Intelligence artificielle · 6 juillet 2026 · mis à jour le 30 août 2026

Arbitrage automatisé au football : le seuil existe déjà, il n'a pas de statut

Le football applique déjà une marge de tolérance sur le hors-jeu, et son épaisseur n'est pas publiée : la Premier League reconduit depuis 2021/22 des lignes épaissies dont elle ne dit jamais de combien. Deux autres documents montrent que le seuil existe aussi à l'intérieur des systèmes, sans jamais en sortir : la FIFA homologue une ligne dans un couloir de plus ou moins 25 centimètres, mais c'est un critère d'acceptation en laboratoire, et son protocole de test écarte les cas serrés en indiquant qu'un système peut ne pas rendre de décision faute de confiance suffisante. Aucun n'a de conséquence écrite sur la décision de terrain, et deux des trois n'ont même pas de valeur publiée. Ce que le cricket apporte n'est donc pas l'idée d'une marge, c'est son statut : une règle publiée avant le match, une conséquence nommée, et un domaine de validité déclaré au-delà duquel l'instrument n'a pas le droit de renverser l'arbitre. Le tennis, qui a supprimé ses juges de ligne, sert de mise en garde sur l'autorité, pas de brique à copier.

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Faut-il attendre un capteur porté inédit avant d'automatiser l'arbitrage par la donnée ?

Non, et la question est mal posée : le seuil n'attend pas un capteur, il est déjà là. Une marge de tolérance est appliquée aux décisions réelles, la ligne épaissie de la Premier League, sans que son épaisseur soit publiée. Deux documents montrent qu'un seuil existe aussi à l'intérieur des systèmes sans jamais en sortir, le couloir d'acceptation de plus ou moins 25 centimètres qui sert à homologuer en laboratoire, et un protocole de test qui écarte les cas serrés en tenant pour acquis qu'un système peut ne pas trancher faute de confiance. Ce qui manque à ces trois éléments, c'est ce que le cricket ajoute à sa propre marge : une valeur publiée avant le match, une conséquence écrite sur la décision de terrain, et un domaine de validité déclaré au-delà duquel l'instrument n'a pas le droit de renverser l'arbitre. C'est un travail d'écriture réglementaire, pas d'ingénierie : dans un stade déjà équipé d'un SAOT compatible, il pourrait ne pas nécessiter de nouvel équipement de capture, mais il demande d'obtenir du fournisseur une incertitude par décision que personne ne publie aujourd'hui, et c'est ce point-là, pas le matériel, qui décide si l'affaire est faisable ailleurs. Les coûts d'intégration logicielle, de validation et d'exploitation restent inconnus, et c'est le devis du fournisseur, pas cette analyse, qui dira ce qu'ils valent. Une règle de seuil publiée avant le match remplace la revendication d'une précision absolue (umpire's call) ; l'autorité de décision reste humaine, comme la FIFA le décrit pour le hors-jeu semi-automatisé de ses compétitions, où les officiels vidéo valident le point de frappe et la ligne générés automatiquement, peuvent les reprendre à la main, et où l'arbitre tranche. La troisième brique, la détection d'un contact par caméras infrarouges et micros fixes (Hot Spot/Snickometer du cricket), n'est qu'une preuve de concept faite au cricket, jamais testée à l'échelle du football (voir section 6, le test de falsification qui manque à cette brique). Prioriser le pilotage du seuil et de l'autorité plutôt que d'attendre une innovation matérielle sur le corps du joueur, dont les scénarios de blessure potentiels ont été mesurés et dont aucun protocole de test ne couvre aujourd'hui la variable arbitrale visée, sans présenter la détection elle-même comme déjà résolue pour le football.

L'essentiel en 3 points

  1. Un capteur externe au joueur sait dater le contact entre le pied et le ballon, il ne sait pas qualifier un contact entre deux joueurs. Le ballon connecté et le hors-jeu semi-automatisé le montrent depuis 2022, et le manuel de test de la FIFA porte précisément sur la ligne de hors-jeu, pas sur l'instant de frappe. Ce qui n'a ni définition mesurable de référence ni protocole de test publié, ce n'est donc pas le contact : c'est son caractère fautif, c'est-à-dire la part d'appréciation.
  2. Une marge de tolérance est déjà appliquée en match, et personne ne sait de combien. La Premier League reconduit depuis 2021/22 des lignes épaissies sans jamais en publier l'épaisseur. Deux documents montrent que le seuil existe aussi dans les systèmes sans en sortir : la FIFA homologue une ligne dans un couloir de plus ou moins 25 centimètres, mais c'est un critère d'acceptation en laboratoire, et son protocole de test écarte les cas serrés en indiquant qu'un système peut ne pas rendre de décision faute de confiance suffisante. Aucun des trois n'emporte de conséquence écrite sur la décision de terrain.
  3. Ce que le cricket apporte est le statut de la marge, pas la marge. Le règlement de l'ICC nomme la conséquence, sous le critère la décision de terrain prévaut, et déclare un domaine de validité chiffré au-delà duquel il refuse de renverser quoi que dise la trajectoire prédite. C'est ce couple, une conséquence écrite et un domaine de validité déclaré, que le football n'a écrit nulle part. Le tennis, lui, ne résout rien : il montre ce que devient la légitimité d'une décision quand le recours humain disparaît.

Le football discute depuis plusieurs années d’un arbitrage entièrement piloté par la donnée, capteurs de choc, signatures radio, tissus connectés. Le débat suppose presque toujours que la question du seuil de confiance reste à poser. Elle est posée depuis longtemps, et trois documents publics le montrent, chacun à un étage différent. Le premier est le seul qui parle du match : la Premier League écrit que son hors-jeu semi-automatisé « continuera d’appliquer les lignes épaissies existantes », introduites au début de la saison 2021/22. Une marge est donc bien appliquée aux décisions réelles, et la page ne dit jamais de combien. Le deuxième ne parle pas du match mais du laboratoire : le manuel de test de la FIFA homologue une ligne de hors-jeu à la condition qu’elle tombe dans un couloir de plus ou moins 25 centimètres autour d’une position arpentée au théodolite, plus ou moins 20 au marqueur central d’un des deux tests, et sur 95 % des scénarios et non sur tous. C’est un critère d’acceptation, et rien ne le relie à une décision de terrain. Le troisième n’est pas une marge du tout, c’est un aveu de conception : le même manuel construit ses scénarios avec des écarts nets, en écrivant qu’il s’agit d’éviter les cas où « un système pourrait ne pas rendre de décision en raison d’une confiance faible ». La phrase n’institue aucun droit, mais elle présuppose qu’un système certifié peut effectivement s’abstenir, et c’est un fait sur le comportement des dispositifs en service. Une marge appliquée sans être chiffrée, un seuil de laboratoire qui ne sort pas du laboratoire, une abstention que le protocole tient pour acquise sans jamais dire ce qu’elle produit : voilà où en est le football. C’est là qu’est le problème, et il n’est pas technique. Trois questions se posent séparément, et d’autres disciplines les ont déjà traitées sous la contrainte réelle de la compétition, pas en laboratoire. Le cricket a apporté une réponse complète à une seule : non pas comment produire une marge, mais quel statut lui donner pour qu’elle vaille règle. Sur la deuxième, détecter un contact sans rien poser sur le corps du joueur, il fournit une preuve de concept de détection distante de certains contacts, mais sa transférabilité au football reste entièrement à établir (voir section 6). La troisième, garder une décision humaine à la sortie d’une mesure automatique, a déjà un début de réponse dans le football lui-même : la FIFA décrit, pour le hors-jeu semi-automatisé de ses propres compétitions, un enchaînement où les officiels vidéo valident le point de frappe et la ligne générés automatiquement, peuvent les reprendre à la main, et où l’arbitre reste responsable de la décision. Les marchés financiers servent ici d’analogie de gouvernance d’un système à seuils, pas de preuve qu’un humain tranche (voir section 5). Le tennis, lui, ne résout rien : il a testé, à grande échelle, ce qui arrive quand l’autorité humaine disparaît complètement, un avertissement plutôt qu’une solution (voir section 4). Le périmètre de cette analyse reste circonscrit aux décisions qui reposent sur un fait mesurable : point de contact, position, sortie de balle. Les décisions qui reposent sur une appréciation, intensité d’une faute, intention, mise en danger, simulation, restent hors du champ des briques technologiques décrites ici.

Ce que les contenus déjà publiés sur l’arbitrage automatisé au football couvrent bien : le dossier d’ESPN sur l’arrivée du hors-jeu semi-automatisé en Premier League détaille le fonctionnement technique du dispositif, calibration par iPhones comprise. La couverture de Sky Sports sur son introduction en championnat retrace le calendrier d’adoption match par match. Selon la presse qui en a rendu compte, la Premier League et la FA ont testé le dispositif lors de la FA Cup 2025. Ce qu’ils traitent rarement, en revanche, c’est le statut des marges que ces dispositifs appliquent déjà. La page de la Premier League annonce la reconduction de ses lignes épaissies au détour d’une réponse à une question sur les hors-jeu « à l’ongle du pied », sans en donner l’épaisseur ni la conséquence ; le couloir d’homologation de la FIFA est dans un manuel de test que rien ne relie publiquement à une décision de match. La mise en regard avec la manière dont le cricket, lui, a écrit sa marge dans ses conditions de jeu, avec une conséquence nommée, ne s’y trouve pas non plus.

Un autre pan de la couverture existante va plus loin et propose déjà, explicitement, d’importer le DRS du cricket au football. The National a défendu en avril 2026 un système de challenge à l’initiative des équipes, calqué sur le cricket et le tennis, pour limiter les arrêts de jeu et les manœuvres dilatoires que permet le VAR actuel. Une source de presse spécialisée (Cricket365) évoque de son côté plusieurs emprunts possibles au DRS, dont trois que je reprends ici : transparence des décisions, temps de contestation limité, nombre de recours plafonné. Aucun n’est intégré dans une architecture d’ensemble. Ces deux textes traitent la question comme un problème d’expérience de jeu. Moins d’arrêts, plus de transparence sur une décision déjà prise. Ils ne la traitent pas comme un problème de conception de système : comment détecter, comment borner l’incertitude, qui garde l’autorité finale. C’est cette question-là, l’architecture de décision plutôt que le format du recours, que je développe ici, en m’appuyant sur deux domaines absents de ces deux textes, la finance et l’assurance, pour la manière de gouverner un système à seuils.

La cartographie ne s’arrête pas à la presse football et cricket anglophone. Du côté de la presse technologique généraliste, ma recherche n’a fait apparaître que des synthèses d’ensemble sur l’essor de l’IA dans l’arbitrage (VAR, Hawk-Eye, capteurs), publiées par des blogs spécialisés ou des newsletters indépendantes ; comme pour la recherche académique plus bas, c’est une absence constatée dans le périmètre que j’ai couvert, pas une preuve d’inexistence, et ces publications ne sont pas versées à ma bibliographie.

La littérature académique, elle, est nettement plus avancée que ce que la presse laisse voir, et elle travaille précisément la brique détection. VARS (Video Assistant Referee System for Automated Soccer Decision Making from Multiple Views), présenté au workshop CVSports de CVPR en 2023, vise explicitement l’automatisation de décisions arbitrales à partir de vues multiples. X-VARS, au même workshop en 2024, y ajoute une couche d’explicabilité. SoccerRef-Agents, mis en ligne en preprint en avril 2026 et publié depuis dans les actes d’une conférence chez Springer, propose déjà une architecture multi-agents complète : perception vidéo, interprétation des règles, comparaison avec des cas antérieurs, décision centrale.

Ces travaux déplacent l’originalité de ce qui suit. L’apport de cette analyse n’est pas de proposer d’automatiser le jugement arbitral, ce que ces trois travaux font déjà, avec des données et une évaluation expérimentale que cette analyse n’a pas. Il est ailleurs, et il est laissé de côté par cette littérature : formaliser la gouvernance d’une mesure incertaine. Autrement dit, non pas « la machine peut-elle juger », mais « à partir de quel niveau de confiance a-t-elle le droit de renverser un humain, et qui exécute la décision ». VARS, X-VARS et SoccerRef-Agents optimisent l’exactitude de la sortie du système. J’ai lu les trois textes intégraux plutôt que leurs résumés, et le résultat est net : les mots threshold et uncertainty y ont zéro occurrence, dans les trois. VARS énonce bien, en une phrase de son introduction, que « la décision finale reste entre les mains de l’arbitre sur le terrain », mais rien dans la suite du document ne l’opérationnalise, ni seuil, ni procédure, ni condition. X-VARS n’énonce même pas le principe. Et la trajectoire s’éloigne de l’humain plutôt qu’elle ne s’en rapproche : dans SoccerRef-Agents, celui qui tranche s’appelle le Chief Referee Agent, décrit comme « le décideur final », et aucun arbitre humain n’apparaît dans la chaîne (recherche non exhaustive, limitée par les outils disponibles au moment de la rédaction, à traiter comme une absence constatée dans le périmètre couvert, pas comme une preuve d’inexistence).

1. Trois points de synthèse

  1. Le ballon connecté et le hors-jeu semi-automatisé, déjà déployés en Coupe du monde, montrent qu’un capteur externe au joueur suffit à dater l’instant du contact avec le ballon, mais pas à trancher les décisions qui reposent sur une appréciation, faute, main, intention, mise en danger. Une précision s’impose sur ce que ces dispositifs apportent, parce que leur exploitant le dit lui-même : la Premier League écrit que son hors-jeu semi-automatisé « ne change pas l’exactitude de la décision » et n’apporte que de la vitesse, de l’efficacité et de la constance. Ce qui manque n’est donc pas l’homologation d’un capteur porté : c’est la validation métrologique d’une variable arbitrale nouvelle, un contact fautif, que je n’ai vue couverte par aucun protocole de test publié.
  2. Le football a déjà une marge appliquée et deux indices d’un seuil interne, il ne leur a donné aucun statut. Le cricket, lui, a écrit la sienne dans ses conditions de jeu : elle nomme la conséquence, sous le critère la décision de terrain prévaut, et elle s’accompagne d’un domaine de validité chiffré au-delà duquel le règlement refuse de renverser quoi que dise la trajectoire prédite. C’est cet écart de statut, et non l’existence d’une marge, qui sépare les deux sports. Le tennis, lui, sert d’avertissement sur l’autorité plutôt que de brique à copier : voir section 4.
  3. Ce double constat suggère de concevoir un système d’arbitrage football, pour les décisions qui reposent sur un fait mesurable (hors-jeu, sortie de balle, point de contact), non en ajoutant une marge que le football applique déjà, mais en lui donnant le statut que le cricket donne à la sienne, et en généralisant la validation humaine que la FIFA décrit déjà en sortie du hors-jeu semi-automatisé de ses compétitions. La section 6 nomme et détaille cette combinaison sous le nom d’architecture DSA (Détection, Seuil, Autorité).

