Intelligence artificielle · 10 juillet 2026 · mis à jour le 8 octobre 2026
Après les LLM : le TRM, Mamba et JEPA font-ils déjà mieux que les grands modèles de langage ?
Un petit modèle qui devance plusieurs grands modèles sur des puzzles, une architecture dont le coût croît en ligne droite avec la longueur du texte, un milliard de dollars levé par une entreprise qui ne prévoit pas de revenus pour l'instant : la suite des grands modèles de langage a trois visages. Les documents d'origine y montrent trois démonstrations étroites, dont les auteurs listent eux-mêmes ce qu'il leur reste à prouver. Et l'énergie, que l'autrice du petit modèle invoque en sa faveur, n'est mesurée dans aucun des treize documents réunis ici.
Axel Morel · Fondateur & analyste, ProbansL'essentiel en 3 points
- Le TRM devance plusieurs grands modèles sur des puzzles, et son succès se discute. Avec 7 millions de paramètres, il obtient, en deux essais et sur le jeu d'évaluation public, 44,6 % sur ARC-AGI-1 et 7,8 % sur ARC-AGI-2, devant quatre des six grands modèles du tableau du papier, dont deux, Deepseek R1 et o3-mini-high, ont des scores repris d'un autre papier (Wang et al., 2025) [1]. L'analyse d'un exemplaire publié, sur ARC-AGI-1, montre une précision nulle sans l'identifiant du puzzle, et 10,75 points dus au vote sur mille variantes [3].
- Mamba et son hybride Jamba gagnent en débit et en cache, à des conditions précises. Par notre calcul sur le tableau de [4], le « cinq fois » de Mamba correspond au rapport des débits maximaux ; à nombre égal de séquences, entre Mamba 1,4 milliard et un Transformer de 1,3 milliard, l'avantage va de 1,77 à 3,97 fois. Jamba, publié avec ses poids, est un modèle de base que ses auteurs déconseillent en production sans adaptation [5].
- AMI Labs est financée sans plan de revenu pour l'instant, et l'énergie n'est mesurée pour aucune des trois pistes. V-JEPA 2-AC, présenté par une équipe de Meta, de Mila et de Polytechnique Montréal, manipule des objets avec des bras robotisés dans deux laboratoires, sur 10 essais par cas [7] ; AMI Labs, cofondée par Yann LeCun après son départ de Meta, a levé 1,03 milliard de dollars pour travailler sur des modèles du monde [8]. Aucun des treize documents réunis ne mesure l'énergie du TRM, de Mamba ou de JEPA.
Trois noms reviennent quand on cherche ce qui viendra après les LLM, les grands modèles de langage : le TRM, Mamba et JEPA. Un LLM écrit sa réponse un jeton à la fois, le jeton étant l’unité dans laquelle on découpe le texte [1][13]. Le TRM, lui, est un petit modèle qui améliore sa réponse par étapes [13]. Mamba est une architecture dont le coût de calcul croît en ligne droite avec la longueur du texte [4]. JEPA apprend à prédire l’essentiel d’une scène en ignorant ses détails imprévisibles [7].
Nous avons voulu vérifier ce que disent, pour chacune, les documents d’origine : les articles de recherche, la vérification d’un organisme indépendant, la presse sur les levées de fonds. Car la réponse oriente une décision concrète : acheter, investir ou attendre.
La réponse courte
Les trois pistes ont livré des démonstrations sur un terrain étroit, et leurs auteurs disent eux-mêmes ce qu’il leur reste à démontrer [1][4][7]. Le TRM résout des puzzles [1]. Mamba génère du texte plus vite qu’un Transformer de taille voisine dans la configuration de mesure de ses auteurs [4], mais il est moins efficace que des Transformers optimisés en reclassement de documents [6]. JEPA fait manipuler des objets à des robots [7]. Quant à l’énergie, que l’autrice du TRM met en avant, aucun des treize documents réunis ne la mesure pour ces trois pistes [13].
Trois façons de répondre
Le TRM (Tiny Recursive Model, « petit modèle récursif ») fonctionne comme un correcteur obstiné. Il part d’une réponse et tente de l’améliorer jusqu’à seize fois, en mettant à jour un état interne qui garde la trace de son cheminement ; le tout tient dans un seul réseau de deux couches [1]. Son prédécesseur, le HRM (Hierarchical Reasoning Model, « modèle de raisonnement hiérarchique »), utilisait deux réseaux de quatre couches [1].
Mamba suit une autre voie. C’est un modèle à espace d’états, une famille qui combine deux types plus anciens de réseaux, récurrents et convolutifs, et se calcule à coût linéaire, ou presque, en fonction de la longueur de la séquence [4]. Le Transformer, l’architecture sur laquelle reposaient presque tous les grands modèles en 2024, selon les auteurs de Mamba, repose sur l’attention, qui fait circuler l’information partout dans une fenêtre de contexte, au prix d’un coût qui grandit comme le carré de la longueur de cette fenêtre [4].
