# 1 500-2 000 ou 3 500 milliards de dollars : le FSB et l'AIMA mesurent-ils le même crédit privé ?

> Les deux textes ne l'établissent pas. Le FSB estime le crédit privé, dans une définition qu'il dit plus étroite, entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars à fin 2024. Il appelle ce montant « total private credit lending » et parle, dans un paragraphe qui le chiffre, de la taille totale de l'encours des marchés (« total outstanding size ») ; son graphique des estimations de taille est libellé en actifs sous gestion, et il ne dit pas laquelle de ces grandeurs fonde sa fourchette. L'Alternative Credit Council de l'AIMA estime les actifs sous gestion mondiaux à environ 3 500 milliards à fin 2024, sur quatre stratégies, avec une base qui inclut, pour ses répondants, le capital non déployé et les lignes de levier. Le rapport du FSB nomme l'AIMA une seule fois, dans la liste de sources d'un graphique.

- Source : https://probans.org/finance/credit-prive-risque-systemique-ia/taille-marche-credit-prive-fsb-aima/
- Catégorie : Finance
- Auteur : Axel Morel
- Publié le : 2026-10-13

## En résumé

- <strong class="text-ink">Deux définitions.</strong> Le FSB retient le prêt direct non bancaire à des entreprises de taille intermédiaire, négocié de gré à gré. L'AIMA retient quatre stratégies : prêt aux entreprises, dette immobilière, prêt adossé à des actifs et dette d'infrastructure.
- <strong class="text-ink">Deux bases.</strong> Le FSB tire ses estimations « principalement » de déclarations réglementaires de ses membres. L'AIMA les fonde sur une enquête de 49 gérants, complétée par une estimation pour les autres.
- <strong class="text-ink">Un écart arithmétique, non un désaccord mesuré.</strong> Le chiffre de l'AIMA vaut 1,75 à 2,33 fois les bornes de la fourchette du FSB. Aucun des deux textes ne décompose cet écart.

Les deux textes ne l'établissent pas. Le FSB estime le crédit privé, dans une définition qu'il dit plus étroite, entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars à fin 2024. Il appelle ce montant « total private credit lending » et parle, dans un paragraphe qui le chiffre, de la taille totale de l'encours des marchés (« total outstanding size ») ; son graphique des estimations de taille est libellé en actifs sous gestion, et il ne dit pas laquelle de ces grandeurs fonde sa fourchette. L'Alternative Credit Council de l'AIMA estime les actifs sous gestion mondiaux à environ 3 500 milliards à fin 2024, sur quatre stratégies, avec une base qui inclut, pour ses répondants, le capital non déployé et les lignes de levier. Le rapport du FSB nomme l'AIMA une seule fois, dans la liste de sources d'un graphique.

1. **Deux définitions.** Le FSB retient le prêt direct non bancaire à des entreprises de taille intermédiaire, négocié de gré à gré. L'AIMA retient quatre stratégies : prêt aux entreprises, dette immobilière, prêt adossé à des actifs et dette d'infrastructure.

2. **Deux bases.** Le FSB tire ses estimations « principalement » de déclarations réglementaires de ses membres. L'AIMA les fonde sur une enquête de 49 gérants, complétée par une estimation pour les autres.

3. **Un écart arithmétique, non un désaccord mesuré.** Le chiffre de l'AIMA vaut 1,75 à 2,33 fois les bornes de la fourchette du FSB. Aucun des deux textes ne décompose cet écart.

## Le FSB : une fourchette de « lending », une définition étroite, une métrique non précisée

Le rapport du FSB, publié le 6 mai 2026, écrit que le crédit privé au sens où il l'entend est estimé entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars à fin 2024. La fourchette figure trois fois dans le texte (folios 1, 4 et 40). Le rapport la nomme « total private credit lending » (folio 1) et « aggregate size » (folio 4). Dans ce même paragraphe du folio 4, il évoque la taille totale de l'encours des marchés du crédit privé (« total outstanding size of private credit markets »). Son graphique 1.1, qui illustre la dispersion des estimations de taille, est libellé en actifs sous gestion. Le rapport ne dit pas laquelle de ces grandeurs fonde sa fourchette.

Cette fourchette porte sur une définition que le rapport dit « narrower » : le prêt direct non bancaire à des entreprises de taille intermédiaire, négocié de gré à gré, « in most cases, private equity-sponsored ». Il prévient que certains de ses chiffres et graphiques suivent une autre définition (note 9). Il dit cette définition alignée sur celle du FMI (2024) et cohérente avec des publications antérieures (notes 2 et 8).

