Dossier · Intelligence artificielle
IA technologie d'abord en entreprise : le diagnostic que Deloitte Australie a lui-même vécu
Deloitte chiffre à 59 % la part des grandes entreprises qui abordent l'IA par la technologie avant les rôles, avec 1,6 fois plus de risque d'échec. Au même moment, Deloitte Australie livrait un rapport public à 440 000 dollars australiens truffé de citations fabriquées par IA.
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2 articlesTrois formulaires d'exclusion de l'IA générative, et aucune mesure du risque
Trois formulaires type d'exclusion de l'IA générative portent une date d'édition de janvier 2026 sur le marché américain. Environ six mois plus tard, le coauteur de ces formulaires ne sait pas combien d'assureurs les emploient, et il dit qu'un haut degré d'intérêt accompagne l'introduction de tout nouvel endossement de sa maison, garantie comme exclusion. J'avais lu ce mouvement comme un signal sur la gravité du risque. Il n'en est pas un.
10 août 2026Le 59 % de Deloitte sur l'IA repose sur 100 dirigeants américains
Le communiqué qui publie ce chiffre ne dit ni combien de répondants ni de quel pays. Un second texte Deloitte, que ce même communiqué met en lien, attribue le 59 % à une enquête de 100 dirigeants américains. Il faut lire les deux pour savoir sur quoi porte le chiffre.
5 août 2026Sources (extrait)
- Nancy Germond, « Verisk to Roll Out New General Liability Exclusions for Generative AI Exposures », Big « I » Virtual University, 21 octobre 2025. Porte la description des trois endossements CG 40 47, CG 40 48 et CG 35 08, chacun qualifié d'« optional endorsement » ; leur date d'édition de janvier 2026 (« forms with a January 2026 edition date », « Effective January 2026 ») ; la définition de l'IA générative qu'ils retiennent (« a machine-based learning system or model that is trained on data with the ability to create content or responses ») et son adossement déclaré à des définitions de sources gouvernementales et de la NAIC (« existing definitions provided by government sources and NAIC definitions ») ; l'origine déclarée des formulaires dans une demande d'outil de souscription des assureurs (« insurers requested underwriting tools to address this emerging risk ») ; la mention que des porteurs de lignes excédentaires ont déjà déployé des exclusions IA (« Some surplus lines carriers have already deployed AI exclusions »), et le texte de l'exclusion absolue du seul d'entre eux qu'elle nomme, qu'elle orthographie « Berkeley » ; les offres de garantie de Testudo, annoncé comme devant se lancer fin 2025 en qualité de « Lloyd's cover holder », de Munich Re et d'Armilla ; le détail de ce que Testudo annonce couvrir, ce qu'il exclut de sa souscription et le motif qu'il en donne (« because they are covered in traditional insurance policies such as technology errors & omissions »), et sa cible commerciale déclarée ; et la prévision attribuée nommément à son cofondateur George Lewin-Smith, « We believe that 95% of carriers will immediately employ these exclusions ». Le rattachement de chaque formulaire à sa partie de garantie est celui que cette entrée écrit formulaire par formulaire.
- Don Jergler, « Insurer Interest in AI Exclusions Growing as Risk Becomes Omnipresent », Claims Journal, 20 juillet 2026. Porte la paraphrase des trois endossements fournie par Verisk et présentée comme telle (« ISO parent Verisk provided the following paraphrased description ») ; le constat de dépôts croissants auprès des régulateurs d'État « to be able to use three ISO endorsements » ; les déclarations d'Alana McMullin, associée chez Lathrop GPM, sur l'ampleur inconnue de l'adoption (« we don't know yet what each insurer is going to do ») et, dans la même réplique, sur l'adoption rapide qu'elle en attend malgré tout ; celles de Joe Lam, vice-président responsabilité chez Verisk et coauteur des formulaires, qui ne sait pas combien d'assureurs les emploient, qui déclare, « I would say there's a high degree of interest whenever we introduce a new endorsement, whether it is a coverage endorsement or an exclusion », que tout nouvel endossement suscite ce degré d'intérêt, et qui donne à l'exclusion une fonction de stabilité de souscription sans laquelle le porteur peut renoncer au risque ; les forces contraires à l'adoption, pression concurrentielle et tarification avec surprime plutôt qu'exclusion ; le poids des assurés au renouvellement ; la couverture silencieuse au conditionnel ; le texte de l'exclusion Berkley et les trois lignes nommées où elle est employée, « directors and officers, errors and omissions, and fiduciary liability insurance products », introduite l'année précédente ; l'absence de décision de référence ; les cinq familles de contentieux à date attribuées à McMullin, « intellectual property infringement, privacy violations, discrimination, consumer protection, and securities-related claims » ; et les chiffres relayés de l'étude Gallagher, +978 % de 2021 à 2025, +137 % de 2024 à 2025, brevets 11,9 %, droit d'auteur 11,2 %, dommages aux personnes 10,2 %.