JEPA (joint-embedding predictive architecture, « architecture prédictive à plongement joint ») prédit dans un espace de représentation appris plutôt que dans l’image elle-même : elle s’attache à ce qui est prévisible, comme la trajectoire d’un objet en mouvement, et laisse de côté les détails imprévisibles que cherchent à reproduire les modèles génératifs [7]. Yann LeCun l’a proposée en 2022 [8]. Sa version vidéo, V-JEPA 2, est elle-même bâtie sur des transformeurs de vision [7].
Le TRM face aux géants
Le résultat central du papier tient dans un tableau de scores. Il porte sur ARC-AGI, deux jeux de puzzles géométriques dont chaque puzzle est conçu pour être facile pour un humain et difficile pour les IA actuelles [1]. Avec 7 millions de paramètres (sa taille), le TRM y réussit, en deux essais, 44,6 % des puzzles du premier jeu et 7,8 % du second [1].
| Modèle | Taille (paramètres) | ARC-AGI-1 | ARC-AGI-2 |
|---|---|---|---|
| TRM-Att, version principale | 7 millions | 44,6 % | 7,8 % |
| TRM-MLP, variante | 19 millions | 29,6 % | 2,4 % |
| HRM, son prédécesseur | 27 millions | 40,3 % | 5,0 % |
| Deepseek R1 | 671 milliards | 15,8 % | 1,3 % |
| Claude 3.7 16K | non indiquée | 28,6 % | 0,7 % |
| o3-mini-high | non indiquée | 34,5 % | 3,0 % |
| Gemini 2.5 Pro 32K | non indiquée | 37,0 % | 4,9 % |
| Grok-4-thinking | 1 700 milliards | 66,7 % | 16,0 % |
| Bespoke (Grok-4) | 1 700 milliards | 79,6 % | 29,4 % |
Tableau 1. Réussite sur ARC-AGI, deux essais par puzzle. Les chiffres de Deepseek R1, d’o3-mini-high et du HRM sont repris d’un autre papier (Wang et al., 2025), pas mesurés par l’autrice. Source : [1].
Sur les sudokus extrêmement difficiles (Sudoku-Extreme) et les labyrinthes de 30 cases sur 30 (Maze-Hard), l’écart est plus net encore [1]. Les LLM testés, Deepseek R1, Claude 3.7 8K et o3-mini-high, obtiennent 0 % (chiffres que le papier reprend de Wang et al., 2025) ; le HRM, 55,0 % et 74,5 % ; le TRM à 7 millions de paramètres, 74,7 % et 85,3 % [1]. Le 87,4 % que le papier annonce en introduction pour les sudokus vient de la variante sans attention, à 5 millions de paramètres sur les sudokus ; dans sa configuration à 19 millions, elle tombe à 0 % sur les labyrinthes [1]. Et pour les sudokus, le modèle n’a appris que sur 1 000 grilles, avant d’être testé sur 423 000 [1].
Le périmètre reste étroit, et le papier le reconnaît. Le TRM apprend sous supervision, ne donne qu’une réponse unique et déterministe, et n’est pas un modèle génératif [1]. Le papier n’explique pas pourquoi la récursion fait mieux qu’un réseau plus profond : l’autrice soupçonne un lien avec le surapprentissage, c’est-à-dire le fait de coller trop aux données d’entraînement, sans théorie à l’appui [1]. Les lois d’échelle manquent, et davantage de récursions n’a pas été testé, faute de ressources [1].
Un score, deux regards extérieurs
Deux examens extérieurs nuancent ce tableau. Le premier porte sur le prédécesseur du TRM, le second sur le TRM lui-même.
Le HRM a été publié par Sapient, un laboratoire d’IA de Singapour ; il utilise deux petits réseaux qui bouclent à des fréquences différentes [1][2]. L’ARC Prize Foundation, dont les jeux réservés servent à vérifier les scores annoncés, l’a testé : 32 % sur ARC-AGI-1, contre 41 % annoncés sur le jeu public, et 2 % sur ARC-AGI-2 [2]. Elle juge le 32 % impressionnant pour un si petit modèle, sans en faire l’état de l’art, et ne voit pas dans les 2 % un progrès significatif [2]. Elle situe les 9 points perdus depuis ces 41 % dans le haut de la variation normale, et note que l’effondrement attendu quand un modèle colle trop au jeu public n’a pas été observé [2]. Le tableau du papier du TRM, lui, donne au HRM 40,3 % sur ce même jeu public, un chiffre qu’il reprend d’un autre papier (Wang et al., 2025) [1].
En retirant ou en modifiant des pièces du modèle, la fondation observe que l’architecture « hiérarchique » pèse peu : un Transformer de même taille arrive à environ 5 points du HRM, sans réglage particulier [2]. La boucle externe de raffinement a pesé lourd : 13 points gagnés entre aucun raffinement et un seul [2]. Entraîné sur les seules tâches d’évaluation, le HRM atteint 31 %, contre les 41 % annoncés : l’essentiel de sa performance viendrait de l’entraînement sur les tâches vues à l’évaluation [2]. Ces mesures concernent le HRM, pas le TRM [2].
Le papier du TRM porte lui aussi un regard critique sur son prédécesseur : il le juge compliqué et trop appuyé sur des arguments biologiques incertains [1].
