ex. : Avant 2012, EDF avait un monopole légal sur la vente d'électricité aux particuliers en France : aucun concurrent ne pouvait légalement lui disputer ce marché.

Oligopole
Structure de marché dominée par un petit nombre d'offreurs interdépendants dans leurs décisions ; les comportements stratégiques relèvent de la théorie des jeux.

Ex. : Le marché français de la téléphonie mobile est un oligopole à 4 acteurs (Orange, SFR, Bouygues, Free) qui contrôlent ensemble plus de 95 % des abonnements.

Bien public
Bien non rival et non exclusif dont la consommation par un agent ne réduit pas sa disponibilité pour les autres ; soumis au problème du passager clandestin.

Ex. : La défense nationale est un bien public : elle protège simultanément tous les résidents du territoire (non-exclusif) et en protéger un de plus ne diminue pas la protection des autres (non-rival).

Cycle économique
Alternance de phases d'expansion et de récession de l'activité économique, mesurée par les écarts de production (output gap) par rapport au PIB potentiel.

Ex. : Entre 2013 et 2023, la zone euro a connu une expansion post-crise souveraine, un pic en 2017-2018, un ralentissement en 2019, le choc Covid en 2020 et une reprise en 2021-2022.

Chômage structurel
Chômage résultant d'une inadéquation durable entre l'offre et la demande de travail (compétences, géographie), indépendante de la conjoncture.

Ex. : Le taux de chômage structurel français est estimé à 7-8 % : même au sommet d'un cycle d'expansion, ce socle incompressible reflète inadéquations de compétences et rigidités du marché du travail.

Chômage conjoncturel
Chômage lié aux fluctuations de court terme de l'activité économique ; réductible par des politiques de relance de la demande.

Ex. : La récession de 2009 a fait passer le chômage français de 7 % à 9,5 % en 18 mois : hausse conjoncturelle largement résorbée dans les années qui ont suivi.

Productivité
Rapport entre une production et les ressources utilisées pour l'obtenir ; la productivité totale des facteurs mesure la part de la croissance non expliquée par l'accumulation de capital et de travail.

Ex. : La productivité horaire du travail française est parmi les plus élevées d'Europe (~65 $/h), mais la productivité totale des facteurs stagne depuis 2008 : reflet d'un manque d'investissement en R&D.

Théorie des jeux
Cadre analysant les décisions d'agents dont les résultats dépendent des choix des autres agents ; fonde l'analyse des marchés oligopolistiques, des négociations et des stratégies concurrentielles.

Ex. : Dans un duopole cimentier, chaque acteur décide de ses capacités sans connaître le choix de l'autre : la théorie des jeux prédit un équilibre de Cournot où la production totale est inférieure à la concurrence pure.

Rationalité limitée· bounded rationality
Hypothèse de Simon (1955) selon laquelle les agents prennent des décisions satisfaisantes plutôt qu'optimales, faute d'information ou de capacité de traitement illimitées.

Ex. : Un acheteur de voiture n'évalue pas les 50 modèles du marché : il visite 3 concessionnaires et choisit la première option dépassant son seuil de satisfaction ; rationalité satisfaisante selon Simon.

LULD· Limit Up-Limit Down
Mécanisme américain de bande de prix qui suspend automatiquement la cotation d'un titre lorsque son cours s'écarte trop vite d'une moyenne mobile récente, l'algorithme détecte le franchissement mais l'autorité de marché reste seule habilitée à décider de la reprise.

Ex. : Lors d'un krach éclair, le LULD suspend la cotation d'une action dont le cours chute de plus de 10 % en quelques secondes, le temps que l'autorité de marché évalue la reprise.

ETF· Exchange Traded Fund
Fonds coté en continu sur un marché boursier, répliquant la performance d'un indice, d'un secteur ou d'une thématique.

Ex. : Un ETF S&P 500 permet d'acheter en une seule ligne l'exposition aux 500 plus grandes capitalisations américaines, pour des frais annuels de l'ordre de 0,1 à 0,3 %.

Risque idiosyncratique· Risque spécifique
Part du risque d'un titre propre à l'entreprise elle-même (résultats, gouvernance, litige), réductible par diversification.

Ex. : Le risque qu'une entreprise particulière annonce un profit warning est idiosyncratique : il ne touche pas les autres titres du portefeuille.

Risque systématique· Risque de marché
Part du risque commune à l'ensemble du marché, non réductible par diversification, quel que soit le nombre de titres détenus.

Ex. : Une hausse des taux directeurs affecte simultanément la quasi-totalité des actions cotées : c'est un risque systématique qu'aucune diversification ne supprime.

HHI· Indice de Herfindahl-Hirschman
Mesure de concentration égale à la somme des carrés des poids des composantes d'un indice ou d'un portefeuille ; plus il est élevé, plus la concentration est forte.

Ex. : Un indice où dix titres pèsent 40,7 % du poids total affiche un HHI nettement supérieur à celui d'un indice où le même poids est réparti sur deux cents titres.

Tracking error· Écart de suivi
Écart, mesuré par sa volatilité statistique, entre la performance d'un ETF et celle de son indice de référence.

Ex. : Un ETF à réplication synthétique affiche généralement une tracking error plus faible qu'un ETF à réplication physique par échantillonnage.

Couverture de change· Hedging devise
Usage de contrats à terme sur devises pour neutraliser l'effet des variations de change sur la performance perçue par le porteur.

Ex. : Un ETF S&P 500 « hedged EUR » neutralise l'effet du taux de change dollar/euro, mais reste exposé au différentiel de taux d'intérêt entre les deux devises, le coût de portage.

Biais du survivant
Surestimation de la performance moyenne d'une catégorie de fonds lorsque l'échantillon étudié exclut les fonds fermés ou fusionnés en cours de route.

Ex. : Les indices de hedge funds comme HFRI sont exposés au biais du survivant : les fonds qui ferment après de mauvaises performances disparaissent souvent rétroactivement de l'échantillon.

PEA· Plan d'Épargne en Actions
Enveloppe fiscale française réservée aux actions et OPCVM européens, exonérant les gains d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention, les prélèvements sociaux restant dus.

Ex. : Un ETF S&P 500 éligible au PEA doit obligatoirement recourir à la réplication synthétique, le PEA n'admettant pas en direct de titres américains.

CTO· Compte-Titres Ordinaire
Compte d'investissement sans plafond de versement ni contrainte géographique, sans avantage fiscal spécifique : les gains y sont taxés au prélèvement forfaitaire unique.

Ex. : Un ETF World logé en CTO subit le PFU de 31,4 % à la revente, contre 18,6 % de prélèvements sociaux seuls pour un PEA détenu plus de cinq ans.

Comouvement· Synchronicité des rendements
Tendance d'un titre à évoluer dans le même sens que l'indice ou que d'autres titres, indépendamment de ses fondamentaux propres.

Ex. : Plusieurs études montrent qu'une hausse de la détention d'un titre par des ETF augmente son comouvement avec l'indice, un effet documenté mais débattu selon les travaux.

SPIVA· S&P Indices Versus Active
Étude semestrielle de S&P Dow Jones Indices comparant la performance des fonds gérés activement à celle de leurs indices de référence.

Ex. : L'édition SPIVA Year-End 2025 montre que 79 % des fonds actifs grande capitalisation américains sous-performent le S&P 500.

Réplication physique / synthétique
Deux façons de reproduire la performance d'un indice : détention directe des titres pour la réplication physique, contrat d'échange (swap) avec une contrepartie pour la réplication synthétique.

Ex. : Un ETF S&P 500 éligible PEA recourt presque toujours à la réplication synthétique, faute de pouvoir détenir en direct des actions américaines dans cette enveloppe.

Capitalisant / distribuant
Un ETF capitalisant (Acc) réinvestit automatiquement les dividendes perçus ; un ETF distribuant (Dist) les verse en cash au porteur.

Ex. : L'iShares Core MSCI World est capitalisant, l'Amundi Core MSCI World Dist est distribuant : à indice identique, ce choix influe sur la fiscalité et le calendrier des flux perçus.

TER· Total Expense Ratio
Frais courants annuels facturés par un fonds, exprimés en pourcentage de l'actif, hors coûts de transaction et hors spread à l'achat/vente.

Ex. : Deux ETF MSCI World peuvent afficher un TER identique de 0,20 % et pourtant livrer une performance nette différente une fois la tracking difference prise en compte.

Tracking difference· Écart de suivi cumulé
Écart cumulé, sur une période donnée, entre la performance nette réalisée d'un ETF et celle de son indice de référence.

Ex. : Sur 2016-2025, deux ETF MSCI World au même TER de 0,20 % affichent une tracking difference moyenne de -0,08 % et -0,13 % respectivement.

Prêt de titres· Securities lending
Pratique consistant, pour un fonds, à prêter temporairement les titres qu'il détient contre rémunération, un revenu qui peut réduire le coût réel de détention sans apparaître dans le TER.

Ex. : Le revenu du prêt de titres explique en partie qu'un ETF puisse afficher une tracking difference meilleure que son seul TER ne le laisserait attendre.

Spread· Fourchette de cotation
Écart entre le meilleur prix d'achat et le meilleur prix de vente affichés sur le carnet d'ordres d'un ETF coté.

Ex. : Le spread est généralement resserré sur un ETF large et liquide, et sensiblement plus élevé sur un produit de niche à faible encours.

PFU· Prélèvement Forfaitaire Unique
Taux unique d'imposition des revenus du capital, fixé à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), applicable par défaut sur un CTO.

Ex. : Un gain de 10 000 € réalisé sur un CTO est amputé de 3 140 € au titre du PFU, contre 1 860 € de prélèvements sociaux seuls sur un PEA détenu plus de cinq ans.

Beta slippage· Volatility decay
Écart entre la performance cumulée d'un ETF à effet de levier ou inverse sur plusieurs jours et N fois la performance cumulée de l'indice sous-jacent, causé par la recomposition quotidienne du levier et amplifié par la volatilité.

Ex. : Entre février 2021 et mi-2023, le Nasdaq-100 a progressé d'environ 7,8 % quand son ETF à levier x3 (TQQQ) perdait environ 30,6 %, un écart largement dû au beta slippage.