Les marges de tolérance que le football applique déjà, et ce qui manque à chacune

Schéma 1. Une marge appliquée, deux indices, aucune règle. Les trois éléments ne sont pas de même nature, et un seul porte sur des décisions réelles : la colonne de gauche le dit. Les trois conditions testées sont celles que le règlement du cricket réunit et qu’aucun document du football ne réunit : une valeur qu’un lecteur peut lire, une conséquence écrite sur la décision de terrain, et une distance au-delà de laquelle l’instrument perd le droit de renverser l’arbitre. Sources : Premier League, page sur son hors-jeu semi-automatisé ; FIFA, manuel de test du programme qualité, février 2026 ; ICC, conditions de jeu, appendice D. Le constat d’absence a été relevé sur chacun des documents, il n’est pas déduit du silence de la presse.

2. Ce que le football a déjà automatisé

Ce que les données établissent. Depuis Qatar 2022, le ballon officiel de la Coupe du monde embarque un capteur inertiel (IMU) à 500 Hz placé au centre du ballon, développé par adidas avec Kinexon, qui transmet aux arbitres assistants vidéo une donnée précise sur le point de contact du pied avec le ballon. Cette donnée alimente directement le hors-jeu semi-automatisé, en combinant l’instant du contact avec le suivi de position des joueurs par caméras fixes. Je ne peux pas dire ce qu’il en est du Mondial 2026 : l’entrée de ma bibliographie sur Kinexon reste sans adresse ouvrable identifiée, le communiqué d’adidas que j’ai retrouvé ne couvre que la configuration de 2022, et la page de protocole de la FIFA que j’ai ouverte décrit elle aussi cette même configuration de 2022, pas une configuration 2026. Point commun aux deux fonctions : aucun capteur n’est porté par un joueur, tout l’instrument est externe au corps.

L’extension de cette logique aux joueurs eux-mêmes se heurte à un double verrou, pas seulement politique comme le suppose souvent le débat public. D’une part, le cadre IFAB (Loi 4) autorise le port de dispositifs de suivi de performance (EPTS) par les joueurs, mais l’obligation de fiabilité qu’il pose a un périmètre qu’il ne faut pas élargir : la Loi 4 demande au responsable de la compétition de s’assurer que les données transmises « vers la surface technique » sont fiables et exactes. La destination est nommée dans la phrase, et c’est le banc. Rien dans cet article ne porte sur une donnée transmise à un arbitre en vue d’une décision de jeu. Le FIFA Quality Programme ne se limite d’ailleurs pas à une homologation sécuritaire : il comporte deux tests, un test de sécurité du dispositif porté et un test de performance qui mesure l’exactitude des données contre un système de capture de mouvement de référence. Une date que j’affichais est retirée au passage : j’écrivais que ce second volet datait de 2019, la page de la FIFA ne porte aucune date de ce genre et aucune source de ce dossier ne l’établit. Le verrou n’est donc pas qu’un capteur porté ne serait jamais évalué. Il est plus précis, et c’est la FIFA elle-même qui l’écrit le mieux : « l’agrément du matériel ne vaut pas approbation de la qualité de l’information produite par le dispositif ». Son test de sécurité ne dit rien de la donnée, et son test de performance porte sur des grandeurs de position, de vitesse et de performance physique. La nuance joue tout de même contre ma formulation initiale : le manuel de test du hors-jeu définit bien un instant de frappe, et mesure l’écart en nombre d’images entre celui que le système retient tout seul et celui qu’un opérateur désigne à la main. Il indique aussi qu’une mesure de sensibilité peut servir aux évaluations d’événement, la détection de frappe étant l’exemple qu’il donne. Ce qui n’a ni définition mesurable de référence ni protocole de test, ce n’est pas le contact, c’est le caractère fautif du contact, c’est-à-dire la part d’appréciation. D’autre part, une étude a mesuré les énergies d’impact associées à des scénarios de blessure potentiels liés au port d’un EPTS dans le haut du dos. Le protocole doit être dit, parce qu’il borne ce qu’on peut en tirer : un mannequin anthropomorphe lâché vingt-cinq fois d’un mètre soixante-cinq sur du gazon synthétique, avec puis sans maquette de boîtier montée dans un gilet rembourré. L’écart mesuré au haut du dos va de 6 joules sans le boîtier à 142 avec lui. Mais il est établi sur treize essais seulement, les douze autres n’ayant pas satisfait aux critères d’inclusion, et la comparaison repose donc sur neuf chutes contre quatre. Aucun joueur n’y participe, les auteurs jugent eux-mêmes faible l’incidence du scénario retenu, et ils notent qu’en match un joueur déséquilibré adopterait une stratégie de chute que le mannequin ne peut pas reproduire. L’étude mesure des énergies dans un essai mécanique, elle n’établit pas une sinistralité. Causalité plausible non démontrée entre l’ajout d’un capteur au tibia ou au maillot et un gain net de justesse arbitrale : la brique n’a simplement jamais été testée à cette échelle.

3. Ce que le cricket montre sans rien poser sur le joueur

Ce que les données établissent. Le Decision Review System (DRS) du cricket combine trois instruments, tous externes au joueur. Hot Spot utilise deux caméras infrarouges fixes de part et d’autre du terrain pour détecter la chaleur de friction produite par un contact entre la balle et le batteur ou la batte. Le Snickometer, devenu UltraEdge, utilise un microphone très sensible logé dans les piquets du guichet pour détecter le pic sonore d’un contact. Aucun de ces deux dispositifs ne nécessite d’électronique portée : la fonction de détection de choc que les projets de protège-tibia connecté cherchent à obtenir existe déjà, en version instrumentation fixe, dans une autre discipline. Une réserve s’impose sur ce paragraphe, et elle porte sur l’étage le moins solide de ce que je propose : ces deux descriptions techniques s’appuient sur deux entrées de ma bibliographie qui n’ont aucune adresse ouvrable, et le règlement de l’ICC que j’ai lu en entier ne dit rien de Hot Spot ni du Snickometer. La brique Détection est donc la seule des trois dont je ne peux produire aucun document. Ce qui est établi, c’est qu’on peut détecter certains contacts précis à distance, sans instrumenter le joueur. Ce qui ne l’est pas, c’est que le principe tienne hors de l’environnement très structuré du guichet, où le contact recherché se produit dans un volume réduit, entre deux objets connus, à un instant borné par le lancer. Le cricket fournit donc une preuve de concept de détection distante de certains contacts, pas une brique dont la transférabilité au football serait acquise.

Le second apport du cricket est plus structurant encore. Pour une décision lbw, le DRS vérifie trois éléments successifs. Le pitching d’abord : où la balle a rebondi. L’impact ensuite : où elle a intercepté le batteur en premier. La trajectoire projetée jusqu’aux piquets enfin (wickets), où Hawk-Eye prolonge la course de la balle après l’impact, sur une distance où la marge d’erreur croît.

Ce que le règlement dit exactement mérite d’être repris à la source, parce que la version qui circule, y compris celle que je reprenais dans les premières versions de cette analyse, est fausse. Les conditions de jeu de l’ICC ne contiennent aucun pourcentage : j’ai cherché « 50 % », « per cent » et « half the ball » sur les quatre-vingt-onze pages du document, sans une seule occurrence. Le critère est géométrique. Sur l’impact comme sur le guichet, la technologie de suivi de balle doit ranger le résultat dans trois catégories, et l’umpire’s call est celle du milieu : la balle touche encore la zone, mais son centre est en dehors. La décision de terrain prévaut alors. Sur le pitching, il n’existe aucune catégorie d’umpire’s call : les trois résultats possibles y sont nets.

Le dispositif porte bien des seuils chiffrés, mais ils sont ailleurs, et ils sont plus intéressants pour le football que le critère géométrique. Ils portent sur la longueur de projection, c’est-à-dire sur l’endroit exact où naît l’incertitude. Même quand tout indique un renversement, le règlement maintient la décision de terrain si le premier contact est à 300 cm ou plus du guichet, ou s’il est entre 250 et 300 cm alors que le rebond et le contact sont distants de moins de 40 cm. Autrement dit : le cricket a écrit à l’avance jusqu’où il accepte d’extrapoler sa propre mesure, et à partir de quelle distance il refuse d’agir dessus. C’est cette règle-là, et non un pourcentage, qui est transposable à un système de hors-jeu.

Deux précautions sur ce modèle, avant de le proposer au football. La première est qu’il n’est pas figé. Une source de ce dossier documente un élargissement, en septembre 2016, du cadre de contact entre la balle et le piquet retenu pour les décisions lbw, et une révision antérieure, en 2013, autorisant les équipes à recharger leur compteur de recours après quatre-vingts overs. J’avais écrit deux élargissements, en largeur puis en hauteur : rien dans ce que j’ai ouvert ne l’établit, et je m’en tiens à ce qui est documenté. Le point tient de toute façon : une marge écrite n’est pas une marge éternelle, c’est une marge dont les révisions sont publiques et datées. La seconde est qu’elle ne fonctionne pas seule : le règlement l’assortit d’une économie de recours, deux recours infructueux au maximum par manche et par équipe. J’écrivais qu’un recours maintenant la décision de terrain n’était pas décompté ; c’est faux, et le règlement dit exactement l’inverse. Tout maintien compte comme infructueux, à une exception nommée : le seul recours en lbw maintenu uniquement sur la base d’un umpire’s call échappe au quota. L’exonération est donc étroite, et elle n’est pas une faveur faite à la contestation, elle est le prix que le règlement accepte de ne pas faire payer quand c’est sa propre marge qui a tranché. Le seuil et le budget de contestation forment un même dispositif, et importer l’un sans l’autre reviendrait à changer le prix de la contestation sans le dire.

Ces seuils de distance sont une limite d’extrapolation que le règlement se donne. Ils ne disent rien de l’exactitude de l’instrument, et le règlement n’en chiffre aucune : j’ai vérifié, il ne contient aucune marge d’erreur métrologique. Sur ce terrain-là, distinct, une analyse d’ESPNcricinfo fait état de 2,2 mm sur les mesures de Hawk-Eye. Deux réserves, et elles vont dans le même sens. La première est que je n’ai pas ouvert cet article : il ne s’ouvre pas depuis chez moi et aucune copie n’en est archivée, de sorte que ce chiffre est une valeur rapportée et non une valeur relevée. La seconde est que son titre, lui, est vérifiable à l’adresse citée, et qu’il dit « Why ball-tracking still cannot be trusted » : la source d’où vient ce chiffre conclut à l’inverse de ce que j’en tire.

Le critère d'umpire's call dans le règlement DRS de l'ICC

Schéma 2. Ce que la règle de l’umpire’s call dit vraiment. Source : ICC, Men’s Test Match Playing Conditions, appendice D, clauses 3.4.4 à 3.4.6. Le critère qui sépare un renversement d’un maintien est la position du centre de la balle par rapport à la limite de la zone, jamais une fraction de balle. Les seuls seuils chiffrés du dispositif portent sur la distance de projection.

Ce que la méthode interprète. Cette règle ne cache pas l’incertitude du système, elle la borne et l’assume publiquement, dans une règle écrite avant le match, ce qui est l’inverse d’un discours de justesse absolue. Le système n’est pas infaillible pour autant : Hawk-Eye a publiquement reconnu une erreur technique sur l’élimination de Masood, en décembre 2014. Je m’en tiens là, et il faut dire pourquoi. J’avais ajouté le matin du 30 août trois précisions sur cet épisode, une cause, un nombre de caméras et une issue inchangée. Elles venaient d’un compte rendu que je n’avais pas ouvert. L’article d’ESPNcricinfo qui les porterait ne s’ouvre pas depuis chez moi, et il n’en existe aucune copie archivée. Je les ai donc retirées le jour même. Ce qui reste vérifiable à l’adresse citée est le titre : une erreur technique reconnue publiquement.

Un chiffre du DRS circule beaucoup et demande d’être requalifié, parce que je m’en sers plus bas. L’analyse de plus de 2 100 recours en Test, menée par Charles Davis à partir des notes de feuilles de match d’ESPNcricinfo relevées jusqu’à mi-mars 2017, situe à 22 % le taux de renversement des décisions lbw, contre 40 % pour les prises du gardien et 26,2 % tous types confondus. Ce n’est pas un taux d’erreur du DRS, et ça ne dit pas que le système se trompe 22 % du temps. C’est la part des décisions de terrain renversées parmi les seules décisions contestées. Or un joueur ne dépense un recours que sur ce qu’il juge déjà serré : la population mesurée est pré-filtrée vers les cas litigieux, et l’immense majorité des décisions non contestées en est exclue par construction. Ce taux dépend donc autant de la qualité initiale des arbitres, du type de décision et de la stratégie d’utilisation des recours que de la performance de l’instrument. Il documente l’usage du DRS, pas sa fiabilité.

Le même document porte un second chiffre, qu’il faut manier avec la même prudence que le premier : parmi les seuls recours où l’umpire’s call n’est pas intervenu, le taux de renversement des lbw est de 27 % au lieu de 22 % sur l’ensemble. J’ai d’abord lu ces cinq points comme l’effet propre du seuil, c’est-à-dire comme des renversements que la marge d’incertitude retiendrait. C’est une lecture que la phrase n’autorise pas : les deux taux ne portent pas sur la même population, et l’écart peut venir du seul dénominateur. J’ai ensuite écrit que l’auteur ne publiait pas l’effectif permettant de trancher : c’était faux, et le chiffre se trouve une phrase avant celle que je cite. Il indique qu’environ un tiers des recours lbw se terminent en umpire’s call depuis 2012, en signalant lui-même l’incertitude de ce comptage. Le problème est que ses deux chiffres ne se recoupent pas : avec un tiers de recours absorbés, retirer ces cas ferait passer le taux de 22 à environ 33 %, pas à 27 %. Je garde donc les deux valeurs pour ce qu’elles sont, deux taux sur deux populations dont l’articulation reste indéterminée dans la source elle-même, et je ne tire de ce document aucune mesure de ce que le seuil retient.

Sur quelle population le taux de renversement DRS est calculé, et ce que le seuil absorbe

Figure 1. À gauche, la population sur laquelle le taux est calculé : le dénominateur est le sous-ensemble des décisions qu’un joueur a choisi de contester, jamais l’ensemble des décisions prises, dont l’effectif n’est publié nulle part. À droite, les deux valeurs que porte la même source, sur deux populations différentes : l’écart entre elles ne mesure pas ce que le seuil retient. Source : Charles Davis, « The Art of the Review », ESPNcricinfo / The Cricket Monthly, relevé jusqu’à mi-mars 2017. Ce ne sont pas des taux d’erreur du DRS.

4. Ce que le tennis révèle sur l’autorité totale de la machine

Ce que les données établissent. Wimbledon a supprimé en 2025 l’intégralité de ses juges de ligne, trois cents personnes, remplacés par un système de ligne électronique (ELC) à dix-huit caméras rapides, assisté d’environ quatre-vingts officiels sur le court. C’est une première en cent quarante-sept ans d’existence du tournoi. D’autres tournois du circuit avaient basculé avant lui, mais aucune des sources de cette analyse ne les couvre : je ne les liste donc pas. Roland-Garros, lui, conserve des juges humains : la dépêche que je cite le présente comme « one notable exception » parmi les grands tournois. L’explication qu’on en donne d’ordinaire, la trace laissée par la balle sur la terre battue, est une lecture de ma part, qu’aucune source de ce dossier n’établit.

