Le quart de pertes assurées que publie l'EIOPA vaut-il pour chaque pays ?
Axel Morel · Fondateur & analyste, ProbansL'essentiel
Non. L'EIOPA écrit qu'environ un quart des pertes est assuré en Europe, dans le passé, sans nommer de base de données ni de méthode. Le document de discussion BCE-EIOPA de 2023 écrit qu'environ un quart des pertes est assuré dans l'UE, au présent, et que cette part est inférieure à 5 % dans plusieurs pays, sans les nommer. Calculée par cette pièce sur les colonnes « CatDat » du tableur publié avec le tableau de bord (cinq périls, millésime 2025, 1980-2024), où les pertes assurées de l'Espagne et de la Norvège viennent d'une autre source que CatDat et celles de la France ont été corrigées en 2025, la part assurée va de 1,7 % en Roumanie à 77,8 % en France, médiane 14,0 %. Aucun des trois PDF ne publie d'écart-type, de variance ni d'intervalle de la part assurée entre pays ; le document de 2023 montre la part assurée par pays en image, sur une carte et sur un graphique, pour 1980-2021.
- Un quart pour l'Europe, écrit au passé. Le tableau de bord écrit « around a quarter » pour « Europe », « in the past », depuis 1980. Aucune des deux phrases ne nomme de base de données ni de méthode.
- Une part sous 5 % dans plusieurs pays, sans les nommer. Le document de 2023 écrit le quart pour l'UE, au présent, et ajoute qu'en plusieurs pays la part est inférieure à 5 %. Il ne nomme ni ne compte ces pays.
- Un calcul par pays que les sources ne publient pas. Le tableur donne des parts par pays et par péril. Cumulées sur les cinq périls, sur les colonnes « CatDat », 1980-2024 (millésime 2025), elles vont de 1,7 % à 77,8 %, avec des pertes assurées d'une autre source pour l'Espagne et la Norvège et corrigées en 2025 pour la France ; ce calcul est celui de cette pièce, pas celui de l'EIOPA.
Non. L’EIOPA écrit qu’environ un quart des pertes est assuré en Europe, dans le passé, sans nommer de base de données ni de méthode. Le document de discussion BCE-EIOPA de 2023 écrit qu’environ un quart des pertes est assuré dans l’UE, au présent, et que cette part est inférieure à 5 % dans plusieurs pays, sans les nommer. Calculée par cette pièce sur les colonnes « CatDat » du tableur publié avec le tableau de bord (cinq périls, millésime 2025, 1980-2024), où les pertes assurées de l’Espagne et de la Norvège viennent d’une autre source que CatDat et celles de la France ont été corrigées en 2025, la part assurée va de 1,7 % en Roumanie à 77,8 % en France, médiane 14,0 %. Aucun des trois PDF ne publie d’écart-type, de variance ni d’intervalle de la part assurée entre pays ; le document de 2023 montre la part assurée par pays en image, sur une carte et sur un graphique, pour 1980-2021.
- Un quart pour l’Europe, écrit au passé. Le tableau de bord écrit « around a quarter » pour « Europe », « in the past », depuis 1980. Aucune des deux phrases ne nomme de base de données ni de méthode.
- Une part sous 5 % dans plusieurs pays, sans les nommer. Le document de 2023 écrit le quart pour l’UE, au présent, et ajoute qu’en plusieurs pays la part est inférieure à 5 %. Il ne nomme ni ne compte ces pays.
- Un calcul par pays que les sources ne publient pas. Le tableur donne des parts par pays et par péril. Cumulées sur les cinq périls, sur les colonnes « CatDat », 1980-2024 (millésime 2025), elles vont de 1,7 % à 77,8 %, avec des pertes assurées d’une autre source pour l’Espagne et la Norvège et corrigées en 2025 pour la France ; ce calcul est celui de cette pièce, pas celui de l’EIOPA.
Le quart, tel que chaque document l’écrit
Le tableau de bord de l’EIOPA du 10 novembre 2025 écrit deux fois qu’environ un quart des pertes est assuré. À la p. 3, ce sont « only around a quarter of the total losses caused by extreme weather and climate-related events across Europe », « in the past », avec la note « Since 1980 ». À la p. 9, « around a quarter of the losses were insured in the past (1980-2024) in Europe ».