Coût de portage· Cost of carry
Écart de rendement structurel, positif ou négatif selon le différentiel de taux d'intérêt entre deux devises, intégré dans le renouvellement périodique des contrats à terme d'une couverture de change.

Ex. : Avec un taux Fed à 4,50 % contre 2,50 % pour la BCE mi-2026, le coût de portage d'une couverture dollar vers euro joue actuellement en faveur de l'investisseur en euros.

Création/rachat· Creation/redemption
Mécanisme par lequel un participant autorisé échange un panier de titres sous-jacents contre des parts d'ETF (création) ou l'inverse (rachat), garant du maintien du prix de l'ETF proche de sa valeur liquidative.

Ex. : En temps normal, le mécanisme de création/rachat corrige en quelques minutes tout écart entre le prix d'un ETF et sa valeur liquidative.

Participant autorisé· Authorized participant
Intermédiaire habilité, seul à pouvoir créer ou racheter des parts d'ETF directement auprès de l'émetteur en échange du panier de titres sous-jacents.

Ex. : En mars 2020, la capacité des participants autorisés à arbitrer efficacement le panier obligataire sous-jacent s'est dégradée, laissant apparaître un écart de prix inédit.

Prime/décote· Premium/discount to NAV
Écart entre le prix de marché d'un ETF et sa valeur liquidative ; une décote signale que le marché valorise l'ETF en dessous de la valeur théorique de son panier sous-jacent.

Ex. : En mars 2020, la décote de certains ETF obligataires high yield par rapport à leur valeur liquidative a dépassé 800 points de base.

Découverte de prix· Price discovery
Processus par lequel le prix d'un titre intègre progressivement l'information disponible sur sa valeur fondamentale, via l'activité des investisseurs informés.

Ex. : La littérature académique ne tranche pas si la montée de la gestion passive dégrade la découverte de prix ou si un mécanisme d'ajustement neutralise cet effet à l'échelle du marché.

Assurance

Assurance paramétrique
Contrat dont le paiement se déclenche automatiquement dès qu'un paramètre observable (vitesse de vent, magnitude sismique, indice de sécheresse, prévision météorologique) franchit un seuil fixé à l'avance, indépendamment de la perte réellement subie par l'assuré. S'oppose à l'assurance dommages classique, indemnitaire, où le paiement correspond à la perte constatée par un expert.

Ex. : Une compagnie verse automatiquement 500 €/ha à un agriculteur si les précipitations à la station météo de référence descendent sous 40 mm en juillet : sans expertise ni déclaration de sinistre.

Risque de base· basis risk
Écart entre ce que mesure le paramètre déclencheur et la perte réellement subie par l'assuré. Se matérialise dans deux directions : l'assuré subit une perte sans percevoir d'indemnité, ou perçoit une indemnité sans avoir subi de perte. C'est le principal risque actuariel propre au produit paramétrique.

Ex. : Un éleveur souscrit une assurance indicielle basée sur l'indice pluviométrique régional : une sécheresse locale sévit sur son exploitation sans que l'indice régional ne déclenche le paiement.

Seuil· trigger / attachment point
Valeur du paramètre à partir de laquelle le paiement se déclenche. Le choix du seuil détermine la fréquence de paiement et, indirectement, le niveau de risque de base accepté.

Ex. : Un contrat d'assurance paramétrique sur séisme verse une indemnité automatique si la magnitude mesurée par le sismographe de référence dépasse 6,5 : sans évaluation des dommages réels.

ARC· African Risk Capacity
Organisme intergouvernemental de l'Union africaine et sa filiale assurantielle ARC Ltd, qui commercialisent des polices souveraines d'assurance sécheresse indexée auprès de gouvernements africains.

Ex. : L'African Risk Capacity a versé 26 M$ au gouvernement du Sénégal en 2015 lors d'une sécheresse, en moins de 30 jours après le déclenchement automatique de l'indice : bien avant l'aide humanitaire classique.

· coefficient de détermination
Mesure statistique de la part de variance des pertes individuelles expliquée par l'indice utilisé comme paramètre. Un R² proche de 1 signifie un risque de base faible. C'est la mesure dont Stigler et ses coauteurs (2022) montrent qu'elle est structurellement biaisée à la hausse dans les configurations HDLSS, conduisant à une sous-estimation du risque de base.

Ex. : Un modèle actuariel prédit les sinistres auto avec un R² de 0,65 : les variables retenues expliquent 65 % de la variabilité des coûts ; les 35 % restants sont du bruit ou des facteurs non observables.

HDLSS· High-Dimension, Low-Sample-Size
Cadre statistique où le nombre de variables observées (ici, de parcelles agricoles) dépasse très largement le nombre de périodes temporelles disponibles (ici, d'années de récolte). C'est la situation typique créée par les données satellitaires récentes, riches en couverture spatiale mais pauvres en historique.

Ex. : Un assureur santé dispose de 300 dossiers de maladies rares mais mesure 2 000 biomarqueurs par dossier : régime HDLSS qui nécessite une régularisation forte (LASSO, ridge) pour éviter le sur-ajustement.

Chargement de prime· premium loading
Majoration appliquée au tarif actuariellement juste d'une police d'assurance pour couvrir les frais de gestion, la marge de l'assureur et le coût du capital. Un chargement de 35 % signifie que la prime facturée vaut 1,35 fois la perte moyenne attendue.

Ex. : Sur une prime pure de 200 €, l'assureur ajoute 40 € de chargement (20 %) pour couvrir frais de gestion, de distribution et marge bénéficiaire.

Prime actuariellement juste
Prime théorique strictement égale à l'espérance mathématique du paiement attendu, sans marge ni frais. Sert de référence pour mesurer le chargement de prime réel d'un contrat.

Ex. : Pour un portefeuille auto où la fréquence de sinistres est 8 % et le coût moyen 3 000 €, la prime actuariellement juste est 240 € : avant tout chargement commercial.

Renforcement de capacité· capacity building
Ensemble des actions non assurantielles associées à un produit paramétrique (formation, procédures opérationnelles, coordination interinstitutionnelle) qui permettent à un pays ou une organisation d'agir effectivement sur la base d'une prévision ou d'un déclenchement de paiement.

Ex. : Un programme de la Banque africaine de développement finance la formation de 50 actuaires dans cinq pays subsahariens pour développer la capacité locale à souscrire des risques agricoles paramétriques.

E&S· Excess and Surplus lines
Segment du marché de l'assurance américain qui couvre les risques que les assureurs agréés classiques refusent ou tarifient hors norme. C'est via ce segment que la couverture paramétrique incendie s'est développée en Californie après les incendies de Los Angeles (2025).

Ex. : Après les ouragans de 2017, plusieurs syndicats Lloyd's ont refusé de renouveler les couvertures catastrophe dans les Caraïbes : les assureurs locaux ont dû se tourner vers le marché E&S pour trouver de la capacité.

SCR· Solvency Capital Requirement / capital de solvabilité requis
Capital réglementaire qu'un assureur doit détenir pour absorber un choc à horizon un an sous Solvabilité II. Le ratio de couverture du SCR rapporte les fonds propres disponibles à ce montant ; le seuil réglementaire minimal est de 100 %. En dessous, l'assureur est en situation de non-conformité réglementaire.

Ex. : Un assureur vie affiche un ratio de couverture SCR de 180 % : il dispose de 1,8 fois le capital minimum requis pour absorber un choc bicentenaire, selon le calibrage de Solvabilité II.

CatNat· Régime d'indemnisation des catastrophes naturelles
Dispositif légal français d'indemnisation des sinistres causés par des phénomènes naturels d'intensité anormale (inondations, sécheresse, submersion marine…). Repose sur une surprime obligatoire adossée aux contrats multirisque habitation et professionnel, réassurée par la Caisse centrale de réassurance (CCR) avec garantie illimitée de l'État.

Ex. : Après les inondations du Pas-de-Calais de novembre 2023, l'état de catastrophe naturelle reconnu par arrêté interministériel déclenche l'indemnisation obligatoire pour les sinistrés assurés.

Protection gap· écart de couverture assurantielle
Écart entre les pertes économiques totales causées par un sinistre (catastrophe naturelle, événement climatique) et la part effectivement couverte par une assurance. Un protection gap élevé signifie que la majorité du coût est supportée directement par les ménages, les entreprises ou les États plutôt que mutualisée via le secteur assurantiel.

Ex. : Les inondations européennes de 2021 ont causé 46 Md€ de pertes économiques, dont seulement 30 % étaient assurés : le protection gap de 32 Md€ a été supporté par les États et les ménages non assurés.

GIMAR· Global Insurance Market Report
Rapport annuel de l'IAIS (Association internationale des superviseurs d'assurance) agrégeant les données de suivi des risques des 57 plus grands groupes d'assurance internationaux, représentant plus de 90 % des primes brutes émises dans le monde. Couvre la solvabilité, la liquidité, la rentabilité et le risque systémique du secteur.

Ex. : Le GIMAR 2023 signale que les actifs immobiliers commerciaux représentent une concentration de risque croissante dans les portefeuilles des assureurs européens, dans un contexte de hausse des taux.

ORSA· Own Risk and Solvency Assessment
Évaluation interne des risques et de la solvabilité, obligation réglementaire au titre de Solvabilité II. Chaque assureur doit y documenter sa propre appréciation des risques auxquels il est exposé, y compris les risques climatiques et de durabilité, et vérifier que sa capitalisation reste adéquate dans ses scénarios propres.

Ex. : Un assureur réalise son ORSA annuel et constate que le stress test climatique dégrade son ratio SCR de 185 % à 115 % : résultat communiqué au conseil d'administration qui décide de réduire l'exposition aux actifs fossiles.

Actifs échoués· stranded assets
Actifs (titres d'entreprises fossiles, biens immobiliers en zone à risque, infrastructures carbonées) dont la valeur se déprécie fortement, voire s'annule, du fait de la transition climatique ou réglementaire avant la fin de leur durée de vie économique prévue. Le stress-test ACPR 2023-2024 identifie les actifs fossiles et immobiliers comme les plus exposés à ce risque à l'horizon 2050.

