Finance · 24 septembre 2026 · mis à jour le 3 octobre 2026
Le taux de défaut de paiement mesure-t-il le stress du crédit privé ?
Les défauts de paiement restent bas dans le crédit privé, ces prêts qu'un fonds accorde directement à une entreprise, sans passer par une banque. L'association des gérants du secteur y lit une qualité de crédit stable, alors que le marché finance aussi les centres de données de l'intelligence artificielle (IA).
Les chiffres publiés racontent une histoire plus nuancée : sur une même base, le taux monte dès qu'on compte aussi certaines restructurations (les défauts sélectifs), ou, dans une base qui compte déjà les défauts de covenant, les intérêts reportés après la signature du prêt. Et aucun des cinq documents que nous avons lus ne publie de taux de défaut propre aux emprunteurs liés à l'IA.
Axel Morel · Fondateur & analyste, ProbansL'essentiel en 3 points
- Le FSB et l'ACC disent les défauts bas. Le FSB parle de défauts bas mais en hausse sur les mesures larges [1] ; l'ACC range 2,2 % de non-accrual, une autre mesure, pour les fonds phares de ses répondants, parmi des taux restés bas et stables [3]. La CAIA avance un taux affiché d'environ 2 %, qui ne compte que les impayés francs, sans dire sur quelle base [4].
- Sur une même base, la mesure élargie est plus haute que la mesure étroite. Environ 1 % puis environ 5 % avec les défauts sélectifs dans une étude citée par le FSB [1] ; 3,9 % de défauts de paiement ou de covenant, puis 7,4 % avec les intérêts reportés après coup, dans la base de Houlihan Lokey, où la mesure élargie recule pourtant de 8,3 % à 7,4 % en neuf mois [3]. D'autres chiffres, sur des bases différentes, rapportés par la CAIA : 6,4 % de prêts en « bad PIK » dans la base de Lincoln International, 3,2 % de défauts de covenant [4].
- Le financement de l'IA est décrit, ses défauts ne le sont pas. Le FSB décrit le rôle critique du crédit privé dans le financement des centres de données, et une part des opérations de crédit privé dans les secteurs liés à l'IA de 34 % en 2025, contre 17 % en moyenne sur les cinq années précédentes, des chiffres de l'OCDE que reprend le FSB [1]. Aucun des cinq documents ne publie de taux de défaut propre à ces emprunteurs [1][2][3][4][5]. La projection de Morgan Stanley que rapporte la CAIA n'est pas une mesure : les taux de défaut du prêt direct, autour de 5,6 % sur une base et à une date non dites, pourraient atteindre 8 % à mesure que la disruption par l'IA s'ajoute à la pression du levier dans le logiciel [4].
Pour financer les centres de données que réclame l’essor de l’IA, les groupes technologiques ne peuvent pas compter sur leurs seuls flux de trésorerie internes. Le crédit privé joue un rôle critique dans ce financement [1]. Pour savoir si ce marché va bien, on regarde d’abord le taux de défaut, la part des prêts dont l’emprunteur n’a pas payé ce qu’il devait. Il est bas [1].
Nous avons voulu vérifier si ce chiffre suffit à juger le marché, parce que la réponse décide de ce que doivent surveiller un investisseur, une banque ou un superviseur. Le Conseil de stabilité financière (FSB), l’organisme qui coordonne au niveau international le travail des autorités financières nationales, reconnaît que, dans plusieurs juridictions, les autorités membres manquent de données fines pour suivre la qualité des emprunteurs [1].
La réponse courte
Un taux de défaut mis en avant, autour de 2 %, ne compte que les impayés francs, ceux qui sont avérés [4]. Dans les deux sources qui publient, sur une même base, une mesure étroite et une mesure élargie, la seconde est plus haute : environ 1 % puis environ 5 % avec les défauts sélectifs, ces restructurations où le prêteur renfloue l’emprunteur pour lui éviter le défaut, dans une étude citée par le FSB ; 3,9 % puis 7,4 % dans une base de Houlihan Lokey [1][3]. Quant à l’IA, les cinq documents que nous avons lus ne publient aucun taux de défaut propre à ses emprunteurs [1][2][3][4][5].
