# L'audit STFO mesure-t-il la distinctivité au sens de Romaniuk ?

> Non : l'échelle 0 à 24 de STFO note l'existence et la singularité de huit actifs de marque, visuels, verbaux et sonores, par des agents d'IA dont l'auteur du rapport relit chaque score, sans sondage, quand la grille de Jenni Romaniuk à l'Ehrenberg-Bass Institute mesure autre chose : combien d'acheteurs de la catégorie attribuent l'actif à la marque sans voir son nom, et si l'actif évoque aussi des concurrents. Le rapport se déclare pourtant construit sur ses travaux.

- Source : https://probans.org/marketing/contenu-ia-actifs-distinctifs-marque/distinctivite-ia-romaniuk-grille-vs-audit-stfo/
- Catégorie : Marketing
- Auteur : Axel Morel
- Publié le : 2026-08-10
- Mis à jour le : 2026-09-24
- Indice de solidité de la preuve (ISP-M) : 13/100 (0-30 %, Preuves très limitées), score établi le 2026-09-17

## En résumé

- <strong class="text-ink">La grille de Romaniuk croise deux mesures de sondage.</strong> La fame, la part d'acheteurs de la catégorie qui, face à un stimulus non marqué, attribuent correctement l'actif à la marque, et l'uniqueness, le degré d'exclusivité de ce lien face aux concurrents.
- <strong class="text-ink">L'audit STFO fait noter huit actifs de 0 à 3 par des agents d'IA, puis son auteur relit chaque score.</strong> Zéro pour un actif absent, 1 pour un actif réduit au standard générique de la catégorie, 2 pour un actif distinctif dans sa catégorie, 3 pour un actif reconnaissable hors contexte, sans qu'aucun consommateur réel soit interrogé.
- <strong class="text-ink">Un phénomène voisin est documenté ailleurs.</strong> Une étude portant sur 405 éléments de marque et 50 marques établit que le jugement intuitif de marketeurs tend à surestimer la fame et à sous-estimer l'uniqueness mesurées auprès des consommateurs, les éléments de marque les plus forts étant jugés plus justement. Le résumé publié de cette étude, seul consulté, ne porte que sur le jugement de marketeurs : rien n'y indique que l'écart ait été testé pour un audit conduit par un tiers. C'est une hypothèse, pas un résultat transposé.

L'audit STFO qui note 100 entreprises B2B du SaaS et de l'IA sur huit actifs distinctifs de marque revendique s'appuyer, selon ses propres termes, sur les travaux de Jenni Romaniuk à l'Ehrenberg-Bass Institute. Le rapprochement est réel sur le vocabulaire. Il l'est beaucoup moins sur la méthode : la grille que Romaniuk a développée croise deux mesures obtenues par sondage auprès de consommateurs réels, quand l'audit STFO n'en reprend ni l'une ni l'autre et leur substitue une échelle de son cru, appliquée par des agents d'IA dont l'auteur du rapport relit chaque score. Une étude voisine documente ce que coûte, sur un autre juge, le remplacement de la mesure consommateur par un jugement : portant sur 405 éléments de marque et 50 marques, elle établit que le jugement intuitif de marketeurs est rarement juste et tend à surestimer la fame et à sous-estimer l'uniqueness mesurées auprès des consommateurs, l'étude ajoutant que les éléments de marque les plus forts sont jugés plus justement [3]. L'étude porte sur le jugement de marketeurs, pas sur celui d'un auditeur extérieur : si un mécanisme comparable joue pour l'audit STFO, il reste à démontrer.

1. La **grille d'actifs distinctifs** développée par Jenni Romaniuk à l'Ehrenberg-Bass Institute positionne, selon une fiche de synthèse de sa grille, chaque actif de marque sur deux axes mesurés par sondage consommateur : la fame, la part d'acheteurs de la catégorie qui, face à un stimulus non marqué, attribuent correctement l'actif à la marque, et l'uniqueness, le degré d'exclusivité de ce lien face aux concurrents [1].
2. L'audit STFO, qui note huit actifs de marque, visuels, verbaux et sonores, de 0 à 3 sur une échelle qualitative, actif absent, générique, distinctif dans la catégorie, reconnaissable hors contexte, ne mesure ni la fame ni l'uniqueness au sens de Romaniuk : c'est une notation par agents d'IA relue par l'auteur du rapport, pas une donnée recueillie auprès d'un consommateur réel [2].
3. Cet écart méthodologique invite à envisager le score STFO comme une notation de l'existence et de la reconnaissabilité apparente de ses actifs, plutôt que comme la mesure de distinctivité que la grille de Romaniuk définit.