Ex. : Les réserves de charbon dans le portefeuille obligataire d'un assureur risquent de devenir des actifs échoués si une taxe carbone de 150 €/tonne est mise en place avant 2030.

Risque d'inassurabilité
Situation dans laquelle le coût ou la fréquence d'un risque rend sa couverture assurantielle économiquement non viable pour l'assureur ou l'assuré. L'ACPR a mesuré pour la première fois ce risque dans son stress-test 2023-2024, avec une forte disparité selon les aléas (sécheresse, submersion marine, inondation) et les zones géographiques.

Ex. : Face à la répétition des inondations en zones côtières, certains assureurs retirent leurs offres habitation : la prime actuarielle dépasserait la valeur locative du bien, rendant le risque économiquement non assurable.

Prime d'assurance
Somme versée par l'assuré en contrepartie de la couverture d'un risque ; composée d'une prime pure (coût attendu du risque) et d'un chargement (frais et marge de l'assureur).

Ex. : Pour assurer sa maison, un propriétaire verse 800 €/an : c'est la prime qui couvre les risques d'incendie, de vol et de dégâts des eaux définis dans le contrat.

Sinistralité
Fréquence et coût des sinistres survenus sur un portefeuille de contrats ; mesurée par le ratio S/P, indicateur central de la rentabilité technique.

Ex. : Un assureur auto observe une sinistralité de 72 % en 2023 : pour 100 € de primes encaissées, 72 € ont été reversés en indemnisations ; une sinistralité au-delà de 80 % génère une perte technique.

Solvabilité II
Cadre réglementaire européen encadrant les exigences prudentielles des organismes d'assurance depuis 2016 : pilier quantitatif (SCR, MCR), pilier qualitatif (ORSA, gouvernance) et pilier reporting.

Ex. : Sous Solvabilité II, un assureur calibre son SCR avec la Value at Risk à 99,5 % sur un horizon d'un an : il doit pouvoir faire face à un événement de sévérité bicentenaire.

Réassurance
Mécanisme par lequel un assureur transfère une partie de ses risques à un réassureur ; permet de lisser les résultats et d'absorber les sinistres catastrophiques.

Ex. : AXA cède 30 % de son exposition aux tempêtes européennes à Swiss Re : en échange d'une prime, Swiss Re prend en charge 30 % des indemnisations au-delà d'un seuil de rétention.

Actuariat
Discipline appliquant les mathématiques et les statistiques à l'évaluation, la tarification et la gestion des risques d'assurance ; les actuaires calculent les provisions et le SCR.

Ex. : Un actuaire calcule la prime d'un contrat dépendance en modélisant les tables d'entrée en dépendance, les durées moyennes de prise en charge et les coûts journaliers selon l'âge à la souscription.

Table de mortalité
Table statistique donnant la probabilité de décès à chaque âge, utilisée pour tarifer les produits d'assurance-vie et de retraite.

Ex. : La table de mortalité TD 88-90 donne une probabilité de décès de 0,3 % pour un homme de 40 ans : donnée utilisée pour tarifer un contrat d'assurance-vie temporaire ou un emprunteur immobilier.

Provision technique
Montant que l'assureur doit constituer pour couvrir ses engagements futurs envers les assurés ; sous Solvabilité II, évaluée en best estimate plus marge de risque.

Ex. : Un assureur IARD constitue 50 M€ de provision pour sinistres survenus mais non encore réglés (IBNR) de l'exercice précédent : obligation comptable et prudentielle sous Solvabilité II.

Ratio combiné
Somme du ratio de sinistralité (S/P) et du ratio de frais, mesurant la rentabilité technique d'un assureur non-vie ; un ratio inférieur à 100 % indique une rentabilité technique positive.

Ex. : Un assureur auto affiche un ratio combiné de 98 % : sinistralité 70 % + frais 28 %, soit une rentabilité technique légèrement positive avant résultat financier.

Ratio S/P· sinistres sur primes
Rapport entre les sinistres payés ou provisionnés et les primes encaissées sur une période ; indicateur de base de la sinistralité d'un portefeuille.

Ex. : Sur un portefeuille habitation, un ratio S/P de 65 % signifie que pour 1 000 € de primes encaissées, 650 € ont été reversés en indemnisations : les 350 € restants couvrent les frais et la marge.

Franchise
Montant restant à la charge de l'assuré en cas de sinistre avant intervention de l'assureur ; réduit l'aléa moral en maintenant un intérêt de l'assuré à prévenir le sinistre.

Ex. : Un contrat auto avec franchise de 500 € : pour un sinistre de 2 000 €, l'assuré paie 500 € et l'assureur verse 1 500 € ; la franchise dissuade les petits sinistres et réduit l'aléa moral.

Coassurance
Partage d'un même risque entre plusieurs assureurs, chacun couvrant une quote-part définie ; utilisée pour les risques de grande taille ou complexes.

Ex. : Un risque industriel de 100 M€ est réparti entre AXA (40 %), Allianz (35 %) et Generali (25 %) : chaque assureur couvre sa quote-part et reçoit la prime correspondante.

Souscription· underwriting
Processus d'évaluation et d'acceptation d'un risque par un assureur avant émission du contrat ; détermine la prime, les exclusions et les conditions de garantie.

Ex. : L'underwriter examine le dossier d'un promoteur immobilier : solidité financière, antécédents de sinistres, mesures de prévention ; et fixe une prime de 0,15 % de la valeur assurée pour le risque construction.

IARD· Incendie, Accidents et Risques Divers
Branche de l'assurance non-vie couvrant les biens et la responsabilité civile ; par opposition à l'assurance-vie et à la prévoyance.

Ex. : Un contrat multirisque professionnelle IARD couvre à la fois les biens (locaux, matériel) et la responsabilité civile d'une PME : un seul contrat pour les principaux risques non-vie.

Prévoyance
Ensemble des garanties couvrant les risques liés à la personne (décès, invalidité, incapacité de travail) ; complémentaire au régime de base de la Sécurité sociale.

Ex. : Un salarié souscrit un contrat de prévoyance collective qui verse 80 % de son salaire brut en cas d'incapacité de travail pendant 3 ans, complétant les prestations de la Sécurité sociale.

Bonus-malus
Mécanisme ajustant la prime d'assurance en fonction de la sinistralité passée de l'assuré ; incitatif comportemental pour réduire les sinistres.

Ex. : Après un sinistre responsable, le coefficient bonus-malus d'un conducteur passe de 0,85 à 1,02 : sa prime augmente d'environ 20 % l'année suivante.

NGFS· Network for Greening the Financial System
Réseau de banques centrales et de superviseurs pour le verdissement du système financier ; producteur des scénarios climatiques de référence utilisés dans les stress-tests de l'ACPR.

Ex. : Le NGFS a publié en 2023 ses scénarios climatiques de référence utilisés par les superviseurs européens pour calibrer les stress tests climatiques des banques et assureurs.

ACPR· Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution
Autorité française de supervision des secteurs banque et assurance, adossée à la Banque de France ; réalise les stress-tests climatiques du secteur de l'assurance et délivre les agréments.

Ex. : L'ACPR a infligé en 2022 une sanction à un assureur pour défaut de traçabilité dans son processus de souscription et défaillances dans le dispositif anti-blanchiment.

EIOPA· European Insurance and Occupational Pensions Authority
Autorité européenne de supervision de l'assurance et des retraites professionnelles ; coordonne les pratiques de supervision nationale et participe à l'élaboration des normes Solvabilité II.

Ex. : L'EIOPA a publié en 2023 ses orientations sur l'intégration des risques de durabilité dans l'ORSA des assureurs, précisant les scénarios climatiques à retenir.

IAIS· International Association of Insurance Supervisors
Association internationale des superviseurs d'assurance, organisme de normalisation du secteur ; publie le GIMAR et les Insurance Core Principles, cadre de référence mondial de la supervision.

Ex. : L'IAIS a adopté en 2019 l'ICS (Insurance Capital Standard), première norme mondiale de solvabilité pour les groupes d'assurance internationaux : alternative à la fragmentation réglementaire actuelle.

Intelligence artificielle

LLM· Grand modèle de langage
Modèle d'intelligence artificielle entraîné sur de vastes corpus de texte pour prédire et générer du langage, capable de tâches d'analyse, de synthèse et de raisonnement en langage naturel sans avoir été explicitement programmé pour la tâche demandée.

Ex. : GPT-4, Claude, Llama 3 sont des LLM : entraînés sur des milliards de mots, ils génèrent des réponses contextuellement cohérentes sans jamais 'comprendre' au sens propre ; mais en modélisant les probabilités du langage.

Date de coupure· knowledge cutoff
Date au-delà de laquelle les données d'entraînement d'un modèle ne contiennent plus d'information. Tout ce qui s'est produit après cette date est, en principe, inconnu du modèle sous sa forme figée : sauf à avoir été introduit via le contexte du prompt.

Ex. : Claude Sonnet a une date de coupure d'août 2025 : il ignore les événements postérieurs à cette date et peut produire des réponses incorrectes sur l'actualité récente.

Biais de rétrospection· look-ahead bias
Biais qui survient lorsqu'une méthode de prévision est testée sur une période pour laquelle l'issue était déjà connue au moment de la construction ou de l'entraînement du modèle, ce qui gonfle artificiellement sa performance apparente.

Ex. : Un modèle de trading entraîné avec les données de bilan publiées en mars pour prédire les rendements de janvier utilise des informations non disponibles à la date de décision : biais de rétrospection qui gonfle artificiellement la performance.

Mémorisation
Capacité d'un modèle à restituer, sous forme de réponse apparemment analytique, une information factuelle qu'il a rencontrée telle quelle pendant son entraînement, plutôt que d'en inférer la valeur par un raisonnement généralisable. Rend la prévision sur données pré-cutoff statistiquement non identifiable.

Ex. : Si un LLM restitue verbatim un extrait du RGPD ou les paroles d'une chanson protégée, c'est de la mémorisation : risque de violation du droit d'auteur distinct de la compréhension ou de la généralisation.