- Daniel W. Woods & Josephine Wolff, « A History of Cyber Risk Transfer », version WEIS 2024. Porte le découpage en trois phases de l'assurance cyber américaine (p. 4, 5 et 7) ; l'absence de vue commune à l'origine entre trois des plus grandes entreprises du secteur, Chubb, AIG et le courtier Marsh, la vision de responsabilité média de Chubb, et le fait que les visions de Chubb et d'AIG ne se sont pas réalisées alors que ces deux firmes sont devenues les premier et cinquième fournisseurs d'assurance cyber domiciliés aux États-Unis (p. 4) ; la tarification en l'absence de données assumée comme moyen de constituer un jeu de sinistres (p. 4) ; la rétraction de la capacité après la violation Target de 2013, Target n'ayant réuni que 100 millions de dollars et s'étant vu refuser davantage, et des tours passant en 2014 de 300-350 millions de dollars à environ 250 au maximum (p. 5) ; un modèle d'affaires « broadly profitable until as late as 2018 » lu dans un « median loss ratio among the biggest cyber insurers » de 23,4 %, porté à 76,9 % chez ces mêmes plus gros fournisseurs « by the end of 2021 », « despite dramatic price hikes at the beginning of the year », et l'échec d'un modèle qui évaluait le risque « via qualitative answers to questionnaires » (p. 9) ; la définition de la couverture silencieuse comme exposition implicite des polices « all risks » et autres polices de responsabilité qui n'excluent pas explicitement le péril, connue du secteur et des régulateurs depuis 2012 au moins (p. 13) ; et l'exclusion comme instrument de limitation d'exposition au risque catastrophique, aux côtés des plafonds de police, de la réassurance et de la restriction du produit à des groupes limités de clients (p. 12) ; enfin, la tolérance déclarée pour une modélisation actuarielle fondée sur un manque de données pendant la phase expérimentale (p. 4).
- Verisk, ISO Core Lines Services. Formulaires CG 40 47, CG 40 48 et CG 35 08, édition janvier 2026. Document non consultable : distribué aux assureurs clients, page campagne en 404. Le texte des formulaires n'a pas été lu, et tout ce qui en est dit ici est attribué aux deux publications qui le rapportent.
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Bibliographie et lexique
Bibliographie
- Nancy Germond, « Verisk to Roll Out New General Liability Exclusions for Generative AI Exposures », Big « I » Virtual University, 21 octobre 2025. Porte la description des trois endossements CG 40 47, CG 40 48 et CG 35 08, chacun qualifié d'« optional endorsement » ; leur date d'édition de janvier 2026 (« forms with a January 2026 edition date », « Effective January 2026 ») ; la définition de l'IA générative qu'ils retiennent (« a machine-based learning system or model that is trained on data with the ability to create content or responses ») et son adossement déclaré à des définitions de sources gouvernementales et de la NAIC (« existing definitions provided by government sources and NAIC definitions ») ; l'origine déclarée des formulaires dans une demande d'outil de souscription des assureurs (« insurers requested underwriting tools to address this emerging risk ») ; la mention que des porteurs de lignes excédentaires ont déjà déployé des exclusions IA (« Some surplus lines carriers have already deployed AI exclusions »), et le texte de l'exclusion absolue du seul d'entre eux qu'elle nomme, qu'elle orthographie « Berkeley » ; les offres de garantie de Testudo, annoncé comme devant se lancer fin 2025 en qualité de « Lloyd's cover holder », de Munich Re et d'Armilla ; le détail de ce que Testudo annonce couvrir, ce qu'il exclut de sa souscription et le motif qu'il en donne (« because they are covered in traditional insurance policies such as technology errors & omissions »), et sa cible commerciale déclarée ; et la prévision attribuée nommément à son cofondateur George Lewin-Smith, « We believe that 95% of carriers will immediately employ these exclusions ». Le rattachement de chaque formulaire à sa partie de garantie est celui que cette entrée écrit formulaire par formulaire.PAntérieure à la date d'effet des formulaires : elle ne peut rien établir sur leur adoption.