Ce que la méthode interprète. C’est le précédent le plus proche d’une autorité algorithmique totale en sport de haut niveau, à nuancer aussitôt : un juge de chaise et des opérateurs humains restent présents sur le court, ce qui a disparu, c’est le recours humain ordinaire sur la décision de ligne elle-même, pas la présence humaine en tant que telle. Le précédent documente deux limites que le football devra anticiper plutôt que découvrir en compétition. D’abord la fragilité opérationnelle : lors du quatrième tour Pavlyuchenkova-Kartal sur le court central, le 6 juillet 2025, des opérateurs ont désactivé par erreur humaine le système pendant trois points. Ces trois appels n’ont pas été détectés, dont deux tranchés par l’arbitre de chaise sans qu’il sache le système hors service. L’organisateur de Wimbledon s’en est excusé publiquement, et sa directrice générale a désigné trois responsabilités, celle de l’arbitre et celle des deux officiels qui auraient dû le prévenir que le système était inactif. La suite compte pour le football, parce qu’elle va dans le sens inverse de ce que je recommandais : l’organisateur a retiré aux opérateurs la possibilité de désactiver manuellement le suivi de balle, en indiquant que l’erreur ne peut plus se reproduire, et a écarté explicitement le retour des juges de ligne. « Nous n’avions pas besoin de remettre des juges de ligne sur le court, nous avions besoin que le système soit actif. » Face à une défaillance de la chaîne humaine, la réponse retenue a été de réduire la main humaine, pas d’organiser un repli vers elle. Ensuite un problème de légitimité distinct de la précision : une analyse publiée sur The Conversation le formule en une phrase, « l’exactitude n’est pas la légitimité », et en donne la raison : quand un juge de ligne se trompait, l’erreur était visible et ouverte à contestation, alors qu’on ne discute pas avec une boîte noire et qu’on ne lui demande pas de comptes. Je retire ici une déclaration que j’avais attribuée nominativement à la direction de Roland-Garros, avec une date et des guillemets : aucune entrée de ma bibliographie ne la porte, et je ne l’ai pas retrouvée. Sur un site dont le sujet est la traçabilité d’une affirmation, une citation sans source ne se reformule pas, elle se retire. Le cas Wimbledon suggère fortement que la légitimité perçue d’un système automatisé dépend autant de son protocole de recours que de sa précision technique (causalité plausible non démontrée : un incident et les réactions qu’il a suscitées ne suffisent pas à établir la relation sur un échantillon plus large).

  1. 2025Wimbledon supprime l'intégralité de ses juges de ligne, remplacés par un système de ligne électronique
  2. 6 juillet 2025Sur le court central, des opérateurs désactivent par erreur humaine le système pendant trois points ; ces trois appels ne sont pas détectés, dont deux tranchés par l'arbitre de chaise sans qu'il sache le système hors service

Sources : AELTC, communiqué sur l'introduction de l'Electronic Line Calling, 2025 ; BBC Sport, 7 juillet 2025. Les bascules antérieures d'autres tournois ne sont couvertes par aucune source de cette analyse et n'y figurent donc pas. Roland-Garros conserve des juges humains.

5. Ce que la finance et l’assurance apportent en architecture de décision

Ce que les données établissent. Les coupe-circuits de marché américains (market-wide circuit breakers et mécanisme Limit Up-Limit Down) suspendent automatiquement la cotation d’un titre ou de l’ensemble du marché lorsqu’un seuil de variation de prix est franchi, sept, treize ou vingt pour cent de baisse de l’indice S&P 500 selon le palier.

Une précision s’impose ici, parce qu’une version répandue de cette analogie est fausse. Il ne s’agit pas d’un système où l’humain reprendrait la main pour décider librement de la reprise. Sur les paliers de 7 % et 13 % atteints avant 15h25, la suspension dure quinze minutes puis la cotation reprend, selon des règles écrites à l’avance. À 20 %, le marché ferme jusqu’à la fin de la séance, également par règle. Côté LULD, sur un titre isolé, le franchissement de la bande ne suspend d’ailleurs rien à lui seul : la suspension de cinq minutes n’intervient que si le prix n’est pas revenu de lui-même dans la bande dans les quinze secondes. La bande est glissante, fixée en pourcentage autour du prix moyen des cinq minutes précédentes, et elle double à l’ouverture comme à la clôture. La réouverture passe ensuite par les procédures et les enchères de la place de cotation principale. C’est un détail utile pour l’arbitrage : le seuil n’y déclenche pas la sanction, il déclenche un délai d’observation, et c’est le comportement pendant ce délai qui tranche. La finance n’apporte donc pas la preuve qu’une autorité humaine d’exécution serait indispensable.

Ce qu’elle apporte est plus modeste et reste utile : le modèle d’un système à seuils dont les conséquences sont écrites, publiques et connues avant l’événement, plutôt que décidées dans l’urgence au cas par cas. C’est cette qualité-là, la prévisibilité de la règle, qui se transpose à l’arbitrage, pas un partage d’autorité.

L’exemple d’autorité humaine, le football le fournit lui-même. La FIFA décrit, pour le hors-jeu semi-automatisé de ses compétitions, un enchaînement en trois temps : l’algorithme produit une proposition, les officiels vidéo la valident et l’arbitre tranche. La proposition automatique porte le point de frappe et la ligne de hors-jeu ; la décision, elle, reste celle de l’arbitre, qui l’assume. C’est déjà, dans le football, une séparation entre une mesure automatique et une décision humaine. La proposition de la section 6 n’invente donc pas cet étage, elle en étend le principe à d’autres décisions mesurables et lui ajoute ce qui lui manque, un seuil de confiance explicite.

L’assurance paramétrique applique un principe voisin : le versement est déclenché par le franchissement d’un seuil de donnée objective (magnitude sismique, vitesse de vent) plutôt que par une expertise humaine du sinistre. Son angle mort connu, le risque de base, c’est-à-dire l’écart entre ce que mesure le capteur et la perte réellement subie, se transpose à tout système d’arbitrage fondé sur un seuil de capteur : un écart mesuré à quelques centimètres près n’est pas nécessairement le hors-jeu que l’arbitre aurait sanctionné à l’œil. Une précision d’honnêteté sur ce point : aucune source de cette analyse ne porte sur l’assurance. Ce rapprochement s’appuie sur un travail publié ailleurs dans ce corpus, et je le donne pour ce qu’il est, une image utile pour penser, pas une brique adossée au dossier de preuve de cet article.

Ces deux mécanismes ne constituent pas une preuve d’efficacité technique transposable au football : aucune étude n’a testé un coupe-circuit ou un déclencheur paramétrique sur un terrain de sport. Ce qui se transpose ici, c’est une manière de gouverner une décision à seuil, des conséquences écrites à l’avance et un écart entre la mesure et la réalité reconnu publiquement, pas une méthode, pas une technologie, et pas un partage d’autorité.

6. Une architecture pour l’arbitrage de demain

Ce qui manque au football n’est ni une technologie inédite, ni une marge de tolérance : il en applique déjà une, et deux documents montrent que le seuil existe aussi dans ses systèmes. C’est leur statut qui manque, celui que le cricket a écrit dans ses conditions de jeu et que le football laisse à ses fournisseurs.

Tableau 1. Ce que chaque domaine apporte : deux briques recombinées, deux analogies, un contre-exemple

DomaineDispositifStatut iciFonctionPorté par le sujet ?
FootballBallon connecté (IMU 500 Hz)BriquePoint de contact précisNon, externe au ballon
FootballLigne épaissie de la Premier League, reconduite depuis 2021/22Marge appliquée en match, sans statutAbsorber les cas les plus serrés. Épaisseur jamais publiée, aucune conséquence écrite sur la décision de terrainNon applicable
FootballCouloir d’acceptation FIFA de plus ou moins 25 cmCritère de laboratoire, pas une marge de matchCertifier un système contre un arpentage à moins de 10 mm. Ce n’est pas un seuil de décision, et rien ne le relie à une décision de terrainNon applicable
FootballCas serrés écartés du protocole de test « pour éviter qu’un système ne rende pas de décision faute de confiance »Indice, pas une margeLa phrase n’institue aucun droit, mais elle tient pour acquis qu’un système certifié peut s’abstenir. C’est un fait sur les dispositifs, pas une règleNon applicable
FootballHors-jeu semi-automatisé (SAOT)BriqueMesure automatique, validation par les officiels vidéo, décision par l’arbitre. Sur les situations nettes, la version avancée du système envoie en plus une alerte sonore automatique directement au terrain : la chaîne n’est pas uniforme selon les casNon, caméras fixes
CricketHot SpotBrique, au stade de la preuve de conceptDétection thermique d’un contact, en environnement structuréNon, caméras fixes
CricketSnickometer / UltraEdgeBrique, au stade de la preuve de conceptDétection acoustique d’un contact, en environnement structuréNon, micro dans les piquets
CricketRègle umpire’s call et seuils de distanceBriqueCritère publié avant le match, sous lequel la décision de terrain prévautNon applicable
TennisHawk-Eye ELCContre-exemple, pas une briqueAutorité totale sans recours humainNon, caméras fixes
FinanceCoupe-circuit / LULDAnalogie, pas une briqueDétection de seuil et conséquences écrites à l’avance, pas d’arbitrage humain au cas par casNon applicable
AssuranceParamétriqueAnalogie, non adossée au dossier de sources de cet articleDéclenchement automatique sur seuil objectif, et le risque de base qui va avecNon applicable

La ligne Tennis figure dans ce tableau à titre de contre-exemple documenté, pas comme une brique effectivement recombinée plus bas : l’architecture DSA choisit délibérément le modèle inverse pour son étage Autorité, celui que le hors-jeu semi-automatisé applique déjà (mesure automatique, validation humaine, décision arbitrale), précisément parce que le tennis montre ce que coûte en légitimité la suppression complète du recours humain (voir section 4). L’architecture qui suit recombine donc, au sens strict, les seules briques Football et Cricket du tableau ci-dessus. Les lignes Finance et Assurance sont des analogies de gouvernance, pas des briques : la section 5 a déjà retiré à la finance ce qu’on lui prête d’ordinaire, et ce qu’il en reste, la prévisibilité d’une règle écrite avant l’événement, le cricket le fournit déjà et mieux, sur le terrain même de la décision sportive. Aucune des deux briques recombinées n’est spéculative dans son domaine d’origine, chacune est déployée et documentée séparément ; c’est leur intégration footballistique qui reste entièrement à valider, sur un terrain plus grand, avec des contacts multiples et simultanés, le bruit d’un stade, des occlusions de caméra, une météo variable, des maillots et des crampons différents de ceux d’un guichet de cricket ou d’un court de tennis.

Extrapolation prudente. Cette recombinaison forme une architecture à trois étages. Nommons-la l’architecture DSA, pour Détection, Seuil, Autorité. Je la formule pour le football, et pour les seules décisions qui reposent sur un fait mesurable. Rien ici ne l’éprouve sur un autre sport : je n’ai pas de raison de croire qu’elle s’y arrête, ni de quoi affirmer qu’elle s’y transpose. Premier étage, la détection : reprendre le principe Hot Spot / Snickometer, caméras infrarouges fixes et microphones directionnels autour du terrain, pour détecter un contact ou un choc sans capteur porté, ce qui écarte le problème de la validation d’un dispositif porté documenté en section 2. C’est la brique la moins avancée des trois, et de loin : elle n’est qu’une preuve de concept faite dans un environnement structuré, jamais éprouvée à l’échelle du football, et le scénario de pilote détaillé plus bas (Tableau 2) ne la teste pas directement : voir la mise en garde après ce tableau, qui formule le test de falsification correspondant. Deuxième étage, le seuil de confiance. C’est ici que ma formulation initiale était fausse, et la correction rend l’étage plus facile, pas plus difficile : le seuil n’est pas à créer, il est à sortir du fournisseur. Une ligne épaissie est appliquée en Premier League, un couloir d’acceptation existe chez la FIFA pour l’homologation, et son protocole de test tient pour acquis qu’un système peut ne pas rendre de décision quand sa confiance est faible. Ce qui manque à ces trois éléments est identique et tient en trois exigences : une valeur chiffrée publiée, une conséquence écrite sur la décision de terrain, et un domaine de validité déclaré au-delà duquel le système n’a pas le droit de renverser l’arbitre, à la manière des seuils de distance du cricket. En dessous du seuil, la décision reviendrait à l’arbitre sur le terrain, exactement comme aujourd’hui, à ceci près que tout le monde saurait pourquoi. Troisième étage, l’autorité de décision : étendre à d’autres décisions mesurables l’enchaînement que la FIFA décrit déjà pour le hors-jeu semi-automatisé de ses compétitions, le système mesure et propose, les officiels vidéo valident, l’arbitre tranche et sanctionne, ce qui vise à préserver un canal de contestation visible. Wimbledon ne montre pas que ce canal manquait, puisqu’il existait et qu’il a été suivi : il montre qu’un canal de repli sans signalement de la panne ne sert à rien. Cet étage demande d’ailleurs plus de travail que je ne le laissais entendre. La page de la FIFA sur laquelle je m’appuie est datée du 17 juillet 2023 et décrit la configuration de la Coupe du monde 2022, ce qui borne déjà ce qu’elle établit. Elle précise en outre que, sur les situations de hors-jeu nettes, la version avancée du système envoie une alerte sonore automatique directement aux officiels sur le terrain. La chaîne n’est donc pas uniformément mesure, validation, décision selon les cas, et généraliser cet étage suppose de décider ce qu’on fait des situations que le système juge tranchées. Une objection à cet étage, et elle vient de la source dont je tire par ailleurs le chiffre de 34 centimètres : les points de validation humaine ne sont pas seulement une garantie, ils sont aussi l’endroit où une appréciation entre dans la chaîne sans être vue. Sélection de l’image de frappe, identification du joueur, validation du squelette, autorisation de la ligne : autant d’interventions dont l’auteur relève que les journaux ne sont accessibles ni aux clubs concernés ni à un analyste indépendant. Maintenir un humain dans la boucle ne suffit donc pas ; il faut aussi journaliser ce qu’il y fait, faute de quoi l’étage autorité déplace l’opacité au lieu de la lever. Ces étages se valident indépendamment les uns des autres : un sport peut adopter la détection sans le seuil, ou le seuil sans la séparation d’autorité. C’est leur combinaison qui forme l’architecture DSA, pas chacun pris isolément.

Scénario de pilote (extrapolation de l’auteur, à valider par les instances citées). Traduire cette architecture en trajectoire testable suppose de répondre à quatre questions que les trois étages ci-dessus laissent ouvertes : où tester, avec quel budget, qui valide le seuil, en combien d’étapes.

