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Finance · 18 juin 2026 · mis à jour le 8 octobre 2026

Taux directeurs en hausse : la prime de risque des actions recule-t-elle ?

Une hausse des taux directeurs, ceux de la banque centrale, fait-elle reculer ou monter la prime de risque des actions, ce supplément de rendement que les investisseurs attendent de la bourse par rapport à un placement sans risque ?

Aucun des neuf travaux de la Réserve fédérale américaine (la Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) que nous avons réunis n'établit un signe unique. Un seul trie les chocs par les anticipations d'inflation : en zone euro, de 2012 à 2019, quand les rendements montent autour d'une annonce de la BCE pendant que ces anticipations reculent, la prime estimée monte ensuite ; elle baisse quand les deux montent ensemble, si les chocs sont correctement identifiés.

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L'essentiel en 3 points

  1. Aucun des neuf travaux n'établit un signe unique. L'un l'impose par construction [1], un autre le trouve non significatif [6], un troisième ne peut le distinguer d'une sur-réaction [9], quatre ne mesurent pas cette réponse [2][3][4][5], et les deux derniers distinguent des types de choc [7][8]. Dans les huit de ces documents de la Fed et de la BCE qui traitent la prime de risque du marché, elle est estimée ou déduite, jamais lue directement [1][2][4][5][6][7][8][9].
  2. En zone euro, deux types de choc, deux signes. De 2012 à fin 2019, quand les rendements montent autour d'une annonce de la BCE en même temps que les anticipations d'inflation, choc dit d'information, la prime estimée baisse ensuite, avec un coefficient de -0,180 au seuil de 1 % ; quand ils montent pendant que ces anticipations reculent, choc de politique pure restrictif, elle monte, avec 0,104 au seuil de 5 %, si les chocs sont correctement identifiés [7]. Pris en bloc, le choc brut n'a pas d'effet significatif [7]. Un document de la Fed avance, dans un cadre théorique, que le signe de l'effet sur le marché pourrait dépendre du type de choc [8].
  3. Les chiffres américains tiennent à ce qu'ils mesurent. Chez King, la prime est le reste d'un calcul, le sens de sa réponse est imposé par le modèle, et son choc de 25 points de base porte sur le taux à cinq ans [1]. Chez Knox et Vissing-Jorgensen, 20 points de base de surprise sur le taux à un an valent environ 1 % de baisse du marché dans une fenêtre d'une demi-heure [8]. Un encadré de la BCE décrit des primes historiquement basses, même quand les taux montaient fortement [5].

Une banque centrale relève ses taux. Ce jour-là, que devient la rémunération que les investisseurs exigent pour porter le risque des actions ? La réponse oriente la façon dont on lit une valorisation, dont on arbitre un portefeuille, dont on juge un discours de marché.

Nous avons voulu vérifier si neuf documents publiés par la Fed et la BCE donnent à cette réponse un sens unique, à la hausse ou à la baisse, parce qu’un raisonnement de portefeuille qui s’y appuie suppose qu’elle vaille d’un cas à l’autre.

La réponse courte

Aucun des neuf travaux n’établit un signe unique pour la réponse de la prime : l’un l’impose par construction [1], un autre le trouve non significatif [6], un troisième ne peut le distinguer d’une sur-réaction [9], quatre ne mesurent pas cette réponse [2][3][4][5]. Les deux derniers distinguent des types de choc. L’un, sur la zone euro de 2012 à 2019, définit ce type par le mouvement des anticipations d’inflation et trouve deux signes opposés [7] ; l’autre, un document de la Fed, avance dans un cadre théorique que le signe de l’effet sur le marché pourrait dépendre du type de choc [8]. Quant à la prime du marché, dans les huit travaux qui la traitent, elle est estimée ou déduite, jamais lue directement [1][2][4][5][6][7][8][9].

Une prime qu’on ne voit pas

La prime de risque des actions est le rendement attendu des actions au-delà du taux sans risque, c’est-à-dire du rendement d’un placement qui n’en comporte pas [2][7]. Elle repose sur des anticipations qu’on ne peut pas observer directement : toute estimation de la prime est un modèle des attentes des investisseurs [2][7].

Huit des neuf travaux la traitent, et tous l’estiment ou la déduisent [1][2][4][5][6][7][8][9]. Leurs méthodes diffèrent en partie : le reste d’un calcul chez King, vingt modèles combinés chez Duarte et Rosa, un modèle d’actualisation des dividendes chez Kapp et Kristiansen comme dans l’encadré de la BCE [1][2][5][7]. Chez Knox et Vissing-Jorgensen, faute de données sur la prime dans leur fenêtre d’une demi-heure, elle y reste regroupée avec les flux attendus [8]. Le neuvième travail compare des actions entre elles et ne mesure pas la prime du marché [3].

Deux chocs, deux signes

Un document de travail de la BCE met les anticipations d’inflation au cœur de la question : celui de Kapp et Kristiansen, dont les régressions portent sur la zone euro de 2012 à fin 2019 [7]. Les auteurs mesurent d’abord un choc brut par la variation des rendements autour des annonces de politique monétaire : une hausse des rendements se lit comme un resserrement inattendu [7].

Ils séparent ensuite ces chocs par un modèle statistique, une autorégression vectorielle bayésienne à restrictions de signe (BVAR), fondé sur une règle de signe. Si les taux montent en même temps que les anticipations d’inflation, le choc est dit « d’information » ; si les taux montent pendant que ces anticipations reculent, c’est un choc de politique « pure », restrictif [7]. Les anticipations sont lues dans les taux de contrats d’échange (swaps) indexés sur l’inflation, à un an dans un an [7]. Le classement est posé par les auteurs ; ce qu’ils estiment ensuite, c’est la réaction de la prime à chaque famille de chocs [7].

La prime, elle, est estimée chaque semaine par un modèle d’actualisation des dividendes, un modèle standard d’évaluation qui égale le cours observé à la valeur, ramenée à aujourd’hui, des flux futurs reçus par les investisseurs [7].

Le résultat tient en trois lignes. Pris en bloc, le choc brut n’a pas d’effet significatif sur la prime (0,023). Le choc d’information est suivi d’une baisse de la prime, avec un coefficient de -0,180 au seuil le plus exigeant des auteurs, 1 %. Le choc de politique pure restrictif est suivi d’une hausse, avec 0,104 au seuil de 5 %. Ces lectures supposent, préviennent les auteurs, que les chocs soient correctement identifiés [7].