Overfitting de backtest
Pratique consistant à tester un grand nombre de configurations d'une même stratégie sur les mêmes données historiques jusqu'à en trouver une qui affiche une performance simulée élevée, sans que cette performance se maintienne hors échantillon. Précédent pré-LLM du problème de mémorisation, documenté dès 2014 par Bailey, Borwein, López de Prado et Zhu.

Ex. : Un algorithme testé sur 10 ans de données historiques affiche un Sharpe de 3,5 : trop de paramètres ajustés ont capturé du bruit ; en déploiement réel, la performance s'effondre à 0,4.

Non-identifiabilité
Situation où deux mécanismes distincts (compétence prédictive réelle et mémorisation) produisent des résultats observables strictement indiscernables, rendant impossible de déterminer lequel est à l'œuvre à partir des seules sorties du modèle.

Ex. : Un modèle de tarification avec 50 variables corrélées produit des coefficients instables : plusieurs combinaisons différentes de paramètres donnent exactement le même résultat ; problème de non-identifiabilité.

Ratio de Sharpe· Sharpe ratio
Mesure de la performance d'une stratégie d'investissement rapportée au risque pris, calculée comme le rendement excédentaire divisé par l'écart-type des rendements. Sa version « déflatée » corrige ce ratio pour le biais de sélection et l'overfitting de backtest lorsque de nombreuses configurations ont été testées.

Ex. : Un portefeuille de fonds alloue entre stratégies en maximisant le ratio de Sharpe : un fonds générant 10 % de rendement avec une volatilité de 5 % (Sharpe 2,0) est préféré à un fonds à 15 % avec 15 % de vol (Sharpe 1,0).

Hallucination
Production par un modèle d'une information fausse ou inventée, présentée avec la même assurance qu'une information correcte, sans signal explicite d'incertitude.

Ex. : ChatGPT cite parfois des articles scientifiques avec des auteurs réels, des titres plausibles et des DOI invalides : la référence n'existe pas, mais le modèle la produit avec une assurance totale.

RAG· Retrieval-Augmented Generation
Architecture dans laquelle un modèle de langage ne répond pas uniquement à partir de sa mémoire d'entraînement, mais récupère d'abord des passages pertinents dans une base documentaire externe avant de formuler sa réponse, ce qui réduit (sans l'éliminer) le risque d'hallucination et de mémorisation.

Ex. : Un chatbot juridique d'assureur utilise la RAG : il cherche dans une base de 10 000 contrats les clauses pertinentes avant de générer sa réponse ; évitant les hallucinations sur des points contractuels précis.

Comportement grégaire· herding
Tendance d'acteurs de marché à aligner leurs décisions sur celles des autres plutôt que sur leur propre analyse, indépendamment de la pertinence de cette convergence, et qui peut amplifier les mouvements de prix. Identifié par la Fed comme un risque systémique si de nombreux acteurs convergent vers les mêmes modèles fondamentaux.

Ex. : En période de stress boursier, plusieurs gestionnaires d'actifs se délestent simultanément des mêmes titres pour couvrir leurs rachats de parts, amplifiant la baisse bien au-delà des fondamentaux.

IA· Intelligence Artificielle
Discipline informatique visant à concevoir des systèmes capables d'exécuter des tâches associées à l'intelligence humaine.

Ex. : Un système de vision par ordinateur détecte les défauts sur une chaîne de production à 200 pièces/minute, au-delà des capacités humaines : application d'IA industrielle combinant deep learning et capteurs.

Machine Learning· Apprentissage automatique
Sous-domaine de l'IA où un système apprend des régularités à partir de données plutôt que de règles programmées explicitement.

Ex. : Un modèle de scoring bancaire apprend à prédire les défauts de crédit en analysant 500 000 dossiers historiques, sans que les ingénieurs programment explicitement les règles de décision.

Deep Learning· Apprentissage profond
Sous-domaine du machine learning fondé sur des réseaux de neurones à plusieurs couches.

Ex. : GPT-4 est un modèle de deep learning à plusieurs centaines de milliards de paramètres organisés en couches, capable de générer du texte cohérent sur des sujets très variés.

Réseau de neurones
Modèle de calcul inspiré du cerveau, organisé en couches de nœuds interconnectés pondérés.

Ex. : Un réseau convolutif (CNN) reconnaît des tumeurs dans des images IRM avec une précision de 94 %, comparable à celle d'un radiologue expert, en analysant les patterns locaux couche par couche.

Transformer
Architecture de réseau de neurones fondée sur le mécanisme d'attention, à la base des grands modèles de langage actuels.

Ex. : Introduit par Google en 2017 dans 'Attention is All You Need', le transformer est l'architecture sous-jacente à GPT, BERT, Claude et la quasi-totalité des LLM actuels.

Mécanisme d'attention
Composant permettant à un modèle de pondérer l'importance relative des différentes parties d'une séquence d'entrée.

Ex. : Dans la traduction 'Le chat dort', l'attention permet au modèle de pondérer fortement 'chat' lors de la génération de 'cat', et 'dort' lors de 'sleeps' : chaque token influence tous les autres.

Prompt
Instruction textuelle fournie à un modèle génératif pour orienter sa réponse.

Ex. : Le prompt 'Résume cet article en 3 points clés pour un non-spécialiste' guide le modèle vers une sortie structurée et accessible : la qualité du prompt détermine largement celle de la réponse.

Prompt engineering· Ingénierie de prompt
Pratique consistant à concevoir et optimiser les instructions données à un modèle pour améliorer ses réponses.

Ex. : Reformuler 'Rédige un email' en 'Rédige un email de relance en 3 paragraphes, ton direct, pour un CFO qui n'a pas répondu sous 5 jours' améliore significativement la pertinence du résultat.

Fine-tuning· Affinage
Réentraînement d'un modèle pré-entraîné sur un jeu de données spécifique pour l'adapter à une tâche ou un domaine.

Ex. : OpenAI propose de fine-tuner GPT-4o sur des milliers d'échanges client d'une banque : le modèle générique adopte le ton, le vocabulaire et les règles de conformité de l'institution.

Pré-entraînement· Pre-training
Phase initiale d'entraînement d'un modèle sur un corpus généraliste, avant tout affinage.

Ex. : GPT-4 a été pré-entraîné sur plusieurs téraoctets de textes web, livres et code pour apprendre la structure du langage : étape représentant plus de 99 % du coût total d'entraînement.

Agent (IA agentique)
Système utilisant un modèle pour planifier et exécuter une suite d'actions ou d'appels d'outils en vue d'un objectif.

Ex. : Un agent IA chargé de réserver un vol cherche sur Skyscanner, compare les prix, sélectionne le siège et envoie la confirmation par email : une suite d'actions autonomes vers un objectif unique.

XAI· Explainable AI : IA explicable
Ensemble de méthodes visant à rendre compréhensibles les décisions produites par un modèle.

Ex. : LIME explique localement le refus d'un crédit par un modèle opaque : le taux d'endettement contribue à +0,32 au refus, l'ancienneté professionnelle à -0,18 ; interprétation au niveau du dossier individuel.

Biais algorithmique
Reproduction ou amplification par un système d'IA de discriminations présentes dans ses données d'entraînement.

Ex. : Un algorithme de recrutement entraîné sur des CV historiques d'une entreprise à dominante masculine défavorise systématiquement les CV féminins, reproduisant le biais de sélection passé.

Équité algorithmique· Fairness
Ensemble de critères visant à limiter les traitements discriminatoires produits par un système d'IA.

Ex. : Un modèle de tarification satisfait l'équité individuelle (même profil = même prime) mais viole l'équité de groupe (les résidents de certains codes postaux paient systématiquement plus, pour des raisons non causales).

Boîte noire· Black box
Qualificatif d'un modèle dont le raisonnement interne n'est pas directement interprétable par un humain.

Ex. : Un réseau profond approuve ou refuse un crédit en 2 secondes, mais aucun ingénieur ne peut expliquer précisément pourquoi le dossier 47382 a été refusé : problème juridique majeur sous le RGPD.

Données d'entraînement· Training data
Ensemble des données utilisées pour ajuster les paramètres d'un modèle.

Ex. : GPT-2 a été entraîné sur 8 millions de pages web ; la qualité et la représentativité de ces données déterminent directement les biais et les capacités du modèle final.

Surapprentissage· Overfitting
Situation où un modèle apprend les particularités de ses données d'entraînement au détriment de sa capacité de généralisation.

Ex. : Un modèle de churn mémorise les particularités des 10 000 clients d'entraînement (98 % de précision), mais tombe à 61 % sur de nouveaux clients : signe de surapprentissage, pas de généralisation.

Jeu de test· Test set
Sous-ensemble de données non utilisé pour l'entraînement, servant à évaluer la performance d'un modèle.

Ex. : Sur 100 000 transactions, 80 000 servent à l'entraînement, 10 000 à la validation et 10 000 constituent le jeu de test : utilisé une seule fois pour évaluer la performance finale, jamais pendant le développement.

Paramètres (poids)
Valeurs numériques ajustées durant l'entraînement d'un modèle et déterminant son comportement.

Ex. : GPT-3 contient 175 milliards de paramètres : autant de valeurs numériques ajustées pendant l'entraînement, déterminant comment le modèle transforme chaque token d'entrée en une distribution de sortie.

Token· Jeton
Unité élémentaire de texte (mot, sous-mot ou caractère) traitée par un modèle de langage.

Ex. : Le texte 'inassurabilité' est découpé en 5 tokens par GPT-4 : 'in', 'assur', 'abil', 'it', 'é' ; l'unité de facturation des API et la limite sur laquelle s'applique la fenêtre de contexte.

Fenêtre de contexte· Context window
Quantité maximale de texte qu'un modèle peut prendre en compte simultanément pour produire une réponse.

Ex. : Claude 3 Opus dispose d'une fenêtre de 200 000 tokens : il peut analyser un rapport annuel de 600 pages en entier et répondre à des questions en tenant compte de l'ensemble du document.

Modèle de fondation· Foundation model
Modèle générique pré-entraîné sur de larges données, destiné à être adapté à de multiples usages.