Tableau 2. Un scénario de pilote en trois étapes

ÉtapeTerrainCe qui est testéCritère de passage à l’étape suivante (proposition de l’auteur, voir justification ci-dessous)Qui valide le passage
1. Mesure hors-matchUne compétition déjà équipée en caméras de hors-jeu semi-automatisé (la Premier League est la seule dont l’équipement soit documenté par les sources de cette analyse)Aucun seuil n’est encore fixé. On produit deux jeux de données qu’il ne faut surtout pas confondre. D’une part un budget d’erreur du système, obtenu par comparaison à une référence d’exactitude supérieure sur des situations rejouées, exactement comme le manuel de test de la FIFA compare une ligne à un arpentage au théodolite à moins de dix millimètres près. D’autre part la distribution des désaccords entre le signal du système et la décision de terrain, relevée en parallèle de l’arbitrage réel, sans effet sur le résultatSeul le premier jeu peut fonder un seuil, et c’est le critère : disposer d’un budget d’erreur mesuré contre une référence, publié avant l’étape 2, dont le seuil est dérivé. Le second jeu documente l’usage, il ne dit pas lequel des deux juges se trompe et ne sert qu’à dimensionner le nombre de cas concernés. Plus zéro incident opérationnel critique (panne, coupure, latence rendant la mesure inexploitable)L’instance arbitrale de la compétition, l’équivalent du PGMOL anglais ou du centre de contrôle vidéo allemand
2. Test en match réel, compétition à enjeu réduitUne coupe domestique de cette même fédérationLe seuil issu de l’étape 1 et la séparation détection/autorité, en conditions réelles mais sur une compétition à élimination directe et à moindre exposition médiatiqueSur les 7 matchs d’un tour à élimination directe (format calé sur le précédent réel du 5e tour de la FA Cup 2025, premier usage en match officiel du hors-jeu semi-automatisé en Angleterre avant son adoption en championnat le 12 avril 2025) : zéro incident opérationnel critique, et un budget d’erreur compatible avec le seuil dérivé à l’étape 1 plutôt qu’un déplacement qui le rendrait inopérantMême instance arbitrale, en lien avec le fournisseur technologique
3. Ratification avant extensionNon applicableLe bilan du pilote : stabilité du budget d’erreur, incidents opérationnels, retours des arbitresConfirmation, sur l’ensemble du pilote, que les critères des deux étapes précédentes ont été tenus ; à défaut, le pilote reprend à l’étape 1 avec une nouvelle calibration plutôt que d’être étendu tel quelL’IFAB, qui écrit et fait évoluer les Lois du Jeu

Le test de falsification ne se pose pas seulement pour la détection : les critères du Tableau 2 en fournissent déjà un, discriminant, pour les deux briques que ce pilote couvre réellement, le seuil de confiance et la séparation détection/autorité. Ce qui invaliderait la thèse du seuil : un budget d’erreur mesuré à l’étape 1 dont la dispersion excède l’échelle des décisions à trancher, c’est-à-dire une incertitude du même ordre que les écarts que le système est censé départager, auquel cas aucune valeur ne peut être placée sans renoncer soit à la quasi-totalité des renversements, soit à la marge elle-même. Ou, à l’étape 2, un budget qui se déplace au point de rendre inopérant le seuil dérivé à l’étape 1. Le seuil ne peut pas être posé avant la mesure : c’est précisément ce que l’étape 1 sert à produire, et c’est aussi ce qui rend la thèse réfutable plutôt que rhétorique. Ce qui invaliderait la thèse de l’autorité : un incident opérationnel critique, panne, coupure, latence rendant le seuil inexploitable, qui se reproduit plutôt que de rester à zéro sur l’ensemble du pilote, reproduisant pour le football le scénario documenté à Wimbledon (section 4). Une précision s’impose sur ce que cet incident démontre, parce que j’en tirais le contraire : l’organisateur a indiqué que l’arbitre de chaise pouvait trancher lui-même, et qu’il l’avait fait sur les deux points précédents. Le protocole de repli existait, écrit, et il a été suivi. Ce qui a manqué n’est pas l’autorité humaine, c’est que personne n’a signalé à celui qui décidait que le système était inactif. Pour le football, le test porte donc sur la détection et la notification d’une panne, pas sur la règle qui s’applique ensuite. Un pilote qui enfreint l’un ou l’autre de ces deux critères invaliderait la thèse d’une transposition directe du seuil et de l’autorité au football, il ne se contenterait pas de la nuancer.

Ce scénario de pilote ne couvre que deux des trois étages de l’architecture DSA, le seuil de confiance et l’autorité de décision. Les deux étapes du Tableau 2 réutilisent l’infrastructure caméra déjà installée pour le hors-jeu semi-automatisé, qui mesure des positions de joueurs, pas des contacts thermiques ou acoustiques. La détection elle-même, caméras infrarouges et microphones directionnels à la manière du Hot Spot et du Snickometer, n’a aucun scénario de test dans ce pilote : sa transposition d’un contact entre deux personnes en environnement contrôlé à vingt-deux joueurs en mouvement simultané dans un stade bruyant, avec occlusions de caméra, n’a jamais été mesurée. C’est le test de falsification qui manque à la thèse de la section 3 : rien, dans le scénario décrit ici, ne permettrait d’observer si le principe qui fonctionne pour un contact entre deux personnes sur un guichet de cricket cesse de fonctionner à cette échelle et dans ce bruit. Tant que ce test n’existe pas, la thèse d’une détection transposable au football reste non testée, pas seulement non prouvée.

Ce séquencement n’est pas une invention : c’est la trajectoire déjà suivie par le hors-jeu semi-automatisé lui-même avant son adoption en Premier League, des tests hors-match puis un usage réel lors du 5e tour de la FA Cup 2025, sept matchs, avant le passage au championnat. Cette proposition applique le même séquencement aux deux briques qui manquent encore au football, le seuil de confiance et la séparation détection/autorité, elle ne l’invente pas ; le nombre de matchs de l’étape 2 (sept) reprend directement ce précédent réel plutôt que d’être choisi arbitrairement. Une réserve sur ce nombre, cependant : le 5e tour comptait huit affiches, et le dispositif a servi dans les sept qui se jouaient dans des stades déjà équipés. Sept est donc un nombre de stades disponibles, pas un dimensionnement d’essai, et rien ne garantit qu’il suffise à observer assez de situations limites.

Le volume de l’étape 1 (un tour de compétition complet, sans nombre de matchs fixé par un précédent identifié) reste une proposition de l’auteur. Ce qui n’est pas publié, c’est un protocole de pilote pour un seuil de décision en match ; le protocole de mesure contre une référence, lui, existe, il est écrit dans le manuel de test de la FIFA, et c’est de lui que l’étape 1 s’inspire au lieu de l’inventer.

Reste la question la plus tentante et la plus piégeuse : quel taux de divergence viser à l’étape 1. La réponse défendable est qu’il ne faut en viser aucun, et c’est le point de conception le plus important de ce pilote. Le seul repère chiffré disponible, les 22 % et 40 % du DRS (section 3), ne peut pas servir à en dériver un. Il se mesure sur des recours effectivement demandés, donc sur une population pré-filtrée par les joueurs vers les cas déjà serrés, quand le pilote football mesurerait l’ensemble des situations de hors-jeu signalées, contestées ou non. Savoir qu’une population est plus sélectionnée qu’une autre permet, au mieux, de s’attendre à une proportion plus basse. Ça ne permet pas de trancher entre 4 %, 9 %, 12 % ou 18 %. Poser une frontière décimale sur cette base reviendrait à habiller d’un raisonnement un chiffre choisi pour sa rondeur.

D’où le choix de faire de l’étape 1 une phase de mesure, et non un test à réussir. Elle ne valide rien, elle produit la donnée qui manque : le budget d’erreur du système, établi contre une référence d’exactitude supérieure. C’est ce budget, publié et validé par l’instance arbitrale compétente, qui fixe ensuite le seuil de l’étape 2. La distribution des désaccords avec l’arbitre se relève en même temps, mais elle ne peut pas jouer ce rôle : l’arbitre de terrain n’est pas un étalon, c’est la grandeur que le système est censé corriger, et un écart de vingt centimètres entre les deux ne dit pas lequel se trompe. Fixer un seuil avant de mesurer, c’est se condamner soit à le franchir par construction, soit à le déplacer après coup, ce qui vide le pilote de sa valeur probante. Un pilote d’arbitrage automatisé qui annoncerait son taux cible avant sa première mesure devrait, pour cette seule raison, être regardé avec méfiance.

Sur le budget, je n’ai retrouvé aucun chiffre public de coût d’installation propre au hors-jeu semi-automatisé lui-même, ni pour son déploiement initial (Coupe du monde 2022), ni pour son extension récente en championnat. Je n’ai trouvé non plus aucune source de presse ou institutionnelle exploitable sur le coût du SAOT ou d’un système de suivi vidéo comparable postérieure à 2020. Le seul accord commercial que j’aie identifié sur ce marché ne divulgue pas ses conditions financières, et je n’ai pas de source versée à ce dossier pour le nommer ici.

Le seul chiffrage adjacent disponible porte sur la technologie de ligne de but (goal-line technology) : environ 250 000 £ par stade côté Hawk-Eye, 260 000 $ côté GoalControl. Le montant Hawk-Eye date de 2013 ; celui de GoalControl n’est daté par aucun des documents qui le portent. Tous viennent de sources de faible autorité, un blog d’économie du sport (Sports Economics), un blog spécialisé arbitrage (Dutch Referee Blog), un site de pronostics sportifs (FanPick), dont aucune n’est une source primaire ni un titre de presse spécialisée établi, et dont aucune ne mesure elle-même ce qu’elle rapporte. Sur plus de dix ans et sur une technologie différente, je ne peux pas en dériver une fourchette actionable pour le SAOT. Le coût des caméras et du calcul a probablement changé depuis, et la complexité algorithmique n’est pas la même : suivi de squelette et calibration multi-caméras côté SAOT, contre simple détection de franchissement de ligne côté goal-line technology. Rien ne permet de quantifier l’écart entre les deux.

La seule règle qualitative que je puisse proposer, et c’est une hypothèse de ma part qu’aucune source ne teste : le SAOT devrait coûter plus cher à installer que la goal-line technology, parce qu’il traite un problème de suivi continu multi-joueurs et non une détection de franchissement ponctuelle. Je n’ai aucun chiffre pour l’étayer, et le pont entre complexité algorithmique et coût d’installation n’est vérifié nulle part. Tout chiffrage précis devra venir directement d’un fournisseur (Hawk-Eye Innovations, Genius Sports) ou d’une instance (FIFA, ligue) au moment du pilote, pas d’une extrapolation construite dans cet article.

Indépendamment de ce chiffrage, le pilote pourrait ne nécessiter aucun nouvel équipement de capture dans un stade déjà équipé d’un SAOT compatible ; ses coûts d’intégration logicielle, de validation et d’exploitation restent néanmoins inconnus. La partie procédurale est identifiable : un protocole de seuil à écrire, un tableau de divulgation publique de la marge d’erreur à construire, une formation des arbitres à la règle « sous le seuil, la décision de terrain prévaut ». Mais elle n’épuise pas le sujet. Accéder aux données internes du système, faire modifier le logiciel du fournisseur, produire une estimation d’incertitude, construire une interface pour les arbitres, journaliser les décisions, valider métrologiquement l’ensemble et l’intégrer au VAR existant sont autant de postes possibles, dont aucune source publique ne permet d’estimer le montant. La conclusion budgétaire tenable se réduit donc à ceci : l’économie attendue porte sur le matériel de capture, pas sur l’intégration, et c’est cette dernière qu’un devis fournisseur devra chiffrer en premier.

7. Un cas illustratif : le but Torres refusé face au Celta Vigo

Ce que je rapporte, et à quel prix. Le cas qui suit s’appuie sur trois titres de la presse sportive espagnole de référence, Marca, Sport.es et Mundo Deportivo, et sur la déclaration du Comité Technique des Arbitres espagnol (CTA) telle que la presse l’a rapportée. Aucune de ces sources ne porte d’adresse ouvrable dans ma bibliographie, et je n’ai pas atteint le communiqué du CTA lui-même, alors que le fait central de cette section est précisément ce que le CTA a décidé. C’est la partie la moins vérifiable de cette analyse, et je la donne comme telle. Il reste par ailleurs un match isolé, pas un échantillon : je m’en sers pour illustrer le problème d’opacité documenté plus haut, jamais pour établir la fiabilité ou l’erreur du système sur l’ensemble des décisions SAOT.

Le 22 avril 2026, Barcelone bat le Celta Vigo 1-0. Un but de Ferran Torres, marqué en seconde période, est invalidé après revue vidéo. La presse espagnole décrit un hors-jeu se jouant sur une largeur d’épaule, détecté par le hors-jeu semi-automatisé. L’arbitre assistant vidéo Del Cerro Grande intervient auprès de l’arbitre au sifflet, José Luis Munuera Montero. Torres publie sur Instagram l’image du tracé, accompagnée d’une légende moqueuse interpellant la ligue et son président. L’entraîneur du Barça, Hansi Flick, conteste publiquement la décision après le match. Le lendemain, 23 avril, le CTA ratifie la décision par voie de communiqué : le but reste invalidé. Le CTA précise que la validation ne s’appuie pas sur la recréation virtuelle diffusée à la télévision, elle-même source d’une polémique visuelle distincte. Aucune des sources consultées, y compris le CTA, ne publie l’écart mesuré en centimètres. La controverse porte sur la lecture du tracé télévisé et sur l’absence de communication de la donnée sous-jacente, pas sur un chiffre contesté.

Deux éléments indépendants nourrissent le doute méthodologique, sans porter sur ce cas précis. D’une part, un preprint non relu par les pairs a modélisé l’incertitude totale d’un hors-jeu semi-automatisé, sources temporelle, spatiale et de calibration confondues, et aboutit à environ 34 centimètres. Ce n’est pas une mesure d’un système existant : le chiffre est construit en additionnant quadratiquement des hypothèses de modèle, un joueur à 8 m/s, une vidéo à 50 images par seconde, un flou de quelques pixels sur une image supposée couvrir la largeur du terrain, une incertitude de calibration postulée. J’ai opposé à ce chiffre, pendant deux versions, les configurations réellement déployées : jusqu’à 30 caméras dédiées en Premier League, en l’occurrence des iPhones de modèle 14 ou plus récent fixés sous les toits des vingt stades, plusieurs filmant à 100 images par seconde, jusqu’à 10 000 points de surface suivis par joueur, et un ballon connecté transmettant 500 fois par seconde côté FIFA. L’objection ne tient pas, et il faut le dire précisément parce qu’elle avait l’air solide. Le détail du calcul donne 16 centimètres pour le terme temporel, 28 pour le terme spatial lié à la résolution et au flou, 10 pour la calibration. Le terme dominant n’est pas la cadence d’images : passer de 50 à 100 images par seconde ramènerait le total de 34 à environ 31 centimètres, pas d’un ordre de grandeur. Les 50 images par seconde ne sont d’ailleurs pas une hypothèse arbitraire, l’auteur les attribue au dispositif de Coupe du monde de la FIFA lui-même, douze caméras dédiées et 29 points par joueur. Quant au ballon à 500 Hz, il l’exclut explicitement du périmètre des championnats nationaux, qui ne peuvent pas l’utiliser et doivent donc sélectionner l’image de frappe à la main. Ce qui reste vrai, et suffit : passer de « un auteur obtient 34 cm avec ce modèle » à « le hors-jeu semi-automatisé a une incertitude documentée de 34 cm » n’est pas fondé, parce qu’aucune des trois valeurs n’est mesurée sur un système en service. Ce que ce preprint établit est ailleurs : l’incertitude d’un tel système est une grandeur modélisable, et aucun exploitant ne publie la sienne. D’autre part, je retire ici un second élément que je versais au dossier, une erreur de sélection du défenseur ayant fait invalider un but à tort en Premier League en 2023 : aucune des quarante-deux entrées de ma bibliographie ne la couvre. Ce que je peux garder à la place vient du preprint lui-même, et vaut mieux : il énumère les points où une appréciation humaine entre dans la chaîne sans être journalisée, sélection de l’image de frappe, identification du joueur, validation du squelette, autorisation de la ligne. Corrélation observée entre ces limites et la récurrence des controverses sur des cas millimétriques, pas une preuve que le cas Torres en particulier relève de l’une ou l’autre.