Type de chocAnticipations d’inflationPrime estimée, 2012-2019Prime estimée, 2014-2019
Choc d’informationElles montent avec les rendementsBaisse (-0,180, seuil de 1 %)Baisse (-0,166, seuil de 1 %)
Choc de politique pure restrictifElles reculent pendant que les rendements montentHausse (0,104, seuil de 5 %)Hausse (0,143, seuil de 10 %)

Tableau 1. Réponse de la prime de la zone euro aux deux familles de chocs. Le choc brut, sur 2012-2019, vaut 0,023 et n’est pas significatif. Source : [7].

Les auteurs énoncent le résultat dans les deux sens : un choc pur accommodant est suivi d’une baisse de la prime, un choc pur restrictif d’une hausse ; un choc d’information négatif d’une hausse, un choc d’information positif d’une baisse [7].

Cumulés dans le temps, les deux effets pourraient s’être largement compensés depuis 2014 [7]. L’effet est significativement plus grand pour les valeurs financières que pour les autres, pour les deux types de chocs, et les résultats par pays (Allemagne, France, Espagne, Italie) diffèrent peu [7].

Depuis 2014, selon Kapp et Kristiansen, dont le document laisse de côté les mouvements liés au Covid, la prime estimée pour la zone euro est restée relativement stable, un peu au-dessus de 8 %, soit 3 à 4 points au-dessus de son niveau d’avant la crise financière [7]. Dans les cinq épisodes de baisse des taux de la BCE depuis le début des années 2000, les variations de cours viennent surtout du facteur d’actualisation, le taux qui ramène les flux futurs à leur valeur d’aujourd’hui, et des bénéfices ; la prime joue un rôle relativement mineur, sauf après la crise financière [7].

Trois chocs plutôt que deux

Quatre travaux américains mesurent les chocs de politique monétaire par des surprises, la part inattendue d’une annonce du FOMC (Federal Open Market Committee), le comité de la Réserve fédérale dont les réunions et les déclarations servent de dates d’annonce [3][6][8][9]. Chez Dyer et Jankauskas comme chez Knox et Vissing-Jorgensen, ces surprises se déduisent des variations de prix de contrats à terme liés aux taux, dans une fenêtre étroite autour des annonces [6][8]. Une surprise positive est restrictive, une surprise négative accommodante [6].

Un document de la Fed, signé Knox et Vissing-Jorgensen, distingue trois formes de choc : un choc pur, une nouvelle sur la fonction de réaction de la Fed, c’est-à-dire sa façon d’ajuster les taux à l’état de l’économie, et une nouvelle sur sa vue de l’économie [8]. Le type de choc se définit ici autrement que par les anticipations d’inflation [8].

Selon le type, les canaux et même le signe de l’effet global sur le marché peuvent différer : un choc pur positif est attendu faire baisser le marché sans équivoque, ce qui n’est pas nécessairement le cas des deux autres [8]. Si la Fed est vue comme mieux informée, un choc positif porteur d’information pourrait signaler plus de croissance, ou plus d’inflation, qui signale plus de croissance si elle est tirée par la demande ; d’où, possiblement, des dividendes attendus plus élevés ou une prime plus basse [8]. Les auteurs rapportent toutefois que, selon Bauer et Swanson, les preuves de ces effets d’information sont statistiquement faibles [8].

Sur les annonces de 1994 à 2023, une surprise de 20 points de base sur le taux à un an (un cinquième de point de pourcentage) entraîne en moyenne environ 1 % de baisse du marché dans une fenêtre d’une demi-heure autour de l’annonce [8]. Le coefficient qui relie la réaction du marché à la surprise, le multiplicateur, vaut environ 5 [8]. La modestie de l’ajustement statistique pourrait indiquer, selon les auteurs, que ce multiplicateur n’a ni la même taille ni même le même signe d’une annonce à l’autre [8].

Selon l’estimation des auteurs, environ trois quarts de la réaction à un choc de type « mps », le choc unique de Bauer et Swanson, qui résume des nouvelles sur le niveau visé des taux et sur leur trajectoire, passent par la courbe des taux d’intérêt ; le reste passe par la prime ou les flux attendus [8]. Ils préviennent que cette estimation peut surestimer ou sous-estimer le rôle de la courbe : sous une autre hypothèse, sa part tombe sous la moitié [8]. Faute de données sur la prime dans une fenêtre aussi étroite, les auteurs notent que la hausse du VIX (Volatility Index, indice de volatilité, étroitement corrélé à une borne inférieure de la prime) avec les surprises est compatible avec un rôle important d’une prime plus élevée [8].

Leurs conclusions, qu’ils disent provisoires : le rendement total dans la fenêtre étroite est davantage porté par les variations de prime et de dividendes attendus que par la courbe des taux, et les nouvelles sur la fonction de réaction de la Fed leur paraissent plus importantes que les effets d’information [8].

La prime, ce qui reste

Aux États-Unis, King, de la Fed de Chicago, décompose, avec un modèle estimé de 1990 à mi-2022, les mouvements de la bourse de fin 2019 à mars 2022 en trois morceaux : les profits attendus, l’actualisation au taux sans risque, c’est-à-dire la façon dont des dividendes futurs sont ramenés à leur valeur d’aujourd’hui, et la prime de risque [1].

Une politique accommodante, qui assouplit les conditions monétaires, peut réduire la prime en retirant du risque extrême et en desserrant les contraintes de bilan des institutions financières : c’est le « canal de prise de risque », l’ensemble des mécanismes par lesquels des taux plus bas peuvent pousser ces institutions à prendre davantage de risque [1]. Ses résultats sont compatibles avec la littérature qui donne un rôle important à ce canal [1].

Seulement, la prime de King n’est pas mesurée. C’est ce qui reste quand les taux sans risque et les profits attendus ont été comptés : la part du mouvement des cours qu’ils n’expliquent pas [1]. L’auteur prévient que ce reste contient aussi l’erreur du modèle si le marché prévoit les profits autrement, et invite à la prudence sur sa conclusion [1].

Le sens des réponses est lui aussi imposé : le modèle exige qu’un assouplissement fasse monter les profits attendus, baisser l’actualisation sans risque et ne fasse pas monter la prime, et ne retient que les tirages statistiques où les trois composantes vont dans le même sens ; ce qui est estimé, c’est l’ampleur de chacune [1].

Appliquée à la crise du Covid, la décomposition donne ceci. De décembre 2019 à mars 2020, les cours reculent de 0,19 en logarithme, soit environ 17 % ; la composante qui contient la prime pèse -0,30 et les profits -0,08, tandis que l’actualisation soutient à +0,18 [1]. L’auteur en tire que l’essentiel de la chute initiale, et une part significative de la reprise, viennent de cette composante [1]. Au début du resserrement, de décembre 2021 à mars 2022, le tableau s’inverse : les cours reculent de 0,07, l’actualisation pèse -0,16 et les profits -0,01, tandis que la composante qui contient la prime soutient les cours à +0,10, une baisse modeste des primes selon le modèle [1].