Ex. : GPT-4, Llama 3 et Claude sont des modèles de fondation : entraînés à grands frais sur des données générales, ils servent de base à des milliers d'applications via fine-tuning ou prompting.

IA générative
Systèmes d'IA capables de produire du contenu original (texte, image ou code) plutôt que de seulement classer ou prédire.

Ex. : Stable Diffusion génère une illustration réaliste à partir du prompt 'graphique croissance verte en Europe, style The Economist, fond blanc' : en 8 secondes, sans photographe ni graphiste.

Apprentissage par renforcement· Reinforcement learning
Méthode d'entraînement où un système apprend par essais-erreurs, guidé par une récompense.

Ex. : AlphaGo a appris à jouer au go par apprentissage par renforcement : en jouant des millions de parties contre lui-même, il a découvert des stratégies inédites, battant le champion mondial en 2016.

RLHF· Reinforcement Learning from Human Feedback
Méthode d'entraînement affinant un modèle à partir de préférences exprimées par des évaluateurs humains.

Ex. : ChatGPT a été affiné par RLHF : des évaluateurs ont classé des réponses candidates, entraînant un modèle de récompense dont le signal guide l'optimisation du LLM vers des réponses jugées utiles et sûres.

Alignement (IA)· AI alignment
Ensemble des méthodes visant à faire correspondre le comportement d'un modèle aux intentions et valeurs humaines.

Ex. : La technique 'Constitutional AI' d'Anthropic tente d'aligner Claude sur des principes éthiques en faisant critiquer le modèle ses propres réponses avant de les affiner : alternative partielle au RLHF.

Gouvernance de l'IA
Ensemble des règles, processus et instances encadrant le développement et le déploiement de systèmes d'IA dans une organisation.

Ex. : La BNP Paribas a créé un comité de gouvernance IA qui évalue chaque nouveau modèle avant déploiement en production, selon des critères d'équité, d'explicabilité et de conformité réglementaire.

EU AI Act· Règlement européen sur l'IA
Cadre réglementaire européen classifiant les systèmes d'IA par niveau de risque et imposant des obligations proportionnées.

Ex. : Sous l'EU AI Act, un système de scoring de crédit est classé 'haut risque' : enregistrement obligatoire, audit de conformité, supervision humaine et droit à l'explication pour les personnes affectées.

Système à haut risque (AI Act)
Catégorie de systèmes d'IA soumis aux obligations les plus strictes du règlement européen, incluant le scoring de crédit et la tarification assurantielle.

Ex. : Un outil d'aide à la décision médicale recommandant des traitements est un système à haut risque sous l'AI Act : documentation technique complète, tests de robustesse et supervision humaine obligatoires.

Explicabilité par conception· Explainability by design
Approche privilégiant des modèles interprétables plutôt que d'expliquer a posteriori un modèle opaque.

Ex. : Un assureur préfère une régression logistique avec 15 variables interprétables à un réseau de neurones plus précis mais opaque : pour satisfaire le droit à l'explication du RGPD article 22.

Dérive de modèle· Model drift
Dégradation progressive de la performance d'un modèle lorsque les données réelles s'éloignent de ses données d'entraînement.

Ex. : Un modèle anti-fraude entraîné avant Covid se dégrade en 2021 : les habitudes de paiement ont changé et les fraudeurs ont adapté leurs techniques ; nécessitant un réentraînement ou un recalibrage.

Pipeline (IA)· Chaîne de traitement
Suite d'étapes automatisées transformant une donnée brute en résultat exploitable par ou pour un modèle.

Ex. : Le pipeline NLP d'un assureur : ingestion des emails → nettoyage → tokenisation → classification → extraction d'entités → routing vers le bon service ; exécuté en moins de 500 ms.

API· Application Programming Interface
Interface permettant à un logiciel d'accéder aux fonctionnalités d'un autre programme, notamment un modèle d'IA hébergé à distance.

Ex. : Un assureur intègre l'API OpenAI pour son chatbot : chaque message client est envoyé en HTTPS, GPT-4o génère la réponse, renvoyée à l'interface en moins d'une seconde.

Coût d'inférence
Coût de calcul associé à l'utilisation d'un modèle déjà entraîné pour produire une réponse.

Ex. : Générer une réponse de 500 tokens avec GPT-4o coûte ~0,01 $ : un chatbot traitant 100 000 requêtes/jour représente 1 000 $/jour ; poste à optimiser via la quantification ou des modèles plus légers.

Quantification (IA)· Quantization
Technique réduisant la précision numérique des paramètres d'un modèle pour diminuer son coût de calcul.

Ex. : Llama 3 70B réduit ses paramètres de 16 bits à 4 bits par quantification : le modèle passe de 140 Go à 35 Go en mémoire, permettant une inférence sur un seul GPU grand public.

Propriété intellectuelle et IA générative
Ensemble des questions juridiques liées à l'utilisation de contenus protégés pour l'entraînement ou la génération, et à la titularité des contenus produits.

Ex. : Getty Images a poursuivi Stability AI pour avoir entraîné Stable Diffusion sur ses photos sans licence : procès emblématique sur la question de savoir si l'entraînement constitue une reproduction illicite.

Usage loyal· Fair use
Doctrine juridique, notamment américaine, autorisant un usage limité d'une œuvre protégée sans autorisation de l'auteur.

Ex. : Google argue que l'indexation de pages web pour entraîner ses modèles constitue un fair use car la transformation est substantielle : doctrine américaine sans équivalent direct en droit européen.

Provenance (contenus IA)
Traçabilité de l'origine d'un contenu (humain ou généré par IA) et des transformations qu'il a subies.

Ex. : Le standard C2PA intègre dans les métadonnées d'une image un certificat indiquant si elle a été générée par IA et quel modèle : pour lutter contre la désinformation et les deepfakes.

DRS· Decision Review System
Système de recours vidéo et instrumenté du cricket, combinant Hawk-Eye (trajectoire), Hot Spot (détection thermique de contact) et le Snickometer/UltraEdge (détection acoustique de contact), tous externes au joueur.

Ex. : Une équipe conteste une décision lbw : le DRS combine la trajectoire projetée par Hawk-Eye et le pic sonore capté par l'UltraEdge pour évaluer s'il y a eu contact avant l'impact sur le tibia.

Umpire's call
Règle du DRS au cricket selon laquelle, si moins de 50 % de la balle est projetée comme touchant la zone requise, la preuve est jugée insuffisante pour renverser la décision de l'arbitre sur le terrain, qui prévaut.

Ex. : Hawk-Eye projette 45 % de la balle sur le guichet : sous le seuil de 50 %, c'est l'umpire's call, la décision initiale de l'arbitre est maintenue même si le recours a été demandé.

EPTS· Electronic Performance and Tracking Systems
Dispositifs électroniques de suivi de performance portés par les joueurs de football, encadrés depuis 2015 par la Loi 4 de l'IFAB à des fins de performance uniquement : leur homologation sécuritaire ne valide pas la qualité de l'information qu'ils produisent.

Ex. : Un club fait porter à ses joueurs un tracker EPTS dans le haut du dos pour mesurer la charge physique à l'entraînement, un usage autorisé par l'IFAB qui reste distinct d'un usage arbitral.

ELC· Electronic Line Calling
Système Hawk-Eye d'arbitrage de ligne intégralement automatisé au tennis, sans juge de ligne humain, déployé sur l'ensemble du circuit ATP puis à Wimbledon en 2025.

Ex. : Depuis l'adoption de l'ELC, une balle jugée out par les caméras Hawk-Eye est annoncée automatiquement par une voix synthétique, sans intervention d'un juge de ligne.

Marketing & management

Régression vers la moyenne
Tendance statistique d'une mesure extrême à se rapprocher de la moyenne lors d'une mesure ultérieure, du seul fait de la variabilité aléatoire. En valeur client, le segment le plus actif d'une année ne conserve pas son niveau de performance l'année suivante : l'Ehrenberg-Bass Institute documente un recul de 60 % à 45 % du chiffre d'affaires à composition de clientèle inchangée.

Ex. : Une équipe de vente exceptionnellement performante un trimestre (150 % de l'objectif) revient naturellement vers la moyenne le trimestre suivant, indépendamment du management : effet statistique pur.

Théorie des options réelles· real options theory
Cadre d'évaluation emprunté à la finance d'entreprise qui traite une décision d'investissement incertaine comme une option financière, avec une valeur d'attente distincte de la valeur immédiate. Appliqué à la relation client, il montre qu'il peut être rationnel de maintenir un client comptablement non rentable si la valeur de l'option de croissance future dépasse le coût de la relation.

Ex. : Plutôt qu'ouvrir 5 boutiques simultanément, une enseigne ouvre 1 boutique pilote qui lui donne le droit (mais non l'obligation) d'accélérer le déploiement si les résultats sont probants.

Seuil de désinvestissement· disinvestment threshold
Niveau de rentabilité en dessous duquel il devient économiquement préférable de mettre fin à une relation client plutôt que de la maintenir. Dans le cadre des options réelles, ce seuil est inférieur au seuil comptable de rentabilité car il intègre la valeur d'option de la relation : notamment la possibilité que le client devienne rentable dans le futur.

Ex. : Un fonds fixe un IRR minimum de 8 % : si un portefeuille de clients génère moins de 8 % de retour annualisé, il est rentable de réaffecter les ressources commerciales vers de nouvelles acquisitions.

Règle des 80/20 (Pareto)
Règle intuitive selon laquelle 20 % des clients génèreraient 80 % du chiffre d'affaires. Les données longitudinales de l'Ehrenberg-Bass Institute (Sharp & Romaniuk, 2007) corrigent ce ratio : en pratique, le même segment des 20 % les plus actifs génère environ 55 à 60 % des ventes ; et cette part régresse vers 45 % l'année suivante.

Ex. : Chez un distributeur alimentaire, les 20 % d'acheteurs les plus fréquents génèrent 58 % du CA : conforme à la loi 80/20 corrigée empiriquement par Ehrenberg-Bass à environ 60/20.

