Article courtDirection stratégique · 12 juillet 2026 · mis à jour le 4 septembre 2026

DeepSeek : une bande passante NVLink bridée de 900 à 400 Go/s

Axel MorelAxel Morel · Fondateur & analyste, Probans
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L'essentiel

DeepSeek écrit elle-même que la bande passante NVLink de ses cartes serait tombée de 900 à 400 Go/s pour conformité réglementaire, une cause qu'elle ne nomme pas plus précisément, et qu'elle aurait retenu ses stratégies de parallélisme pour s'y aligner. Deux revendeurs de ce matériel, Lenovo et Tencent Cloud, publient la même valeur de 400 Go/s, pour un autre format de carte ou sans préciser le format. Personne, en dehors d'elle, n'a vérifié ce qu'elle en a tiré.

  1. L'entreprise nomme elle-même sa contrainte. Son rapport d'infrastructure, paru dans l'Industry Track des actes de l'ISCA '25, écrit que la bande passante NVLink de ses nœuds H800 SXM est ramenée de 900 à 400 Go/s « for regulatory compliance », sans nommer de texte, d'administration ni de date.
  2. Elle rattache ses choix d'architecture à cette contrainte. Sa section « Hardware-Aware Parallelism » écarte le parallélisme tensoriel, inefficace sous une bande passante NVLink limitée, et chiffre le coût du contournement : jusqu'à vingt des 132 unités de calcul d'une carte affectées à la communication plutôt qu'au calcul.
  3. Personne, en dehors d'elle, ne l'a vérifié. Deux vendeurs du même matériel publient la même valeur de 400 Go/s, Lenovo pour le format PCIe et Tencent Cloud sans préciser le format, et le seul tiers qui rapporte l'absence de parallélisme tensoriel le fait en lisant ce même rapport.

DeepSeek reste souvent résumé à une image : un modèle chinois soudainement moins cher, qui a fait chuter Nvidia en bourse le temps d’une séance. Cette image décrit un événement, pas une direction. Il existe pourtant un document où l’entreprise dit elle-même ce qui commande son architecture, et ce document est un rapport d’infrastructure que presque personne n’a lu au-delà du résumé.

Une direction née d’un fonds quantitatif, pas d’un laboratoire généraliste

Ce que les données établissent. Liang Wenfeng est le fondateur, ou le cofondateur selon les sources, du fonds spéculatif quantitatif chinois High-Flyer, avant d’être le dirigeant de DeepSeek : ChinaTalk l’écrit fondateur dans l’entretien de mai 2023 qu’il traduit, CNBC et Benzinga écrivent « co-founder ». SemiAnalysis situe l’essaimage de DeepSeek en mai 2023 et écrit que le fonds l’a financé sur ses propres deniers, « High-Flyer self funded the company », en présentant cette information comme la sienne sans la sourcer.

Le même entretien situe le calcul bien avant les restrictions : High-Flyer investit près de 200 millions de yuans en 2019 dans une plateforme « equipped with 1,100 GPUs », puis 1 milliard de yuans deux ans plus tard dans « Yinghuo Two », « which featured around 10,000 NVIDIA A100 GPUs ». Ce parc est celui du fonds en 2021, pas celui de DeepSeek au moment d’entraîner V3, et il vient d’un dirigeant parlant de sa propre maison.

Ce que la méthode interprète. Cette origine compte au-delà du fait biographique, à supposer qu’un fonds quantitatif se joue davantage sur l’efficacité que sur la taille brute de son infrastructure : mon dossier ne documente pas ce modèle économique, c’est une hypothèse de ma part et rien de plus. Rien ne prouve que cette culture s’est transposée telle quelle aux modèles de DeepSeek, mais la coïncidence mérite d’être nommée.