Le second regard porte sur le TRM. Des chercheurs de Western University et de la société Varonova Tech ont étudié le point de contrôle publié pour la vérification de l’ARC Prize, c’est-à-dire un exemplaire du modèle déjà entraîné, sur les 400 tâches du jeu public d’ARC-AGI-1 [3]. Leurs conclusions ne valent que pour cet exemplaire, entraîné à quatre cycles de récursion au lieu de six pour le meilleur modèle du papier, et pour ARC-AGI-1 seulement, ni Sudoku-Extreme, ni Maze-Hard, ni ARC-AGI-2 [3].
Sur cet exemplaire, la réussite atteint 40,00 % quand le modèle répond à mille variantes de chaque grille (couleurs permutées, translations et autres transformations) et retient la réponse la plus fréquente, contre 29,25 % avec une seule variante : 10,75 points viennent du vote [3]. La précision tombe à zéro quand on efface l’identifiant du puzzle ou qu’on le tire au hasard [3]. Le modèle atteint 38,25 % dès la première étape de récursion ; prolonger la récursion au-delà de la profondeur d’entraînement ne change rien [3].
La conclusion des auteurs : le succès du TRM sur ARC-AGI-1 s’explique au mieux par l’interaction d’une architecture très efficace, d’un fort conditionnement par tâche et d’un calcul massif au moment de répondre (retenir par exemple la réponse la plus fréquente parmi plusieurs), plutôt que par un raisonnement interne arbitrairement profond [1][3].
Petit, rapide, sobre ?
Dans un entretien au Grand Continent, l’autrice du TRM avance un modèle 10 000 fois plus petit qu’un LLM classique et 1000 fois plus rapide, en reconnaissant que ces chiffres sont difficiles à estimer [13]. Elle le dit « indirectement plus éco-responsable », parce qu’il s’entraîne avec beaucoup moins de ressources [13]. Ailleurs dans l’entretien, elle chiffre cet entraînement à moins de 500 dollars et le dit assez petit pour tourner sur un téléphone [13].
Le papier, lui, donne le matériel : une carte graphique (GPU) de type L40S pendant moins de 36 heures pour les sudokus, quatre pendant moins de 24 heures pour les labyrinthes, quatre H100 pendant environ trois jours pour ARC-AGI [1]. Il ne chiffre ni énergie, ni émissions, ni latence [1].
La seule mesure du dossier vient d’une autre équipe. Sur une carte H100, le TRM utilise 2,4 Go de mémoire vidéo et traite 31,3 échantillons par seconde, soit 31,9 millisecondes chacun [3]. Un Llama 3 8B affiné de façon simple en utilise 6,1 Go, traite 0,24 échantillon par seconde, soit 4 170 millisecondes chacun, et réussit environ 2,15 % d’ARC-AGI-1 [3]. Les auteurs précisent que ce Llama ne représente pas l’état de l’art des systèmes ARC fondés sur des LLM, et que ces chiffres dépendent du matériel et se lisent en relatif [3].
Le « cinq fois » de Mamba
Mamba est né de l’article de deux chercheurs, Albert Gu (Carnegie Mellon University) et Tri Dao (Princeton University) [4]. Ses auteurs annoncent un débit d’inférence cinq fois supérieur à celui des Transformers au résumé, quatre à cinq fois dans le corps de l’article, parce que Mamba se passe du cache clé-valeur et peut traiter des lots plus grands [4]. Ce cache est la mémoire où un Transformer garde ce qu’il a déjà lu, et sa taille devient le facteur limitant sur les longs contextes [5].
Mamba-3B fait mieux que des Transformers de même taille et égale des Transformers deux fois plus gros ; code et poids sont publiés [4]. Les auteurs concluent que Mamba est un candidat sérieux pour servir de base générale aux modèles de séquence [4].
Ces mesures comparent Mamba à l’implémentation standard de la bibliothèque Huggingface, sur une carte A100 de 80 Go, avec un texte de départ de 2 048 jetons et 128 jetons générés, en moyenne de trois répétitions [4].
| Séquences traitées ensemble | Mamba (1,4 milliard) | Transformer (1,3 milliard) |
|---|---|---|
| 1 | 140 | 79 |
| 2 | 247 | 132 |
| 4 | 441 | 199 |
| 8 | 744 | 265 |
| 16 | 1 089 | 323 |
| 32 | 1 445 | 364 |
| 64 | 1 688 | mémoire saturée |
| 128 | 1 814 | mémoire saturée |
Tableau 2. Débit d’inférence, en jetons par seconde, selon le nombre de séquences traitées ensemble. Source : [4].
Côté mémoire d’entraînement, Mamba ne fait pas mieux : sur des modèles de 125 millions de paramètres, il demande 4,8 Go contre 4,6 pour un Transformer optimisé avec une séquence à la fois, et 38,2 Go contre 34,5 avec 32 séquences, ce que les auteurs jugent comparable [4]. Par notre calcul, l’écart va de 4,3 % à 11,6 % selon la taille de lot [4].
Jusqu’où va l’avantage ?