Cinq sources, cinq regards
Le rapport du FSB, publié le 6 mai 2026, est le document central [1]. Une dépêche de Reuters, reprise par Insurance Journal, en rend compte et rapporte les propos de ses dirigeants [2]. Le rapport Financing the Economy 2025 vient de l’Alternative Credit Council (ACC), qui représente les sociétés de gestion du crédit privé et du prêt direct et est affilié à l’Alternative Investment Management Association (AIMA), la représentante mondiale de l’investissement alternatif ; il s’appuie notamment sur une enquête auprès de 49 gérants, complétée par des données Preqin et des informations publiques, et sur des bases de données de Houlihan Lokey [3]. Un article de la CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst Association), daté du 20 mai 2026, attribue ses chiffres à des tiers ou les donne sans source nommée [4]. Un document de travail de Becker et Ivashina, publié en 2016 dans la série de la Sveriges Riksbank, étudie des prêts américains de 2001 à 2014 : il ne porte pas sur le crédit privé et ne mesure aucun taux de défaut [5].
Combien pèse le marché ?
Premier désaccord : la taille. Le FSB estime le crédit privé entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars de prêts fin 2024 [1]. L’ACC annonce environ 3 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion (assets under management), et la dépêche Reuters présente cette estimation comme plus haute [2][3].
Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose. Le FSB compte un encours de prêts, sur une définition étroite : le prêt direct non bancaire à des entreprises de taille moyenne, négocié de gré à gré [1]. L’ACC compte des actifs sous gestion sur plusieurs stratégies. Elle part des 2 090,5 milliards de dollars que déclarent ses 49 répondants, un capital qui inclut l’argent engagé mais pas encore investi et les lignes d’endettement des fonds ; le reste est estimé sur des données Preqin et des informations publiques, dont la base n’est pas précisée [3]. Il n’existe d’ailleurs pas de définition commune du crédit privé [1].
Les plus grands gérants pèsent lourd : parmi ceux qui ont répondu à l’enquête de l’ACC, les 20 % les plus grands ont déployé environ 85 % des volumes de 2024 [3], et cinq grands groupes de gestion d’actifs portent environ un tiers des engagements de prêt du crédit privé et du capital-investissement, un chiffre du Fonds monétaire international (FMI) que cite le FSB [1].
Un mot, plusieurs chiffres
Le FSB cite une étude où les défauts francs sur prêts restent bas, autour de 1 %. Le chiffre passe à environ 5 % si l’on compte les défauts sélectifs, comparable au taux du haut rendement américain mesuré lui aussi avec les défauts sélectifs [1]. D’autres mesures, qui intègrent les échanges de prêts en difficulté, donnent un taux plus élevé, sans valeur écrite [1]. Le rapport voit des signes préliminaires de hausse des défauts [1].
L’ACC mesure autre chose : le non-accrual, la part des prêts sur lesquels le prêteur ne comptabilise plus d’intérêts parce que l’emprunteur a 90 jours de retard ou parce que le prêteur anticipe un défaut [3]. Pour les fonds phares de prêt aux entreprises de ses répondants, il atteint 2,2 % en moyenne simple et 1,8 % pondéré par les actifs sous gestion des fonds, et l’ACC range ce chiffre parmi des taux de défaut restés bas et stables [3]. Dans les BDC (business development companies), des fonds en général fermés qui apportent du capital à de petites et moyennes entreprises privées et permettent d’investir dans le crédit privé [1], il est resté entre 1 et 2 % depuis quatre ans [3].
Intérêts reportés, le signal discret
Plusieurs mesures élargies s’appuient sur un même mécanisme : le PIK (payment-in-kind, paiement en nature). L’emprunteur reporte le paiement de ses intérêts en espèces en les ajoutant au capital qu’il doit : l’entreprise gagne de la liquidité, mais sa dette totale augmente [1]. Le PIK est utilisé dans environ 12 % des prêts, avec une nette hausse depuis 2022, et ce recours accru peut signaler une dégradation du crédit [1].