Le jalon qui a rendu cette direction visible au monde entier

Ce que les données établissent. Le 27 janvier 2025, l’action Nvidia a reculé de 17 % pour clôturer à 118,58 dollars, effaçant selon CNBC près de 600 milliards de dollars de capitalisation, « the biggest drop ever for a U.S. company ». Le lendemain, le titre a clôturé en hausse de 8,8 % (Investing.com) ; aucune source dont je dispose ne dit si la chute avait alors été effacée. Les deux chiffres de perte circulent d’ailleurs côte à côte : CNBC écrit près de 600 milliards, Investing.com « record $589 billion in market value ».

Le montant bas qui a circulé porte sur DeepSeek-V3, dévoilé fin décembre 2024, et non sur le modèle de raisonnement R1 publié en janvier 2025. CNBC écrit le 27 janvier que DeepSeek annonce V3 (et non R1) comme un modèle qui « took only two months and less than $6 million to build, using reduced-capability chips from Nvidia called H800s ». Ce montant est contesté sur deux plans qu’il faut tenir séparés. Sur son périmètre : un expert cité par CNBC le 30 janvier déclare que « the 5.6 million figure for DeepSeek V3 was just for one training run », hors recherche et développement. Sur sa crédibilité même : Dan Ives, analyste chez Wedbush, qualifie l’annonce d’histoire probablement fictive (Benzinga, 29 janvier 2025), sans produire d’élément à l’appui. La dépêche qui le rapporte rattache elle-même le montant à R1, « developing its low-cost AI model, R1, for under $6 million », ce qui est exactement la confusion corrigée ici. La confusion entre les deux modèles est le point sur lequel il faut être le plus précis, parce que c’est celui qui s’est le plus propagé.

Chronologie DeepSeek de 2023 à janvier 2025 : incubation au sein du fonds High-Flyer en 2023, publication de DeepSeek-V3 fin décembre 2024 puis de R1 en janvier 2025, choc boursier du 27 janvier 2025 avec un recul de 17 % et près de 600 milliards de dollars de capitalisation Nvidia perdus sur la séance, regain partiel le lendemain.

Ce que la méthode interprète. Ce choc a rendu visible la controverse sur le coût d’entraînement de DeepSeek-V3, pas la contrainte de bande passante NVLink que le rapport d’infrastructure documente un peu moins de quatre mois plus tard : ce ne sont pas le même événement, et rien dans mon dossier ne montre que le premier a conduit à écrire le second. CNBC rattache la vente à des inquiétudes de concurrence, « concerns that Chinese artificial intelligence lab DeepSeek is presenting increased competition ». Ce que les investisseurs croyaient de l’échelle de calcul nécessaire, aucune source de mon dossier ne le documente : que le choc ait démenti cette croyance-là est mon hypothèse, pas un relevé.

Ce que DeepSeek écrit de sa propre contrainte

Ce que les données établissent. En mai 2025, DeepSeek a publié un rapport d’infrastructure, dont la version définitive a paru dans l’Industry Track des actes de l’ISCA ‘25. Sa section 4.1 est la seule entrée de mon dossier qui rapporte ces trois éléments au parc de DeepSeek : le format SXM, les deux bornes de bande passante, et la cause réglementaire appliquée à ses propres cartes.

Le parc est en format SXM : « The NVIDIA H800 GPU SXM architecture we currently use ». La bande passante y est bridée, et l’entreprise donne les deux bornes : « the NVLink bandwidth in H800 SXM nodes is reduced from 900 GB/s to 400 GB/s ». Et elle nomme la cause : cette réduction, comme celle du calcul en double précision, tient « for regulatory compliance ».

Ce chiffre de 900 Go/s est le seul que je peux recouper hors de DeepSeek : la datasheet de Nvidia donne bien le H100 à 900 Go/s de NVLink au format SXM, et à 600 Go/s en PCIe. Pour le H800, aucune source extérieure ne rattache sa valeur au format SXM. Lenovo donne 400 Go/s pour le H800 au format PCIe, sur une fiche publiée en 2023, donc avant le rapport technique de V3. Tencent Cloud donne la même valeur pour ses instances H800, à jour en 2026, sans préciser le format de carte. Ni l’un ni l’autre n’est une mesure tierce, le premier revendant cette machine et le second louant ces instances. Ce qu’ils établissent, c’est qu’une valeur de 400 Go/s pour le H800 circulait hors de l’entreprise dès octobre 2023, pour le format PCIe, et qu’une valeur identique reste publiée en 2026.