Il y a d’abord la taille. Les lois d’échelle de l’article portent sur des modèles de 125 millions à 1,3 milliard de paramètres, et le plus grand modèle de langue évalué en compte 2,8 milliards, comparé à des modèles ouverts allant jusqu’à 7,4 milliards [4]. Leur évaluation reste, reconnaissent-ils, sous le seuil de la plupart des grands modèles ouverts, et il faut encore vérifier que Mamba garde l’avantage à plus grande taille [4]. L’extrapolation à un million de jetons, elle, est obtenue sur une tâche synthétique, avec un modèle à deux couches [4].
Il y a ensuite le terrain. Une équipe de l’université d’Utah a testé Mamba sur le reclassement de documents, la seconde étape d’un système de recherche, après la récupération [6]. Mamba y offre une qualité comparable à celle de Transformers de taille voisine, mais il est moins efficace, à l’entraînement comme à l’inférence, que des Transformers optimisés (FlashAttention) ; Mamba-2 fait mieux que Mamba-1 [6]. À l’inférence, les auteurs l’expliquent ainsi : le reclassement ne demande qu’un passage avant, alors que l’avantage de Mamba se réalise en génération autorégressive, c’est-à-dire jeton après jeton [6]. Faute de matériel et de budget, ils n’ont pas pu comparer à pré-entraînement identique [6].
Jamba, l’hybride prudent
Le plus proche d’un produit est un hybride. Jamba, du laboratoire AI21, entrelace des couches Transformer et des couches Mamba, à raison d’une couche d’attention pour sept couches Mamba, et y ajoute des couches de mélange d’experts [5]. Ce mélange d’experts augmente le nombre total de paramètres sans augmenter le calcul, car seule une partie d’entre eux, dits actifs, travaille à chaque étape ; Jamba en active 12 milliards sur 52 milliards disponibles [5]. Le modèle tient sur un seul GPU de 80 Go, accepte jusqu’à 256 000 jetons de contexte, et ses poids sont publiés sous licence Apache 2.0 [5].
Côté mémoire et débit, les chiffres sont nets. À 256 000 jetons de contexte, le cache clé-valeur de Jamba occupe 4 Go, contre 32 Go pour Mistral et Mixtral et 128 Go pour Llama-2 ; son débit atteint trois fois celui de Mixtral à 128 000 jetons, alors qu’à contexte court tous les modèles se valent [5]. Les auteurs invitent à lire ces débits en relatif, sans optimisations possibles [5].
Le Mamba pur, lui, reste à la traîne. À 1,3 milliard de paramètres, il fait nettement moins bien que l’attention pure sur trois tests : 48,8 contre 84,1 sur IMDB, 20,2 contre 27,9 sur QuAC, 27,7 contre 45,8 sur NarrativeQA [5]. L’hybride, lui, fait comme l’attention, avec une seule couche d’attention sur huit [5].
Reste la question de la production. Ses auteurs le présentent comme le premier hybride attention-SSM (modèle à espace d’états) « de qualité production » [5]. Mais le modèle publié est un modèle de base, sans alignement, sans réglage sur consignes et sans modération, et leur notice demande de ne pas l’utiliser en production ni auprès d’utilisateurs finaux sans adaptation [5]. Ni l’article de Mamba ni celui de Jamba ne rapportent de déploiement chez un client [4][5].
V-JEPA 2 : un robot en laboratoire
V-JEPA 2 est un encodeur vidéo, jusqu’à 1 milliard de paramètres, préentraîné sans action sur plus d’un million d’heures de vidéo prises sur internet [7]. Il obtient 77,3 de précision au premier choix (top-1) sur la compréhension du mouvement (Something-Something v2) et 39,7 de rappel à cinq (recall-at-5) sur l’anticipation d’actions (Epic-Kitchens-100) [7]. Aligné avec un grand modèle de langage, il atteint l’état de l’art de plusieurs tâches de question-réponse sur vidéo à l’échelle de 8 milliards de paramètres [7].
La partie la plus parlante est robotique. Après un entraînement complémentaire sur moins de 62 heures de vidéos de robot non étiquetées, la version V-JEPA 2-AC est déployée sur des bras robotisés Franka dans deux laboratoires, pour saisir et déplacer des objets à partir d’images-buts, sans données collectées sur ces robots ni récompense propre à la tâche [7]. Le modèle de comparaison, Octo, est un modèle vidéo-langage-action [7].
| Tâche | V-JEPA 2-AC | Octo |
|---|---|---|
| Atteindre une cible | 100 % | 100 % |
| Saisir une tasse | 65 % | 15 % |
| Saisir une boîte | 25 % | 0 % |
| Atteindre une cible en tenant une tasse | 75 % | 15 % |
| Atteindre une cible en tenant une boîte | 75 % | 70 % |
| Prendre et poser une tasse | 80 % | 15 % |
| Prendre et poser une boîte | 65 % | 10 % |
Tableau 3. Taux de réussite sur 10 essais par cas et par laboratoire, en moyenne des deux laboratoires. Source : [7].