Double pénalité· double jeopardy
Loi empirique de science du marketing selon laquelle les marques à faible part de marché ont à la fois moins d'acheteurs et des acheteurs légèrement moins fidèles que les marques dominantes. Décrite par William McPhee (1963) et généralisée aux marques par Andrew Ehrenberg, répliquée dans des dizaines de catégories en B2C et B2B. Implique que la fidélité mesurée est d'abord une fonction de la taille de marché, pas d'un attachement électif.

Ex. : Une marque de yaourt avec 5 % de part de marché est achetée par 12 % des ménages (vs 40 % pour le leader), et seulement 2 fois par an (vs 8 fois) : elle souffre doublement de sa petite taille.

NBD-Dirichlet· Negative Binomial Distribution – Dirichlet model
Modèle statistique de référence en science du marketing pour prédire les niveaux normaux de pénétration et de fidélité d'une marque à partir de sa seule part de marché. Combine une loi binomiale négative pour la fréquence d'achat et une distribution de Dirichlet pour le choix entre marques concurrentes. Repose sur l'hypothèse de choix aléatoire pondéré par les parts de marché.

Ex. : Le modèle NBD-Dirichlet prédit qu'une marque passant de 10 % à 15 % de part de marché verra sa pénétration progresser mais sa fréquence d'achat rester quasi stable : la croissance passe par de nouveaux acheteurs.

Fidélité comportementale
Régularité mesurée des achats répétés d'une marque, indépendamment de l'attitude du consommateur à son égard. C'est ce que mesurent la plupart des indicateurs commerciaux (taux de réachat, ancienneté, valeur vie client) et ce que prédit la loi de double pénalité à partir de la seule part de marché.

Ex. : Un client Starbucks achète un café chaque matin de la semaine : sa fidélité comportementale est élevée, mesurée par la fréquence et la part de catégorie captée.

Fidélité attitudinale
Préférence ou attachement déclaré envers une marque, distinct du comportement d'achat effectivement observé. Les deux peuvent diverger : un consommateur peut racheter régulièrement une marque par habitude ou absence d'alternative sans lui porter d'attachement réel (fidélité fictive).

Ex. : Un client Apple recommande la marque à tous ses proches et lui attribue un NPS de 9/10, même s'il n'a acheté qu'un seul produit dans l'année : forte fidélité attitudinale, fidélité comportementale plus modeste.

Fidélité fictive· spurious loyalty
Répétition d'achat élevée sans attachement attitudinal correspondant, généralement liée à l'habitude, à l'inertie ou à l'absence d'alternative pratique plutôt qu'à une préférence réelle. Concept défini par Dick et Basu (1994). Constitue la forme dominante de fidélité documentée dans les secteurs à forte friction de changement (banque, assurance).

Ex. : Un passager fréquent accumule des miles sur la compagnie imposée par son employeur sans jamais choisir cette compagnie de sa propre initiative : fidélité fictive liée à une contrainte externe.

Attachement à la marque· brand attachment
Lien psychologique durable entre un consommateur et une marque, impliquant une connexion à l'identité personnelle et une représentation en mémoire de la marque associée au soi. Conceptuellement distinct de la simple attitude favorable ou de la fidélité comportementale. Mesuré par une échelle validée (Thomson et al. 2005, Park et al. 2010) et prédicteur des comportements coûteux : temps, argent, réputation engagés en faveur de la marque.

Ex. : Un consommateur refuse de vendre la montre héritée de son père, même pour le double de sa valeur marchande : son attachement émotionnel à la marque est irréductible à une valeur économique.

Biais du chiffre disponible
Déclinaison de l'heuristique de disponibilité de Tversky et Kahneman (1973) appliquée aux récits de marque : dans un débat public, le chiffre le plus facilement accessible à l'esprit l'emporte sur le chiffre le plus pertinent pour répondre à la question posée, indépendamment du mécanisme d'erreur sous-jacent (mesure mal définie, attribution causale erronée, etc.). Terme proposé dans l'analyse Probans sur la fidélité à la marque.

Ex. : Un directeur commercial surpondère son meilleur client du trimestre (500 K€ de CA) dans ses projections et sous-investit dans la fidélisation des clients à revenu moyen mais stable.

Différentiel compensatoire· compensating differential
Ajustement de salaire prédit par la théorie économique lorsque deux emplois identiques diffèrent par un avantage non monétaire : un poste offrant un avantage (télétravail, conditions de travail) devrait être moins bien payé qu'un poste sans cet avantage, toutes choses égales par ailleurs. L'énigme documentée par Cullen, Pakzad-Hurson & Perez-Truglia (2025) est l'absence observée de ce différentiel pour le télétravail sur données de salaires réels.

Ex. : Deux postes de comptable, identiques en tout point sauf que l'un autorise deux jours de télétravail par semaine, affichent le même salaire de départ : la théorie du différentiel compensatoire prédit un salaire plus bas pour le poste avec télétravail, un écart que Cullen, Pakzad-Hurson et Perez-Truglia (2025) ne retrouvent pas dans les données réelles de recrutement.

Préférence révélée· revealed preference
Préférence déduite d'un choix réel à enjeu concret (accepter ou refuser une offre d'emploi, payer un prix de marché), par opposition à une préférence déclarée recueillie par enquête hors enjeu. La méthode de préférence révélée produit des estimations généralement supérieures aux méthodes déclaratives car elle expose le répondant à un coût réel de la réponse.

Ex. : Un client déclare préférer les produits locaux, mais ses achats montrent 70 % d'importés : ses préférences révélées (comportement) contredisent ses préférences déclarées (sondage).

RCT· essai contrôlé randomisé
Protocole expérimental où l'assignation d'un individu ou d'une unité à un groupe traitement ou contrôle est déterminée par le hasard, permettant d'isoler un effet causal sans biais de sélection. Standard d'or de la hiérarchie des preuves en sciences sociales. Exemple : l'essai Bloom, Han & Liang (2024) chez Trip.com, où le rythme de télétravail a été assigné par la parité de la date de naissance.

Ex. : Netflix assigne aléatoirement 50 000 utilisateurs à un nouveau design (test) et 50 000 à l'ancien (témoin) : tout écart de rétention observé est causalement attribuable au design, non à une sélection biaisée.

Différences de différences· difference-in-differences
Méthode quasi-expérimentale comparant l'évolution d'un indicateur avant et après un événement (ex. annonce d'un mandat de retour au bureau) entre un groupe exposé et un groupe de comparaison non exposé. Plus solide qu'une simple corrélation si l'hypothèse de tendances parallèles est vérifiable, mais distinct d'un essai contrôlé randomisé.

Ex. : Un retailer mesure l'impact d'une rénovation en comparant l'évolution des ventes dans les magasins rénovés (groupe test) versus non rénovés (groupe témoin), avant et après les travaux.

Présentéisme numérique
Substitution du contrôle de la présence connectée ou physique (temps en ligne, réponse aux messages, badgeages) à une mesure directe de la performance ou du résultat produit. Mécanisme de report documenté lorsque le salaire n'arbitre pas la valeur d'un avantage non monétaire comme le télétravail. Terme utilisé dans l'analyse Probans sur l'énigme salariale du télétravail.

Ex. : Un salarié en télétravail répond aux messages Slack jusqu'à 22h pour signaler son engagement, mais ses livrables sont en dessous de la moyenne : il est présent numériquement mais pas productif.

Turnover· taux de rotation du personnel
Part des effectifs d'une organisation quittant leur emploi sur une période donnée (généralement l'année). Indicateur de signal précoce de dysfonctionnement managérial ou organisationnel. Ding et al. (2024) documentent une hausse de 14 % du turnover après annonce d'un mandat de retour au bureau, concentrée chez les profils seniors, les plus qualifiés et les femmes.

Ex. : Un cabinet de conseil affiche un turnover annuel de 25 % : sur 100 consultants en janvier, 25 ont quitté l'entreprise avant décembre ; coût de remplacement estimé à 50 % du salaire annuel chacun.

Mobilité bancaire
Dispositif introduit par la loi Macron de 2017 transférant à la banque d'arrivée l'intégralité des démarches administratives de changement de domiciliation bancaire d'un client. Conçu pour supprimer la friction administrative invoquée comme principal frein à la mobilité. Résultat observé : le taux de changement de banque n'a quasiment pas bougé (autour de 2,5-3 % par an), suggérant que la friction n'était pas le facteur déterminant de la rétention.

Ex. : La loi Macron, votée en 2015, oblige depuis février 2017 la nouvelle banque à piloter le transfert automatique des prélèvements et virements en 22 jours : une mesure qui facilite le changement d'établissement sans démarche pour le client, sans que le taux de mobilité bancaire n'en ait été significativement modifié depuis son entrée en vigueur.

Heuristique de disponibilité
Tendance à juger la fréquence ou l'importance d'un phénomène selon la facilité avec laquelle des exemples viennent à l'esprit, plutôt que selon sa fréquence réelle (Tversky & Kahneman, 1973).

Ex. : Après une série d'attentats médiatisés, les citoyens surestiment massivement le risque terroriste par rapport au risque de cancer, qui tue statistiquement 1 000 fois plus : illustration de l'heuristique de disponibilité.

CAC· Coût d'Acquisition Client
Dépense marketing et commerciale moyenne nécessaire pour acquérir un nouveau client ; indicateur central de la rentabilité d'un canal d'acquisition.

Ex. : Une startup dépense 100 K€ en marketing pour acquérir 500 nouveaux clients : son CAC est de 200 €. Si la LTV moyenne est de 600 €, le ratio LTV:CAC de 3x est jugé sain pour accélérer.

LTV / CLV· Customer Lifetime Value
Valeur actualisée des flux futurs générés par un client sur toute la durée de la relation ; mesure de référence pour arbitrer entre acquisition et rétention.

Ex. : Un abonné SaaS à 50 €/mois avec un churn de 2 %/mois a une LTV de 2 500 € (50 ÷ 0,02) : valeur que l'entreprise doit dépasser avec son CAC pour être structurellement rentable.

Ratio LTV:CAC
Rapport entre la valeur vie client et son coût d'acquisition ; un ratio supérieur à 3 est généralement considéré comme sain dans les modèles SaaS et abonnement.