Le même document ajoute une troisième valeur à celle que Chipstrat n’arrivait pas à situer. Chipstrat relevait que le rapport de DeepSeek mentionne 160 Go/s, « much lower than the reported H800 (constrained) bandwidth of 400 GB/s », et écrivait ne pas savoir trancher, « but not sure? ». Le rapport d’infrastructure donne, en section 4.3 : « NVLink provides 200GB/s bandwidth (of which about 160GB/s can actually be achieved) ». Il pose donc 400 Go/s en section 4.1 et 200 en section 4.3, dont environ 160 atteints en pratique, sans dire comment ces valeurs se rapportent l’une à l’autre : faute d’explication du rapport sur cet écart, aucune des deux ne peut à elle seule servir de référence.

Ce que ce document autorise, et ce qu’il n’autorise pas. C’est ici que l’apport est le plus net, et il faut le dire précisément : DeepSeek rattache elle-même ses choix de parallélisme à cette contrainte. Sa section 4.2 s’intitule « Hardware-Aware Parallelism » et s’ouvre par « To align with the constraints of the H800 architecture, the following parallelism strategies were considered ». L’abandon du parallélisme tensoriel y est explicitement motivé : « Tensor Parallelism is avoided during training due to its inefficiency under limited NVLink bandwidth ». Le pipeline DualPipe y figure au même titre, et l’implémentation de communication tous-à-tous du laboratoire, DeepEP, y est donnée pour développée en propre et publiée en source ouverte.

Le coût de ce contournement est chiffré par l’entreprise : « up to 20 of the SMs on the H800 GPU are allocated for communication-related operations, leaving fewer resources available for actual computation ». Jusqu’à vingt unités de calcul par carte, sur les 132 que le rapport technique de V3 dénombre, « we allocate 20 out of the 132 SMs available in the H800 GPU », soit environ 15 %, affectées à la circulation des données plutôt qu’au calcul lui-même. Et le nombre de cartes effectivement déployées reçoit la même explication : la topologie déployée « theoretically supports up to 16,384 GPUs », mais « due to policy and regulatory constraints, just over two thousand GPUs were ultimately deployed ».

Une estimation extérieure va dans l’autre sens, et elle doit figurer ici. SemiAnalysis écrit croire que le groupe a accès à « around 50,000 Hopper GPUs », dont « around 10,000 of these H800s and about 10,000 H100s », et que « These GPUs are shared between High-Flyer and DeepSeek ». Ce sont ses propres estimations, données sans méthode ni source, et elles ne portent pas sur le même objet que le rapport de DeepSeek, qui décrit les cartes déployées sur une topologie d’entraînement. Elles interdisent en revanche de lire ces deux mille cartes comme la mesure de ce dont l’entreprise dispose.

Rien de tout cela n’est vérifié par quiconque. C’est un document que DeepSeek publie sur son propre système, et le fait qu’il ait été présenté dans une conférence d’architecture n’y change rien : la voie de publication est celle de l’industrie, pas celle d’un article arbitré au même titre. Un tiers, The Next Platform, énonçait l’absence de parallélisme tensoriel dès le 27 janvier 2025, « V3 does not have to use tensor parallelism at all », mais en lisant le rapport de DeepSeek et en l’écrivant : « the cluster that DeepSeek says that it used ». Rapporté, donc, pas mesuré.

La chronologie réglementaire, elle, reste ouverte. Le 17 octobre 2023, CNBC rapporte une intention d’étendre les restrictions aux H800 et A800, « plans to prevent […] in the coming weeks », pas une interdiction déjà applicable, et décrit la vitesse d’interconnexion que Nvidia avait ralentie. Yicai rapporte le même jour un délai de trente jours de consultation publique, sans citer le texte réglementaire, et des constitutions de stock anticipées par des industriels chinois, de sources anonymes. Impossible, dès lors, de dire quand le parc de DeepSeek a été assemblé.