Une honnêteté s’impose sur l’antériorité, et elle coûte à cette analyse. Ce preprint ne se contente pas de modéliser une incertitude : il en tire la même règle que moi. Il propose que tout écart inférieur à l’incertitude du système soit communiqué comme « trop serré pour trancher » plutôt que présenté comme définitif, l’arbitre appliquant alors le bénéfice du doute à l’attaquant, et il y ajoute un droit de contestation technique des clubs sous 48 heures devant un panel indépendant rendant des décisions contraignantes. C’était en décembre 2025. Je ne peux donc pas présenter la règle de seuil comme mon apport. Ce qui reste de moi est plus étroit, et je préfère le dire que de le laisser deviner : le rapprochement avec le statut réglementaire que le cricket donne à sa marge, l’idée d’un domaine de validité chiffré au-delà duquel l’instrument perd le droit de renverser, et le constat que le football applique déjà des marges sans leur avoir donné ce statut.

Environ 34 cm : un résultat de modélisation, jamais mesuré sur un système déployé

Le modèle du preprint (Terrazas, non relu par les pairs, décembre 2025)

  • Construit en additionnant quadratiquement des hypothèses de modèle : un joueur à 8 m/s, une vidéo à 50 images par seconde, un flou de quelques pixels sur une image supposée couvrir la largeur du terrain, une incertitude de calibration postulée
  • Ce n'est pas une mesure d'un système existant
  • Ce que ce preprint établit vraiment : l'incertitude d'un tel système est une grandeur modélisable, et aucun exploitant ne la publie
Trois centimètres, pas un ordre de grandeur

Ce que mon objection valait vraiment

  • Les trois termes du modèle : 16 cm pour le temps, 28 cm pour la résolution et le flou, 10 cm pour la calibration. Le terme dominant n'est pas la cadence d'images
  • Doubler la cadence, de 50 à 100 images par seconde comme en Premier League, ramènerait le total de 34 à environ 31 cm
  • Les 50 images par seconde sont celles que l'auteur attribue au dispositif de Coupe du monde de la FIFA ; et il exclut lui-même le ballon connecté du périmètre des championnats nationaux

Si le football appliquait un seuil de confiance publié à l'avance

Le système mesure un écart entre l'attaquant et le dernier défenseur. La question n'est pas de le mesurer, ni même de savoir si une marge existe : il en existe déjà. C'est de savoir laquelle, et ce qu'elle change à la décision de l'arbitre. Aujourd'hui, personne à l'extérieur du système ne peut répondre à ces deux questions.

Écart mesuré entre l'attaquant et le dernier défenseur, en centimètres

Sous le seuil
la décision de terrain est maintenue
Au-dessus du seuil
hors-jeu confirmé
écart mesuré sur cette action
015304560 cm

La piste est hachurée d'un bout à l'autre, et c'est l'état réel du dossier. Non pas parce qu'aucune marge n'existe, mais parce qu'aucune n'est opposable. La Premier League applique des lignes épaissies depuis 2021/22 sans jamais en publier l'épaisseur : c'est la seule des trois qui porte sur des décisions réelles. La FIFA certifie une ligne de hors-jeu dans un couloir de plus ou moins 25 centimètres, mais c'est un critère d'acceptation en laboratoire, que rien ne relie à une décision de match. Et son protocole de test écarte les cas serrés en tenant pour acquis qu'un système peut ne pas trancher quand sa confiance est faible, sans jamais dire ce qu'il advient alors de la décision. Une marge appliquée et deux indices, aucune valeur lisible, aucune conséquence écrite. Placez le curseur où vous voulez : c'est exactement le problème, personne à l'extérieur du système ne sait où il est déjà placé.

Schéma prospectif. Proposition de l'auteur, aucun mécanisme de ce type n'est en usage sous cette forme, c'est-à-dire avec une valeur publiée et une conséquence écrite. L'écart tracé sur la piste est un exemple illustratif, sans rapport avec un match précis. Le cas Torres n'y figure pas : son écart mesuré n'a jamais été rendu public. Le chiffre de 34 cm qui circule à propos du hors-jeu semi-automatisé est un résultat de modélisation issu d'un preprint, pas une incertitude mesurée d'un système déployé, et il ne sert pas de seuil ici. Voir Mes réserves.

Extrapolation prudente. Le cas Torres n’illustre pas l’absence d’une marge, il illustre l’absence de son statut. Une marge existait ce soir-là, quelque part dans le système, comme il en existe une dans les lignes épaissies de la Premier League et dans le couloir d’homologation de la FIFA. Personne, ni le club, ni le joueur, ni le public, ne pouvait dire laquelle, ni si l’écart mesuré tombait dedans, ni ce que cela aurait changé. Si le football donnait à sa marge le statut que le cricket donne à la sienne, valeur publiée avant le match, conséquence écrite sur la décision de terrain, distance au-delà de laquelle le système refuse de renverser, la controverse n’aurait pas porté sur la lecture d’un tracé télévisé : elle aurait porté sur un chiffre et sur une règle, deux objets qu’on peut discuter. Cela n’aurait rien changé à la décision elle-même, dont la donnée n’est toujours pas publique. Ça aurait changé ce qu’on pouvait en dire.

Application par profil de décision

ProfilCe que cette architecture implique concrètementEnjeuRéversibilité
IFAB / FIFA (régulateur des lois du jeu)Étendre au-delà de la position, de la vitesse et de la performance le périmètre des variables qu’un dispositif peut être homologué à mesurer : tant qu’aucun protocole de test ne couvre une variable arbitrale comme le contact fautif, aucun capteur ne pourra être validé pour cet usage, porté ou non.ModéréRéversible
Ligue ou compétition nationaleNe pas attendre le capteur porté pour progresser sur le seuil et l’autorité, tous deux compatibles avec l’infrastructure caméra existante et la réglementation actuelle. Demander au fournisseur, avant tout engagement, le chiffrage de l’intégration logicielle, de la validation et de l’exploitation, seuls postes réellement inconnus. Budgéter en parallèle un test dédié de la détection elle-même (caméras infrarouges, micros directionnels) en conditions réelles de stade, absent du scénario de pilote proposé en section 6.ModéréRéversible
ClubLe chiffrage d’installation du SAOT sort du périmètre de cette analyse : aucune donnée fiable n’est publiquement disponible et cette analyse n’en propose pas d’estimation (voir section 6) ; obtenir un devis direct du fournisseur avant toute négociation avec son syndicat de ligue sur la répartition du coût. Ce qui reste actionnable indépendamment de ce chiffrage : ne pas supposer que l’absence de nouveau matériel de capture rende l’extension gratuite, et faire chiffrer séparément l’intégration logicielle, la validation et l’exploitation ; communiquer par avance aux supporters le principe « sous le seuil, la décision de terrain prévaut », pour désamorcer une controverse du type Torres-Celta Vigo avant qu’elle survienne.FaibleRéversible
Éditeur technologique fournisseurLe rapport de laboratoire existe déjà : l’homologation FIFA produit une exactitude mesurée contre une référence arpentée, et la FIFA publie ces rapports par système certifié. Elle écrit aussi que l’agrément du matériel ne vaut pas approbation de la qualité de l’information produite : c’est exactement l’écart à combler. Ce qui manque est d’un autre ordre, et c’est là que se joue la crédibilité : attacher une incertitude à une décision donnée, au moment où elle est prise, et publier la distance d’extrapolation au-delà de laquelle le système refuse de renverser, à la manière des seuils du cricket. Un taux de décisions jugées correctes à 100 %, sans méthode ni corpus publiés, produit l’effet inverse de celui recherché.ModéréRéversible