Aucune de ces deux phrases ne donne de valeur plus précise, ne nomme de base de données ni ne décrit une méthode d’agrégation. Les deux périmètres ne se confondent pas : la p. 3 ne borne pas la fin de la période.
Le document de discussion BCE-EIOPA d’avril 2023 écrit le quart trois fois : « about a quarter of climate-related catastrophe losses are currently insured in the EU » (p. 2), « about a quarter of the losses caused by extreme weather and climate-related events in the EU are currently insured » (p. 5), « a quarter » « currently covered in Europe » (p. 38). Les p. 2 et 5 disent « EU » et « currently » ; le tableau de bord dit « Europe » et « in the past ». Une reprise garde le périmètre de la phrase qu’elle cite.
La phrase de la p. 5 renvoie à « (Chart 1, left panel) ». Ce volet porte le titre « Average share of insured economic losses caused by weather-related events in Europe (1980-2021, percentages) » et cite pour sources le tableau de bord de l’EIOPA et CATDAT (p. 6). Le texte dit « EU » et « currently » ; le graphique auquel il renvoie dit « Europe » et porte sur 1980-2021.
La fiche technique du tableau de bord définit le taux non assuré comme (pertes économiques − pertes assurées) / pertes économiques. Ses données couvrent les 30 pays de l’Espace économique européen, sur 45 ans (1980-2024), actualisées par l’indice des prix à la consommation, et cinq périls : inondation fluviale et pluviale, inondation côtière, tempête, feu de forêt et séisme. Le séisme y est retenu bien qu’il soit « not considered climate-related ». Elle ne dit pas laquelle de ses deux bases, CATDAT ou EM-DAT, fonde le quart.
La note de synthèse du tableau de bord n’écrit de part assurée que pour trois couples péril-pays
À la p. 9, trois couples péril-pays, séisme en Italie, inondation* en Italie et inondation* en Allemagne, correspondent à environ 43 % des pertes non assurées en Europe. Le document écrit que 98 %, 97 % et 74 % de leurs pertes historiques n’étaient pas assurées. Son tableau 1 les met à 18 %, 14 % et 11 % du total non assuré de l’EEE, d’après CATDAT. L’inondation* est l’inondation pluviale et fluviale, hors inondation côtière (note 4, p. 6).
Mon interprétation. Je refais ce tableau sur le tableur. En millions d’euros arrondis, le non assuré de la ligne « EEA » est de 588 754. Le séisme en Italie en porte 107 608 (18,28 %), l’inondation* en Italie 82 459 (14,01 %) et l’inondation* en Allemagne 62 311 (10,58 %), soit 42,87 % ensemble. C’est le tableau de l’EIOPA à l’arrondi près, en base CatDat. Le tableau de bord ne dit pas que le quart repose sur cette même base.
Le tableau de bord écrit aussi que les écarts de protection « vary significantly among Member States as well as among different perils » (p. 6). Cette phrase est dans la section du score actuel, fondé sur une modélisation, et non dans la vue historique où figure le quart. Au score total 2025 (tableau 2, p. 12), les pays vont de 4 (Estonie, Finlande, Islande, Liechtenstein, Suède) à 12 (Grèce, Italie). Le document attribue le score le plus élevé de la Grèce et de l’Italie à l’aléa et à une très faible pénétration de l’assurance, notamment pour le séisme. Un score n’est pas une part assurée.
Le document de 2023 écrit de son côté que les approches de gestion des risques de catastrophe « vary significantly across EU countries », en partie à cause de caractéristiques géographiques et climatiques différentes. Il en tire une corrélation « historically weak » des grands sinistres climatiques entre pays, qui touchent rarement plusieurs pays de l’UE en même temps. Aucune valeur n’accompagne « weak ». Une note de la p. 17 dit que la couverture effective et les pratiques de marché diffèrent entre pays. Ces phrases ne portent pas sur la part assurée.
Sur les colonnes « CatDat » du tableur, où des pertes assurées ont une autre source ou ont été corrigées, la part calculée va de 1,7 % à 77,8 % selon le pays
Le tableur, « Data used as input for the dashboard » (EIOPA-BoS-24-474), compte quatre millésimes (2022 à 2025) de 155 lignes chacun, soit 31 entités (30 pays et une ligne « EEA ») pour 5 périls. Il publie des pertes économiques et des pertes assurées, en base CatDat et en base EM-DAT, et une part assurée par pays et par péril. Il ne publie pas de part par pays tous périls confondus. Aucune colonne ne date la période de chaque millésime.