Ce que la politique monétaire y change se lit ailleurs. Sur les trois premiers trimestres de la pandémie, profits, actualisation et prime ont contribué respectivement à hauteur de 0,18, 0,13 et 0,16 aux cours, et les variations de prime représentent plus d’un tiers de l’effet total de la politique jusqu’à fin 2020 [1]. De décembre 2021 à mars 2022, début du resserrement, l’effet total est de -0,32 : -0,11 pour les profits, -0,09 pour l’actualisation, -0,11 pour la prime, que l’auteur désigne comme « le principal responsable », alors qu’en médiane les profits pèsent autant qu’elle [1]. Il juge la réponse de la prime « peut-être surprenante » [1].

Dans le modèle, un choc qui relève de 25 points de base le taux du Trésor américain à cinq ans, que l’auteur retient comme indicateur de l’orientation de la politique monétaire, fait baisser les cours de 0,08 sur le moment ; la baisse se partage à peu près à égalité entre profits, actualisation et prime [1]. Si la politique avait maintenu ce taux à 1,33 %, les cours auraient été 37 % plus bas, l’effet passant par les trois composantes [1]. L’auteur date ce chiffre de deux façons : neuf mois après le début de la pandémie en introduction, au point le plus bas des cours en conclusion [1].

Le classique des surprises

Le texte de Bernanke et Kuttner, daté de mars 2004 et publié par le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, étudie 131 observations, de la baisse de taux de juin 1989 à la réunion du FOMC de décembre 2002 [9]. Une baisse surprise hypothétique de 25 points de base du taux cible des fonds fédéraux, le taux directeur américain, est associée en moyenne à une hausse d’environ 1 % des grands indices boursiers [9].

Sans six observations aberrantes, le coefficient passe de -4,68 à -2,55, même si les auteurs jugent le résultat robuste à l’exclusion des valeurs aberrantes [9]. Les surprises n’expliquent qu’une petite part de la variabilité totale des cours [9].

Le sens du mouvement ne paraît pas déterminant pour la réaction du marché ; l’échantillon complet contient 14 hausses de taux [9]. Avec un modèle statistique estimé de 1973 à 2002, appliqué à la réaction des cours aux surprises de février 1994 à décembre 2002, cette réaction passe d’abord par les rendements excédentaires futurs attendus, c’est-à-dire ce que les actions devraient rapporter au-delà d’un placement sans risque (6,10 points, un effet que les auteurs disent marginalement significatif), puis, presque autant, par les dividendes (4,82, significatif au seuil de 10 %), très peu par les taux d’intérêt réels (0,64) [9]. Estimé sur un échantillon plus court, le même modèle place les dividendes en tête (6,96), et la part des rendements futurs (3,29) n’y est plus significative, même si les auteurs jugent les résultats qualitativement semblables [9]. Les auteurs précisent que cette décomposition est une identité comptable sans contenu économique propre [9].

Conducteur ou stabilisateur ?

Ozdagli et Velikov, dans un document de travail de la Fed de Boston, regardent ailleurs : entre actions plutôt que sur le marché entier [3]. Les actions dont le cours réagit le plus positivement à une surprise expansionniste, une baisse du taux cible, rapportent moins en moyenne [3]. Les auteurs écrivent qu’il semble exister un consensus sur le fait que la politique monétaire affecte les primes de risque agrégées, sans le tester [3].

En théorie, la prime liée à la politique monétaire peut être positive ou négative selon les hypothèses, et sa détermination est une question empirique [3]. Si la politique monétaire « conduit » le cycle, une politique expansionniste est une bonne nouvelle pour les investisseurs : les actifs qui rapportent dans ces moments sont plus risqués et devraient rapporter plus [3]. Si elle le « stabilise », en baissant les taux dans les mauvais moments et en les relevant dans les bons, les entreprises les plus sensibles en profitent dans les mauvais moments et ont des primes plus basses [3].

Le résultat des auteurs est cohérent avec la lecture « stabilisatrice », et des travaux antérieurs ont trouvé des signes opposés pour le prix de ce risque [3].

La mesure compte autant que la théorie. Sur 115 réunions programmées du FOMC, de février 1994 à juin 2008, une surprise expansionniste d’un point de pourcentage s’accompagne en moyenne d’une hausse des cours de 5 %, sur deux jours, pour des actions individuelles [3]. Les auteurs écartent la réunion du 18 mars 2008 ; la garder ferait passer la sensibilité quotidienne de l’indice CRSP pondéré par la valeur d’environ 3,5 % à 1,5 % pour un point de surprise [3].

Réunies dans une même régression, les cinq caractéristiques d’entreprises qu’ils étudient gardent leur signe et, selon les auteurs, l’essentiel de leur taille et de leur significativité [3].

Taux bas, prime haute

Duarte et Rosa, de la Fed de New York, combinent vingt modèles pour estimer la prime américaine, sur des données mensuelles de janvier 1960 à juin 2013 [2]. Leur première composante principale, la combinaison de ces modèles qui explique autant que possible la variabilité des données sous-jacentes, place la prime à un an à 12,2 % en juin 2012, au-dessus des 10,5 % de la crise de 2009 ; elle est à 11,2 % en juin 2013 [2].

Pourquoi si haute ? Parce que les rendements des bons du Trésor sont exceptionnellement bas, répondent les auteurs, et non parce que les actions devraient rapporter beaucoup [2]. La prime est une différence entre le rendement attendu des actions et le taux sans risque : une estimation élevée peut venir d’un rendement attendu élevé ou d’un taux sans risque bas, et une « normalisation » des taux, toutes choses égales par ailleurs, ramènerait la prime près de sa norme historique [2].

Le mécanisme est celui d’une soustraction : rien dans ce travail ne rattache ces taux bas à une décision de banque centrale [2].

Les auteurs jugent l’incertitude autour de ces estimations considérable, et les types de modèles diffèrent fortement ; l’écart-type entre modèles s’est pourtant resserré, de 10,2 % en janvier 2000 à 4,3 % en juin 2013 [2]. Le 12,2 % est un résultat combiné de vingt modèles [2].

Un modèle de désastre

Gourio, dans un document de travail de la BCE, bâtit un modèle d’économie où le risque de désastre varie dans le temps, calibré puis confronté à des données américaines de 1948 à 2008 [4]. Quand ce risque monte, la production, l’investissement, les cours et les taux d’intérêt baissent, et le rendement attendu des actifs risqués monte : après le choc, la prime sur actions augmente et le taux court baisse, les investisseurs se reportant vers les actifs sûrs [4].

Taux et prime répondent ici tous deux à un même choc de risque : le modèle ne contient pas d’inflation, et une banque centrale n’apparaît que dans une extension envisagée, présentée comme une intuition [4].