Les auteurs déclarent eux-mêmes les limites : le modèle est sensible à la position de la caméra, qu’ils ont réglée à la main après essais ; les erreurs s’accumulent et l’espace de recherche explose sur les longs horizons ; il faut des images-buts ; les prédictions ne dépassent pas environ 16 secondes ; les modèles restent à une taille qu’ils jugent modeste, 1 milliard de paramètres [7].
Sur une carte RTX 4090, V-JEPA 2-AC planifie en 16 secondes par action, contre 4 minutes pour Cosmos, un modèle de génération vidéo conditionné par l’action, avec dix fois plus d’échantillons à chaque étape d’affinage [7]. Entraîner directement le plus gros modèle à pleine résolution aurait demandé environ 60 années-GPU ; l’entraînement progressif réduit le temps GPU d’un facteur 8,4 [7].
AMI Labs : un milliard avant le produit
AMI Labs, la société cofondée par Yann LeCun après son départ de Meta, a levé 1,03 milliard de dollars, quelque 890 millions d’euros, sur une valorisation de 3,5 milliards avant l’opération, pour travailler sur des « modèles du monde », une IA qui apprend de la réalité et pas seulement du langage [8]. Parmi ses soutiens figurent Nvidia, Samsung, Sea, Temasek et Toyota Ventures [8].
L’article qui rapporte la levée prévient qu’il faudra du temps pour offrir une alternative viable fondée sur JEPA, que passer de la théorie aux applications commerciales pourrait prendre des années, et que l’entreprise n’a pas de plan de revenu pour l’instant [8]. Nabla, une startup de santé numérique que préside le directeur général d’AMI Labs, Alexandre LeBrun, est le premier partenaire déclaré et s’attend à accéder aux premiers modèles [8]. LeBrun lui-même lance, en souriant, que dans six mois toutes les entreprises se diront « world model » pour lever des fonds [8].
Le même terrain attire d’autres capitaux. World Labs, la startup de Fei-Fei Li, a levé 1 milliard de dollars, dont 200 millions d’Autodesk, et sa valorisation n’a pas été divulguée ; elle a lancé Marble, que l’entreprise décrit comme un modèle capable de créer des mondes en 3D [9]. Bloomberg décrit ces « modèles du monde » comme destinés à naviguer et à prendre des décisions dans le monde en trois dimensions [9].
Combien ça consomme ?
Dans nos documents, les chiffres d’énergie portent sur les LLM, pas sur leurs successeurs supposés. Pour un LLM de plus de 200 milliards de paramètres sur des cartes H100, une simulation de 10 000 configurations donne 0,31 Wh par requête en médiane, et 3,91 Wh pour une requête 15 fois plus longue, du type de celles des modèles de raisonnement [10]. Une estimation fondée sur des données publiques d’API donne 0,42 Wh pour une requête courte à GPT-4o, et plus de 29 Wh pour une requête longue sur les modèles les plus gourmands, soit plus de 65 fois les plus efficaces [11].
| Objet | Énergie | Nature du chiffre |
|---|---|---|
| Requête courte à GPT-4o | 0,42 Wh (± 0,13) | Estimation à partir de données d’API [11] |
| Requête, modèles de plus de 200 milliards de paramètres | 0,31 Wh (médiane) | Simulation [10] |
| Requête 15 fois plus longue | 3,91 Wh (médiane) | Simulation [10] |
| Entraînement de GPT-3 | 1 287 MWh | Estimation [12] |
| TRM, Mamba, JEPA | aucune mesure | Aucun des treize documents réunis |
Tableau 4. Les chiffres d’énergie du dossier. Sources : [10][11][12].
Ces chiffres sont des modélisations, non des relevés de compteur, et chaque étude se compare aux chiffres des autres, et ces rapprochements ne valent pas confirmation indépendante : l’étude de Microsoft reprend elle-même le 0,42 Wh de l’autre équipe, et cite un 0,34 Wh attribué à Sam Altman [10][11]. Tous les auteurs de l’étude de Microsoft sont salariés de Microsoft ; ils estiment possible de diviser par 8 à 20 l’énergie par requête dans la prochaine génération de matériel ou de modèles, tout en notant que les gains d’efficacité ne garantissent pas une baisse de la consommation absolue [10]. Et le modèle ne fait pas tout : les mêmes modèles DeepSeek consomment plus de 70 % d’énergie en moins sur Azure que sur les serveurs de DeepSeek, un écart que les auteurs attribuent au matériel et au centre de données plus qu’à la conception du modèle [11].
Quant aux successeurs, ni l’énergie, ni les émissions, ni le coût en dollars n’apparaissent dans l’article de Mamba [4]. Pour le TRM, le papier donne des heures de GPU [1] ; pour V-JEPA 2, des années-GPU [7]. Aucun des treize documents ne mesure l’énergie d’un Mamba, d’un TRM ou d’un modèle JEPA.