La définition étroite du FSB ne mentionne ni la dette immobilière ni celle d'infrastructure. Son graphique 1.1 range l'infrastructure et l'immobilier commercial parmi les catégories qui élargissent la définition.

Les données viennent des sept juridictions du groupe de travail (Canada, zone euro, Hong Kong, Afrique du Sud, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis) et du Japon. Les estimations sont tirées « principalement » de déclarations réglementaires transmises par les membres. Les États-Unis pèsent environ 1 000 milliards de dollars dans cette estimation, selon le rapport.

Le rapport situe sa fourchette à une taille « similar » à celle du marché institutionnel des prêts à effet de levier et du marché du haut rendement, deux montants qu'il source auprès de tiers.

## Ce que le FSB écrit des limites de son propre chiffre

Le FSB écrit que définitions et estimations peuvent différer, que des difficultés de données importantes empêchent une évaluation exacte de la taille totale de l'encours des marchés du crédit privé, et, dans la même phrase, que ses chiffres sont « consistent with other global estimates ». Il ne liste pas ces autres estimations.

Il écrit aussi qu'il n'existe pas de définition commune du crédit privé, et que le périmètre et la taille varient « significantly » selon les classes d'actifs retenues. Ses membres ont souligné que les cadres de déclaration réglementaire n'identifient pas spécifiquement les fonds de crédit privé.

Le rapport ne dit pas dans quel sens ces limites déplacent la fourchette.

## L'AIMA : 3 500 milliards, dont 2 090,5 milliards déclarés par 49 répondants

*Financing the Economy 2025* est la onzième publication d'une série de l'Alternative Credit Council, produite avec Houlihan Lokey. L'ACC se décrit comme un organisme mondial qui représente des sociétés de gestion du crédit privé et du prêt direct, affilié à l'AIMA. Son avant-propos écrit que la recherche « hopefully provides assurance » à ceux qui s'inquiètent de la pérennité de cette croissance.

Le rapport estime les actifs sous gestion mondiaux du crédit privé à environ 3 500 milliards de dollars à fin 2024, en hausse de 17 % sur sa propre estimation de 3 000 milliards à fin 2023.

La définition retient les prêts originés ou pris en club, la dette privée, les CLO du segment intermédiaire et les instruments similaires, sur quatre stratégies, hors prêts syndiqués, obligations cotées et stratégies obligataires plus liquides. Ni « medium-sized » ni « bilateral » n'y figurent.

Les 49 répondants de l'enquête déclarent 2 090,5 milliards de « total private credit capital » : le capital engagé, déployé et non déployé (« dry powder »), plus les lignes de levier. Pour les gérants hors enquête, l'ACC a estimé le même agrégat à partir de données Preqin et d'informations publiques. La somme des deux fonde l'estimation de 3 500 milliards, que le texte nomme « assets under management ».

*Mon interprétation.* Les répondants pèsent donc environ 60 % des 3 500 milliards, la part estimée hors enquête environ 40 %.

Pour les seuls répondants, le rapport publie trois agrégats définis : le capital total (2 090,5 milliards), l'AUM brut, qui exclut le capital non déployé et ne compte que le levier tiré (1 647,6 milliards), et l'AUM net, qui exclut aussi le levier (1 249,9 milliards). Il imprime aussi deux autres montants : 397,7 milliards d'emprunts levés par les répondants sur leurs fonds, « approximately 32% » de l'AUM net (p. 33), et, en note, un capital engagé capté par l'enquête, hors levier, de 1 670 milliards, que la note ne date pas (note 15). Les 3 500 milliards, eux, sont publiés sous une seule forme.

*Mon interprétation.* Chez les répondants, le capital déployé hors levier représente environ 60 % du capital total. L'écart entre AUM brut et AUM net, 397,7 milliards, retombe sur le montant d'emprunts imprimé ; rapporté à l'AUM net, il en fait 31,8 %, pour « approximately 32% » imprimé. Avec le montant de la note 15, et si cette note porte sur la même date, le capital non déployé pèserait environ 420 milliards, et les lignes de levier, tirées ou non, environ 420 milliards, dont 397,7 milliards tirés. Ces proportions ne se transposent pas aux 3 500 milliards.

Le rapport écrit que le prêt aux entreprises représente environ 60 % du marché du crédit privé, et les États-Unis 65 % de l'AUM. Ces parts viennent de deux figures sur l'AUM brut investi des répondants : la figure 5 le ventile par stratégie (série de l'enquête 2025), la figure 6 par marché, avec 959,5 milliards (65 %) pour les États-Unis.