Le signe de la réponse des quantités macroéconomiques tient à un paramètre précis, l’élasticité de substitution intertemporelle (IES), dont dépend l’effet d’une variation du rendement sur l’arbitrage entre consommer et épargner ; l’aversion au risque, tant que son coefficient est supérieur à un, n’en fixe que l’ampleur [4]. L’auteur la fixe à 2, une valeur qu’il dit en désaccord avec des estimations traditionnelles [4].

Taux hauts, prime basse

Les cours américains ont monté de près de 60 % depuis début 2023, malgré le resserrement monétaire de la Fed [5]. Un encadré de la BCE, dont les dernières observations datent du 29 novembre 2024, voit dans des primes de risque historiquement basses, associées à des bénéfices attendus élevés, la force motrice de cette résistance, y compris quand les taux montaient fortement [5].

Ces primes sont estimées par un modèle d’actualisation des dividendes, et les estimations ont chuté à des plus bas pluriannuels depuis 2022, et elles sont particulièrement basses pour le secteur des technologies de l’information [5]. Après la déclaration du FOMC de décembre 2023, lue comme un pivot hors de l’orientation restrictive, les taux ont moins pesé sur les cours [5].

Un billet qui brouille les signes

Un billet de la Fed de New York confronte les surprises de politique monétaire de la série de Bauer et Swanson à une prime estimée, nette du taux sans risque, par le modèle de Giglio, Kelly et Kozak, sur 1988-2020 [6]. Les surprises de baisse sont associées en moyenne à une hausse de 25 points de base de la prime moyenne, la même à tous les horizons ; des mouvements « similaires » suivent les surprises de hausse, sans être chiffrés [6].

Les deux effets sont modestes sur le plan économique et statistiquement non significatifs, ce que les auteurs expliquent possiblement par la petite taille des surprises à la plupart des réunions [6]. Leurs résultats suggèrent, concluent-ils, que les grands chocs de taux induisent une hausse parallèle du niveau de la prime [6].

La croissance attendue des dividendes ne paraît reculer qu’après les surprises de baisse, de plus de 50 points de base aux horizons courts et de 20 aux plus longs, sans significativité publiée ; le même schéma n’apparaît pas pour les surprises de hausse [6].

L’inflation, au conditionnel

Plusieurs autres textes évoquent l’inflation dans des passages au conditionnel. Dyer et Jankauskas avancent deux pistes, une pour chacun de leurs résultats. Si des mouvements de prime « similaires » suivent les surprises de hausse, c’est peut-être que les hausses rapides de taux signalent elles aussi de mauvaises nouvelles, comme des pressions inflationnistes du côté de l’offre [6]. Si la croissance attendue des dividendes ne recule pas après ces surprises, c’est peut-être qu’elles reflètent une demande forte ou des pressions inflationnistes qui ne réduisent pas nécessairement la croissance nominale [6]. Une politique restrictive pourrait faire baisser les cours en relevant la prime, ce qui pourrait tenir à un risque accru des entreprises ou à une moindre tolérance au risque, par exemple par l’association à une inflation plus élevée, mécanisme que Bernanke et Kuttner empruntent à Brandt et Wang (2003) [9]. Parmi les facteurs qui ont pu contribuer à la prime basse depuis 2022, l’encadré de la BCE cite les progrès dans la baisse de l’inflation sans signe de récession [5].

Neuf travaux côte à côte

Que devient la prime après un resserrement ? Dans le billet de la Fed de New York, elle monte en moyenne après des surprises de hausse comme de baisse, sans effet significatif : 25 points de base après les surprises de baisse, des mouvements « similaires » après les surprises de hausse [6]. En zone euro, elle monte après la composante de politique pure d’un resserrement, alors que le choc pris en bloc n’a pas d’effet significatif [7]. Chez Knox et Vissing-Jorgensen, la hausse du VIX avec les surprises est compatible avec un rôle important d’une prime plus élevée [8]. Chez Bernanke et Kuttner, le résultat pris à la lettre suggère qu’une politique restrictive relève la prime attendue, sans que cette lecture se distingue d’une réaction excessive du marché [9]. Le choc d’information de la zone euro, lui, est suivi d’une baisse de la prime [7], et Knox et Vissing-Jorgensen envisagent la même possibilité pour un choc porteur d’information, si la Fed est vue comme mieux informée [8].

TravailTerrain et périodeMéthodeCe qu’il dit de la prime
King, Fed de Chicago [1]États-Unis, fin 2019 à mars 2022, modèle estimé de 1990 à mi-2022Décomposition des cours par un modèle statistique trimestrielDans le mouvement total des cours, toutes causes, la composante qui contient la prime pèse -0,30 de décembre 2019 à mars 2020, +0,10 de décembre 2021 à mars 2022 ; l’effet de la politique monétaire via la prime, sur cette seconde fenêtre, vaut -0,11 ; le sens de sa réponse est imposé par le modèle
Duarte et Rosa, Fed de New York [2]États-Unis, 1960-2013Vingt modèles combinés12,2 % en juin 2012, attribué à des taux exceptionnellement bas
Ozdagli et Velikov, Fed de Boston [3]États-Unis, exposition estimée sur 1994-2008, rendements 1975-2015Réaction des cours aux surprises, comparée entre actionsLes actions les plus sensibles à une surprise expansionniste rapportent moins en moyenne
Gourio, BCE [4]Modèle calibré, confronté à des données américaines de 1948 à 2008Modèle théoriqueAprès un choc de risque, la prime monte et le taux court baisse
Grothe, Manu et Tomov, BCE [5]Marché américain, jusqu’à fin novembre 2024Modèle d’actualisation des dividendesPrimes historiquement basses, même quand les taux montaient fortement
Dyer et Jankauskas, Fed de New York [6]États-Unis, 1988-2020Surprises de politique monétaire et prime estimée par un modèle+25 points de base après une surprise de baisse, mouvements « similaires » après une hausse, non significatifs
Kapp et Kristiansen, BCE [7]Zone euro, 2012-2019Tri des chocs par les anticipations d’inflation, puis réponse de la prime à chaque familleBaisse après un choc d’information, hausse après un choc de politique pure restrictif
Knox et Vissing-Jorgensen, Réserve fédérale [8]États-Unis, 1994-2023Fenêtre d’une demi-heure autour des annoncesPrime non isolée dans la fenêtre, regroupée avec les flux attendus ; la hausse du VIX avec les surprises est compatible avec un rôle important d’une prime plus élevée dans la baisse du marché (environ 1 % pour 20 points de base de surprise sur le taux à un an)
Bernanke et Kuttner, Réserve fédérale [9]États-Unis, 1989-2002 ; décomposition de la réaction des cours sur février 1994 à décembre 2002Réaction des cours aux surprises sur le taux cibleLa réponse des cours passe d’abord par les rendements excédentaires futurs attendus (6,10 points sur 11,55, marginalement significatifs, modèle estimé de 1973 à 2002), presque autant par les dividendes (4,82) ; une lecture en prime qui ne se distingue pas d’une réaction excessive du marché

Tableau 2. Les neuf travaux : terrain, période, méthode, et ce que chacun dit de la prime. Sources : [1] à [9].