La taille affichée d’un modèle peut induire en erreur sur la mémoire utilisée [5]. Côté énergie, pour leur entraînement, deux réseaux immenses activés de façon éparse ont demandé 24 MWh pour GShard-600B (0,25 % du modèle activé par jeton) et 179 MWh pour Switch Transformer (1 500 milliards de paramètres, 0,1 % activé), contre 1 287 MWh pour GPT-3 ; GShard-600B et Switch Transformer ont tourné en 2020 [12]. Par notre calcul, c’est environ 53 fois moins d’énergie que GPT-3 pour GShard-600B, et environ 7 fois moins pour Switch Transformer ; selon les auteurs, des modèles épars peuvent consommer moins d’un dixième de l’énergie de modèles denses, et l’écart de 53 fois mêle aussi puces, centres de données et volume de calcul [12].
Démontré, livré, financé
| Piste | Ce qui est démontré | Ce qui est publié ou livré | Ce que ses auteurs jugent à démontrer |
|---|---|---|---|
| TRM | 44,6 % sur ARC-AGI-1 et 7,8 % sur ARC-AGI-2 ; 74,7 % sur Sudoku-Extreme et 85,3 % sur Maze-Hard [1] | Un exemplaire entraîné, publié et analysé par d’autres [3] ; ni déploiement ni produit dans le papier [1] | L’extension aux tâches génératives, des lois d’échelle [1] |
| Mamba et hybrides | Pour de petits modèles, débit de génération supérieur à celui d’un Transformer voisin dans l’implémentation standard de Huggingface, de 1,77 à 3,97 fois à nombre égal de séquences par notre calcul [4] ; cache de Jamba 8 fois plus petit que celui de Mixtral [5] | Code et poids publiés [4][5] ; Jamba est un modèle de base déconseillé en production sans adaptation [5] | Le comportement à plus grande taille [4] ; une équipe tierce juge que les hybrides doivent être testés à fond [6] |
| JEPA | Saisie et déplacement d’objets par des bras robotisés dans deux laboratoires, sur 10 essais par cas [7] | V-JEPA 2, présenté dans un préprint de FAIR at Meta, de Mila et de Polytechnique Montréal [7] ; chez AMI Labs, cofondée par Yann LeCun après son départ de Meta, pas de plan de revenu pour l’instant, et Nabla pour premier partenaire déclaré [8] | Des recettes de pré-entraînement qui progressent avec la taille [7] |
Tableau 5. Ce que les sources rapportent, publient et laissent ouvert. Sources : [1][3][4][5][6][7][8].
Ce qu’un lecteur qui doit décider peut en faire
Avant de choisir, séparez ce qui est démontré, ce qui est livré et ce qui est seulement financé. Selon votre place, la lecture change :
| Profil | Ce que cette analyse implique | Enjeu | Réversibilité |
|---|---|---|---|
| DSI ou CTO évaluant une infrastructure IA | Action maintenant : Demander aux fournisseurs des mesures de coût, de latence, de mémoire et de qualité sur vos propres longueurs de contexte : les débits de Mamba ont été mesurés sur une configuration précise, une carte A100 et un texte de 2 048 jetons [4], et ceux de Jamba se lisent en relatif [5]. Veille sans budget : TRM et JEPA : leurs auteurs listent ce qui reste à démontrer [1][7]. Point de vigilance : Un score ne dit pas ce qui le produit : l’exemplaire publié du TRM, analysé sur ARC-AGI-1, tombe à zéro sans l’identifiant du puzzle [3], et, par notre calcul sur le tableau de [4], le « cinq fois » de Mamba rapporte des débits maximaux. | Modéré | Réversible |
| Investisseur exposé à un pari IA | Action maintenant : Séparer le niveau de preuve du récit de levée : AMI Labs a levé 1,03 milliard de dollars sans plan de revenu pour l’instant [8]. Veille sans budget : JEPA : les résultats robotiques de V-JEPA 2-AC viennent de deux laboratoires, sur 10 essais par cas [7]. Point de vigilance : Le montant levé dit la conviction des investisseurs ; l’article qui le rapporte ne donne aucun score [8], et la valorisation de World Labs n’a pas été divulguée [9]. | Critique | Irréversible |
| Dirigeant cherchant à limiter l’empreinte énergétique de ses usages IA | Action maintenant : Comparer une requête courte et une requête longue avant de généraliser un modèle de raisonnement : 0,31 Wh contre 3,91 Wh en médiane simulée [10]. Veille sans budget : TRM, Mamba et JEPA : aucune mesure d’énergie dans les treize documents réunis. Point de vigilance : Le matériel et le centre de données pèsent dans l’écart : plus de 70 % d’énergie en moins pour les mêmes modèles DeepSeek sur Azure, selon une estimation modélisée [11]. | Modéré | Partiellement réversible |
| Décideur exposé au récit médiatique | Action maintenant : Demander, pour chaque annonce, qui a vérifié, ce qui est livré, ce qui n’est que financé : le HRM a perdu 9 points sur jeu réservé depuis les 41 % annoncés [2], quand le tableau du papier du TRM lui donne 40,3 % sur jeu public [1], Jamba est déconseillé en production sans adaptation [5], AMI Labs n’a pas de plan de revenu pour l’instant [8]. Veille sans budget : Les chiffres donnés en entretien : l’autrice du TRM juge elle-même les siens difficiles à estimer [13]. Point de vigilance : L’autrice évoque une hausse de 10 % de la capitalisation de Samsung après sa publication, sans que le lien soit établi [13]. | Faible | Réversible |
Tableau 6. Lecture par profil. Sources : [1][2][3][4][5][7][8][9][10][11][13].