Mon interprétation. Je somme, pour chaque pays, les pertes assurées et les pertes économiques des cinq périls, en base CatDat, au millésime 2025 (période 1980-2024 selon la fiche technique), puis je divise. L’EIOPA ne publie pas ces parts.
| Part assurée | Pays (part en %) |
|---|---|
| Moins de 5 % (8 pays) | Roumanie 1,7 ; Bulgarie 1,8 ; Croatie 2,8 ; Italie 3,6 ; Slovénie 3,9 ; Malte 4,3 ; Grèce 4,3 ; Portugal 4,7 |
| 5 % à moins de 20 % (9 pays) | Lituanie 5,1 ; Slovaquie 5,4 ; Lettonie 6,8 ; Pologne 7,0 ; Suède 10,6 ; Hongrie 10,8 ; Chypre 11,3 ; Estonie 16,7 ; Autriche 17,0 |
| 20 % à moins de 35 % (5 pays) | Finlande 21,8 ; Espagne 22,8 ; Belgique 25,1 ; Irlande 26,9 ; Tchéquie 28,4 |
| 35 % à moins de 50 % (3 pays) | Allemagne 35,2 ; Norvège 40,9 ; Pays-Bas 45,7 |
| 50 % et plus (5 pays) | Luxembourg 53,3 ; Liechtenstein 59,8 ; Islande 62,3 ; Danemark 69,0 ; France 77,8 |
Tableau 1. Part assurée par pays, calcul de cette pièce sur le tableur : pertes assurées sur pertes économiques, base CatDat, cinq périls, millésime 2025. Source : feuille « Historical and estimated pg ».
Le minimum est la Roumanie, 1,7 % (172,4 M€ assurés sur 10 342,3), le maximum la France, 77,8 % (100 991,0 sur 129 750,0). La médiane des 30 parts est de 13,96 %. Vingt pays sur 30 sont sous la valeur de la ligne européenne, 26,58 %. Un seul est à moins d’un point de 25 % : la Belgique, 25,1 %.
Huit pays sont sous 5 %. Le document de 2023 écrit « in several countries » sans les nommer ni les compter : je ne les identifie pas à ces huit-là.
Ces parts portent leur convention. Le document de 2023 écrit lui-même que ses chiffres de part assurée fondés sur CatDat seul ne tiennent pas compte des PPP ni d’autres facteurs qui affectent la part assurée (graphique 2, p. 10). Pour l’Espagne et la Norvège, la fiche technique écrit que les pertes assurées viennent d’une autre source que CATDAT et EM-DAT (les données du CCS pour l’Espagne, celles du NPP pour la Norvège). Elle écrit aussi que « more than 13 national competent authorities have provided additional loss data », puis nomme treize pays, dont la France, l’Italie, l’Islande et la Finlande (p. 19). La France, qui fixe le maximum, a des pertes assurées historiques corrigées au millésime 2025 : au millésime 2024, sa part calculée de la même façon était de 30,9 % (voir plus bas). La fiche technique code -9 le score d’un pays quand aucune donnée n’était disponible (p. 19) ; au millésime 2025, 52 lignes pays-péril sur 155 du tableur portent un score historique de -9. Deux lignes portent une part CatDat supérieure à 100 : France / inondation côtière, 101 (21 M€ assurés pour 20,8 M€ économiques), et Suède / inondation*, 135 (326 M€ pour 241,0 M€). Je les rapporte sans les qualifier.
La fiche technique dit elle-même que la vue historique peut sous-estimer l’écart de protection quand aucun événement ne s’est produit, et que l’évaluation des pertes passées est incertaine : « significant differences between data providers », corrections pouvant avoir « a considerable impact on historical loss data » (p. 7). Elle ajoute que, pour les données très anciennes, il n’a pas toujours été possible de combler les lacunes ni de les valider (p. 3). Le tableau de bord écrit qu’il faudrait de meilleures données sur les pertes historiques, en particulier sur les pertes assurées (p. 11).