- Don Jergler, « Insurer Interest in AI Exclusions Growing as Risk Becomes Omnipresent », Claims Journal, 20 juillet 2026. Porte la paraphrase des trois endossements fournie par Verisk et présentée comme telle (« ISO parent Verisk provided the following paraphrased description ») ; le constat de dépôts croissants auprès des régulateurs d'État « to be able to use three ISO endorsements » ; les déclarations d'Alana McMullin, associée chez Lathrop GPM, sur l'ampleur inconnue de l'adoption (« we don't know yet what each insurer is going to do ») et, dans la même réplique, sur l'adoption rapide qu'elle en attend malgré tout ; celles de Joe Lam, vice-président responsabilité chez Verisk et coauteur des formulaires, qui ne sait pas combien d'assureurs les emploient, qui déclare, « I would say there's a high degree of interest whenever we introduce a new endorsement, whether it is a coverage endorsement or an exclusion », que tout nouvel endossement suscite ce degré d'intérêt, et qui donne à l'exclusion une fonction de stabilité de souscription sans laquelle le porteur peut renoncer au risque ; les forces contraires à l'adoption, pression concurrentielle et tarification avec surprime plutôt qu'exclusion ; le poids des assurés au renouvellement ; la couverture silencieuse au conditionnel ; le texte de l'exclusion Berkley et les trois lignes nommées où elle est employée, « directors and officers, errors and omissions, and fiduciary liability insurance products », introduite l'année précédente ; l'absence de décision de référence ; les cinq familles de contentieux à date attribuées à McMullin, « intellectual property infringement, privacy violations, discrimination, consumer protection, and securities-related claims » ; et les chiffres relayés de l'étude Gallagher, +978 % de 2021 à 2025, +137 % de 2024 à 2025, brevets 11,9 %, droit d'auteur 11,2 %, dommages aux personnes 10,2 %.S
- Daniel W. Woods & Josephine Wolff, « A History of Cyber Risk Transfer », version WEIS 2024. Porte le découpage en trois phases de l'assurance cyber américaine (p. 4, 5 et 7) ; l'absence de vue commune à l'origine entre trois des plus grandes entreprises du secteur, Chubb, AIG et le courtier Marsh, la vision de responsabilité média de Chubb, et le fait que les visions de Chubb et d'AIG ne se sont pas réalisées alors que ces deux firmes sont devenues les premier et cinquième fournisseurs d'assurance cyber domiciliés aux États-Unis (p. 4) ; la tarification en l'absence de données assumée comme moyen de constituer un jeu de sinistres (p. 4) ; la rétraction de la capacité après la violation Target de 2013, Target n'ayant réuni que 100 millions de dollars et s'étant vu refuser davantage, et des tours passant en 2014 de 300-350 millions de dollars à environ 250 au maximum (p. 5) ; un modèle d'affaires « broadly profitable until as late as 2018 » lu dans un « median loss ratio among the biggest cyber insurers » de 23,4 %, porté à 76,9 % chez ces mêmes plus gros fournisseurs « by the end of 2021 », « despite dramatic price hikes at the beginning of the year », et l'échec d'un modèle qui évaluait le risque « via qualitative answers to questionnaires » (p. 9) ; la définition de la couverture silencieuse comme exposition implicite des polices « all risks » et autres polices de responsabilité qui n'excluent pas explicitement le péril, connue du secteur et des régulateurs depuis 2012 au moins (p. 13) ; et l'exclusion comme instrument de limitation d'exposition au risque catastrophique, aux côtés des plafonds de police, de la réassurance et de la restriction du produit à des groupes limités de clients (p. 12) ; enfin, la tolérance déclarée pour une modélisation actuarielle fondée sur un manque de données pendant la phase expérimentale (p. 4).IVersion WEIS 2024, seule lue. La version publiée au Journal of Cybersecurity, 11(1), tyae028, n'a pas pu être ouverte : aucune citation ci-dessous ne s'en réclame.