*Mon interprétation.* Les postes de la figure 6 totalisent 1 470,6 milliards, moins que l'AUM brut de 1 647,6 milliards de la figure 3. Les 959,5 milliards font 65 % de cette somme ventilée par marché, et 58 % de l'AUM brut.

## Le FSB nomme l'AIMA une fois ; l'AIMA, antérieure, ne nomme pas le FSB

Sur les 50 pages du rapport du FSB, « AIMA » n'apparaît qu'une fois, dans la liste de sources du graphique 1.1 (folio 5). Le rapport ne contient ni « Alternative Credit Council », ni « Financing the Economy », ni « 3.5 ». Il ne dit pas si le chiffre de l'AIMA entre dans sa fourchette ni s'il en est écarté.

Le graphique 1.1 illustre la dispersion des estimations de taille, en AUM, tirées de plusieurs sources dont les données vont de 2023 à 2025. La liste des sources nomme l'AIMA parmi huit mentions, et aucune barre ne porte de nom de source. Aucune valeur n'est lue ici sur ce graphique.

Sur les 57 pages du rapport de l'AIMA, « FSB » et « Financial Stability Board » n'apparaissent aucune fois. Le rapport de l'AIMA ne porte aucune date imprimée ; les métadonnées du fichier indiquent une création le 8 décembre 2025, avant le rapport du FSB.

## Ce qu'un lecteur qui doit décider peut en faire

Ne pas présenter 3 500 milliards et 1 500-2 000 milliards comme deux mesures d'un même objet dont l'une serait fausse. La définition diffère : prêt direct étroit pour le FSB, quatre stratégies pour l'AIMA. La grandeur n'est pas établie comme identique : le FSB nomme sa fourchette « lending » sans dire si elle repose sur l'encours ou sur des actifs sous gestion ; pour les répondants de l'AIMA, c'est un capital engagé, non déployé compris, plus les lignes de levier. La base enfin : des déclarations réglementaires « principalement » pour le FSB, une enquête complétée par une estimation pour l'AIMA. Le rapport d'écart, de 1,75 à 2,33, est une arithmétique, pas une mesure de sous-estimation ou de surestimation.

Écrire chaque chiffre avec son émetteur, sa date de référence (fin 2024 pour les deux) et sa grandeur : pour le FSB, le terme du rapport (« lending »), en signalant que le rapport ne dit pas si sa fourchette repose sur l'encours qu'il évoque ou sur les actifs sous gestion de son graphique 1.1 ; pour l'AIMA, le terme du rapport (« assets under management »), en signalant que, pour ses répondants, ce chiffre repose sur le capital engagé, non déployé compris, plus les lignes de levier.

Ne pas répartir l'écart entre définition, capital non déployé et levier : aucun des deux textes ne le fait. La décomposition n'existe que pour les répondants de l'AIMA.

## Mes réserves

- **Deux rapports lus, pas leurs sources amont.** Les estimations tierces citées par le FSB (Preqin, ESRB, FRB) et par l'AIMA n'ont pas été ouvertes.
- **Une cohérence non détaillée.** Le FSB ne dit pas quelles estimations il juge cohérentes avec la sienne.
- **Une date de parution non imprimée.** Le rapport de l'AIMA n'en porte pas ; la date retenue vient des métadonnées du fichier.

## Sources

- [Financial Stability Board (6 mai 2026). Report on Vulnerabilities in Private Credit. PDF de 50 pages, 8 sections et 2 annexes. Folios imprimés relevés : 1, 4, 5 et 40 (fourchette, liste de sources du graphique 1.1), graphique 1.1, notes 2, 8 et 9 ; texte entier pour la recherche de « AIMA », « Alternative Credit Council », « Financing the Economy » et « 3.5 ».](https://www.fsb.org/uploads/P060526.pdf)
- [Alternative Credit Council, avec Houlihan Lokey (décembre 2025, date des métadonnées du fichier, aucune date imprimée). Financing the Economy 2025. PDF de 57 pages, folio imprimé égal à la page du PDF. Pages relevées : 3, 4, 6, 8, 9, 10, 33, 36, 55 et 56 ; texte entier pour la recherche de « FSB » et « Financial Stability Board ».](https://acc.aima.org/asset/E18BF558%2D90F4%2D4551%2D9D3FC002B498AFC4/)

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