## Deux mesures par sondage, contre une notation par agents d'IA

**En clair.** La grille de Romaniuk se mesure d'ordinaire auprès d'acheteurs de la catégorie : on leur montre un actif sans le nom de la marque et on leur demande à quelle marque il appartient. La part qui répond juste donne la fame ; l'uniqueness dit si l'actif évoque aussi des concurrents. L'audit STFO, lui, fait noter chaque actif par des agents d'IA, dont l'auteur relit ensuite chaque score, sans interroger d'acheteur.

*Ce que le document écrit.* Selon la même fiche de synthèse, la grille de Romaniuk se mesure d'ordinaire en montrant à des acheteurs de la catégorie un stimulus non marqué et en leur demandant à quelle marque il appartient [1]. Un actif célèbre mais pas unique, que beaucoup d'acheteurs de la catégorie attribuent à la marque mais qui évoque aussi des concurrents, est classé par la grille dans la case « à éviter » (Avoid) [1]. L'audit STFO, lui, publie une échelle de notation en quatre paliers appliquée identiquement aux huit actifs testés : 0 pour un actif absent, 1 pour un actif présent mais réduit au standard générique de la catégorie, une police Inter ou un bleu générique sont donnés en exemple, 2 pour un actif distinctif dans sa catégorie, 3 pour un actif reconnaissable hors contexte [2]. Ce jugement n'est d'ailleurs pas produit par un seul regard humain de bout en bout : selon la méthodologie publiée, un modèle d'IA sélectionne l'échantillon ; des agents collectent le matériau public de chaque marque ; un second jeu d'agents note chaque actif selon une grille fixe ; l'auteur relit chaque score [2].

*Ce que la méthode interprète.* Cette échelle qualitative demande à l'auditeur de juger si un actif « se distingue » ou est « reconnaissable hors contexte ». Rien dans cette procédure n'interroge un acheteur B2B réel pour savoir s'il reconnaît effectivement cet actif, ni s'il le confond avec celui d'un concurrent de la même catégorie. Un logo pourrait recevoir la note maximale de 3, jugé reconnaissable hors contexte par l'équipe d'audit, tout en ayant une fame quasi nulle auprès des acheteurs cibles s'ils n'ont presque jamais été exposés à la marque. L'inverse est également possible : un actif noté 1, générique selon la grille STFO, peut malgré tout bénéficier d'une fame élevée si la marque investit massivement en volume d'exposition.

## Une grille de correspondance entre notation STFO et grille Romaniuk

*Ce que la méthode interprète, cadre propre à cette analyse.* Chaque palier de la notation STFO reste compatible avec plusieurs positions distinctes sur la grille de Romaniuk.

| Note STFO | Ce que capture la notation | Position compatible sur la grille de Romaniuk |
|---|---|---|
| 0 · Absent | Actif absent | Fame quasi nulle ; uniqueness non pertinente |
| 1 · Générique | Actif présent mais standard de catégorie | Uniqueness probablement basse si l'actif est réellement partagé avec la catégorie ; non mesurée tant qu'aucun acheteur n'a été interrogé |
| 2 · Distinctif dans la catégorie | Jugé reconnaissable par qui connaît le secteur | Compatible avec une fame et une uniqueness encore faibles si peu d'acheteurs cibles ont réellement été exposés à la marque |
| 3 · Reconnaissable hors contexte | Jugé reconnaissable hors du secteur | Ne garantit ni fame ni uniqueness élevées tant qu'aucun sondage n'a mesuré la reconnaissance effective |

Un score maximal de 3 ne certifie donc ni une fame élevée ni une uniqueness élevée. Il signifie que la notation a jugé l'actif reconnaissable hors contexte. La conséquence concrète : une entreprise notée 3 sur un actif peut engager un budget de refonte ou de déploiement supplémentaire sur cet actif en croyant consolider une fame déjà acquise, alors qu'aucune donnée de reconnaissance consommateur ne l'établit.