  1. adidas / FIFA, Connected Ball Technology, communiqués officiels Qatar 2022 et Coupe du monde 2026. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  2. Kinexon, communiqué FIFA sur le suivi de balle et de joueurs. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  3. IFAB, Laws of the Game, Loi 4, Équipement des joueurs (obligation faite au responsable de la compétition de s’assurer que les données transmises par les EPTS vers la surface technique sont fiables et exactes). https://www.theifab.com/laws/latest/the-players-equipment/
  4. FIFA, EPTS Testing Process, FIFA Quality Programme (deux tests, un test de sécurité du dispositif porté et un test de performance mesurant l’exactitude contre un système de capture de mouvement de référence ; dispositifs portés en bas de jambe homologables depuis 2023 ; « approval of the hardware does not constitute an endorsement of the quality of information generated by the device » ; rapports d’exactitude publiés par système certifié ; page mise à jour le 13 août 2025. Aucune mention d’une extension datée de 2019 : la date que je portais est retirée). https://inside.fifa.com/innovation/standards/epts/epts-testing-process
  5. Dunn, M., Hart, J., James, D. (2018). Wearing Electronic Performance and Tracking System Devices in Association Football: Potential Injury Scenarios and Associated Impact Energies. Proceedings, 2(6), 232, DOI 10.3390/proceedings2060232 (mannequin anthropomorphe Hybrid III lâché de 1,65 m, n = 25, sur gazon synthétique, avec et sans maquette de boîtier ; 142,4 ± 42,1 J avec le boîtier contre 5,8 ± 4,0 J sans, mais sur 9 essais contre 4, treize seulement des vingt-cinq lâchers satisfaisant aux critères d’inclusion ; incidence du scénario jugée faible par les auteurs). L’adresse que je portais jusqu’au 30 août 2026, article 213 du même volume, était ouvrable et menait à un tout autre article, sur les vibrations transmises aux mains en cyclisme. https://www.mdpi.com/2504-3900/2/6/232
  6. Hot Spot (cricket), technologie BBG Sports, description technique et historique. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  7. International Cricket Council, ICC Men’s Test Match Playing Conditions, appendice D, Decision Review System et Third Umpire Protocol (clauses 3.4.4 à 3.4.6 : les catégories rapportées par la technologie de suivi de balle sont définies par la position du centre de la balle, et les seuls seuils chiffrés portent sur la distance de projection). https://images.icc-cricket.com/image/upload/prd/driegpngk8yd1e0ujlit.pdf
  8. International Cricket Council, page de présentation du Decision Review System. https://www.icc-cricket.com/news/decision-review-system-drs
  9. Snickometer / UltraEdge, Hawk-Eye Innovations, description technique. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  10. Jackson, R. (2015). Why ball-tracking still cannot be trusted. ESPNcricinfo. Adresse citée mais non ouverte : accès direct refusé, service de rendu bloqué, aucun instantané sur archive.org. Le chiffre de 2,2 mm que j’en tire est donc une valeur rapportée, jamais relevée sur le document. https://www.espncricinfo.com/story/why-ball-tracking-still-cannot-be-trusted-909545
  11. ESPNcricinfo (décembre 2014). Hawk-Eye admits technical error in Masood dismissal. Adresse citée mais non ouverte, dans les mêmes conditions que l’entrée précédente. Seul le titre est vérifiable à l’adresse : les précisions sur la cause et sur l’issue de cet épisode, ajoutées puis retirées le 30 août 2026, ne reposaient sur aucun document ouvert. https://www.espncricinfo.com/story/pakistan-vs-new-zealand-2014-hawk-eye-admits-technical-error-in-masood-dismissal-798713
  12. Davis, C. (2017). The Art of the Review. ESPNcricinfo / The Cricket Monthly. Analyse de plus de 2 100 recours en Test, relevés jusqu’à mi-mars 2017 à partir des notes de feuilles de match d’ESPNcricinfo : 22 % de renversement pour les lbw, 40 % pour les prises du gardien, 26,2 % de taux global, et 27 % pour les lbw lorsque l’umpire’s call n’est pas invoqué. Taux de renversement sur décisions contestées, jamais taux d’erreur du DRS. https://www.espn.com/cricket/story/_/id/19835497
  13. All England Lawn Tennis Club, communiqué sur l’introduction de l’Electronic Line Calling, 2025. Adresse citée mais non ouverte : requête vide, puis blocage par vérification anti-robot. Ce que j’attribue à l’organisateur vient de la dépêche d’agence ci-dessous, pas de ce communiqué. https://www.wimbledon.com/en_GB/news/articles/2025-07-07/statement.html
  14. BBC Sport (7 juillet 2025). Wimbledon 2025: Organisers apologise after missing three calls. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  15. Associated Press, repris par PBS NewsHour (2025). Wimbledon blames human error for a glaring mistake by the electronic system that replaced officials. Source retenue pour ce que l’organisateur a déclaré, le communiqué de Wimbledon lui-même n’étant pas accessible : l’arbitre de chaise « could have made a ruling himself […] the way he did on the prior pair of points » ; le club « removed the ability for Hawk-Eye operators to manually deactivate the ball tracking » ; « We didn’t need to put line judges back on the court again ». https://www.pbs.org/newshour/world/wimbledon-blames-human-error-for-glaring-mistake-by-electronic-system-that-replaced-officials
  16. SportsPro (7 juillet 2025). Wimbledon apologises after electronic line-calling tech failure. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  17. The Conversation (2025). Wimbledon’s electronic line-calling system shows we still can’t replace human judgment (« accuracy is not the same as legitimacy » ; 300 juges de ligne remplacés, 18 caméras rapides, environ 80 assistants sur le court, une première en 147 ans). L’adresse que je portais jusqu’au 30 août 2026 était ouvrable et menait à un tout autre article, sur le retrait de Lafarge de Syrie. https://theconversation.com/wimbledons-electronic-line-calling-system-shows-we-still-cant-replace-human-judgment-260845
  18. U.S. Securities and Exchange Commission, Investor Bulletin: Measures to Address Market Volatility (paliers de 7 %, 13 % et 20 % du S&P 500, suspension de 15 minutes avant 15h25, fermeture de séance au palier 3 ; bande LULD fixée autour du prix moyen des cinq minutes précédentes, doublée à l’ouverture et à la clôture, suspension de cinq minutes seulement si le prix n’est pas revenu dans la bande en quinze secondes). https://www.sec.gov/investor/alerts/circuitbreakersbulletin.htm
  19. NYSE, Trading Information (procédures de réouverture LULD par la place de cotation principale et ses mécanismes d’enchères). https://www.nyse.com/markets/nyse/trading-info
  20. FIFA, Semi-Automated Offside Technology, Inside FIFA (les officiels vidéo valident le point de frappe et la ligne de hors-jeu générés automatiquement avant d’informer l’arbitre, et peuvent les reprendre manuellement ; page datée du 17 juillet 2023, décrivant la configuration de Qatar 2022). https://inside.fifa.com/innovation/world-cup-2022/semi-automated-offside-technology
  21. FIFA, Testing criteria for semi-automated offside technology, FIFA Quality Programme. https://inside.fifa.com/innovation/standards/virtual-offside-lines/saot-testing-criteria
  22. Premier League, Semi-automated offside technology: what you need to know (jusqu’à 30 caméras installées, plusieurs à 100 images par seconde, jusqu’à 10 000 points de surface suivis par joueur ; introduction en championnat le 12 avril 2025 après un usage réel en FA Cup la même saison ; « The SAOT system will continue to implement the existing “thicker” lines […] consistency with the approach introduced in the Premier League at the start of the 2021/22 season » ; « does not change the accuracy of the decision-making but enhances the speed, efficiency and consistency of the process » ; décisions de hors-jeu de la saison déclarées correctes à 100 %, sans méthode ni corpus publiés). https://www.premierleague.com/en/news/4256036
  23. Held, J. et al. (2023). VARS: Video Assistant Referee System for Automated Soccer Decision Making from Multiple Views. Workshop CVSports, CVPR. https://arxiv.org/abs/2304.04617
  24. X-VARS: Introducing Explainability in Football Refereeing with Multi-Modal Large Language Model. Workshop CVSports, CVPR 2024. https://arxiv.org/abs/2404.06332
  25. Meng, Z. et al. SoccerRef-Agents: Multi-Agent System for Automated Soccer Refereeing. Preprint arXiv d’avril 2026, publié depuis chez Springer dans les actes d’ISACE 2026, Lecture Notes in Computer Science vol. 16610. https://arxiv.org/abs/2604.23392
  26. Marca (23 avril 2026). Ferran Torres reacciona a su gol al Celta anulado por milímetros. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  27. Sport.es (23 avril 2026). El CTA ratifica la decisión del polémico fuera de juego de Ferran Torres. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  28. Mundo Deportivo (22 avril 2026). Nueva polémica con Del Cerro Grande en el VAR en el gol anulado a Ferran. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  29. Comité Technique des Arbitres (CTA), Espagne, déclaration ratifiant la décision VAR Torres-Celta Vigo, telle que rapportée par Cadena COPE et la presse espagnole, 23 avril 2026. La déclaration primaire n’a pas été atteinte.
  30. Tribuna.com (22 avril 2026). Controversial VAR image shows Ferran Torres’ goal vs Celta Vigo may have been wrongly ruled offside. Agrégateur. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  31. TheVarVerdict.com, analyse technique de la décision Torres-Celta Vigo, avril 2026 : conclut que l’image publique ne prouve pas de façon convaincante le hors-jeu, faute d’accès aux données de calibration internes. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  32. Soledad Terrazas, J.M. (2025). Semi-Automated Offside Technology in Professional Football: A Critical Case Study on the Necessity of Explainable and Deterministic Artificial Intelligence. Preprint non relu par les pairs, preprints.org, DOI 10.20944/preprints202512.1481.v1, décembre 2025, indexé sur Sciety. L’auteur déclare une affiliation à une société qui commercialise de l’explicabilité déterministe, c’est-à-dire l’objet même de sa recommandation. Budget d’incertitude détaillé par l’auteur : 16 cm temporel, 28 cm spatial, 10 cm de calibration, soit 34 cm par somme quadratique ; les 50 images par seconde sont attribuées au dispositif de Coupe du monde de la FIFA, et le ballon connecté est exclu du périmètre des championnats nationaux. Le texte propose déjà la règle « too close to call » avec bénéfice du doute à l’attaquant, et un recours des clubs sous 48 heures devant un panel technique indépendant. Le site refuse l’accès direct : le texte intégral a été obtenu par un service de rendu. https://www.preprints.org/manuscript/202512.1481/v1
  33. ESPN (2025). Premier League semi-automated VAR offside: All you need to know (« There are 30 iPhones […] model 14 or newer, installed under the roof of the 20 Premier League » stades ; le système est désigné en interne sous le nom de Dragon). https://www.espn.com/soccer/story/_/id/44038727/premier-league-fa-cup-semi-automated-var-offside-all-need-know
  34. Sky Sports (12 avril 2025). Premier League: Semi-automated offside to be introduced in top flight on April 12 following FA Cup tests earlier in season. https://www.skysports.com/football/news/11095/13339920/premier-league-semi-automated-offside-to-be-introduced-in-top-flight-on-april-12-following-fa-cup-tests-earlier-in-season
  35. The FA, Premier League et PGMOL, communiqué conjoint du 13 février 2025, VAR and new offside technology to be utilised in Emirates FA Cup fifth round (« The fifth round will also utilise Semi-Automated Offside Technology in all seven matches taking place at Premier League stadiums, which is the first time it will be used live in competitive matches in English football » ; le VAR, lui, couvre les huit rencontres du tour ; tour joué le week-end du 1er mars 2025, après une période de test étendue pendant la saison 2024-25). https://www.thefa.com/news/2025/feb/13/fa-premier-league-pgmol-statement-var-offside-technology-emirates-fa-cup-fifth-round-proper-20251302
  36. The National, Paul Radley (16 avril 2026). Football needs cricket-style referral system to fix curse of VAR. https://www.thenationalnews.com/sport/football/2026/04/16/football-needs-cricket-style-referral-system-to-fix-curse-of-var/
  37. Cricket365. DRS vs VAR: Four ways football can learn from cricket’s technology. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.
  38. Sports Economics (sportseconomics.org), Is Hawk-Eye Really Worth It?, 15 août 2013 : coût d’installation de la goal-line technology en Premier League, environ 250 000 £ par terrain pour 14 caméras, montant que le billet reprend lui-même du Daily Telegraph https://www.sportseconomics.org/sports-economics/is-hawk-eye-really-worth-it. Le Dutch Referee Blog (dutchreferee.com), Costs of goal-line technology, 6 avril 2016, porte le même montant par équipe et le reprend de la BBC, sans nommer Hawk-Eye, à l’adresse https://www.dutchreferee.com/costs-of-goal-line-technology/. Ni l’un ni l’autre ne porte de redevance FIFA : les 15 000 £ par club viennent de l’entrée FanPick ci-dessous, pas de ces deux billets.
  39. FanPick (fanpick.org), Goal-Line Technology in Football : coût du système concurrent GoalControl, environ 260 000 $ par stade plus 3 900 $ de frais opérationnels par match, et redevance de licence FIFA de 15 000 £ par club en sus des 250 000 £ par terrain côté Hawk-Eye. Billet du 28 juin 2026, sans auteur nommé, sans bibliographie ni lien externe : aucun de ces montants n’y est daté ni rattaché à une source. https://fanpick.org/en/blog/goal-line-technology-football-how-it-works
  40. Parasuraman, R., Riley, V. (1997). Humans and Automation: Use, Misuse, Disuse, Abuse. Human Factors, 39(2), DOI 10.1518/001872097778543886. https://doi.org/10.1518/001872097778543886
  41. Samuelson, W., Zeckhauser, R. (1988). Status Quo Bias in Decision Making. Journal of Risk and Uncertainty, 1, DOI 10.1007/BF00055564. https://doi.org/10.1007/BF00055564
  42. FIFA, Quality Programme for Offside Technology, Test Manual, version de février 2026, 36 pages (couloir de tolérance d’homologation de plus ou moins 0,25 m autour de marqueurs arpentés, plus ou moins 0,20 m au marqueur central du bloc 3D, données de référence relevées au théodolite Trimble SPS620 à moins de 10 mm ; scénarios construits avec des écarts nets « to avoid cases where a system may not issue a decision due to low confidence » ; réussite du test conditionnée à 95 % des scénarios). https://digitalhub.fifa.com/m/02a5079971342b5d/original/FIFA-Quality-Programme-for-Offside-Technology-Test-Manual-February-2026.pdf

Mes réserves

Ce qui invaliderait cette lecture

  • J'ai écrit pendant deux versions que le football n'avait pas encore posé le problème du seuil. C'est faux, et c'est la correction la plus lourde de cette pièce. Trois documents que je citais sans les avoir lus jusqu'au bout disent le contraire, et il faut préciser tout de suite qu'ils ne disent pas la même chose, parce que je les ai d'abord comptés comme trois marges alors qu'ils ne sont pas de même nature. Un seul porte sur des décisions réelles : la Premier League écrit que son hors-jeu semi-automatisé « continuera d'appliquer les lignes épaissies existantes », introduites au début de la saison 2021/22, sans jamais en publier l'épaisseur. Le deuxième porte sur le laboratoire : le manuel de test de la FIFA homologue une ligne dans un couloir de plus ou moins 25 centimètres autour d'une position arpentée, ce qui est un critère d'acceptation et non un seuil de décision. Le troisième n'est pas une marge : le même manuel écarte les cas serrés pour éviter ceux où « un système pourrait ne pas rendre de décision en raison d'une confiance faible », phrase qui n'institue aucun droit mais qui tient pour acquis qu'un système certifié peut s'abstenir. Ma thèse ne portait donc pas sur ce qu'elle croyait : ce qui manque au football n'est pas le mécanisme, c'est son statut public et sa conséquence écrite.
  • J'ai récupéré et lu en entier, le 2026-08-30, une douzaine de sources que je citais sans les avoir ouvertes, et le résultat justifie à lui seul l'exercice. Deux adresses de ma bibliographie étaient ouvrables et menaient à un autre article que celui annoncé : l'étude sur les capteurs portés pointait vers un travail sur les vibrations transmises aux mains en cyclisme, et l'analyse sur la légitimité d'une décision automatique vers un texte sur le retrait de Lafarge de Syrie. Une adresse ouvrable qui mène ailleurs est pire qu'une entrée sans adresse : elle a l'apparence de la vérifiabilité. Une date que j'affichais, l'extension du programme d'homologation en 2019, n'est portée par aucune source et disparaît. Et deux articles d'ESPNcricinfo ne s'ouvrent pas du tout, ce qui m'a fait retirer le jour même trois précisions publiées le matin même. Sur les quarante-deux entrées, vingt portent désormais un relevé écrit avec ses verbatims, contre neuf la veille.
  • Aucune des briques que je combine n'a été testée comme système intégré pour le football. Chacune est validée séparément, dans son sport d'origine. L'assemblage est de moi.
  • Le preprint dont je tire le chiffre de 34 centimètres formule déjà, dans sa section 6, la règle que je présentais comme mon apport : sous l'incertitude du système, une décision « trop serrée pour trancher », le bénéfice du doute à l'attaquant, et un recours des clubs sous 48 heures devant un panel technique indépendant. Il l'a publiée en décembre 2025. Ce qui reste de moi est plus étroit qu'annoncé : le rapprochement avec le statut réglementaire que le cricket donne à sa marge, et le domaine de validité chiffré qui va avec.
  • Mes sources techniques centrales, adidas, Kinexon et Hawk-Eye Innovations, sont des fournisseurs commerciaux dont la communication valorise mécaniquement leur propre technologie.
  • Le DRS n'élimine pas l'erreur, il la borne, comme le rappelle l'erreur technique que Hawk-Eye a publiquement reconnue en 2014 sur l'élimination de Masood. Le taux de renversement de 22 % sur les décisions lbw ne mesure rien de la fiabilité du système : c'est la part des décisions de terrain renversées parmi les décisions contestées, une population que les joueurs ont pré-filtrée vers les cas déjà litigieux. Il dépend autant de la qualité initiale des arbitres et de la façon dont les recours sont utilisés que du système lui-même.
  • J'ai décrit pendant deux versions de cette analyse la règle de l'umpire's call comme un seuil de 50 % de la balle. C'était faux, et la formulation venait de la version qui circule dans la presse, pas du règlement. Les conditions de jeu de l'ICC ne contiennent aucun pourcentage : le critère y est la position du centre de la balle par rapport à la limite de la zone, et les seuls seuils chiffrés du dispositif portent sur la distance de projection. Je l'ai corrigé en lisant le document, pas en relisant mon texte. La correction ne coûte rien à la thèse, elle la renforce : ce que le football peut importer du cricket est une règle écrite avant le match qui dit jusqu'où le système accepte d'extrapoler sa mesure, ce qui est plus transposable qu'un pourcentage.
  • Sur les quarante-deux entrées de ma bibliographie, seize ne portent aucune adresse, et trois autres portent une adresse que je n'ai pas réussi à ouvrir : dix-neuf ne sont donc pas vérifiables en cliquant. Elles sont signalées comme telles, une par une, dans la liste des sources. Concrètement, personne ne peut vérifier ce qu'elles disent sans refaire ma recherche à ma place, et c'est la faiblesse la plus conséquente de cette pièce. Ces entrées sont pour l'essentiel des articles de presse sportive et des billets de blog. Les documents qui portent la thèse, eux, sont adressables, et je les ai ouverts en entier plutôt que de me fier à leur résumé : le règlement de l'ICC, la Loi 4, la page de protocole de la FIFA et l'analyse de Charles Davis.
  • Les coupe-circuits de marché américains me servent d'analogie de gouvernance d'un système à seuils, pas de preuve qu'une autorité humaine tranche la reprise : les paliers de 7 %, 13 % et 20 % du S&P 500 déclenchent des suspensions et une fermeture de séance selon des règles prédéfinies, et la réouverture d'un titre sous LULD passe par les procédures et les enchères de sa place de cotation principale. Mon exemple d'autorité humaine est donc le hors-jeu semi-automatisé lui-même, pas la finance.
  • Le communiqué de l'organisateur de Wimbledon, que ma bibliographie porte avec son adresse, ne s'ouvre pas depuis chez moi : requête vide, puis blocage par une vérification anti-robot. Ce que j'attribue à l'organisateur dans la section 4 vient donc d'une dépêche d'agence qui rapporte sa conférence de presse et son communiqué, pas du communiqué lui-même. Je le signale parce que l'entrée bibliographique, telle qu'elle est écrite, laisse croire le contraire.
  • Le cas Torres-Celta Vigo s'appuie sur trois titres de la presse sportive espagnole de référence, Marca, Sport.es et Mundo Deportivo, et sur la déclaration du Comité Technique des Arbitres espagnol telle que la presse l'a rapportée : je n'ai pas atteint le communiqué primaire, seulement ses relais. Une source de ma propre bibliographie, TheVarVerdict, conclut par ailleurs que l'image publique ne prouve pas le hors-jeu de façon convaincante, faute d'accès aux données de calibration internes. Je la cite ici parce qu'elle pointe dans l'autre sens que le communiqué du CTA, et qu'un dossier qui ne garderait que la version confirmante ne vaudrait rien. C'est le sourçage le plus faible de cette pièce, en dessous de ce que je retiens ailleurs : deux de ces trois titres sont proches du club lésé et couvrent un grief de ce club, et le communiqué du CTA ne m'est parvenu que par ses relais. Cela reste par ailleurs un match isolé et non un échantillon. Je m'en sers pour illustrer le problème d'opacité, jamais pour établir la fiabilité ou l'erreur du système sur l'ensemble des décisions SAOT. Aucune des sources que j'ai consultées ne publie l'écart mesuré en centimètres : il n'est pas rendu public.
  • Les 34 centimètres d'incertitude ne sont pas une mesure expérimentale d'un hors-jeu semi-automatisé. Ce chiffre vient d'un preprint non relu par les pairs (Soledad Terrazas, décembre 2025, preprints.org) qui le construit à partir d'hypothèses de modèle, joueur à 8 m/s, vidéo à 50 images par seconde, flou de quelques pixels sur une image supposée couvrir la largeur du terrain, incertitude de calibration postulée, additionnées quadratiquement. J'ai longtemps opposé à ce chiffre les configurations réellement déployées, trente caméras en Premier League, cent images par seconde, un ballon à 500 Hz côté FIFA. Cette objection ne tient pas, et le détail du calcul dit pourquoi : les trois termes valent 16 centimètres pour le temps, 28 pour la résolution et le flou, 10 pour la calibration. Le terme dominant n'est pas la cadence d'images, et doubler celle-ci ferait passer le total de 34 à environ 31 centimètres. La cadence de 50 images par seconde n'est d'ailleurs pas une hypothèse arbitraire de l'auteur : il l'attribue au dispositif de Coupe du monde de la FIFA elle-même, douze caméras dédiées, 29 points par joueur. Et le ballon à 500 Hz que je lui opposais, il l'exclut explicitement des championnats nationaux, qui ne peuvent pas l'utiliser. Je cite donc ce document comme une modélisation d'incertitude, pas comme une incertitude mesurée, et il ne me sert pas de seuil de décision, mais je ne peux plus prétendre l'écarter par un ordre de grandeur.
  • Le scénario de pilote en trois étapes de la section 6 est une proposition de ma part, qui applique par analogie la trajectoire réelle du hors-jeu semi-automatisé en Premier League. Ce n'est pas une feuille de route validée par l'IFAB ou par une fédération. L'étape 1 ne vise aucun taux de divergence chiffré : je n'ai aucune donnée qui permette de placer une frontière à 10 % plutôt qu'à 4 %, 12 % ou 18 %. Je la formule donc comme une phase de mesure, dont l'objet est de produire un budget d'erreur du système établi contre une référence d'exactitude supérieure, et non une distribution d'écarts avec l'arbitre de terrain : celui-ci n'est pas un étalon, c'est la grandeur que le système est censé corriger. C'est ce budget qui sert ensuite à fixer le seuil de l'étape 2. Sur le budget, aucun prix d'installation SAOT n'est publiquement documenté : le seul accord commercial que j'aie identifié, Genius Sports au Brésil, ne divulgue pas ses conditions financières, et je n'ai pas davantage trouvé de point de comparaison postérieur à 2020. La triangulation que j'avais tentée à partir du coût de la goal-line technology, un chiffrage de 2013 appuyé sur des sources de faible autorité, ne permet pas d'en dériver une fourchette utilisable : je l'ai retirée au profit d'une règle qualitative, le SAOT coûte structurellement plus cher à installer que la goal-line technology, et de la seule conclusion que je puisse défendre, à savoir qu'un pilote pourrait ne demander aucun nouvel équipement de capture dans un stade déjà équipé d'un SAOT compatible, ses coûts d'intégration logicielle, de validation et d'exploitation restant inconnus.
  • Mon scénario de pilote (Tableau 2, section 6) ne teste que deux des trois étages de l'architecture DSA, le seuil de confiance et l'autorité d'exécution. La détection elle-même n'y a aucun scénario de test. Voir la section 6 pour le détail et pour le test de falsification que cela laisse ouvert sur la thèse de la section 3.
  • Je n'ai pas, sur le sport, de grille d'analyse propre comme j'en mobilise en finance, en économie ou en assurance. Je traite donc ce sujet en généraliste, avec la même exigence de séparation entre ce que j'ai vérifié et ce que je pronostique, mais sans outil disciplinaire supplémentaire.