Ex. : Un ratio LTV:CAC de 5x signifie que chaque euro investi pour acquérir un client en rapporte 5 sur sa durée de vie ; signal pour accélérer les dépenses marketing.

Churn· taux d'attrition
Proportion de clients qui cessent la relation sur une période donnée ; inverse de la rétention, c'est le principal destructeur de valeur dans les modèles à revenus récurrents.

Ex. : Un opérateur affiche un churn mensuel de 2 % : sur 100 000 abonnés, 2 000 résilient chaque mois ; une demi-vie du portefeuille de 3 ans à ce rythme.

NRR· Net Revenue Retention
Évolution du chiffre d'affaires d'une cohorte de clients existants sur une période, upsell et attrition inclus ; un NRR supérieur à 100 % signifie que la base existante croît sans acquisition nette.

Ex. : Une plateforme SaaS B2B affiche un NRR de 115 % : les clients de la cohorte 2022 génèrent 15 % de plus en 2023, grâce aux upsells qui compensent largement le churn.

NPS· Net Promoter Score
Indicateur de recommandation calculé à partir d'une question unique sur la probabilité de recommander une marque, exprimé comme la différence entre promoteurs et détracteurs.

Ex. : Apple obtient régulièrement un NPS supérieur à 70 : plus de 70 % des répondants sont des promoteurs (note 9-10), contre moins de 5 % de détracteurs (0-6).

Notoriété spontanée
Proportion de répondants citant une marque sans aide, à la seule évocation de la catégorie ; mesure la saillance mémorielle de la marque.

Ex. : À la question 'Quelles marques de voitures électriques connaissez-vous ?', 65 % des répondants citent Tesla en premier : notoriété spontanée en top-of-mind.

Notoriété assistée
Proportion de répondants reconnaissant une marque lorsqu'elle leur est présentée dans une liste ; toujours supérieure à la notoriété spontanée.

Ex. : Dans un sondage sur les assureurs, 82 % des répondants reconnaissent le nom 'Covéa' lorsqu'il leur est présenté dans une liste : c'est sa notoriété assistée.

Part de marché· SOM : Share of Market
Proportion des ventes d'une catégorie captée par une marque sur une période ; prédicteur central de la pénétration et de la fidélité selon la loi de double pénalité.

Ex. : En 2023, Samsung détient 21 % du marché mondial des smartphones en valeur : pour 100 € dépensés en smartphones dans le monde, 21 € vont à Samsung.

Part de voix· SOV : Share of Voice
Proportion des investissements ou de la visibilité publicitaire captée par une marque dans sa catégorie ; un SOV supérieur à la part de marché est associé à une croissance de marché.

Ex. : Lors d'un lancement produit, une marque investit 10 M€ sur un marché où les dépenses publicitaires totales sont 80 M€ : sa part de voix est 12,5 %, en dessous de sa part de marché de 18 % ; signal d'investissement insuffisant.

Disponibilité mentale· mental availability
Probabilité qu'une marque soit remémorée dans une situation d'achat ; concept central de la science marketing de l'Ehrenberg-Bass Institute, distinct de la fidélité attitudinale.

Ex. : Lorsqu'un consommateur pense à 'boisson pour le sport', Red Bull vient spontanément à l'esprit dans cette situation d'achat : c'est sa disponibilité mentale sur ce déclencheur.

Disponibilité physique· physical availability
Facilité avec laquelle un acheteur peut trouver et acheter une marque en termes de distribution, d'emplacement et d'accessibilité.

Ex. : Coca-Cola est présent dans 98 % des points de vente alimentaires français : sa disponibilité physique quasi-universelle est un avantage concurrentiel qu'une publicité seule ne peut pas reproduire.

Funnel de conversion
Suite d'étapes menant un prospect de la découverte à l'achat, mesurée en taux de passage d'une étape à l'autre ; permet d'identifier les points de friction prioritaires.

Ex. : Un site e-commerce voit 10 000 visiteurs → 2 000 ajouts au panier → 500 initiations de paiement → 300 achats finalisés : taux de conversion global de 3 %, abandon au paiement de 40 % entre l'initiation et l'achat finalisé.

Taux de conversion
Proportion de visiteurs ou prospects réalisant l'action visée (achat, inscription) ; métrique clé de l'efficacité d'une page ou d'un parcours.

Ex. : Une landing page génère 150 inscriptions pour 3 000 visites : taux de conversion de 5 %, contre 2 % pour l'ancienne page ; différence attribuable à un formulaire simplifié.

A/B test
Expérimentation comparant deux variantes pour isoler l'effet d'un changement sur une métrique ; forme simplifiée d'essai contrôlé randomisé appliqué au produit ou au marketing.

Ex. : Netflix teste deux vignettes pour le même film auprès de deux groupes de 500 K utilisateurs : la vignette B génère un taux de clic 12 % supérieur et est déployée à l'ensemble du catalogue.

Significativité statistique
Probabilité qu'un écart observé entre deux variantes ne soit pas dû au hasard ; exprimée en p-value, elle ne dit rien de la taille de l'effet ni de son importance pratique.

Ex. : Un A/B test montre une hausse de 3 % du taux de clic avec une p-valeur de 0,03 : la probabilité que cet écart soit dû au hasard est inférieure à 5 % ; résultat statistiquement significatif au seuil usuel.

Attribution marketing
Méthode répartissant le crédit d'une conversion entre les différents points de contact publicitaires qu'un client a traversés avant l'achat.

Ex. : Un client voit une pub display, clique un email, convertit via Google Search : l'attribution marketing détermine quelle part du crédit revient à chaque canal ; la réponse varie selon le modèle choisi.

Attribution last-click
Modèle attribuant l'intégralité du crédit d'une conversion au dernier point de contact avant l'achat ; simple mais biaisé vers les canaux de bas de funnel.

Ex. : En last-click, Google Search reçoit 100 % du crédit de la conversion, même si la pub display a initié la découverte : ce modèle surestime systématiquement les canaux de capture de demande.

MMM· Marketing Mix Modeling
Modélisation économétrique de l'effet des investissements marketing sur les ventes, sans traçage individuel ; résistant à la fin des cookies tiers.

Ex. : Un groupe FMCG modélise ses ventes hebdomadaires sur 4 ans avec un MMM : la TV génère un ROAS de 2,5x et le digital de 1,8x, une fois isolés la saisonnalité, les promotions et le prix.

ROAS· Return On Ad Spend
Chiffre d'affaires généré rapporté à la dépense publicitaire ; métrique d'efficacité court terme, à distinguer du ROI marketing qui intègre les marges et les coûts complets.

Ex. : Une campagne Meta dépense 10 000 € et génère 35 000 € de CA attribué : ROAS de 3,5x. Le seuil de rentabilité à 2x est dépassé, mais le ROAS marginal sur les derniers euros dépensés est probablement plus bas.

Vanity metric· métrique de vanité
Indicateur donnant une impression de performance sans lien démontré avec le résultat business (impressions, likes, reach) ; à opposer aux métriques d'impact (conversions, rétention, revenu).

Ex. : Un compte Instagram célèbre 100 000 abonnés, mais le taux d'engagement est de 0,3 % et les ventes attribuées sont nulles : les abonnés sont une vanity metric découplée du résultat business.

RFM· Récence, Fréquence, Montant
Méthode de segmentation client fondée sur la date du dernier achat, la fréquence d'achat et le montant dépensé ; encode structurellement le biais du chiffre disponible si elle n'est pas corrigée par la régression vers la moyenne.

Ex. : Un retailer classe un client avec : Récence = 5 (achat il y a 5 jours), Fréquence = 5 (12 achats/an), Montant = 4 (800 €/an) ; score RFM 5-5-4, profil à fidéliser en priorité.

Cohorte
Groupe de clients regroupés selon un critère commun d'origine (date d'acquisition, canal) et suivi dans le temps ; unité d'analyse de référence pour mesurer la rétention et la LTV.

Ex. : Les clients acquis en janvier 2022 forment une cohorte : on suit leur rétention mois par mois pour mesurer la performance réelle du produit, indépendamment du mix des campagnes d'acquisition.

Persona
Représentation synthétique d'un segment de clientèle type, utilisée pour orienter les décisions marketing et produit ; outil qualitatif à compléter par des données comportementales réelles.

Ex. : Le persona 'Marc, 42 ans, DSI d'une ETI, budget IT de 3 M€, lit L'Usine Digitale' guide la tonalité d'une campagne B2B même si aucun client réel ne correspond exactement à cette description.

Parcours client· customer journey
Ensemble des étapes et points de contact traversés par un client dans sa relation avec une marque, de la découverte à la fidélisation.

Ex. : Un client découvre une assurance via YouTube, compare sur un agrégateur, appelle un conseiller, souscrit en ligne et reçoit un email de bienvenue : 5 points de contact, autant d'opportunités de rupture.

Funnel AIDA
Modèle séquentiel Attention, Intérêt, Désir, Action décrivant le cheminement d'un acheteur ; cadre pédagogique classique, moins précis que les modèles probabilistes pour prédire le comportement réel.

Ex. : Une publicité capte l'Attention avec une image forte, suscite l'Intérêt avec un chiffre surprenant, crée le Désir avec un témoignage client, provoque l'Action avec un CTA 'Essai gratuit 30 jours'.

Share of wallet
Part du budget total d'un client dans une catégorie captée par une marque donnée ; indicateur de profondeur de la relation, distinct de la part de marché qui mesure la largeur.

Ex. : Un client dépense 200 €/mois en restauration, dont 60 € chez Deliveroo : la plateforme capture 30 % de son wallet restauration ; objectif de cross-sell pour atteindre 40 %.

Cross-sell· vente croisée
Vente d'un produit complémentaire à un client existant ; levier de croissance du revenu sans acquisition nette, contributeur au NRR.

Ex. : Un client souscrit une assurance auto ; son conseiller lui propose également une assurance habitation : cross-sell qui augmente le nombre de produits détenus par foyer et réduit le churn.

Upsell· montée en gamme
Vente d'une version supérieure ou plus chère à un client existant ; levier de croissance de la valeur unitaire, également contributeur au NRR.