Mes réserves
- Un papier sans relecture mentionnée. Le papier du TRM est un dépôt sur arXiv qui ne mentionne aucune relecture par des pairs, signé d’une seule autrice affiliée à Samsung SAIL Montréal [1]. L’entretien rapporte une hausse de 10 % de la capitalisation de Samsung après sa publication, que seul cet entretien porte dans nos documents [13].
- Des comparaisons en partie reprises. Les scores de Deepseek R1, d’o3-mini-high et de Claude 3.7 8K que cite le papier du TRM sont repris d’un autre papier (Wang et al., 2025), non mesurés par l’autrice ; la note qui le précise ne nomme ni Gemini 2.5 Pro, ni Claude 3.7 16K, ni les deux versions de Grok-4 [1] ; la comparaison de vitesse porte sur un seul Llama volontairement simple [3].
- Des scores sans dispersion. Le papier du TRM ne rapporte ni graines aléatoires multiples ni barre d’erreur [1].
- Un regard sur un seul exemplaire. L’analyse du TRM porte sur un exemplaire à quatre cycles de récursion, sur ARC-AGI-1 seulement ; ce n’est pas une reproduction du papier [3]. D’autres rapports techniques ont examiné le TRM depuis [3] ; ils ne sont pas relevés ici.
- Un HRM qui n’est pas le TRM. Les vérifications de l’ARC Prize Foundation concernent le HRM ; aucun score du TRM sur un jeu réservé ne figure dans les documents réunis [2].
- Des mesures de petite échelle. Les lois d’échelle de Mamba s’arrêtent à 1,3 milliard de paramètres, son plus grand modèle de langue à 2,8 milliards, et ni l’article de Mamba ni celui de Jamba ne rapportent de déploiement chez un client [4][5].
- Des débits relatifs. Les débits de Jamba sont à lire en relatif, sans optimisations possibles, et à contexte court tous les modèles ont un débit semblable [5].
- Des énergies estimées. Les chiffres par requête sont des simulations ou des estimations, celles de Microsoft écrites par des salariés de Microsoft, et les trois valeurs les plus proches, 0,31, 0,42 et 0,34 Wh, se comparent entre elles sans valoir confirmation indépendante [10][11].
- Une expérience de laboratoire. V-JEPA 2-AC a été testé par ses auteurs, sur 10 essais par cas, avec une caméra réglée à la main [7].
- Un milliard répété. Le milliard de World Labs repose sur deux articles de presse : Bloomberg [9] rapporte le montant et attribue la liste des investisseurs à un billet de la société ; TechCrunch [8] ne cite pas de source.
Indice de solidité des preuves · le détail
21 / 100 · Preuves très limitées · fourchette 0-30 %
Score établi le 8 octobre 2026. Une révision ultérieure est une réévaluation datée, pas une correction masquée.
- Le résultat central du TRM serait ré-exécuté de bout en bout à partir du code, des poids et des graines publiés, par une équipe sans lien avec son autrice ni avec l'entreprise à laquelle elle appartient, avec plusieurs graines et un intervalle rapportés.Une équipe de réplication indépendante, du type ML Reproducibility Challenge · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
- Le TRM serait évalué par l'ARC Prize Foundation sur son jeu d'évaluation réservé, comme l'a été le HRM, alors qu'aucun score du TRM sur un jeu réservé ne figure dans les documents réunis.L'ARC Prize Foundation · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
- Les gains de coût, de latence et de mémoire attribués à Mamba seraient mesurés à budget de calcul égal et sur des longueurs de contexte déclarées, par une équipe sans lien avec ses auteurs ni avec les fournisseurs qui l'embarquent en production.Une équipe académique d'évaluation sans intérêt dans l'architecture ni dans les modèles qui l'intègrent · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
- Les résultats de compréhension, de prédiction et de planification de V-JEPA 2 seraient ré-exécutés à partir des artefacts publiés, sur des tâches et des plateformes robotiques choisies par une équipe sans intérêt dans le paradigme, plutôt que sur celles retenues par ses auteurs.Une équipe de robotique académique sans lien avec Meta ni AMI Labs · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
Ce dispositif porterait l'indice à 41 sur 100, dans le palier « Preuves limitées ». Les trois autres axes restent à leur valeur actuelle : un dispositif ne fait monter ni la convergence d'une littérature ni sa réplication.
I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.