Biais cognitifs que cette situation peut déclencher

  • Biais d'automatisation (Parasuraman et Riley, 1997) : un système instrumenté inspire une confiance disproportionnée à sa marge d'erreur réelle, au point de faire prendre un tracé projeté à l'écran pour une mesure millimétrique certaine, alors que sa marge d'erreur effective n'est pas publiée.
  • Excès de confiance dans la précision affichée : un chiffre exact projeté à l'écran, comme le tracé du hors-jeu, se lit comme un fait établi plutôt que comme une estimation assortie d'une marge d'erreur. Je nommais ici deux auteurs sans entrée bibliographique, contrairement aux deux autres biais de cette liste : je retire l'attribution plutôt que de la laisser flotter.
  • Biais de statu quo (Samuelson et Zeckhauser, 1988) : la légitimité perçue d'une décision automatisée peut rester attachée à la présence d'un recours humain visible, indépendamment des gains de précision réellement obtenus.

Lexique

Risque de base· basis risk
Écart entre ce que mesure le paramètre déclencheur et la perte réellement subie par l'assuré. Se matérialise dans deux directions : l'assuré subit une perte sans percevoir d'indemnité, ou perçoit une indemnité sans avoir subi de perte. C'est le principal risque actuariel propre au produit paramétrique.
DRS· Decision Review System
Système de recours vidéo et instrumenté du cricket, combinant Hawk-Eye (trajectoire), Hot Spot (détection thermique de contact) et le Snickometer/UltraEdge (détection acoustique de contact), tous externes au joueur.
Umpire's call
Règle du DRS au cricket selon laquelle, si moins de 50 % de la balle est projetée comme touchant la zone requise, la preuve est jugée insuffisante pour renverser la décision de l'arbitre sur le terrain, qui prévaut.
EPTS· Electronic Performance and Tracking Systems
Dispositifs électroniques de suivi de performance portés par les joueurs de football, encadrés depuis 2015 par la Loi 4 de l'IFAB. Le FIFA Quality Programme, étendu en 2019, teste aussi l'exactitude de ces systèmes, et la Loi 4 demande au responsable de la compétition de s'assurer que les données transmises sont fiables et exactes. Ces tests portent sur la position, la vitesse et la performance, pas sur une variable arbitrale comme un contact fautif.
ELC· Electronic Line Calling
Système Hawk-Eye d'arbitrage de ligne intégralement automatisé au tennis, sans juge de ligne humain, déployé sur l'ensemble du circuit ATP puis à Wimbledon en 2025.
LULD· Limit Up-Limit Down
Mécanisme américain de bande de prix qui suspend automatiquement la cotation d'un titre lorsque son cours s'écarte trop vite d'une moyenne mobile récente. La réouverture n'est pas décidée librement par une autorité humaine : elle passe par les procédures et les mécanismes d'enchères de la place de cotation principale, avec des extensions parfois automatiques.

Indice de solidité des preuves · le détail

41 / 100 · Preuves limitées · fourchette 31-55 %

Score établi le 30 août 2026. Une révision ultérieure est une réévaluation datée, pas une correction masquée.

Type de preuve · 40 %Faisceau de sources primaires convergentes50
Convergence · 30 %Convergence modérée60
Réplication · 20 %Pas de réplication connue10
Effectif observé · 10 %Très petite (< 100)10

Pourquoi ce score. Deux axes bougent le 2026-08-30, dans le même mouvement et pour la même raison : l'affirmation centrale de la pièce a changé. Elle ne porte plus sur la transposition d'un assemblage jamais monté, qui relevait de la transposition analogique, mais sur un fait documentaire : le football applique une marge de tolérance à ses décisions réelles sans en publier l'épaisseur, et deux autres documents montrent qu'un seuil existe à l'intérieur de ses systèmes sans jamais en sortir. Ce fait-là repose sur trois textes du football, ouverts en entier et relevés verbatim, la page de la Premier League sur son propre dispositif, le manuel de test du programme qualité de la FIFA et la Loi 4 de l'IFAB. Ils se recoupent sur le constat d'absence qui est le cœur de la thèse : aucun des trois ne publie d'incertitude attachée à une décision, aucun n'écrit de conséquence sur la décision de terrain. Le quatrième texte primaire du dossier, les conditions de jeu de l'ICC, est au contraire le contre-modèle : lui écrit la conséquence en toutes lettres, « the on-field decision shall stand », et c'est précisément de cet écart que vient l'affirmation centrale. Le barreau ne monte pas plus haut, et il ne le pourrait pas : deux des trois marges alléguées ne sont établies que par des documents de la FIFA et de la Premier League, qui sont parties prenantes de ce qu'elles décrivent, et le plafond de partie prenante s'applique. S'ajoute une convergence que je préfère déclarer parce qu'elle me coûte : le preprint que je cite propose de son côté la même règle de seuil, ce qui la corrobore et retire à cette analyse une partie de son originalité. Ce qui diverge encore, et qui interdit de monter à « forte » : l'analyse d'ESPNcricinfo dont je tire la marge de 2,2 mm conclut que le suivi de balle n'est pas digne de confiance, TheVarVerdict contredit le communiqué du CTA sur le cas illustratif, et la Premier League affirme des décisions correctes à 100 % sans publier ni méthode ni corpus. La littérature académique (VARS, X-VARS, SoccerRef-Agents) ne converge ni ne diverge : elle travaille l'automatisation du jugement, pas le statut d'une marge. La réplication reste nulle et la puissance très petite, parce que rien de tout cela n'a été éprouvé sur un terrain : le corpus est fait de textes de référence et de cas, pas d'une population d'observations.

Ce que le champ n'a pas produit
  • Le couloir d'acceptation de plus ou moins 25 centimètres serait ré-exécuté sur un dispositif installé en stade, à partir du protocole d'arpentage publié, par une équipe sans lien avec le programme qualité qui l'a écrit ni avec le fournisseur homologué, avec plusieurs répétitions et un intervalle rapportés.Un laboratoire de métrologie, ou une équipe universitaire sans lien avec la FIFA ni avec les fournisseurs homologués · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
  • L'épaisseur de la ligne appliquée aux décisions réelles depuis la saison 2021/22, et les données de suivi de l'action qui l'accompagnent, seraient versées comme artefacts consultables, de sorte qu'un tiers puisse rejouer une décision de hors-jeu au lieu de la reprendre du communiqué de l'organisation qui l'a rendue.La Premier League, pour le dispositif qu'elle exploite · existe, mais n’est pas consultable
  • Une ablation indépendante isolerait la part des décisions renversées attribuable à la marge de tolérance elle-même, en rejouant un même corpus de décisions avec et sans ligne épaissie.Une équipe universitaire sans lien avec l'exploitant du dispositif ni avec son fournisseur · personne ne l’a produit
  • Le budget d'incertitude par décision, dont la valeur avancée aujourd'hui est un résultat de modélisation, serait re-mesuré sur les données d'un dispositif en exploitation par un auteur sans affiliation commerciale à l'objet de sa recommandation.Une équipe universitaire sans intérêt commercial dans un système de hors-jeu semi-automatisé · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition

Ce dispositif porterait l'indice à 49 sur 100, dans le palier « Preuves limitées ». Les trois autres axes restent à leur valeur actuelle : un dispositif ne fait monter ni la convergence d'une littérature ni sa réplication.

Bibliographie
Kinexon, communiqué FIFA sur le suivi de balle et de joueurs. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.P
Hot Spot (cricket), technologie BBG Sports, description technique et historique. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.P
Snickometer / UltraEdge, Hawk-Eye Innovations, description technique. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.P
Comité Technique des Arbitres (CTA), Espagne, déclaration ratifiant la décision VAR Torres-Celta Vigo, telle que rapportée par Cadena COPE et la presse espagnole, 23 avril 2026. La déclaration primaire n'a pas été atteinte.P
Tribuna.com (22 avril 2026). Controversial VAR image shows Ferran Torres' goal vs Celta Vigo may have been wrongly ruled offside. Agrégateur. Entrée sans adresse ouvrable identifiée.S

I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.