Ex. : Un client envisage un abonnement à 5,99 €/mois ; l'interface met en avant l'offre Premium à 9,99 € grâce à la comparaison des fonctionnalités : upsell générant +67 % de revenu sur ce client.

Customer Equity
Valeur cumulée de l'ensemble des clients d'une entreprise, calculée comme la somme des LTV individuelles ; mesure de la richesse totale du portefeuille client.

Ex. : Une banque estime sa Customer Equity à 2 Md€ : somme actualisée des LTV de ses 1,2 million de clients ; métrique de pilotage alternatif au résultat comptable.

Brand tracker
Étude répétée dans le temps mesurant la notoriété, l'image et les intentions d'achat d'une marque ; permet de détecter les effets des campagnes et les tendances de fond.

Ex. : Unilever réalise un brand tracker mensuel sur sa lessive : la notoriété spontanée stagne à 45 % mais l'intention d'achat a progressé de 5 points après la campagne TV ; effet différé à mesurer.

Programmatique
Achat automatisé d'espaces publicitaires par enchères en temps réel ; permet un ciblage granulaire mais exposé aux problèmes de brand safety et de fraude.

Ex. : Un assureur cible en temps réel les internautes ayant recherché 'devis assurance auto' dans les 24 dernières heures, en enchérissant automatiquement 0,80 € au CPM via une DSP.

Données first-party / third-party· first-party / third-party data
Données collectées directement par l'entreprise auprès de ses clients (first-party), par opposition aux données achetées à des tiers (third-party) ; la fin des cookies tiers rend les données first-party stratégiquement critiques.

Ex. : Amazon collecte directement données d'achat, de navigation et de recherche de ses utilisateurs : first-party data exploitée pour les recommandations, sans dépendance aux cookies tiers en voie de disparition.

KPI· Key Performance Indicator
Mesure quantitative utilisée pour suivre l'atteinte d'un objectif stratégique ou opérationnel ; efficace seulement si lié à une décision actionnable.

Ex. : Le taux de rétention à 90 jours est le KPI central d'une app mobile : 40 % d'utilisateurs encore actifs après 3 mois indique un product-market fit solide ; en dessous de 20 %, le produit doit être repensé.

OKR· Objectives and Key Results
Méthode de fixation d'objectifs associant un objectif qualitatif ambitieux à des résultats clés mesurables ; popularisée par Intel et Google pour aligner organisation et équipes.

Ex. : Objectif 'Devenir la référence assurance des PME françaises' → 3 key results : 500 nouvelles PME clientes, NPS > 45, taux de renouvellement > 85 % ; mesurables à la fin du trimestre.

Feedback SBI· Situation-Comportement-Impact
Méthode structurant un retour en décrivant la situation, le comportement observé et son impact concret ; réduit l'ambiguïté et facilite la réception du feedback.

Ex. : Situation : 'Lors de la réunion client de lundi', Comportement : 'tu as interrompu le prospect trois fois', Impact : 'il s'est fermé et n'a pas validé la proposition' ; structure SBI évite le jugement de personnalité.

Management situationnel
Approche adaptant le style de management au niveau d'autonomie et de compétence du collaborateur sur une tâche donnée (directif, persuasif, participatif, délégateur).

Ex. : Un manager adopte un style directif avec un stagiaire en découverte du métier, mais délègue largement à l'expert de 10 ans d'ancienneté qui n'a pas besoin de supervision serrée.

RACI· Responsible, Accountable, Consulted, Informed
Outil clarifiant les rôles de chacun sur une tâche ou un projet : qui fait, qui décide, qui est consulté, qui est informé.

Ex. : Dans un projet tarifaire : l'actuaire est Responsible (réalise), le DAF est Accountable (valide), le DSI est Consulted (contraintes techniques), le Comex est Informed (reçoit le livrable).

Conduite du changement· change management
Ensemble des méthodes visant à accompagner une organisation dans une transformation, en gérant les résistances humaines et en facilitant l'adoption des nouvelles pratiques.

Ex. : Le déploiement d'un CRM auprès de 500 commerciaux mobilise 6 mois de conduite du changement : ateliers de co-construction, formation, ambassadeurs terrain et suivi du taux d'adoption semaine par semaine.

Comex / Codir· Comité exécutif / Comité de direction
Instance regroupant les principaux dirigeants d'une entreprise pour les décisions stratégiques ; le Comex est souvent plus restreint que le Codir selon les organisations.

Ex. : La décision d'acquérir un concurrent pour 200 M€ est présentée en Comex avant d'être soumise au Conseil d'administration pour approbation formelle et aux actionnaires en AG si nécessaire.

Gouvernance d'entreprise
Ensemble des règles et instances organisant le pouvoir de décision et de contrôle dans une entreprise, notamment entre actionnaires, conseil d'administration et direction.

Ex. : Un rapport de gouvernance CAC 40 publie : 40 % de femmes au conseil, 30 % d'administrateurs indépendants, rémunération variable du CEO liée à 4 indicateurs ESG ; répondant aux exigences réglementaires et actionnariales.

Théorie de l'agence
Cadre analysant les conflits d'intérêts entre dirigeants (agents) et actionnaires ou parties prenantes (principaux), et les mécanismes pour les aligner (rémunération variable, conseil indépendant).

Ex. : Les stock-options accordées aux dirigeants visent à aligner leur intérêt (hausse du cours) sur celui des actionnaires : en théorie. En pratique, elles incitent parfois à la prise de risque à court terme.

Parties prenantes· stakeholders
Ensemble des acteurs affectés par ou pouvant affecter les décisions d'une organisation : actionnaires, salariés, clients, fournisseurs, régulateurs, société civile.

Ex. : Pour un projet minier, les parties prenantes incluent actionnaires (retour financier), riverains (impact environnemental), ONG (droits humains) et collectivités (emploi et fiscalité) : intérêts souvent contradictoires.

SWOT· Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats
Outil d'analyse stratégique croisant forces et faiblesses internes avec les opportunités et menaces de l'environnement externe.

Ex. : Forces : marque reconnue. Faiblesses : réseau limité. Opportunités : croissance du e-commerce. Menaces : entrée d'un géant américain ; analyse SWOT d'un retailer mode avant une décision d'internationalisation.

Matrice BCG· Boston Consulting Group
Outil de gestion de portefeuille classant les activités selon leur croissance de marché et leur part de marché relative en quatre quadrants : étoiles, vaches à lait, dilemmes (aussi appelés points d'interrogation), poids morts.

Ex. : Le smartphone est la 'vache à lait' de Samsung (forte part, marché mature) ; ses puces Exynos sont en 'point d'interrogation' (faible part, marché en croissance) : matrice BCG pour arbitrer les investissements.

PESTEL· Politique, Économique, Sociologique, Technologique, Écologique, Légal
Cadre d'analyse de l'environnement macro d'une entreprise selon six dimensions : Politique, Économique, Sociologique, Technologique, Écologique et Légal.

Ex. : L'analyse PESTEL d'un assureur auto : RGPD (Légal), inflation des pièces détachées (Économique), véhicules autonomes (Technologique), risque climatique (Écologique) ; 6 dimensions pour cartographier l'environnement.

Feedback 360°
Évaluation d'un collaborateur croisant les retours de sa hiérarchie, ses pairs et ses subordonnés ; donne une vision plus complète que la seule évaluation descendante.

Ex. : Un directeur régional reçoit les retours de son N+1, de ses 8 directeurs de magasin et de 3 pairs : le feedback 360° révèle souvent un écart entre auto-évaluation et perception de l'entourage.

Matrice 9-box
Outil de gestion des talents croisant performance actuelle et potentiel d'évolution sur une grille 3×3 ; utilisé pour identifier les hauts potentiels et planifier les successions.

Ex. : Un collaborateur noté 'haute performance / haut potentiel' dans la matrice 9-box est identifié comme top talent à retenir prioritairement et à préparer pour un rôle de direction dans 2 à 3 ans.

Onboarding
Ensemble du processus d'intégration d'un nouveau collaborateur dans l'entreprise ; facteur clé de rétention, notamment dans les six premiers mois.

Ex. : L'onboarding d'un nouveau développeur : accès aux outils (J0), immersion équipe (J1), pair coding avec mentor (S1–S4), premier bilan à 90 jours ; 90 jours déterminants pour la rétention à long terme.

Middle management· encadrement intermédiaire
Niveau hiérarchique assurant le relais entre la direction et les équipes opérationnelles ; pivot de la conduite du changement et de la transmission de la culture d'entreprise.

Ex. : Dans une banque de détail, les directeurs d'agence constituent le middle management : ils traduisent les objectifs de la direction générale en plans d'action concrets pour leurs conseillers.

Empowerment· responsabilisation
Délégation de pouvoir de décision aux collaborateurs sur leur périmètre ; favorise l'engagement et l'agilité, conditionné à une clarté des objectifs et des limites.

Ex. : Une chaîne hôtelière autorise chaque réceptionniste à offrir jusqu'à 150 € de compensation sans validation managériale pour résoudre immédiatement un problème client : réduction du temps de traitement de 70 %.

Lean management
Démarche visant à réduire les gaspillages et à optimiser les processus opérationnels en s'appuyant sur l'amélioration continue et la valeur perçue par le client.

Ex. : Une usine identifie 7 types de gaspillages et réduit son temps de cycle de 30 % en 6 mois grâce à un chantier lean : sans investissement capital, uniquement par réorganisation des flux.

Agile / Scrum / Kanban
Méthodes de gestion de projet itératives organisant le travail en cycles courts (sprints) et en flux visuel de tâches, favorisant l'adaptation continue aux besoins.

Ex. : Une équipe produit livre en sprints de 2 semaines : planning, développement, démo client, rétrospective ; le backlog est priorisé par la valeur business et revu chaque sprint selon les retours terrain.

QVT· Qualité de Vie au Travail
Ensemble des conditions dans lesquelles les salariés exercent leur activité, incluant charge de travail, relations professionnelles, autonomie et environnement physique.

Ex. : Un baromètre QVT annuel mesure : bien-être à 6,2/10, absentéisme à 4,8 %, 68 % des salariés jugent leur charge raisonnable ; données utilisées pour prioriser les actions RH et piloter l'engagement.

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