Avec la base EM-DAT, le classement change
Le tableur porte aussi la base EM-DAT. Avec elle, l’Islande passe de 62,3 % à 0,0 % et la Finlande de 21,8 % à 0,0 %, la Norvège de 40,9 % à 66,8 %, la France de 77,8 % à 40,2 %. Quatre pays n’ont pas de pertes économiques EM-DAT : Malte, le Portugal, Chypre et le Liechtenstein.
La ligne européenne : 26,6 % en CatDat, 19,4 % en EM-DAT, et pas la somme des pays
Sur le tableur, la ligne « EEA » donne 26,6 % en base CatDat (213 194,4 M€ assurés pour 801 948,5) et 19,4 % en base EM-DAT (97 864,9 pour 504 295,4). Les deux phrases du tableau de bord ne donnent pas de valeur plus précise que « around a quarter » et ne nomment pas de base : ce calcul ne dit pas laquelle de ces deux valeurs est le quart.
Cette ligne n’est pas la somme des pays pour les pertes assurées. Les pertes économiques concordent : la somme des 30 pays égale la ligne « EEA », péril par péril. Les pertes assurées, non : 221 842,4 M€ pour la somme des pays, 213 194,4 pour la ligne, soit 8 648,0 d’écart, dont 8 612,0 sur l’inondation* (82 769,3 contre 74 157,3) et 36,0 sur le séisme (4 821,4 contre 4 785,4). L’écart est nul sur les trois autres périls. La part est de 27,66 % sur la somme des pays et de 26,58 % sur la ligne. Le fichier ne dit pas comment la ligne « EEA » est produite.
Rapportés à la ligne « EEA », l’Italie pèse 27,9 % des pertes économiques, l’Allemagne 21,2 %, la France 16,2 % et l’Espagne 10,1 %, soit 75,3 % pour ces quatre pays. Pour les pertes assurées, la France pèse 47,4 %, l’Allemagne 28,0 %, l’Espagne 8,7 % et l’Italie 3,8 %.
Mon interprétation. Sur la somme des 30 pays, le rapport global est la moyenne des parts pondérée par les pertes économiques : 27,66 %, contre 22,89 % pour la moyenne simple et 13,96 % pour la médiane. Je n’écris pas que la ligne « EEA » est une moyenne pondérée : elle n’est pas la somme des pays, et sa formule n’est pas publiée.
Mon interprétation. Le tableau de bord rapporte le quart aux pertes « caused by extreme weather and climate-related events » (p. 3), et la fiche technique dit le séisme « not considered climate-related » (p. 5). Sans le séisme, la ligne « EEA » donne 31,0 % en base CatDat (208 409,0 M€ assurés pour 671 875,0), contre 26,6 % avec les cinq périls. Je n’écris pas que le quart est faux, ni qu’il inclut ou exclut le séisme.
D’un millésime à l’autre, la ligne européenne en CatDat passe de 19,6 % à 26,6 %
| Millésime | Ligne « EEA », CatDat | Ligne « EEA », EM-DAT |
|---|---|---|
| 2022 | 20,27 % | 19,21 % |
| 2023 | 19,84 % | 19,14 % |
| 2024 | 19,58 % | 18,65 % |
| 2025 | 26,58 % | 19,41 % |
Tableau 2. Part assurée de la ligne « EEA » selon le millésime du tableur, calcul de cette pièce. Source : feuille « Historical and estimated pg ».
De 2024 à 2025, les pertes assurées de la ligne « EEA » augmentent de 67 621,9 M€. Celles de la France passent de 38 215,5 à 100 991,0 M€ (part de 30,9 % à 77,8 %), celles de l’Espagne de 10 244,6 à 18 485,7 M€ (part de 16,8 % à 22,8 %).
Sur les cinq lignes France du millésime 2025, le tableur écrit : « Starting in 2025, the historical insured losses data since 1980 have been corrected for France, to be more exhaustive. » L’Espagne bouge aussi, sans commentaire équivalent. Le tableau de bord qualifie la mise à jour de 2025 de « light update » (p. 4) et écrit qu’un nombre très faible de pays ont vu leur score changer (p. 8), ce qui est un score et non la part assurée.