Ce signal a une condition. L’usage de certains PIK est corrélé positivement au stress de l’emprunteur, sauf quand l’entreprise est soutenue par un sponsor de capital-investissement, et les prêts à ces entreprises passent moins souvent de l’impayé au défaut franc [1]. Une étude sur les prêts des BDC américaines associe les options de report exercées en cours de prêt, les « PIK toggles », qui font environ la moitié des cas de PIK, à une hausse de 1 à 2 points de la probabilité qu’un prêt devienne impayé au trimestre suivant, pour une probabilité de base de 3 % [1].
Houlihan Lokey, dans le rapport de l’ACC, intègre ces reports dans un « proxy default », un taux de défaut approché. Il compte les prêts qui ont subi un défaut de paiement, un défaut de covenant, ou une conversion d’intérêts en espèces en intérêts PIK après la signature, l’« Amended PIK » [3]. Un covenant est une clause du contrat de prêt : sa violation vaut défaut, et beaucoup de ces clauses sont conçues pour déclencher une renégociation [5]. En septembre 2025, le proxy default atteint 7,4 % : 3,9 % de défauts et 3,5 % d’Amended PIK ; 3,8 % si l’on pondère par la taille des prêts [3]. Les prêts passés en Amended PIK n’apparaissent en général pas dans les données de non-accrual [3]. Sur la même base, la mesure élargie recule de 8,3 % en décembre 2024 à 7,4 % en septembre 2025 [3].
La CAIA pousse plus loin ce signal. Dans la base de données maison de Lincoln International, 6,4 % des prêts portaient au quatrième trimestre 2025 un « bad PIK », des intérêts reportés en cours de prêt sous la contrainte de liquidité plutôt que choisis à l’origine, contre 2,5 % au quatrième trimestre 2021 [4]. Lincoln traite ce chiffre comme un taux de défaut « fantôme ». La CAIA en tire une détresse plus proche de 6 % des prêts que des 2 % du taux affiché, et écrit que le marché secondaire valorise plutôt ces chiffres fantômes que les valorisations affichées [4]. Les défauts de covenant, qu’elle range parmi les indicateurs de stress distincts et plus précoces, atteignaient 3,2 % au 30 septembre 2025, sur une base non précisée [4].
| Chiffre | Ce qu’il compte | Date | Source |
|---|---|---|---|
| Environ 1 % | Défauts francs sur prêts, étude citée par le FSB | Non datée | [1] |
| Environ 5 % | Défauts francs et défauts sélectifs, même étude | Non datée | [1] |
| Environ 2 % | Impayés francs seulement, taux affiché | Non datée dans le texte | [4] |
| 2,2 % (1,8 % pondéré) | Non-accrual, fonds phares des répondants de l’ACC | Non dite | [3] |
| 3,9 % | Défaut de paiement ou de covenant, base Houlihan Lokey | Septembre 2025 | [3] |
| 7,4 % (3,8 % pondéré) | Mêmes défauts plus Amended PIK, même base | Septembre 2025 | [3] |
| 3,2 % | Défaut de covenant, base non dite | 30 septembre 2025 | [4] |
| 6,4 % | Bad PIK, base de Lincoln International | Quatrième trimestre 2025 | [4] |
| Environ 5,6 % | Défaut du prêt direct, base non dite | Non datée (article de mai 2026) | [4] |
Tableau 1. Neuf chiffres sous un même mot. Les bases, les définitions et les dates diffèrent : on ne les lit pas ligne à ligne. Sources : [1][3][4].
Rassurés ou inquiets ?
Les sources ne lisent pas ces chiffres de la même façon. L’ACC juge que les indicateurs de crédit principaux sont restés stables en 2024 et que d’autres indicateurs de défaut reculent depuis leurs pics, tout en restant légèrement au-dessus des moyennes historiques [3]. Elle souligne qu’une violation de covenant n’est pas forcément un défaut de paiement ni une perte pour les investisseurs, et se règle souvent par un accord ; d’après Houlihan Lokey, le taux de défaut de covenant américain est passé de 4,6 % au deuxième trimestre 2025 à 4,2 % au troisième [3]. Un gérant interrogé en entretien pour le rapport, Stuart Fiertz, de Cheyne Capital, juge les taux de défaut assez contenus et l’attribue à l’absence de covenants et à des capitaux de long terme qui permettent de modifier et de prolonger les prêts [3].