- Verisk, ISO Core Lines Services. Formulaires CG 40 47, CG 40 48 et CG 35 08, édition janvier 2026. Document non consultable : distribué aux assureurs clients, page campagne en 404. Le texte des formulaires n'a pas été lu, et tout ce qui en est dit ici est attribué aux deux publications qui le rapportent.P
- Deloitte (2025). « Deloitte: Work Design Essential to Realize AI Return on Investment », communiqué de presse, New York, 27 octobre 2025. Annonce un rapport Humans x Machines et donne un lien pour le lire, à une adresse où ne se trouve aucun document à télécharger, vérifié le 2 septembre 2026. Seule description de l'échantillon : « A recent Deloitte survey of C-suite leaders at companies with more than 5,000 employees ». Publie également, dans la même section, la répartition du pilotage de la refonte du travail (39 % informatique, 12 % ressources humaines) et le classement des freins déclarés (51 % désalignement du leadership, 47 % intégration technique, 41 % préparation des équipes, 39 % absence de conception du travail).PDeloitte vend du conseil en transformation IA, le marché que cette enquête mesure. Le titre affiché de la page (h1) porte « Work Design » ; la balise title de la même page écrit « Work Redesign ». Le communiqué ne contient aucune note de bas de page méthodologique, aucun effectif d'échantillon et aucune mention de nationalité. Sa section « Why this matters » met en lien l'article cité en troisième position ci-dessous, sous le nom de « Humans × Machines perspective ».
- Deloitte (2026). State of AI in the Enterprise: The untapped edge, janvier 2026. Enquête menée auprès de 3 235 dirigeants entre août et septembre 2025, dans 24 pays. Publié par le Deloitte AI Institute. La note de méthode est reproduite sur la page de présentation du rapport, vérifiée le 2 septembre 2026.PLe rapport lui-même a été lu dans une conversion locale de son PDF, et non à l'adresse indiquée : cette page publie la note de méthode et permet le téléchargement, mais les pages et les figures citées ici viennent du document, pas d'elle. Même émetteur que le communiqué, et même intérêt commercial dans le marché mesuré. Le rapport ne précise ni la taille des entreprises interrogées, ni le mode d'administration de l'enquête. La note de la figure 3 porte « N=3,325 » quand le reste du rapport porte 3 235, et cette même figure avertit que ses trois valeurs, 34, 30 et 37, ne totalisent pas 100 en raison des arrondis.
- Deloitte (2025). Scaling your human edge, The path to achieving value from AI?, publication commerciale Deloitte mise en lien par le communiqué du 27 octobre 2025. Écrit, dans une seule phrase : « In a recent Deloitte survey of 100 CXOs, the majority of organizations (59 percent) are taking a tech-focused approach », avec en note de fin « Deloitte survey of 100 U.S. CXOs, 2025 ». Publie également le partage des dépenses IA, 93 % à la donnée, la technologie et l'infrastructure contre 7 % aux sujets humains, sur la base d'une analyse de dépenses de clients Deloitte américains de juin à août 2025.PPublication Deloitte à visée commerciale. C'est ce texte qui rattache le 59 % à une base de 100 dirigeants américains, et c'est le communiqué lui-même qui y renvoie. Le facteur 1,6 n'y figure pas : l'écart de rendement y est formulé sans chiffre. Le partage 93 % / 7 % n'est pas un résultat d'enquête mais une analyse du portefeuille de clients d'un cabinet, sur trois mois, dont la base n'est pas chiffrée.
- McKinsey & Company (2026). The state of AI in 2026: On the road to ROI, août 2026. Enquête en ligne menée du 4 mai au 8 juin 2026 auprès de 1 719 participants dans 97 pays, tous niveaux hiérarchiques, données pondérées par la contribution de chaque pays au PIB mondial.PCe rapport a été lu dans une conversion locale de son PDF. Une recherche complémentaire a permis d'identifier son adresse publique et de corroborer les chiffres et citations retenus ici par plusieurs résumés tiers indépendants du rapport, dont un reprenant mot pour mot la phrase sur la refonte des flux de travail citée en corps de texte. Ce n'est pas une source indépendante mais une seconde partie prenante du même marché : deux des trois auteurs sont présentés comme dirigeants mondiaux de QuantumBlack, la practice IA de McKinsey, c'est-à-dire l'offre commerciale directement concernée par les résultats publiés.
I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.
Lexique
- Humans x Machines↗
- Programme de recherche de Deloitte sur la collaboration entre l'humain et l'IA au travail, source de l'enquête publiée en octobre 2025 sur l'approche technologie d'abord.
- State of AI in the Enterprise↗
- Enquête annuelle de Deloitte sur l'adoption de l'IA en entreprise, dans son édition 2026 fondée sur 3 235 dirigeants interrogés dans 24 pays.