Les paris derrière les chiffres

Derrière chaque résultat, une hypothèse qui, si elle cède, le déplace :

  • King. Si le marché prévoit les profits autrement que le modèle, l’écart se loge dans la prime [1].
  • Kapp et Kristiansen. Chocs et prime étant tous estimés, les écarts-types publiés peuvent être sous-estimés, et les conclusions supposent les chocs correctement identifiés [7].
  • Knox et Vissing-Jorgensen. Faute de données sur la prime dans la fenêtre, elle reste regroupée avec les flux attendus dans un même reste [8].
  • Bernanke et Kuttner. Pris à la lettre, le résultat suggère qu’une politique restrictive fait baisser les cours en relevant la prime attendue ; faute de modèle d’évaluation complet, cette lecture ne se distingue pas d’une simple réaction excessive du marché [9].

Où et quand

Un seul des neuf documents porte sur la zone euro [7] ; les huit autres s’appuient sur des données américaines, y compris deux textes publiés par la BCE [4][5]. Les échantillons s’arrêtent entre décembre 2002 et fin novembre 2024, et aucun ne couvre 2025 [5][9]. Sur la zone euro, les régressions s’arrêtent fin 2019, et le document ne contient aucune donnée de 2022 [7].

Qui publie ces travaux ?

Les neuf documents sortent de la Réserve fédérale ou de la BCE, et plusieurs étudient la politique de l’institution qui les publie [1][3][6][7][8][9]. Leur statut varie :

  • King : un article signé, publié dans Economic Perspectives, la publication de la Fed de Chicago, dont les opinions sont celles de l’auteur et non nécessairement celles de la Fed [1].
  • Duarte et Rosa : des résultats préliminaires de la Fed de New York, diffusés pour susciter la discussion [2].
  • Ozdagli et Velikov : une version de travail de décembre 2016, susceptible de révision, qui n’engage ni la Fed de Boston ni celle de Richmond [3].
  • Gourio, Kapp et Kristiansen : des documents de travail de la BCE, qui n’engagent pas la BCE [4][7].
  • Grothe, Manu et Tomov : un encadré du Bulletin économique de la BCE [5].
  • Dyer et Jankauskas : un billet qui n’engage pas la Fed de New York [6].
  • Knox et Vissing-Jorgensen : un document de la série FEDS (Finance and Economics Discussion Series) du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, des « matériaux préliminaires » diffusés pour stimuler la discussion [8].
  • Bernanke et Kuttner : un document de la même série, dont les opinions sont celles des auteurs seuls, et non nécessairement celles du Système de réserve fédérale [9].

Ce qu’un lecteur qui doit décider peut en faire

Aucun des neuf travaux n’établit un signe unique pour la réponse de la prime à une hausse de taux [1][2][3][4][5][6][7][8][9]. Le tri par les anticipations d’inflation vaut pour la zone euro de 2012 à 2019, et il s’applique après coup à une série déjà construite [7]. Selon votre place, la lecture change :

ProfilCe que cette analyse impliqueEnjeuRéversibilité
Investisseur particulier (poche actions, gestion propre)Les travaux lus ne livrent aucune règle du type « taux en hausse, prime en baisse » : aucun n’établit un signe unique [1][2][3][4][5][6][7][8][9], et la prime du marché, dans les huit travaux qui la traitent, est estimée ou déduite, jamais lue [1][2][4][5][6][7][8][9]. Les niveaux de prime cités (12,2 % aux États-Unis en 2012, un peu plus de 8 % en zone euro depuis 2014, hors mouvements liés au Covid) viennent de modèles différents [2][7].FaibleRéversible
Conseiller en gestion de patrimoineLe seul tri chiffré des chocs par les anticipations d’inflation porte sur la zone euro de 2012 à 2019 : la prime estimée y monte après un choc de politique pure restrictif et baisse après un choc d’information, si les chocs sont correctement identifiés [7]. Ce classement est établi après coup, sur une série déjà construite ; il ne couvre ni les États-Unis ni les hausses de 2022-2023, et ne fournit pas de grille pour qualifier une annonce le jour même [7].ModéréRéversible
Société de gestion (gérant actions actif)Sur le marché américain, un document de la Fed avance, dans un cadre théorique, que le type de choc pourrait changer le signe de l’effet global, et une surprise de 20 points de base sur le taux à un an s’accompagne en moyenne d’environ 1 % de baisse du marché dans une fenêtre d’une demi-heure ; la part de la prime y reste regroupée avec les flux attendus [8].ModéréPartiellement réversible
Investisseur institutionnel à passif longUn seul des neuf documents porte sur la zone euro, avec des régressions arrêtées fin 2019, et aucun ne couvre 2025 : l’effet d’une hausse de taux sur la prime reste une question ouverte pour le régime actuel [5][7][9].CritiqueDifficilement réversible

Tableau 3. Lecture par profil. Sources : [1] à [9].

Mes réserves

  • Un seul terrain pour le signe. Le tri par les anticipations d’inflation repose sur la zone euro de 2012 à fin 2019, avec 87 observations, 63 sur 2014-2019 ; le choc de politique pure n’y est significatif qu’au seuil de 5 %, puis de 10 % sur 2014-2019 [7]. Je ne l’étends ni aux États-Unis ni aux hausses de 2022-2023.
  • Une prime jamais observée. Les niveaux cités (12,2 % pour les États-Unis en 2012, un peu plus de 8 % pour la zone euro depuis 2014, hors mouvements liés au Covid) viennent de modèles différents, et les deux travaux relèvent de forts écarts d’estimation d’un modèle à l’autre [2][7].
  • Des chiffres liés à leur définition. Le choc de 25 points de base de King porte sur le taux du Trésor à cinq ans, non sur le taux directeur ; le multiplicateur de Knox et Vissing-Jorgensen vaut pour des surprises dans une fenêtre d’une demi-heure, non pour une variation de taux anticipée [1][8].
  • Un classement fait après coup. Le tri des chocs s’applique à une série déjà construite, par un modèle [7] ; je n’en tire aucune grille pour reconnaître un choc le jour d’une annonce.
  • Neuf travaux, pas neuf votes. Leurs périodes, leurs instruments et leurs méthodes diffèrent ; je n’en tire ni décompte pondéré ni moyenne [1][2][3][4][5][6][7][8][9].
  • Des textes de travail. J’ai lu des versions de travail, un billet, un encadré et un article d’une publication de la Fed de Chicago, pas des versions parues en revue [1][2][3][4][5][6][7][8][9].
  • Peu de données récentes. Un seul document porte sur la zone euro, et ses régressions s’arrêtent fin 2019 ; aucun ne couvre 2025 [5][7][9].