Aucun stress à l’échelle du système n’a été signalé par les membres du FSB, mais des cas isolés de tensions de liquidité ou de défauts ont eu lieu, dont First Brands et Tricolor, avec une réaction de marché contenue et brève [1]. Les avis du marché sont partagés : pour les uns, il faudrait un ralentissement important pour produire des pertes significatives ; pour les autres, le crédit privé est la source la plus probable d’un événement de crédit systémique [1]. Le crédit privé n’a pas été éprouvé par un ralentissement prolongé à sa taille actuelle [1].
Des prix qui tardent
Les valorisations sont mises à jour rarement, souvent chaque trimestre, ce qui peut suffire en temps normal mais moins en période de tension [1]. Dans les fonds semi-liquides, qui offrent des rachats aux investisseurs à la différence des fonds fermés, les rachats sont souvent plafonnés à 5 % par trimestre ; début 2026, des gérants ont utilisé ces limites pour gérer des demandes de rachat décrites comme importantes [1]. Chez Blue Owl, les véhicules orientés technologie ont reçu des demandes de rachat représentant 40,7 % des parts, que la CAIA attribue surtout au sentiment sur le secteur plutôt qu’à une dégradation du crédit, les non-accruals du portefeuille étant à 0,6 % [4].
L’IA tient en quelques pages
L’IA apparaît d’abord dans le rapport du FSB par une mention d’autres commentateurs, inquiets de la concentration du crédit privé, en particulier dans la technologie, et de son exposition à un éclatement ou à une disruption par l’IA [1]. Elle revient ensuite dans un encadré sur le financement des investissements qui lui sont liés : la finance privée, en particulier la finance adossée à des actifs, qui s’appuie sur des flux prévisibles comme des baux longs avec des locataires très solvables, y est présentée comme une source clé du financement des centres de données [1].
Les prêts du crédit privé aux secteurs liés à l’IA ont nettement augmenté, à des conditions comparables à celles des autres secteurs, et l’exposition à ces secteurs reste relativement faible pour le fonds moyen [1]. Leur part dans les opérations de crédit privé atteint 34 % en 2025, contre 17 % en moyenne sur les cinq années précédentes, des chiffres que le rapport reprend de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) [1]. Dans son texte, la CAIA les attribue au FSB, sans le mot « moyenne » et en disant « l’IA » là où le rapport dit « secteurs liés à l’IA » [4].
L’encadré nomme lui-même ses risques : une correction brutale des valorisations d’actifs, qui ont augmenté rapidement, pourrait entraîner des pertes de crédit importantes ; une pénurie d’électricité ou une surcapacité de centres de données pourraient la déclencher [1]. Le rapport ne publie en revanche ni exposition des banques ou des assureurs à l’IA, ni taux de défaut par secteur, ni part chiffrée de la technologie, et l’IA n’y figure que sur quelques pages [1].
Logiciel : une exposition difficile à voir
Selon la CAIA, les gérants sont exposés à la fois aux sociétés que l’IA perturbe, les éditeurs de logiciels en abonnement (SaaS, software as a service), et à l’infrastructure qui la porte, et ces deux expositions ne se compensent pas [4]. Les prêts aux sociétés SaaS sont passés d’environ 8 milliards de dollars en 2015 à plus de 500 milliards fin 2025, soit 19 % des prêts directs [4]. Cette concentration se voit mal : au moins 250 prêts à des sociétés de logiciel, pour plus de 9 milliards de dollars, étaient classés dans d’autres secteurs par une ou plusieurs BDC [4]. La CAIA écrit aussi qu’aucun grand fonds ne ventile actuellement son exposition logicielle par sous-segment, sans dire combien de fonds elle a examinés : le logiciel n’apparaît qu’en total, typiquement 20 à 35 % des actifs sous gestion dans les fonds les plus actifs du prêt direct en 2022-2024 [4].
Dans les cinq documents, le seul chiffre de défaut rattaché à l’IA est une projection.