Une grille réutilisable pour juger toute nouvelle annonce sans repartir de zéro : classer chaque affirmation selon qui la porte et à quel titre, pas seulement selon ce qu’elle affirme.

Affirmation cléStatut de preuveSource
Le parc d’entraînement est en format SXM, et sa bande passante NVLink passe de 900 à 400 Go/sAuto-publié. Le 900 du H100 SXM est donné par le constructeur ; le 400 du H800 est publié par deux vendeurs de ce matériel, Lenovo pour le format PCIe et Tencent Cloud sans mention de formatDeepSeek, rapport d’infrastructure ISCA ‘25 ; Nvidia, H100 Datasheet ; Lenovo Press (2023) ; Tencent Cloud (2026)
Le bridage tient à la conformité réglementaireAuto-publié, jamais nommé plus précisément. Aucun texte, aucune administration, aucune date dans le documentDeepSeek, rapport d’infrastructure ISCA ‘25
DeepSeek rattache l’abandon du parallélisme tensoriel et le pipeline DualPipe à cette contrainteAuto-publié, et c’est l’entreprise elle-même qui fait le lien, sous un intitulé de section explicite. Aucun tiers ne le vérifieDeepSeek, rapport d’infrastructure ISCA ‘25 ; absence de parallélisme tensoriel rapportée par The Next Platform (27 janvier 2025)
Jusqu’à vingt des 132 unités de calcul d’une carte sont affectées à la communicationAuto-publié. Chiffre du coût du contournement, donné par personne d’autreDeepSeek, rapport d’infrastructure ISCA ‘25 (les vingt unités) ; DeepSeek-V3 Technical Report (le total de 132)
Un peu plus de deux mille cartes ont été déployées sur cette topologie, pour raisons de politique et de réglementationAuto-publié. C’est l’explication que l’entreprise donne à ce déploiement. Le document ne dit rien du parc total dont elle disposeDeepSeek, rapport d’infrastructure ISCA ‘25
Le montant d’entraînement revendiqué ne couvrirait qu’un seul runPérimètre contesté par un tiers nomméExpert cité par CNBC (30 janvier 2025)
Le montant d’entraînement revendiqué serait une histoire probablement fictiveCrédibilité mise en doute, sans élément produit à l’appuiDan Ives, Wedbush, via Benzinga (29 janvier 2025)
Origine du laboratoire au sein du fonds quantitatif High-FlyerConfirmé par un tiersChinaTalk (9 décembre 2024) ; SemiAnalysis

Cette grille se relit à chaque nouvelle publication : une ligne peut passer d’« auto-publié » à « confirmé », ou l’inverse, sans que le reste du tableau change. Une grille qui ne se retourne jamais contre son auteur ne mesure rien.

Le deuxième pilier : les poids ouverts, documentés pour R1

Ce que les données établissent. DeepSeek écrit dans le papier R1 avoir publié les poids de R1 et R1-Zero sur HuggingFace, « we have made the model weights of DeepSeek-R1 and DeepSeek-R1-Zero publicly available on HuggingFace », et y qualifie le modèle d’« open-source model under the MIT License ». C’est une déclaration de l’entreprise sur sa propre pratique, que personne n’a vérifiée ici. Pour V3, dévoilé fin décembre 2024, CNBC le qualifie de « a free, open-source large language model », et aucune entrée de mon dossier ne documente le mode de publication de ses poids. Je ne peux donc écrire ni que la pratique est systématique, ni qu’elle a été suivie deux fois de la même manière.