Indice de solidité des preuves · le détail

15 / 100 · Preuves très limitées · fourchette 0-30 %

Score établi le 7 octobre 2026. Une révision ultérieure est une réévaluation datée, pas une correction masquée.

Type de preuve · 40 %Mécanisme raisonné, analogie ou lecture documentaire8
Convergence · 30 %Convergence non mesurable15
Réplication · 20 %Récente, non encore répliquée30
Effectif observé · 10 %Très petite (< 100)10

Pourquoi ce score. Indice posé sur l'affirmation que reprend la réponse courte : aucun des neuf travaux réunis n'établit un signe unique pour la réponse de la prime à une hausse de taux. C'est une lecture de documents, non une mesure. Trois travaux rapportent des grandeurs liées à la prime américaine face aux surprises de la Fed, sur des périodes qui se recouvrent (1988-2020 ; 1994-2023, dont le VIX à partir de 1996 ; décomposition de février 1994 à décembre 2002), sans mesurer le même objet : une prime estimée par un modèle ; le VIX et une composante qui mêle prime et flux attendus ; une décomposition par identité comptable. Le premier associe les surprises de baisse à une hausse de 25 points de base de la prime, non significative, et observe des mouvements similaires après les surprises de hausse. Le deuxième n'a pas de données sur la prime dans sa fenêtre d'une demi-heure autour des annonces : la part de la réaction qui ne passe pas par la courbe des taux y regroupe prime et flux attendus, et la hausse du VIX avec les surprises est compatible avec un rôle important d'une prime plus élevée. Le troisième écrit que, pris à la lettre, son résultat suggère qu'une politique restrictive relève la prime attendue, sans pouvoir distinguer cette lecture d'une réaction excessive du marché, et que le sens du mouvement des taux ne paraît pas déterminant pour la réaction des cours. Le travail d'Ozdagli et Velikov relie lui aussi des rendements à ces surprises, mais il compare des actions entre elles et ne mesure pas la prime du marché : il reste hors de cette comparaison. Ces indications ne peuvent donc ni se confirmer ni se contredire. La convergence est classée non mesurable : la valeur mixte suppose deux mesures du même objet qui s'écartent.

Ce que le champ n'a pas produit
  • Le classement du choc entre politique pure et choc d'information serait re-testé par une équipe qui ne l'a pas produit, sur une fenêtre postérieure à fin 2019 ou sur une autre juridiction, avec le nombre de spécifications essayées déclaré et une correction pour tests multiples.Une banque centrale nationale de l'Eurosystème, ou une équipe de recherche extérieure à la BCE d'où vient ce résultat · un dispositif approchant existe, sans remplir la condition
  • Les données et le code qui produisent le classement des chocs et la réponse de la prime seraient ré-exécutables par un tiers, condition d'entrée d'une réplication qui porte sur le résultat et non sur sa citation.Les auteurs du document de travail de la BCE n° 2535 · personne ne l’a produit

Ce dispositif porterait l'indice à 46 sur 100, dans le palier « Preuves limitées ». Les trois autres axes restent à leur valeur actuelle : un dispositif ne fait monter ni la convergence d'une littérature ni sa réplication.

Effectif observé : la précision d'une prime de risque estimée dépend de la longueur de la période observée et non de la finesse de l'échantillonnage (Merton, 1980). Multiplier les observations intra-journalières n'ajoute pas de puissance, et allonger la série fait traverser des changements de régime de taux.

Bibliographie

I source primaire indépendante · S secondaire spécialisée · P partie prenante ayant un intérêt commercial sur le sujet traité.