Banques et assureurs, les autres liens
Premier lien, le plus visible : les prêts des banques aux fonds. Ils sont relativement faibles, mais l’incertitude sur leur ampleur est relativement grande : les données des membres du FSB captent environ 220 milliards de dollars de lignes de crédit tirées et non tirées, des données commerciales donnent entre 270 et 500 milliards, et les expositions déclarées font moins de 0,5 % des actifs bancaires là où ces prêts sont identifiables [1].
Ce n’est pas le seul canal. Le FSB en identifie d’autres qui pourraient accroître les vulnérabilités : les formes plus risquées de financement de portefeuilles de fonds, un prêt titrisé qui permet aux fonds de s’endetter ; les lignes de crédit renouvelables que des banques accordent à des entreprises qui empruntent aussi aux fonds ; les partenariats entre banques et gérants [1]. Le rapport ne chiffre pas le total de ces canaux [1]. Pour Andrew Bailey, président du FSB, l’exposition directe est peut-être limitée, mais les liens indirects sont « étendus » [2]. Du côté des assureurs, environ 10 % des portefeuilles des assureurs vie pourraient être du crédit privé, contre environ 3 % pour les non-vie, d’après une approximation par les placements privés et les notations privées [1].
2026 : quel calendrier d’échéances ?
Le rapport du FSB ne publie aucun calendrier d’échéances du crédit privé et évoque seulement des défis de refinancement plus sévères si les taux montent [1]. La CAIA chiffre autre chose : début 2026, 23 des 32 BDC notées ont de la dette non garantie arrivant à échéance en 2026, pour 12,7 milliards de dollars, en hausse de 73 % sur un an [4]. C’est la dette des BDC elles-mêmes, pas un échéancier de leurs prêts [4].
Clauses allégées : quatre textes
Dans un prêt dit cov-lite (covenant-light), les clauses financières ne s’imposent que lorsque l’emprunteur engage une opération active, comme un nouveau financement, une cession d’actifs ou une fusion ; un prêt classique impose des covenants de maintien, testés en pratique chaque trimestre [5]. Sur le crédit privé, trois textes se côtoient sans se départager. Les CLO de crédit privé, ces véhicules qui regroupent des prêts achetés au gérant qui les a originés pour les revendre à des investisseurs, contiennent nettement moins de prêts cov-lite que les CLO traditionnels [1]. D’après S&P, que cite l’ACC, les covenants de maintien sur le levier sont les plus courants, mais leur protection est affaiblie par une marge importante [3]. La CAIA écrit que la pression des marchés de prêts syndiqués a fait entrer des clauses cov-lite dans la documentation du crédit privé [4]. Aucun ne chiffre la part de prêts cov-lite du crédit privé [1][3][4].
Ce qu’un lecteur qui doit décider peut en faire
Avant de rassurer ou d’alerter, dites de quelle mesure vous parlez. Le taux affiché compte les impayés francs [4] ; sur une même base, les mesures élargies sont plus hautes [1][3] ; et le financement de l’IA est documenté sans qu’aucun des cinq documents publie de taux de défaut propre à ses emprunteurs [1][2][3][4][5]. Selon votre place, la lecture change :
| Profil | Ce que cette analyse implique | Enjeu | Réversibilité |
|---|---|---|---|
| Investisseur en crédit privé | Distinguer impayés francs, défauts sélectifs et intérêts reportés après la signature. Le FSB propose de suivre, outre le taux de défaut, la part d’emprunteurs à trésorerie disponible négative et la couverture des intérêts [1]. Point de vigilance : Pas de comparaison entre chiffres de sources différentes [1][3][4]. | Critique | Partiellement réversible |
| Journaliste ou analyste qui cite « le taux de défaut » | Dire quelle mesure on cite : environ 2 % pour le taux affiché [4], 2,2 % de non-accrual pour l’ACC [3], environ 5 % avec les défauts sélectifs, dans une étude citée par le FSB [1]. Point de vigilance : Les 34 %, un chiffre de l’OCDE repris par le FSB, sont une part des opérations de 2025, pas une part d’encours ni un doublement en un an [1]. | Modéré | Réversible |
| Banque ou superviseur | Ne pas s’arrêter aux prêts directs : environ 220 milliards de dollars dans les données des membres du FSB, 270 à 500 milliards dans des données commerciales [1]. Point de vigilance : Moins de 0,5 % des actifs bancaires, là où ces prêts sont identifiables [1]. | Critique | Partiellement réversible |
| Assureur ou investisseur institutionnel | Se situer par rapport à l’ordre de grandeur du FSB : environ 10 % des portefeuilles des assureurs vie, 3 % des non-vie [1]. Point de vigilance : Une approximation, sans zone précise ni lien avec l’IA [1]. | Modéré | Réversible |
| Lecteur qui se demande si l’IA fait monter les défauts | Retenir que le financement de l’IA est documenté, pas ses défauts [1][2][3][4][5]. Point de vigilance : Le 8 % attribué par la CAIA à Morgan Stanley, sans référence, est une projection du taux de défaut du prêt direct [4]. | Modéré | Réversible |
Tableau 2. Lecture par profil. Sources : [1][2][3][4][5].