Ce que la méthode interprète. Combiné au premier pilier, ce choix dessine une direction cohérente plutôt que deux décisions indépendantes : un laboratoire moins dépendant d’une levée de capital massive a moins à perdre à publier ses poids, puisque son modèle économique ne repose pas sur la même exclusivité commerciale qu’un laboratoire financé pour rentabiliser une infrastructure propriétaire coûteuse. Le mécanisme de mixture of experts, cohérent avec cette direction, est traité dans ma fiche dédiée : Mixture of experts : le mécanisme qui découple paramètres totaux et calcul par jeton.

La direction de DeepSeek ne se lit pas dans un modèle moins cher publié une fois. Elle se lit dans un document où l’entreprise nomme la contrainte matérielle qu’elle subit, chiffre ce qu’elle lui coûte, et y rattache ses choix d’architecture. Ce document est le sien, et personne ne l’a vérifié.

Mes réserves

  • Le cœur technique de cet article repose sur un document que DeepSeek publie sur elle-même. Ni la bande passante de ses cartes, ni le nombre d’unités de calcul détournées, ni la raison qu’elle donne à la taille de son parc n’ont été mesurés par un tiers. Ce que j’ai gagné en lisant ce rapport, ce n’est pas une vérification, c’est une attribution : je sais désormais qui dit quoi.
  • La comparaison de bande passante est solide sur une seule de ses deux bornes. Les 900 Go/s du H100 en SXM sont donnés par le constructeur. Les 400 Go/s du H800 sont donnés hors de DeepSeek par Lenovo, pour le format PCIe, et par Tencent Cloud, sans mention de format, alors que le parc est en SXM. Aucune source extérieure ne rattache de valeur au H800 SXM, une seule des deux qui donnent une valeur nomme un format, et toutes deux vendent ce matériel.
  • Le lien entre la culture du trading quantitatif chez High-Flyer et les choix d’architecture de DeepSeek reste une interprétation de ma part, appuyée sur la cohérence entre origine et direction observée, pas sur une déclaration de l’entreprise.
  • Deux doutes différents circulent sur le montant d’entraînement : l’un porte sur son périmètre (CNBC), l’autre sur sa véracité même (Benzinga), sans qu’aucun élément soit produit à l’appui du second. Je ne tranche ni l’un ni l’autre.
  • Les commentateurs spécialisés que je cite ne sont pas indépendants les uns des autres autant qu’il y paraît. Interconnects.ai reprend SemiAnalysis pour l’explication du bridage. Chipstrat pose son incertitude sur les chiffres au lieu de la lever, et la seconde moitié de son texte reste réservée aux abonnés payants. The Next Platform lit le rapport et l’explique. Aucun d’eux ne mesure, ne recoupe, ni n’accède au cluster.

Concrètement, juger DeepSeek sur le seul chiffre de coût communiqué revient à confondre l’événement médiatique et la direction stratégique qui l’a produit. Deux signaux feraient bouger des lignes de la grille dans les prochains trimestres, sans qu’il faille réécrire l’article :

  • Si DeepSeek conserve DualPipe et l’abandon du parallélisme tensoriel une fois un accès non contraint obtenu, la lecture « pure contrainte matérielle » s’affaiblit au profit d’un choix délibéré ; si elle les abandonne dès que la contrainte disparaît, c’est l’inverse.
  • Si un tiers mesure la bande passante d’un H800 SXM, ou vérifie autrement qu’en lisant le rapport le coût en unités de calcul que DeepSeek annonce, la première et la quatrième ligne de la grille changent de statut.

Écart au Standard Probans

L’écart principal tient en une phrase : tout le cœur technique de cet article est de la parole de DeepSeek sur DeepSeek. Le rapport d’infrastructure est précis, daté, versionné, et il dit des choses qu’une entreprise n’a pas d’intérêt évident à dire, comme le nombre d’unités de calcul qu’elle perd en contournant sa contrainte. Cela n’en fait pas une vérification. Une source de première main qui se décrit elle-même reste une source de première main.