Modification apportée · mis à jour le 8 octobre 2026
  • J'ai repris cette analyse depuis les neuf documents de la Fed et de la BCE, relus en entier. Elle pose une seule question : que devient la prime de risque des actions quand les taux directeurs montent ?
  • Je n'écris plus que le signe dépend des anticipations d'inflation. Un seul des neuf travaux trie les chocs de taux de cette façon, sur la zone euro de 2012 à 2019 ; les autres ne donnent pas de signe unique.
  • Bernanke et Kuttner, que je ne citais qu'en bibliographie, sont lus et utilisés ; Dyer et Jankauskas et Knox et Vissing-Jorgensen entrent dans le texte.
Voir les 57 autres
  • Je retire la matrice de lecture, le lexique et la liste de biais cognitifs : ils ne se rattachent à aucun des neuf documents.
  • L'indice de solidité des preuves est recalculé au 3 octobre 2026.
  • J'écrivais qu'aucun des neuf travaux ne « donne » un signe unique, alors que je rapportais moi-même trois travaux qui en avancent un : je dis désormais qu'aucun ne l'établit, et pourquoi pour chacun.
  • Le tri de la zone euro portait, dans le chapô, la présentation et le résumé, sur des « hausses des taux » ; il porte sur des mouvements de rendements autour des annonces de la BCE, et sous la condition, posée par les auteurs, que les chocs soient correctement identifiés.
  • Je n'attribue plus au document de Knox et Vissing-Jorgensen un signe de la prime qui dépendrait du type de choc : il avance seulement que le signe de l'effet sur le marché pourrait en dépendre.
  • Je n'écris plus que chaque travail construit la prime autrement : deux utilisent le même type de modèle, et Ozdagli et Velikov ne mesurent pas la prime du marché.
  • L'encadré de décision et la ligne « Conseiller » sont bornés à la zone euro de 2012 à 2019, classement établi après coup.
  • L'indice de solidité des preuves porte sur l'affirmation que reprend la réponse courte : aucun des neuf travaux n'établit un signe unique. C'est une lecture de documents ; je déclarais le niveau d'une mesure de marché (50 points), qui n'était que celui du dispositif de la zone euro. Le niveau de preuve passe au mécanisme raisonné (8 points).
  • Je déclarais la convergence non mesurable, au motif qu'un seul document distingue deux signes chiffrés : ce motif valait pour le tri de la zone euro, pas pour l'affirmation sur laquelle l'indice est posé. La convergence est déclarée mixte, et l'indice est recalculé sur cette base.
  • J'écrivais « Ozdagli et Velikov, de la Fed de Boston » : je ne nomme plus que la publication, un document de travail de la Fed de Boston, qui n'engage ni elle ni la Fed de Richmond.
  • J'écrivais que le modèle de Gourio était calibré sur des données américaines de 1948 à 2008 : ces données servent à le confronter aux observations.
  • J'écrivais que l'inflation revient « toujours » au conditionnel : c'est vrai des passages que je cite, pas de tout ce que les textes écrivent sur l'inflation.
  • J'écrivais que le travail sur la zone euro s'arrête fin 2019 : ce sont ses régressions qui s'arrêtent fin 2019.
  • La présentation écrivait « aucun signe établi » ; elle écrit « aucun signe unique », avec la condition que les chocs soient correctement identifiés.
  • J'écrivais que, dans les neuf documents, la prime est toujours estimée ou déduite : Ozdagli et Velikov n'estiment pas la prime du marché, le constat vaut pour les huit autres.
  • Je ne mets plus les quatre travaux américains dans une même fenêtre étroite autour des annonces : cela vaut pour Dyer et Jankauskas et pour Knox et Vissing-Jorgensen.
  • Chez Knox et Vissing-Jorgensen, la part de trois quarts passant par la courbe des taux est une estimation qui tombe sous la moitié sous une autre hypothèse, et l'instabilité du multiplicateur d'une annonce à l'autre est une possibilité, pas un constat. La piste d'une prime plus basse ne vaut, chez eux, que pour un choc porteur d'information.
  • J'écrivais, chez Knox et Vissing-Jorgensen, qu'un choc porteur d'information pourrait signaler plus de croissance ou plus d'inflation, donc une prime plus basse : l'inflation y signale plus de croissance si elle est tirée par la demande, et les auteurs rapportent que, selon Bauer et Swanson, les preuves de ces effets d'information sont statistiquement faibles. La lecture sur l'inflation est affaiblie d'autant.
  • J'attribuais à Bernanke et Kuttner la mention de « matériaux préliminaires » diffusés pour stimuler la discussion : elle ne figure que dans le document de Knox et Vissing-Jorgensen. Pour Bernanke et Kuttner, je n'écris plus que leur appartenance à la série FEDS et l'avertissement selon lequel leurs opinions sont celles des auteurs.
  • King décompose les mouvements de la bourse de fin 2019 à mars 2022, avec un modèle estimé de 1990 à mi-2022 ; j'écrivais que la décomposition couvrait 1990-2022.
  • Chez Bernanke et Kuttner, l'ordre des canaux dépend de la période sur laquelle le modèle est estimé ; le rôle de l'inflation est une piste empruntée à Brandt et Wang (2003).
  • Chez Dyer et Jankauskas, la hausse parallèle de la prime après de grands chocs est une suggestion des auteurs, et leurs deux pistes sur l'inflation expliquent deux résultats distincts, la prime et les dividendes.
  • Chez Ozdagli et Velikov, les coefficients réunis gardent, selon les auteurs, l'essentiel de leur taille et de leur significativité ; je retire la remarque sur l'approche par une seule caractéristique, que je collais à leur tableau.
  • Chez Knox et Vissing-Jorgensen, j'écrivais que l'inflation ne signale plus de croissance « que si » elle est tirée par la demande : les auteurs posent une condition suffisante, pas une condition nécessaire.
  • Chez Dyer et Jankauskas, j'écrivais que seules les surprises de baisse s'accompagnent d'un recul des dividendes attendus : les auteurs écrivent que ce recul paraît ne suivre que ces surprises, et n'en publient pas la significativité.
  • Chez Kapp et Kristiansen, j'écrivais que les chocs sont triés par une règle simple : ils sont séparés par un modèle statistique fondé sur une règle de signe. L'encadré de décision porte désormais la condition que les chocs soient correctement identifiés.
  • Pour Ozdagli et Velikov, le tableau associait le résultat sur les rendements aux réunions de 1994 à 2008 : cette période est celle où l'exposition est estimée ; les rendements portent sur 1975-2015.
  • Chez King, j'ajoute que, de décembre 2021 à mars 2022, la composante qui contient la prime soutient les cours (+0,10), une baisse modeste des primes selon le modèle ; je ne donnais pour cette fenêtre que l'effet attribué à la politique monétaire. J'ajoute aussi que l'auteur date le chiffre de 37 % de deux façons.
  • J'écrivais avoir lu « des billets » : le dossier n'en compte qu'un.
  • Le tableau des neuf travaux rangeait, sous « ce qu'il dit de la prime », des variations de cours : environ 1 % de baisse du marché chez Knox et Vissing-Jorgensen, environ 1 % de hausse des grands indices chez Bernanke et Kuttner. Ces chiffres ne mesurent pas la prime. Les cellules disent désormais que Knox et Vissing-Jorgensen n'isolent pas la prime dans leur fenêtre, et que chez Bernanke et Kuttner la réponse des cours passe d'abord par les rendements excédentaires futurs attendus, lecture qui ne se distingue pas d'une réaction excessive du marché.
  • Le rapprochement entre le rendement total de la fenêtre et le partage des trois quarts, chez Knox et Vissing-Jorgensen, est notre lecture : les auteurs ne le formulent pas.
  • J'écrivais que sept des neuf travaux construisent la prime, en écartant Knox et Vissing-Jorgensen, alors que le tableau par profil les comptait parmi les huit qui la traitent : le décompte est de huit, et chez eux le regroupement de la prime avec les flux attendus vaut pour leur fenêtre d'une demi-heure. Le tableau par profil écrit de nouveau que la prime est « estimée ou déduite ».