Modification apportée · mis à jour le 8 octobre 2026
Corrections du 8 octobre 2026. La réponse courte écrivait que Mamba « tourne plus vite qu'un Transformer de taille voisine » : l'article de Mamba mesure ce débit en génération, face à l'implémentation standard de la bibliothèque Huggingface, et l'étude de l'université d'Utah le trouve moins efficace que des Transformers optimisés en reclassement de documents. Le passage sur l'énergie écrivait que GShard-600B et Switch Transformer avaient consommé « moins d'un dixième » de l'énergie de grands réseaux denses, sans perdre en précision : l'étude ne présente ce seuil que comme une possibilité, et ses chiffres d'entraînement donnent environ 53 fois moins que GPT-3 pour GShard-600B et environ 7 fois moins pour Switch Transformer. Le tableau « Prouvé, livré, financé » donnait à Mamba un débit « de 4 à 5 fois » supérieur, alors qu'à nombre égal de séquences l'écart va de 1,77 à 3,97 fois. Une réserve présentait tous les scores de LLM du tableau du TRM comme repris d'un autre papier, ce que le papier n'indique que pour trois modèles. Le tableau de lecture par profil donnait comme un constat un écart d'énergie que sa source estime par modélisation. L'étude de Microsoft, dont tous les auteurs sont salariés de l'entreprise, est désormais classée partie prenante, et sa notice cite la version publiée dans la revue Joule au lieu du seul préprint. L'indice de preuve baisse : l'axe de réplication passe de « répliquée » à « aucune », car l'analyse d'un exemplaire du TRM n'est pas une reproduction du papier et les vérifications de l'ARC Prize Foundation portent sur le HRM ; l'axe d'effectif passe de « modéré » à « faible », la preuve centrale portant sur des centaines de tâches ARC-AGI et sur 10 essais par cas en robotique. Le résumé attribuait à l'article de Mamba la lecture du « cinq fois » comme rapport de débits maximaux et la fourchette de 1,77 à 3,97 fois : ce sont des calculs de la rédaction sur le tableau de l'article, pour une seule paire de modèles, Mamba 1,4 milliard contre un Transformer de 1,3 milliard. Le résumé écrivait que « JEPA est financée avant d'être livrée » : le financement concerne AMI Labs, tandis que V-JEPA 2 est présenté dans un préprint de FAIR at Meta, de Mila et de Polytechnique Montréal ; le tableau « Prouvé, livré, financé » sépare désormais les deux. Le tableau de lecture par profil écrivait que « le TRM » tombe à zéro sans l'identifiant du puzzle, alors que la mesure porte sur un seul exemplaire publié, analysé sur ARC-AGI-1 ; il rattachait aux résultats de V-JEPA 2 les deux laboratoires et les 10 essais par cas, qui ne valent que pour l'expérience robotique de V-JEPA 2-AC. L'indice de preuve baisse : le barreau de preuve passe de « faisceau de sources primaires convergentes » à « démonstration isolée », car les chiffres de performance sont publiés par les auteurs des modèles eux-mêmes, sur des bancs publics, le papier du TRM ne rapporte ni graines multiples ni barre d'erreur, et chaque piste repose sur une seule source primaire. Le passage sur la vérification du HRM, et le tableau de lecture par profil, donnaient les 41 % annoncés et les 9 points perdus sans signaler que le tableau du papier du TRM attribue 40,3 % au HRM sur le même jeu public, chiffre repris d'un autre papier : les deux valeurs figurent désormais côte à côte. La légende du tableau de lecture par profil omettait le papier du TRM, que l'une de ses cellules cite. Le sous-titre, le résumé et deux tableaux écrivaient qu'AMI Labs est financée « sans plan de revenu » : l'article qui rapporte la levée borne ce constat dans le temps (« for the time being »), et chaque emploi porte désormais « pour l'instant ». L'étude de l'Université d'Utah sur Mamba et celle de Jegham et al. sur l'énergie d'inférence étaient classées parties prenantes, alors qu'elles évaluent des modèles conçus par d'autres, comme les deux évaluations tierces du TRM et du HRM : elles sont désormais classées de la même façon. Un encadré sur Jamba opposait sa « qualité production » à une « interdiction de production » : la notice du modèle demande seulement de ne pas l'utiliser en production ni auprès d'utilisateurs finaux sans adaptation. Le résumé donnait les scores du TRM sur ARC-AGI sans préciser qu'ils sont obtenus en deux essais sur le jeu d'évaluation public, distinction que la pièce applique au HRM, ni que deux des grands modèles qu'il devance, Deepseek R1 et o3-mini-high, ont des scores repris d'un autre papier (Wang et al., 2025). La réponse courte écrivait que les trois pistes « ont fait leurs preuves » : les documents réunis portent trois démonstrations mesurées par leurs propres auteurs, sans réplication, et la phrase dit désormais qu'elles « ont livré des démonstrations ».

Axel Morel · Fondateur & analyste, Probans
Développe une méthode d'analyse destinée à distinguer ce que les preuves établissent, ce qu'elles suggèrent et ce qu'elles ne permettent pas de conclure, puis à traduire cette distinction en décisions professionnelles.
Choix du sujet, direction de la rédaction, validation ou modification des sources, validation et retravail du texte et des illustrations : Axel Morel. Rédaction, choix des sources initiales et plan de rédaction initial : assistance IA.
Responsabilité éditoriale : Axel Morel. Recherche et rédaction assistées par IA selon la méthodologie Probans, sources vérifiées avant publication. Charte éditoriale.
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