Le deuxième écart est le mien. J’ai passé plusieurs révisions à écrire qu’aucun document ne montrait DeepSeek rattachant ses choix d’architecture à sa contrainte matérielle, alors que le document qui le fait était depuis le début dans ma bibliographie, et que je n’en avais lu que le résumé. La même négligence m’a fait publier une comparaison de bande passante en PCIe, en croyant corriger une erreur, alors que le parc en question est en SXM. Une bibliographie n’est pas un dossier de preuve tant que ses pièces ne sont pas ouvertes.

Le troisième porte sur ce que je ne peux pas trancher. La conformité réglementaire est nommée par DeepSeek sans être identifiée : aucun texte, aucune administration, aucune date. Et rien dans mon dossier ne dit quand le parc a été assemblé, ni s’il l’a été à partir de stocks antérieurs aux restrictions.

Retour au dossier Comprendre les modèles post-LLM. Voir aussi Google Gemini : la direction stratégique choisie.

ISP-IA
41/100

L'Indice de Solidité des Preuves évalue la base empirique de cette analyse sur quatre critères pondérés : type de preuve (40 %), convergence (30 %), réplication (20 %), puissance (10 %). L'axe type de preuve est calibré par champ : 100 y désigne le meilleur dispositif que l'échelle ISP-IA sache produire, et non une preuve absolue.

Type de preuve · 40 %
Faisceau de sources primaires convergentes
Convergence · 30 %
Convergence modérée

Le fait central de cet article est établi par un faisceau de documents primaires datés et retrouvables, indépendants les uns des autres : le papier d'infrastructure de DeepSeek présenté à l'ISCA '25, la fiche produit de Lenovo, la documentation d'instances de Tencent Cloud et la datasheet du H100 de Nvidia. Trois d'entre elles publient la même valeur de bande passante NVLink pour le H800, 400 Go/s, sans que le format de carte soit systématiquement précisé (réserve détaillée plus bas), et elles se recoupent sans réserve sur celle du H100 en SXM, donnée à 900 Go/s par le quatrième document comme par DeepSeek. C'est ce que le barreau 4 désigne : des sources primaires qui établissent qu'une chose existe et à quelle date, jamais qu'elle produit l'effet annoncé. Le barreau 4 est aussi le plafond applicable ici, la preuve centrale venant d'un document que DeepSeek publie sur son propre système. La convergence est donnée pour modérée et non forte, parce qu'elle porte sur la spécification matérielle et sur elle seule : aucune source extérieure ne recoupe le rattachement que DeepSeek fait entre cette contrainte et ses choix d'architecture, et aucune ne rattache le chiffre de 400 Go/s au format SXM qui est celui du parc : Lenovo nomme le format PCIe, Tencent Cloud n'en nomme aucun. Une estimation extérieure diverge par ailleurs sur ce que ce parc représente, SemiAnalysis créditant le groupe d'environ 50 000 GPU Hopper partagés avec High-Flyer, sans méthode ni source. Elle porte sur un autre objet que la topologie d'entraînement décrite par DeepSeek, et ne déplace donc pas la convergence sur la spécification elle-même, qui reste modérée. La réplication est nulle : les trois commentateurs indépendants du dossier lisent tous les mêmes documents sans les recouper, et l'un d'eux en reprend un autre, ce qui fait un écho et non une convergence. La puissance d'échantillon n'a pas d'objet, ce corpus étant fait d'une poignée de documents techniques et de dépêches, pas d'une population d'observations.

Réplication · 20 %
Pas de réplication connue
Effectif observé · 10 %
Très petite (< 100)
Ce que le champ n'a pas produit
  • La bande passante NVLink d'un nœud H800 en format SXM serait mesurée hors de DeepSeek, protocole publié, de sorte que la borne basse de la comparaison cesse de reposer sur le seul document que l'entreprise publie sur son propre parc.Un opérateur de calcul ou une équipe académique disposant de nœuds H800 en format SXM · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
  • La part des unités de calcul d'une carte détournée vers la communication serait relevée par une équipe sans lien avec DeepSeek, en rejouant la configuration d'entraînement à partir des artefacts publiés, dont l'implémentation de communication tous-à-tous que le laboratoire a mise en source ouverte.Une équipe sans lien avec DeepSeek, à partir de DeepEP et du rapport d'infrastructure · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
  • Une ablation indépendante isolerait ce qui, dans l'abandon du parallélisme tensoriel et dans le pipeline DualPipe, tient à la bande passante bridée plutôt qu'à une préférence de conception, en rejouant ces choix sur des nœuds non soumis au même bridage.Une équipe sans lien avec DeepSeek, sur du matériel non bridé · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition

Ce dispositif porterait l'indice à 49 sur 100, dans le palier « Preuves limitées ». Les trois autres axes restent à leur valeur actuelle : un dispositif ne fait monter ni la convergence d'une littérature ni sa réplication.

Effectif observé : L'effectif observé n'a pas d'objet ici : les unités sont une poignée de documents techniques et de dépêches nommés, pas une population d'observations. Cet axe ne monterait que si la question posée cessait d'être ce que l'entreprise dit de son parc pour devenir ce que ce parc produit, mesuré sur une série de cas.

Score de 41/100 (31-55 %) établi le 4 septembre 2026.

I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.

Modification apportée · mis à jour le 4 septembre 2026

J'ai relevé une à une les sources citées, puis repris le texte contre ces relevés. La correction la plus lourde vient de la lecture intégrale du papier que DeepSeek a présenté à l'ISCA '25, dont je n'avais lu que le résumé : il dit tout ce que je déclarais introuvable. Le parc d'entraînement est en format SXM, et non PCIe ; la bande passante NVLink y passe de 900 à 400 Go/s, ce qui rend juste la comparaison que j'avais déclarée fautive la veille et fausse la comparaison en PCIe que je lui avais substituée ; DeepSeek nomme elle-même la conformité réglementaire comme cause, intitule une section « Hardware-Aware Parallelism » et y rattache explicitement l'abandon du parallélisme tensoriel à la bande passante limitée. J'écrivais qu'aucun document ne montrait l'entreprise faisant ce lien : c'était faux, et le document était déjà dans ma bibliographie sans que je l'aie ouvert. Le même papier réconcilie les 400 et les 160 Go/s que je donnais pour irréconciliables, chiffre à vingt le nombre d'unités de calcul détournées vers la communication, et explique la taille du parc par des contraintes de politique et de réglementation. J'ai en conséquence réécrit le titre, le sous-titre, la description, la section technique, la grille de statut de preuve, les réserves et l'indice de niveau de preuve. J'ai par ailleurs retiré la comparaison des dépenses de calcul des laboratoires américains, dont aucune source ne tenait ma promesse, et la section sur la mixture of experts, qu'aucune entrée de ma bibliographie n'appuyait. J'ai rendu Liang Wenfeng fondateur de High-Flyer et non cofondateur, comme l'écrit ChinaTalk, distingué les trois articles de CNBC que je citais sous un seul nom, attribué à CNBC le recul de 17 pour cent, rendu à un expert cité par CNBC le 30 janvier 2025 la restriction du montant à un seul run d'entraînement, corrigé le lien de la dépêche Benzinga vers sa source, et retiré de mon commentaire sur Nathan Lambert une qualité d'indépendance qu'aucun document ne lui donne. En reprenant mes relevés une seconde fois, j'ai corrigé douze phrases qu'ils n'autorisaient pas. Le sous-titre et la description faisaient des vendeurs de ce matériel les fournisseurs de DeepSeek : rien ne les relie à elle, et Tencent Cloud ne nomme aucun format de carte, là où j'attribuais à ses instances le format PCIe. J'écrivais que le rapport réconciliait les 400 et les 160 Go/s, alors qu'il pose une troisième valeur en section 4.3 sans expliquer son écart à la première. J'écrivais qu'aucune source ne documentait la publication des poids de R1, alors que le papier R1 l'écrit lui-même en annexe I, avec la licence : je ne l'avais toujours lu qu'en résumé, et son entrée de bibliographie le disait. La ligne de tableau sur le parc confondait les cartes déployées sur cette topologie et le parc dont l'entreprise dispose, et une autre mettait sous un même doute une contestation de périmètre et une mise en cause de crédibilité, qui viennent de deux