Simulateur · Probans
Ratio de couverture du SCR face à un choc climatique
Entrez votre ratio de couverture du SCR actuel, puis appliquez l'un des deux chocs climatiques publiés par l'ACPR (-48 ou -60 points) ou un choc personnalisé. Le résultat affiche votre ratio après choc et la marge restante, en points, avant le seuil réglementaire de 100 %.
Par Axel Morel · Probans · dernière mise à jour le 19 juillet 2026
Simulation illustrative construite à partir des deux magnitudes de choc publiées par l'ACPR (stress-test climatique 2023-2024, résultats mai 2024) : -48 points en 2025 par rapport à un scénario sans changement climatique, -60 points sur la trajectoire complète 2022-2027. Le choc est appliqué ici de façon linéaire à votre propre ratio de départ, ce qui ne reproduit pas la modélisation actif-passif propre à votre organisme. Cet outil ne se substitue pas à votre ORSA ni à un exercice de stress-test interne.
Ce que mesure le ratio de couverture du SCR
Le SCR (Solvency Capital Requirement, capital de solvabilité requis) est le montant de fonds propres que Solvabilité II exige d'un assureur pour absorber un choc à horizon un an, financier, technique ou, désormais, climatique. Le ratio de couverture rapporte les fonds propres réellement disponibles à ce montant réglementaire : à 230 %, un organisme dispose de 2,3 fois le capital exigé. Le seuil minimal fixé par Solvabilité II est 100 % ; en dessous, le superviseur peut exiger un plan de rétablissement. Ce ratio n'est pas une mesure abstraite de « bonne santé » générale : c'est un indicateur de résistance à un scénario de choc donné, et son niveau dépend directement de l'ampleur du choc testé.
C'est précisément ce que fait ce simulateur : il applique à votre propre ratio de départ l'une des deux magnitudes de choc mesurées par l'ACPR lors de son stress-test climatique 2023-2024, ou une magnitude personnalisée, pour visualiser la marge restante avant de franchir le seuil des 100 %.
Pourquoi l'ACPR teste la résistance des assureurs à un choc climatique
Le deuxième stress-test climatique de l'ACPR, mené entre 2022 et 2024 auprès de quinze groupes représentant 90 % du bilan sectoriel français, a mesuré deux choses. D'abord un choc de court terme à horizon 2027 : le ratio moyen recule de 230 % à 170 %, soit 60 points, sous l'effet d'une dépréciation de 13 % du portefeuille d'actifs (fossiles en premier lieu, puis immobilier et titres souverains par contagion). Ce choc financier pèse davantage sur la solvabilité que la hausse du coût des sinistres climatiques eux-mêmes. Ensuite un exercice à horizon 2050, qui documente des pertes attendues sur les mêmes classes d'actifs sans, pour l'instant, se traduire en réallocation de portefeuille.
L'exercice ne sanctionne pas un organisme : il fournit un cadre méthodologique commun pour objectiver un risque qui, sans lui, resterait qualitatif. C'est ce cadre (deux chocs mesurés, un seuil réglementaire fixe) que ce simulateur reproduit de façon simplifiée et linéaire, à votre propre chiffre.
Une résilience affichée peut déplacer le risque sans le résoudre
Le secteur assurantiel mondial affiche, selon les rapports institutionnels les plus récents, une solvabilité solide et un risque systémique agrégé en léger recul. Ce constat et le recul du ratio SCR sous choc climatique ne se contredisent pas : ils décrivent la même réalité à deux échelles différentes. Un secteur peut rester résilient au niveau agrégé tout en laissant le coût du risque climatique se déplacer ailleurs : vers la réassurance, puis les assurés, puis, en dernier ressort, l'État. Le signal le plus concret n'est pas le ratio SCR lui-même, resté au-dessus de 100 % dans les deux scénarios ACPR : c'est la surprime catastrophes naturelles de la Caisse centrale de réassurance, passée de 12 % à 20 % en 2023, la CCR estimant elle-même à 15 % la probabilité de recourir au soutien de l'État.
Un ratio de couverture confortable, y compris après choc, ne signifie donc pas que le risque a disparu : il peut simplement indiquer qu'il n'a pas encore atteint le bilan de l'assureur primaire sous cette forme.
Comment lire le résultat du simulateur
Le grand chiffre affiché est votre ratio de couverture du SCR après application du choc sélectionné. La ligne « marge par rapport au seuil réglementaire » traduit ce même résultat en points d'écart au-dessus ou en dessous de 100 % : c'est la donnée la plus utile pour juger de la résistance réelle, plus que le ratio brut. La barre de progression situe ce résultat visuellement entre 0 % et 250 %, avec le seuil des 100 % marqué par un repère fixe. Le message qui accompagne le résultat distingue trois situations : marge confortable, marge resserrée (moins de 30 points), ou passage sous le seuil réglementaire.
Ce calcul reste une simplification pédagogique : il applique le choc de façon linéaire, alors que le stress-test ACPR repose sur une modélisation actif-passif propre à chaque organisme et des scénarios NGFS bien plus détaillés. Le simulateur ne remplace ni votre ORSA ni un stress-test interne ; il rend lisible l'ordre de grandeur d'un choc déjà publié.
Une idée reçue à corriger
« Mon ratio SCR est confortable aujourd'hui, je n'ai donc pas à me préoccuper du risque climatique » est l'erreur la plus fréquente que ce type d'outil peut aider à corriger. Le stress-test ACPR part précisément d'un ratio moyen élevé (230 %) et montre qu'un choc mesuré et documenté peut en consommer 60 points sans que le risque de sinistralité climatique en soit la cause principale : la dépréciation des actifs financiers pèse davantage. Un ratio confortable dit ce qu'il dit : la résistance de l'organisme au scénario testé, à la date testée. Il ne dit rien de l'inertie dans la réallocation des actifs à risque de long terme, ni de la trajectoire de la surprime de réassurance, deux signaux qui évoluent indépendamment du ratio affiché en central.
Questions fréquentes
Un ratio de couverture du SCR confortable aujourd'hui garantit-il la solvabilité en cas de choc climatique ?
Non : il mesure la résistance au scénario testé, à la date testée, pas une garantie permanente (voir « Une idée reçue à corriger » ci-dessus).
Que représente exactement le seuil de 100 % du SCR ?
Le seuil réglementaire minimal fixé par Solvabilité II : en dessous, l'assureur ne dispose plus des fonds propres jugés nécessaires pour absorber un choc à un an, et l'ACPR peut exiger un plan de rétablissement.
Pourquoi la résilience affichée par le secteur n'élimine-t-elle pas le risque climatique ?
Parce qu'elle se mesure au niveau agrégé et ne dit rien de la façon dont le coût est distribué (voir « Une résilience affichée peut déplacer le risque sans le résoudre » ci-dessus).
Pour le détail des sources, la méthodologie complète du stress-test et la discussion des réserves associées, voir l'analyse complète sur la résilience assurantielle face au risque climatique.