Mes réserves
- Une source qui a un intérêt. L’ACC représente les gérants du marché qu’elle mesure [3].
- Des chiffres rapportés. L’article de la CAIA donne des chiffres de tiers dont je ne peux pas rattacher chacun à sa source d’origine [4].
- Des bases et des dates inégales. Fin 2024 pour la taille du marché, septembre 2025 pour Houlihan Lokey, quatrième trimestre 2025 pour Lincoln International ; le 2 % de la CAIA n’est pas daté dans son texte, le 5,6 % qui accompagne la projection attribuée à Morgan Stanley n’a ni base dite ni date, le 1 % et le 5 % de l’étude citée par le FSB ne sont pas datés, et le FSB ne nomme pas l’étude [1][3][4]. Je ne compare donc pas deux chiffres de sources différentes.
- Des courbes sans valeur. Je ne lis aucune valeur sur les graphiques du FSB ni sur les points intermédiaires du graphique de la CAIA [1][4].
- Un papier qui n’est pas du crédit privé. Becker et Ivashina étudient des prêts américains de 2001 à 2014 [5].
- Une projection, pas une mesure. Le 8 % que la CAIA attribue à Morgan Stanley, sans référence [4].
- Un indice au plancher. L’indice de preuve est posé au barreau de la lecture documentaire, le plus bas de l’échelle de la finance : cette analyse rapporte ce que cinq documents écrivent, sur des objets différents, sans mesure propre du stress.
Lexique
- Covenant bancaire↗
- Engagement contractuel imposé par un prêteur dont le non-respect peut déclencher une exigibilité anticipée de la dette (ratio de dette, niveau de trésorerie minimum).
Indice de solidité des preuves · le détail
11 / 100 · Preuves très limitées · fourchette 0-30 %
Score établi le 3 octobre 2026. Une révision ultérieure est une réévaluation datée, pas une correction masquée.
Pourquoi ce score. Cette analyse lit cinq documents et rapporte ce qu'ils écrivent : c'est le barreau de la lecture documentaire. Les sources ne mesurent pas le même objet : le FSB compte un encours de prêt direct non bancaire, l'ACC des actifs sous gestion sur quatre stratégies, et les taux de défaut qu'elles publient portent sur des bases, des définitions et des dates différentes. La convergence est donc non mesurable. L'axe de puissance se note sur les unités observées : la base de Lincoln International dont sortent les 6,4 % n'est pas dénombrée, et l'étude que cite le FSB pour ses 1 % et 5 % n'est pas nommée.
I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.

Axel Morel · Fondateur & analyste, Probans
Développe une méthode d'analyse destinée à distinguer ce que les preuves établissent, ce qu'elles suggèrent et ce qu'elles ne permettent pas de conclure, puis à traduire cette distinction en décisions professionnelles.
Choix du sujet, direction de la rédaction, validation ou modification des sources, validation et retravail du texte et des illustrations : Axel Morel. Rédaction, choix des sources initiales et plan de rédaction initial : assistance IA.
Responsabilité éditoriale : Axel Morel. Recherche et rédaction assistées par IA selon la méthodologie Probans, sources vérifiées avant publication. Charte éditoriale.
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