sources différentes. J'ai ensuite repris les points de moindre portée et ce que mes relevés contenaient sans que je l'aie utilisé : la divergence des sources sur la qualité de fondateur de Liang Wenfeng, la comparaison de fréquence entre publication d'un coût et revendication de performance, que rien ne mesure, le modèle économique du trading quantitatif, qui redevient une hypothèse de ma part, et ce que le marché aurait cru de l'échelle de calcul, que je ne peux pas documenter. J'ai rendu au coût du contournement sa modalité et son dénominateur, jusqu'à vingt unités sur 132, ajouté le second chiffre de capitalisation que donne Investing.com, et porté au texte deux choses que mes sources disaient et que je taisais : le parc de calcul constitué par High-Flyer avant les restrictions, et l'estimation de SemiAnalysis d'environ 50 000 GPU Hopper partagés, qui va contre la lecture d'un parc limité par la contrainte. J'ai retiré de ma bibliographie l'enquête de The Wire China, qu'aucune phrase n'utilisait. L'indice de niveau de preuve est renoté à la même valeur, avec une note qui dit ces deux réserves. Le 4 septembre 2026, deux mentions de la source Chipstrat disaient sa seconde moitié non lue : le mur payant qui la couvre est réel, vérifié à nouveau ce jour-là, et les deux phrases sont réécrites pour le dire sans se présenter comme une lecture manquée. J'ai ajouté deux encadrés en langue courante, l'un sur la contrainte matérielle et ce qu'elle impose à la répartition des calculs, l'autre sur ce qu'un laboratoire renonce à gagner en publiant les poids de ses modèles, et j'ai relevé ce qui manque à ce dossier pour dépasser le niveau de preuve actuel. Reprise du 2026-09-04 : cinq passages perdaient leur réserve en surface (sous-titre, phrase d'ouverture de la note ISP) ou dans un raccourci de calendrier (le choc boursier du 27 janvier confondu avec la révélation de la contrainte matérielle documentée sept mois plus tard, en mai). Corrigés par affaiblissement, sans source nouvelle : la légende du schéma portait le même raccourci de calendrier et a été corrigée à l'identique. L'indice de niveau de preuve reste à la même valeur, la note ISP a été reformulée pour ne plus affirmer la convergence avant sa réserve de format. Gate de fidélité relancé sur ce texte corrigé : deux bloquants trouvés et traités, l'un sur le `seoTitle` qui assénait comme fait établi ce que le titre et le sous-titre portent au conditionnel, l'autre sur la table récapitulative qui attribuait au seul rapport ISCA '25 un chiffre de 132 unités de calcul qui ne vient que du rapport technique V3. Un second tour, dernier permis par la méthode, a trouvé une erreur d'arithmétique que ma propre correction avait introduite : « sept mois » entre le choc du 27 janvier 2025 et la publication de mai 2025, alors que mon dossier ne l'autorise qu'à un peu moins de quatre. Corrigée aux deux endroits, corps et figure, par affaiblissement, sans nouvelle source.

Axel Morel
Axel Morel
Fondateur & analyste · Probans

Développe une méthode d'analyse destinée à distinguer ce que les preuves établissent, ce qu'elles suggèrent et ce qu'elles ne permettent pas de conclure, puis à traduire cette distinction en décisions professionnelles.

Choix du sujet, direction de la rédaction, validation ou modification des sources, validation et retravail du texte et des illustrations : Axel Morel. Rédaction, choix des sources initiales et plan de rédaction initial : assistance IA.

Responsabilité éditoriale : Axel Morel. Recherche et rédaction assistées par IA selon la méthodologie Probans, sources vérifiées avant publication. Charte éditoriale.

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