## Ce que cet écart change pour la lecture du score

*Extrapolation prudente.* Cet écart ne retire rien à la partie descriptive de l'audit STFO : le rapport déclare 91 zéros sur la musique, note qui signifie un actif absent (ses propres comptes, 91 et 8, font 99), et une moyenne de 2,12 sur 3 pour la couleur, la plus élevée : ces constats ne demandent aucune donnée consommateur, mais un lecteur ne peut pas les recalculer. Il retire en revanche une partie de la portée du score global sur 24 points comme mesure de distinctivité au sens plein : ce score dit comment une notation juge l'existence et la reconnaissabilité apparente de ses actifs, pas ce qu'un acheteur en retient. Les 80 % de marques classées génériques ou invisibles par STFO (78 génériques et 2 invisibles sur 100) le sont peut-être aussi auprès d'acheteurs réels, mais c'est une hypothèse que le rapport ne teste pas : son classement porte sur le score total des huit actifs, alors que la couleur, prise seule, est notée 2 ou plus, soit au moins distinctive dans la catégorie, chez 86 % des entreprises, et aucune donnée consommateur n'accompagne l'audit pour trancher.

## Mes réserves

- **Ce que cette lecture ne dit pas.** Elle ne prétend pas que l'audit STFO est sans valeur : une notation de l'existence et de l'originalité apparente d'un actif peut servir de premier repérage, sans remplacer une mesure auprès d'acheteurs. Elle ne permet pas de conclure que le score sur 24 mesure la même chose que la grille de Romaniuk, ni que les entreprises les mieux notées par STFO seraient nécessairement mieux mémorisées par leurs acheteurs réels.
- **Corpus étroit.** Trois sources portent l'intégralité de cette page : je ne dis pas ce que d'autres commentateurs ont écrit sur l'audit STFO, et je ne le compare à aucun autre audit d'actifs distinctifs.
- **Cadre propre.** La grille de correspondance entre la notation STFO et celle de Romaniuk m'est propre, et elle découle presque mécaniquement de sa prémisse : je ne l'ai pas construite comme un cadre réutilisable hors du texte qui l'introduit.

L'implication concrète : avant d'investir sur la foi d'un score d'audit visuel, une direction marketing gagne à tester ses deux ou trois actifs les mieux notés auprès d'acheteurs de la catégorie ciblée, en posant les deux questions de Romaniuk : les acheteurs attribuent-ils l'actif à la marque sans voir son nom, et l'attribuent-ils aussi à des concurrents. L'étude sur les 405 éléments de marque recommande elle aussi aux responsables de marque de s'appuyer sur des études consommateurs, ou, quand ce n'est pas possible, de juger en groupe avec leurs collègues [3]. Une question d'attribution à la marque mesure la fame ; l'uniqueness exige de relever aussi les attributions aux concurrents. Traiter un score STFO comme une fame déjà acquise revient à confondre une notation d'actifs avec une mesure auprès d'acheteurs.

Retour au [dossier Contenu IA et actifs distinctifs de marque](/marketing/contenu-ia-actifs-distinctifs-marque) · Lire la [Décision possible](/marketing/contenu-ia-actifs-distinctifs-marque/decision-possible) du dossier.

## Sources

- [Umbrex, Distinctive Brand Assets Framework (Ehrenberg-Bass), fiche de synthèse de Romaniuk (2018), Building Distinctive Brand Assets, Oxford University Press.](https://umbrex.com/resources/frameworks/marketing-frameworks/distinctive-brand-assets-framework-ehrenberg-bass/)
- [STFO (2026). The State of B2B Brand Distinctiveness 2026, méthodologie de notation, 10 juin 2026.](https://www.stfo.io/research/b2b-brand-distinctiveness-2026/)
- [Brus, R., Hartnett, N., Faulkner, M., & Driesener, C. (2026). Assessing branding strength: comparing marketer judgement and consumer data for brand identity elements. Journal of Brand Management, 33(1), 1-17. Les auteurs sont rattachés à l'Ehrenberg-Bass Institute, qui produit et diffuse la grille dont cet article discute la portée, et leur conclusion favorise la mesure consommateur que cet institut promeut.](https://ideas.repec.org/a/pal/jobman/v33y2026i1d10.1057_s41262-025-00395-y.html)

---

Publié sur Probans : https://probans.org/marketing/contenu-ia-actifs-distinctifs-marque/distinctivite-ia-romaniuk-grille-vs-audit-stfo/