La fiche technique écrit que, pour certains pays qu’elle ne nomme pas, des corrections des pertes historiques d’années antérieures ont été intégrées, ce qui peut donner des pertes historiques différentes d’une version du tableau de bord à l’autre (p. 11), et, pour 2025, des pertes historiques plus basses que dans les versions précédentes (p. 22).
Je n’écris donc pas que la part assurée européenne a augmenté, puisque le fichier ne date pas la période de chaque millésime et que les pertes historiques peuvent différer d’une version à l’autre, ni que la correction française explique seule le saut.
Ni écart-type ni variance entre pays ; en 2023, des parts par pays en image
Les termes « dispers », « standard deviation », « variance » et « weighted » n’apparaissent dans aucun des trois PDF, par recherche sous-chaîne sans distinction de casse. Aucun ne décrit comment l’agrégat européen de part assurée est calculé. Le tableur n’a aucune colonne de dispersion et ne donne pas la formule de sa ligne « EEA ».
Le document de 2023 montre en revanche la part assurée par pays, en image. Le volet gauche de son graphique 1 (p. 6) est une carte de l’« Average share of insured economic losses caused by weather-related events in Europe », sur 1980-2021, en cinq tranches, de moins de 5 % à 50 % et plus, d’après le tableau de bord de l’EIOPA et CATDAT. Le volet gauche de son graphique 2 (p. 10) porte, pour 27 pays de l’UE, la part des pertes assurées dans le total des pertes, sur 1980-2021, en base CatDat seule. Aucune valeur par pays n’y est écrite en texte, et je n’en lis aucune sur ces images.
La seule médiane de part assurée du document de 2023 est celle de la p. 11 : des grands sinistres sont séparés selon une part assurée au-dessus ou au-dessous de « the median of 35% », dans un échantillon de 45 pays pour lesquels l’OCDE publie un PIB trimestriel, de 1996 à 2019, où pertes assurées et non assurées sont imputées « for most events where data on total damages are available », d’après EM-DAT et l’OCDE. Le document donne ces calculs comme « taken from Fache Rousová et al., 2021 ». Ce n’est pas une médiane européenne.
Des dispositifs nationaux décrits, aucun effet chiffré sur la part assurée
Le tableau de bord décrit un dispositif, le CCS espagnol, entité publique qui assume des risques des assureurs et indemnise les dommages des événements catastrophiques extraordinaires, et en signale de semblables en Norvège, en Belgique, en France et en Islande, « among others ». Il présente le dispositif italien entré en vigueur en 2025 comme « expected to narrow the protection gap for commercial buildings ». Il écrit que de grands contrats commerciaux, à limites basses et franchises élevées, « might impact the results of some countries but are more related to the business model of the commercial property insurer rather than to the actual protection gap ».
Le document de 2023 propose une classification « indicative », issue d’une analyse en clusters sur 157 dispositifs nationaux, pour les inondations côtières et fluviales, les feux de forêt et les tempêtes, sans le séisme. Il classe en marché privé volontaire l’Autriche, l’Italie et la Finlande ; en privé semi-volontaire « Most EU countries » ; en privé obligatoire le Liechtenstein ; en PPP semi-volontaire l’Espagne et le Danemark ; en PPP obligatoire la France.
Dans le tableur, ce sont des commentaires : pour la France, « This explains the limited protection gap in France » ; pour l’Italie, un rôle clé de l’État par les secours et les indemnisations ad hoc ; pour l’Espagne, « The protection gap in Spain is not relevant. », sur les cinq lignes du pays, sans chiffre. Ils ne sont pas dans le tableau de bord.
Aucun de ces passages ne chiffre l’effet d’un dispositif sur la part assurée. Le classement de 2023 porte sur quatre périls, sans le séisme, quand mon calcul cumule cinq périls : je ne rapproche pas ces classes des parts du tableau 1.
L’échelle BCE-EIOPA répartit les pertes par couches et ne tranche pas sur les politiques à mener
Le document de 2023 désigne par « ladder approach » la part des pertes supportée par différents acteurs selon les couches de pertes. Il en compte quatre : l’assurance privée, la réassurance et les obligations catastrophe, les mesures publiques nationales dont les PPP, les mesures au niveau de l’UE. Le privé est la « first line of defence ». La couche européenne pourrait compléter les dispositifs nationaux pour les sinistres rares et de grande ampleur, et gérer les risques résiduels au-delà des capacités nationales prévues.