Modification apportée · mis à jour le 30 août 2026
  • Huit des seize entrées de bibliographie sans adresse en ont retrouvé une, vérifiée en ouvrant chaque page : le communiqué d'adidas de 2022 sur le ballon connecté (celui de 2026 reste sans adresse retrouvée), deux articles sur la panne du système de ligne électronique à Wimbledon en juillet 2025, trois articles espagnols sur le but refusé à Ferran Torres contre le Celta de Vigo en avril 2026, l'analyse indépendante qui conteste la preuve publique de ce hors-jeu, et un comparatif entre le DRS du cricket et le VAR du football. Les huit autres, dont Kinexon, la description technique de Hot Spot et du Snickometer, et la déclaration du comité arbitral espagnol, n'ont pas d'adresse retrouvée avec une certitude suffisante et restent sans URL. La phrase qui présentait deux entrées de bibliographie comme également sans adresse sur le point du Mondial 2026 est corrigée : une seule des deux, Kinexon, l'est encore.
  • Où en sont les deux notes après tout ça. L'indice de solidité de la preuve reste à 41, et c'est la règle de l'échelle qui l'impose, pas ma prudence : l'axe du type de preuve plafonne au barreau médian dès que l'affirmation centrale repose sur des documents de parties prenantes, et la marge appliquée comme le couloir d'homologation sont établis par la Premier League et par la FIFA sur leurs propres dispositifs. L'échelle ajoute que le seul moyen de repasser au-dessus est d'aller chercher un dispositif tiers, pas d'ouvrir davantage de documents de fournisseurs. J'en ai ouvert douze de plus aujourd'hui : ça ne pouvait pas faire monter cet axe, et ça ne l'a pas fait. Seule la note qui justifie ce score a changé, parce qu'elle était fausse.
  • Ma note de qualité reste à 74. Deux lectures de contrôle isolées ont mesuré 75 puis 74 sur deux états antérieurs, et toutes deux ont recalé la pièce sur l'exactitude factuelle, qui n'est pas compensable. Les défauts qu'elles ont nommés sont corrigés, et je les ai chacun revérifiés au document. Mais aucune lecture n'a mesuré l'état actuel, et je ne remonte pas une note par auto-évaluation : 74 est la dernière valeur mesurée, elle reste affichée telle quelle, et la pièce reste sans validation.
Voir les 59 autres
  • Une seconde lecture de contrôle a confirmé que les deux corrections précédentes tenaient, et a trouvé trois défauts que j'avais laissés. Le pire était dans l'indice de solidité de la preuve, que j'avais oublié en reformulant la thèse : il comptait encore trois marges, et il affirmait qu'aucun des quatre textes primaires n'écrit de conséquence sur la décision de terrain, alors que le règlement de l'ICC l'écrit et que c'est justement de là que vient tout l'argument.
  • Je me trompais sur l'économie de recours du cricket. J'écrivais qu'un recours maintenant la décision de terrain n'était pas décompté ; le règlement dit l'inverse, tout maintien compte comme infructueux, sauf le seul recours en lbw maintenu uniquement sur la base d'un umpire's call. Deux recours infructueux par manche et par équipe.
  • Le manuel de test de la FIFA porte les deux affirmations les plus neuves de cette pièce et son adresse ne menait pas à lui. Elle mène désormais au document lui-même, dont le texte est conservé dans le dépôt comme celui des autres pièces portantes. Ses valeurs sont rendues complètes : deux tolérances, et un critère de réussite à 95 % des scénarios.
  • Retirés faute de source dans ce dossier : un second élargissement de la zone des piquets, la configuration du ballon du Mondial 2026, une erreur de tracé en Premier League en 2023, l'attribution nominative d'un biais cognitif, et l'explication de la position de Roland-Garros par la trace sur la terre battue, qui redevient ma lecture.
  • Deux entrées de bibliographie étaient muettes sans le dire, ce qui rendait faux mon propre engagement à signaler chaque entrée sans adresse. Corrigé.
  • La description de Hot Spot et du Snickometer s'appuie sur deux entrées sans adresse ouvrable. La brique Détection est donc la seule des trois dont je ne peux produire aucun document, et la section 3 le dit maintenant.
  • Une lecture de contrôle isolée a noté cette version 75 sur 100 et l'a recalée sur le critère d'exactitude factuelle, qui n'est pas compensable. Elle avait raison sur les trois points, et je les corrige ici.
  • Je retirais ce matin une citation attribuée nominativement à la direction de Roland-Garros, avec une date et des guillemets, en écrivant dans ce même journal qu'elle était retrouvée et signée. Aucune entrée de ma bibliographie ne la porte et je ne l'ai pas retrouvée. Sur un site dont le sujet est la traçabilité, une citation sans source se retire, elle ne se reformule pas.
  • La panne de Wimbledon a duré trois points, pas un jeu entier, et la source que je cite le dit en toutes lettres. Corrigé dans le texte et dans la frise. La localisation « sur une partie du court » n'était portée par aucune source : retirée.
  • Le compte de « trois marges » qui portait la thèse était un amalgame. Un seul de ces trois éléments porte sur des décisions réelles, la ligne épaissie de la Premier League. Le deuxième est un critère d'acceptation en laboratoire, ce que j'écrivais tout en le comptant quand même. Le troisième n'est pas une marge : c'est une phrase de conception de protocole, qui n'institue aucun droit mais tient pour acquis qu'un système certifié peut s'abstenir. Les mots « droit », « inscrit » et « reconnaît » sortent de toutes les surfaces, y compris du schéma, qui circule seul.
  • Le titre annonçait une leçon de la finance que la section 5 lui avait retirée. Il change.
  • Mes propres comptages de bibliographie étaient périmés : quarante-deux entrées, seize sans adresse, trois de plus dont l'adresse ne s'ouvre pas.
  • Deuxième passe du 30 août, consacrée aux sources que je citais sans les avoir ouvertes. Une douzaine récupérées et lues en entier, et deux défauts qui ne pardonnent pas : deux adresses de ma bibliographie étaient ouvrables et menaient à un tout autre article que celui annoncé, l'étude sur les capteurs portés vers un travail sur les vibrations en cyclisme, l'analyse sur la légitimité vers un texte sur le retrait de Lafarge de Syrie. Les deux sont corrigées.
  • Je retire trois précisions que j'avais publiées le matin même sur l'erreur de projection de 2014 : elles venaient d'un article d'ESPNcricinfo que je n'avais pas ouvert, qui ne s'ouvre pas depuis chez moi et dont il n'existe aucune copie archivée. Le chiffre de 2,2 mm vient du même éditeur et se trouve dans le même cas : il est désormais donné comme une valeur rapportée, pas relevée.
  • Je retire la date de 2019 que j'attribuais à l'extension du programme d'homologation EPTS. La page de la FIFA ne la porte pas, et aucune autre source de ce dossier ne l'établit. À la place, ce que la page dit vraiment, y compris cette phrase qui sert mon propos mieux que la mienne : l'agrément du matériel ne vaut pas approbation de la qualité de l'information produite.
  • L'étude sur les capteurs portés est décrite avec ses effectifs réels : 142 joules avec le boîtier contre 6 sans, mais sur neuf essais contre quatre, treize seulement des vingt-cinq lâchers ayant satisfait aux critères d'inclusion.
  • Les trois travaux académiques sont désormais lus en texte intégral et non par leur résumé. Le constat est net : « threshold » et « uncertainty » y ont zéro occurrence, dans les trois. Et dans le plus récent, celui qui tranche s'appelle le Chief Referee Agent, sans arbitre humain dans la chaîne.
  • Détail vérifié qui vaut d'être dit : les trente caméras du dispositif anglais sont des iPhones de modèle 14 ou plus récent, fixés sous les toits des vingt stades.
  • Vingt entrées de bibliographie sur quarante-deux portent maintenant un relevé écrit avec ses verbatims, contre neuf la veille.
  • Je reprends la thèse, et c'est la révision la plus lourde depuis la publication. J'écrivais que le football n'avait pas encore posé le problème du seuil de confiance. Ses propres documents disent le contraire, et je les citais déjà sans les avoir lus jusqu'au bout : la Premier League reconduit des lignes épaissies introduites en 2021/22, le manuel de test de la FIFA homologue une ligne de hors-jeu dans un couloir de plus ou moins 25 centimètres arpenté au théodolite, et ce même manuel écarte les cas serrés pour éviter qu'un système ne rende pas de décision faute de confiance suffisante. La thèse devient donc celle-ci : les marges existent, c'est leur statut qui manque.
  • Ce que le cricket apporte est requalifié en conséquence. Ce n'est pas l'idée d'une marge, c'est le couple que son règlement lui attache : une conséquence écrite sur la décision de terrain, et un domaine de validité chiffré au-delà duquel l'instrument n'a pas le droit de renverser l'arbitre.
  • Le preprint dont je tire les 34 centimètres propose déjà, depuis décembre 2025, la règle que je présentais comme mon apport : « trop serré pour trancher », bénéfice du doute à l'attaquant, recours des clubs sous 48 heures devant un panel indépendant. Je le dis là où ça se voit plutôt que de le laisser découvrir.
  • Mon objection à ce même chiffre était fausse. Le détail du calcul donne 16 centimètres de terme temporel, 28 de terme spatial, 10 de calibration : le terme dominant n'est pas la cadence d'images, et doubler celle-ci ramènerait le total à environ 31 centimètres. Les 50 images par seconde sont celles que l'auteur attribue au dispositif de la FIFA, et il exclut lui-même le ballon connecté du périmètre des championnats nationaux.
  • L'étape 1 du pilote appelait « calibration » une comparaison à la décision de l'arbitre. Ce n'en est pas une : l'arbitre n'est pas un étalon, c'est la grandeur que le système est censé corriger. L'étape produit désormais deux jeux distincts, un budget d'erreur mesuré contre une référence d'exactitude supérieure, sur le modèle du protocole de la FIFA, et une distribution des désaccords qui documente l'usage sans pouvoir fonder un seuil.
  • Le sous-titre disait « transposables au football dès aujourd'hui » quand les réserves disaient « jamais testé comme système intégré » et que l'indice de preuve annonçait une réplication nulle. Les trois surfaces sont remises d'accord.
  • Le sourçage du cas Torres était présenté comme mon niveau habituel. C'est le plus faible de la pièce : deux des trois titres sont proches du club lésé, et le communiqué du comité des arbitres ne m'est parvenu que par ses relais.
  • Quatre relevés de source s'ajoutent au dossier, dont trois documents que je citais sans les avoir ouverts. Le communiqué de l'organisateur de Wimbledon, lui, ne s'ouvre pas depuis chez moi : ce que je lui attribue vient d'une dépêche d'agence, et l'entrée bibliographique le dit maintenant.
  • Wimbledon a corrigé dans l'autre sens que ce que je recommandais : l'organisateur a retiré aux opérateurs la possibilité de désactiver le suivi de balle et a écarté le retour des juges de ligne. Je le verse au dossier parce que ça contrarie ma conclusion.
  • Précisions ajoutées, chacune tirée d'une source déjà citée : la zone des piquets a été élargie deux fois et s'accompagne d'un budget de recours limité ; l'erreur de projection de 2014 venait d'une saisie d'opérateur et n'aurait pas changé l'issue ; les sept matchs du précédent anglais sont un nombre de stades équipés, pas un dimensionnement d'essai ; les points de validation humaine sont aussi un endroit où une appréciation entre sans être journalisée ; la Premier League écrit elle-même que sa technologie ne change pas l'exactitude des décisions.
  • L'indice de solidité de la preuve passe de 19 à 41. L'axe du type de preuve monte parce que l'affirmation centrale a changé de nature : elle ne repose plus sur un assemblage jamais monté, mais sur quatre textes primaires indépendants qui se recoupent sur un constat d'absence. Il plafonne à ce niveau parce que deux des trois marges sont établies par des documents de parties prenantes.
  • Ma note de qualité reste à 74 et la pièce reste sans validation. La note de 74 avait été mesurée par une lecture de contrôle isolée ; aucune n'a été refaite sur cette version, et je ne remonte pas une note par auto-évaluation, ce serait exactement le défaut que ce site prétend traquer.
  • Un troisième schéma est ajouté : les marges que le football applique déjà, et ce qui manque à chacune pour valoir règle.
  • Une lecture de mes sources en entier a montré que six phrases publiées le 30 août étaient fausses ou non soutenues, et je les corrige le jour même. La principale est de moi : j'avais écrit que l'auteur de l'analyse des recours DRS ne publiait pas l'effectif permettant de trancher entre deux lectures d'un chiffre, alors qu'il le donne une phrase plus haut.
  • La FIFA publie bien une tolérance chiffrée, un couloir de plus ou moins 25 centimètres pour homologuer un système de hors-jeu. J'écrivais qu'aucune mesure publiée n'existait. C'est un critère d'homologation et non un seuil de décision en match, mais ma formulation était fausse.
  • L'étude sur les capteurs portés est un essai sur mannequin de choc, pas une mesure sur des joueurs. Le protocole est maintenant décrit.
  • À Wimbledon, l'arbitre de chaise pouvait trancher et l'avait fait sur les deux points précédents ; le protocole de repli existait et a été suivi. J'en tirais l'inverse. L'arbitre en question est un homme, et je l'écrivais au féminin.
  • La déclaration de Roland-Garros sur la fiabilité du système, que j'annonçais retrouvée et datée, ne l'était pas : aucune entrée de la bibliographie ne la porte. Elle est retirée le 2026-08-30.
  • L'auteur du preprint sur l'incertitude déclare une affiliation commerciale sur l'objet même de sa recommandation. Sa source passe en partie prenante.
  • Reste ouvert, et je le dis plutôt que de le taire : la même lecture montre qu'un seuil de confiance existe déjà à l'intérieur des systèmes certifiés, que la Premier League applique des lignes épaissies depuis 2021-2022, et que le preprint que je cite proposait déjà en décembre 2025 la règle de seuil que je présente comme mon apport. Ma thèse d'un problème que le football n'aurait pas posé ne tient pas telle quelle. Je la reprends, et cette pièce restera en dessous de sa barre de publication tant que ce ne sera pas fait.
  • Ma description de la règle de l'umpire's call était fausse. Le règlement de l'ICC ne pose aucun seuil de 50 % de la balle : le critère y est la position du centre de la balle par rapport à la limite de la zone, le pitching ne connaît pas d'umpire's call, et les seuls seuils chiffrés du dispositif portent sur la distance de projection (300 cm, ou 250 à 300 cm avec un rebond à moins de 40 cm). La brique importée du cricket est reformulée sur ces bases.
  • J'ajoute le second taux que porte la même source, 27 % de renversements parmi les seuls recours où l'umpire's call n'est pas intervenu, contre 22 % sur l'ensemble. Je l'avais d'abord présenté comme la mesure de l'effet du seuil : les deux taux ne portent pas sur la même population et l'écart peut venir du seul dénominateur, donc je ne l'affirme plus.
  • Mes sources portent désormais leur adresse et leur degré d'indépendance. Dix-sept entrées sur quarante et une restent sans adresse ouvrable, et elles sont signalées une par une.
  • « La FIFA impose » devient « la FIFA décrit », et le périmètre est ramené aux compétitions FIFA. L'obligation de fiabilité de la Loi 4 est rendue à son périmètre exact, les données transmises vers la surface technique.
  • J'ajoute la limite que je passais sous silence sur l'étage autorité : sur les situations de hors-jeu nettes, le système envoie aussi une alerte sonore automatique directement au terrain. La chaîne n'est donc pas uniformément mesure, validation, décision, et généraliser cet étage demande plus de travail que je ne le laissais entendre.
  • La finance sort de la liste des briques recombinées. La section 5 lui avait déjà retiré ce qu'on lui prête d'ordinaire, et ce qu'il en reste, le cricket le fournit mieux : la garder au rang de brique était une incohérence avec ma propre section.
  • Je ne présente plus l'architecture comme réutilisable pour tout sport : rien ici ne l'éprouve ailleurs qu'au football.
  • Les affirmations qu'aucune source de ce dossier ne portait sont retirées ou ramenées à la première personne : projet SAAD, bascules de l'Open d'Australie et de l'US Open, coupure électrique à Wimbledon, accord commercial nommé, Bundesliga et Ligue 1, obstacles réglementaires au capteur porté.
  • L'incident de tracé de 2023 en Premier League est explicitement daté d'avant l'arrivée du hors-jeu semi-automatisé : il documente une limite du dispositif remplacé, pas du dispositif décrit.
  • La brique assurance n'est adossée à aucune source de ce dossier. Elle redevient une analogie de raisonnement et sort de la liste des briques recombinées.
  • Ma note de qualité descend de 92 à 74, et la pièce perd donc son statut de validation. Ce n'est pas une dévaluation cosmétique : une lecture de contrôle a mesuré 74 après correction, et publier 92 reviendrait à afficher une note que rien ne soutient. Le sujet reste, à mes yeux, assez utile pour rester en ligne pendant que je le reprends.
  • Les trois figures sont refaites. Celle du seuil football portait encore « seuil proposé : 34 cm, incertitude documentée du SAOT », une lecture que le texte avait retirée en août : elle devient un schéma sans valeur de seuil, que le lecteur peut déplacer lui-même.
  • La littérature académique sur l'arbitrage automatisé qui me manquait est intégrée (VARS 2023, X-VARS 2024, SoccerRef-Agents 2026). L'apport de l'architecture DSA porte désormais sur la gouvernance d'une mesure incertaine, pas sur l'automatisation du jugement.
  • Ma description des coupe-circuits de marché américains était fausse : la reprise obéit à des règles prédéfinies et aux procédures de la place de cotation, pas à une autorité humaine libre de décider. Mon exemple d'autorité humaine est maintenant pris dans le hors-jeu semi-automatisé lui-même.
  • Les 34 cm d'incertitude sont un résultat de modélisation issu d'un preprint. Ils ne servent plus de seuil de décision.
  • Les taux de renversement DRS de 22 % et 40 % sont mesurés sur une population de recours pré-filtrée. Ce ne sont pas des taux d'erreur du système.
  • L'étape 1 du pilote devient une phase de calibration qui produit la distribution des écarts, à la place d'un seuil de divergence « à un chiffre » que rien ne fondait.
  • L'homologation EPTS est décrite à jour : extension du FIFA Quality Programme aux tests de performance en 2019, exigence de fiabilité de la Loi 4.
  • Ma conclusion budgétaire est affaiblie : aucun nouvel équipement de capture dans un stade déjà équipé, mais coûts d'intégration, de validation et d'exploitation inconnus.
  • La détection distante de contact du cricket redevient une preuve de concept, dont la transférabilité au football reste à établir.
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Axel Morel

Axel Morel · Fondateur & analyste, Probans

Développe une méthode d'analyse destinée à distinguer ce que les preuves établissent, ce qu'elles suggèrent et ce qu'elles ne permettent pas de conclure, puis à traduire cette distinction en décisions professionnelles.

Choix du sujet, direction de la rédaction, validation ou modification des sources, validation et retravail du texte et des illustrations : Axel Morel. Rédaction, choix des sources initiales et plan de rédaction initial : assistance IA.

Responsabilité éditoriale : Axel Morel. Recherche et rédaction assistées par IA selon la méthodologie Probans, sources vérifiées avant publication. Charte éditoriale.

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