  • Chez Duarte et Rosa, je donnais l'écart-type moyen de 3,2 % comme mesure de l'incertitude : c'est la variabilité moyenne de chaque modèle dans le temps. Je le retire, avec la moyenne de 5,7 %, et je donne le resserrement de l'écart-type entre modèles, de 10,2 % en janvier 2000 à 4,3 % en juin 2013.
  • Chez King, la prime désignée comme « le principal responsable » du recul de décembre 2021 à mars 2022 pèse, en médiane, autant que les profits ; je l'écris.
  • Le tableau des neuf travaux donnait, pour King, la composante qui contient la prime sans dire qu'elle décompose le mouvement total des cours ; il le dit, et donne l'effet de la politique monétaire via la prime sur la même fenêtre, -0,11, de signe opposé au +0,10.
  • Parmi les travaux qui étudient la politique de l'institution qui les publie, j'omettais ceux d'Ozdagli et Velikov et de Dyer et Jankauskas.
  • La note de convergence de l'indice écrivait que, chez Bernanke et Kuttner, le sens du mouvement des taux ne paraît pas déterminant, sans dire pour quoi : elle précise désormais, comme le corps, que ce constat porte sur la réaction des cours. L'indice ne change pas.
  • J'écrivais que, depuis 2014, la prime estimée de la zone euro « reste » un peu au-dessus de 8 %, comme un niveau actuel : c'est le niveau que décrit le document de Kapp et Kristiansen, paru en avril 2021, et sans aucune donnée de 2022. Je le date ainsi dans le corps, dans le tableau par profil et dans les réserves. L'indice ne change pas.
  • La note de la référence [6] présentait ses deux auteurs comme économistes de la Fed de New York ; elle ne décrit plus que la publication.
  • La note de convergence de l'indice fondait la valeur « mixte » sur des lectures de sens opposés, chez Dyer et Jankauskas et chez Bernanke et Kuttner, après une baisse surprise. L'indice porte sur une hausse, et après une hausse les deux pointent vers une prime plus élevée, sans l'établir. La valeur mixte repose désormais sur le travail de la zone euro, qui trouve le signe inverse pour le choc d'information. L'indice ne change pas.
  • J'ajoute qu'après un resserrement plusieurs travaux pointent vers une prime plus haute sans l'établir, et que le choc d'information de la zone euro va en sens inverse.
  • J'écrivais que les primes estimées par l'encadré de la BCE avaient chuté plus encore pour les technologies de l'information : l'encadré écrit seulement qu'elles y sont particulièrement basses.
  • J'écrivais que les niveaux de prime de Duarte et Rosa et de Kapp et Kristiansen ne se comparent pas : j'écris désormais que les deux travaux relèvent de forts écarts d'estimation d'un modèle à l'autre.
  • J'écrivais que les indications rapportées après un resserrement penchaient vers une prime plus haute : trois d'entre elles sont respectivement non significative, seulement compatible et indiscernable d'une réaction excessive du marché, elles portent sur des grandeurs différentes, dans l'une la prime monte aussi après une baisse surprise, et celle de la zone euro ne vaut que pour un type de choc. Je ne leur prête plus de direction.
  • La note de convergence de l'indice écrivait que les deux travaux américains vont dans le même sens : c'est vrai après une hausse surprise, et ils divergent après une baisse ; elle le dit. L'indice ne change pas.
  • Chez Kapp et Kristiansen, j'écrivais dans le corps que chaque choc « fait » baisser ou monter la prime : la baisse et la hausse suivent ces chocs, sous la condition, posée par les auteurs, que les chocs soient correctement identifiés.
  • Chez Gourio, l'aversion au risque ne fixe que l'ampleur de la réponse tant que son coefficient est supérieur à un ; j'avais omis cette condition.
  • Chez Bernanke et Kuttner, j'écrivais que la réponse des cours passe d'abord par les rendements excédentaires futurs : cet effet est marginalement significatif, et celui des dividendes, presque aussi grand, est significatif au seuil de 10 %. Je l'écris, dans le corps et dans le tableau des neuf travaux.
  • Dans le tableau par profil et dans le tableau des neuf travaux, j'écrivais que, chez Knox et Vissing-Jorgensen, 20 points de base de surprise valent environ 1 % de baisse du marché, sans dire que la surprise porte sur le taux à un an, précision dont dépend le chiffre. Je l'écris.
  • Chez Ozdagli et Velikov, j'écrivais que les auteurs tiennent pour un consensus l'effet de la politique monétaire sur les primes de risque agrégées : ils écrivent qu'il semble exister un consensus.
  • Chez Knox et Vissing-Jorgensen, la piste d'une prime plus basse après un choc porteur d'information suppose que la Fed soit vue comme mieux informée ; je l'écris, et je retire la reprise de cette piste dans la section sur l'inflation.
  • La note de l'indice classait la convergence non mesurable, au motif que les deux travaux américains ne mesuraient pas la même grandeur. Or Dyer et Jankauskas et Bernanke et Kuttner confrontent tous deux la prime américaine estimée aux surprises de la Fed : leurs signes s'opposent après les baisses et s'accordent faiblement après les hausses. La convergence est classée mixte.
  • Ce classement mixte, et les comparaisons de signes entre Dyer et Jankauskas et Bernanke et Kuttner que portaient les notes précédentes, ne tenaient pas : le premier rapporte une prime estimée par un modèle selon le régime de surprise, le second décompose la réaction des cours par une identité comptable que ses auteurs disent sans contenu économique propre. Ils ne mesurent pas le même objet, et leurs indications ne peuvent ni se confirmer ni se contredire. La convergence redevient non mesurable, et l'indice est recalculé à la baisse au 7 octobre 2026.
  • La note de l'indice datait de 1989-2002 la confrontation des surprises à la composante de rendements excédentaires chez Bernanke et Kuttner : cette période est celle de l'étude d'événement ; la réaction décomposée est estimée de février 1994 à décembre 2002. Le corps et le tableau des neuf travaux, qui ne donnaient que la période d'estimation du modèle, 1973-2002, le précisent aussi.
  • La note de convergence de l'indice ne retenait que deux travaux confrontant la prime américaine aux surprises de la Fed, alors que le corps en mobilise trois : Knox et Vissing-Jorgensen y rapportent aussi, de 1994 à 2023, la hausse du VIX et une composante qui regroupe prime et flux attendus. Elle nomme désormais les trois, avec leurs périodes et leurs objets, et dit pourquoi Ozdagli et Velikov restent hors de la comparaison. L'indice ne change pas.
  • J'écrivais que les quatre indications rapportées après un resserrement ne dessinaient pas de direction, en annonçant « trois » d'entre elles puis une « quatrième » : toutes les quatre vont vers une prime plus haute, aucune en sens contraire, et aucune ne l'établit. J'écris qu'elles penchent dans ce sens sans l'établir. L'indice ne change pas.
  • J'écrivais ensuite que ces quatre indications penchaient ensemble vers une prime plus haute après un resserrement. Ce n'est vrai, une à une, que pour trois d'entre elles : chez Dyer et Jankauskas, la prime monte en moyenne après des surprises de hausse comme de baisse ; en zone euro, la hausse ne suit que la composante de politique pure, et le choc pris en bloc n'a pas d'effet significatif. Ces indications portent sur des grandeurs différentes et ne se cumulent pas, comme l'écrit déjà la note de l'indice. L'indice ne change pas.
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Axel Morel

Axel Morel · Fondateur & analyste, Probans

Développe une méthode d'analyse destinée à distinguer ce que les preuves établissent, ce qu'elles suggèrent et ce qu'elles ne permettent pas de conclure, puis à traduire cette distinction en décisions professionnelles.

Choix du sujet, direction de la rédaction, validation ou modification des sources, validation et retravail du texte et des illustrations : Axel Morel. Rédaction, choix des sources initiales et plan de rédaction initial : assistance IA.

Responsabilité éditoriale : Axel Morel. Recherche et rédaction assistées par IA selon la méthodologie Probans, sources vérifiées avant publication. Charte éditoriale.

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