Il écrit qu’il pourrait y avoir « diversification and risk pooling benefits » à exploiter à l’échelle de l’UE (p. 28). Il note qu’une mise en commun pourrait impliquer des transferts permanents entre régions ou pays (p. 30). Il déclare ne pas tirer de conclusion ferme sur les politiques à mettre en œuvre (p. 4).
Le Fonds de solidarité de l’UE a couvert en moyenne, de 2002 à 2021, 15 % des coûts des opérations d’urgence éligibles et 3 % des dommages directs. Son budget annuel est d’environ 500 millions d’euros (p. 28). Cette pièce ne relie pas l’échelle à la dispersion des parts par pays.
Ce qu’un lecteur qui doit citer ce quart peut en faire
Citer le quart avec le périmètre de la phrase : « Europe », « in the past » et depuis 1980 pour le tableau de bord ; « EU » et « currently » pour le document de 2023, en signalant que sa phrase de la p. 5 renvoie à un graphique sur 1980-2021. Ne pas le présenter comme une valeur actuelle.
Ne pas écrire 25 % ni 26,6 % comme valeur de l’EIOPA : ses deux phrases ne sont pas plus précises que « around a quarter ».
Ne pas appliquer le quart à un pays. Le tableur publie des parts par péril. Toute part par pays cumulée est un calcul, à donner avec sa base, ses périls et son millésime. Le document de 2023 réserve les chiffres de son graphique 2 (p. 10), fondés sur CatDat seul. Pour l’Espagne et la Norvège, la fiche technique écrit que les pertes assurées viennent des données du CCS et du NPP, et des autorités nationales, dont elle nomme treize, ont fourni des données complémentaires (p. 19). Je ne sais pas si la réserve de 2023 vaut pour ce calcul.
Mes réserves
- Des calculs, non des publications. Les parts par pays, la médiane, la moyenne, le 31,0 % hors séisme et les parts par millésime sont des calculs de cette pièce sur le tableur. L’EIOPA ne les publie pas.
- Une seule famille de colonnes, cinq périls. Le calcul porte sur les colonnes « CatDat » du tableur, séisme compris, sur 1980-2024, au millésime 2025. Le document de 2023 réserve les chiffres de son graphique 2 (p. 10), fondés sur CatDat seul ; je ne sais pas si cette réserve vaut pour ce calcul.
- Des données de sources différentes, puis corrigées. Les pertes assurées de l’Espagne et de la Norvège viennent d’une autre source. Des autorités nationales, dont la fiche technique nomme treize, ont fourni des données complémentaires. Celles de la France ont été corrigées en 2025. Au millésime 2025, 52 lignes pays-péril sur 155 portent le score -9, que la fiche technique donne quand aucune donnée n’était disponible. Elle déclare des incertitudes sur les pertes passées.
- Un quart sans méthode nommée. Aucune phrase du quart ne nomme de méthode ; seule celle de la p. 5 du document de 2023 renvoie à un graphique sourcé sur le tableau de bord et CATDAT (1980-2021). Je ne dis pas laquelle de 26,6 %, 19,4 % ou 31,0 % représente le quart du tableau de bord.
- Des périmètres qui diffèrent. « Europe », « EU » et un espace de 30 pays ne se recouvrent pas, et « in the past » n’est pas « currently », même si la phrase de 2023 qui dit « currently » renvoie à un graphique sur 1980-2021.
- Des pays sous 5 % non identifiés. Le document de 2023 ne nomme ni ne compte les pays où la part est sous 5 % : je ne les identifie pas à ceux de mon calcul.
- Aucun effet de dispositif mesuré. Les sources décrivent des dispositifs et n’en chiffrent aucun effet sur la part assurée.
I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.

Développe une méthode d'analyse destinée à distinguer ce que les preuves établissent, ce qu'elles suggèrent et ce qu'elles ne permettent pas de conclure, puis à traduire cette distinction en décisions professionnelles.
Choix du sujet, direction de la rédaction, validation ou modification des sources, validation et retravail du texte et des illustrations : Axel Morel. Rédaction, choix des sources initiales et plan de rédaction initial : assistance IA.
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