# Capex IA et boom dotcom : le parallèle de la BRI éclaire-t-il le financement ?

> Non : dans le chapitre I du rapport annuel 2026 de la BRI, aucune phrase ne rapproche ni n'oppose le financement du cycle IA à celui d'un des quatre épisodes passés. Ce que le chapitre compare, ce sont des trajectoires d'investissement, chacune rapportée à son propre creux d'avant-boom, sur cinq séries de nature différente. Il décrit pourtant longuement le financement du cycle IA.

- Source : https://probans.org/finance/capex-ia-stabilite-financiere/bulle-internet-capex-ia-ce-que-compare-la-bri/
- Catégorie : Finance
- Auteur : Axel Morel
- Publié le : 2026-10-20

## En résumé

- <strong class="text-ink">Le parallèle porte sur l'investissement.</strong> Le graphique 11.C rapporte chaque série à son propre creux, et les cinq séries n'ont ni le même pays ni le même agrégat. Le PDF n'imprime aucune de leurs valeurs.
- <strong class="text-ink">Parmi les cinq épisodes du 11.C, seul le cycle IA voit son financement décrit.</strong> Le paragraphe des épisodes et la note du 11.C ne contiennent aucun terme de financement. Le seul terme apparenté est « capital », dans la formule d'un capital attiré « in excess of what commercial returns could ultimately justify ».
- <strong class="text-ink">Ce silence n'est ni une ressemblance ni une différence.</strong> Le chapitre ne dit pas que le financement des épisodes passés était semblable ou différent, et il ne présente pas le 11.C comme une comparaison de financements.

Non : dans le chapitre I du rapport annuel 2026 de la BRI, aucune phrase ne rapproche ni n'oppose le financement du cycle IA à celui d'un des quatre épisodes passés. Ce que le chapitre compare, ce sont des trajectoires d'investissement, chacune rapportée à son propre creux d'avant-boom, sur cinq séries de nature différente. Il décrit pourtant longuement le financement du cycle IA.

1. **Le parallèle porte sur l'investissement.** Le graphique 11.C rapporte chaque série à son propre creux, et les cinq séries n'ont ni le même pays ni le même agrégat. Le PDF n'imprime aucune de leurs valeurs.

2. **Parmi les cinq épisodes du 11.C, seul le cycle IA voit son financement décrit.** Le paragraphe des épisodes et la note du 11.C ne contiennent aucun terme de financement. Le seul terme apparenté est « capital », dans la formule d'un capital attiré « in excess of what commercial returns could ultimately justify ».

3. **Ce silence n'est ni une ressemblance ni une différence.** Le chapitre ne dit pas que le financement des épisodes passés était semblable ou différent, et il ne présente pas le 11.C comme une comparaison de financements.

## Un chapitre du rapport économique annuel de la BRI, daté du 28 juin 2026

Le document lu est le chapitre I, « I. Progress and peril », du rapport économique annuel 2026 de la BRI, daté du 28 juin 2026. Il écrit que les opinions qui y sont exprimées ne reflètent pas nécessairement celles des banques centrales membres de la BRI (p. 39).

## Quatre épisodes rapprochés par une avancée technique et un excès de capital

Le paragraphe des épisodes tient entre le bas de la p. 22 et le haut de la p. 23. Il cite les canaux des années 1830, les chemins de fer britanniques des années 1840, l'électrification de la fin des années 1920 et le boom dotcom de la fin des années 90. Il leur trouve un trait commun : « a genuine technological breakthrough that attracted capital in excess of what commercial returns could ultimately justify ».

Il écrit que ces épisodes se sont terminés par un renversement de l'investissement, entraînant des récessions à l'échelle de l'économie. Cette phrase ne porte aucun renvoi, ni à un graphique ni à une référence. Il écrit ensuite que l'échelle et le rythme du boom IA actuel, accompagnés d'attentes de gains de productivité, « bear resemblance » à ces précédents, ce qui souligne des « potential downside risks » à court terme.

La ressemblance est fondée sur l'échelle, le rythme et les attentes de productivité. La phrase ne la fonde pas sur le financement, et elle ne prédit ni krach ni récession.

Le mot « bubble » n'apparaît pas dans le chapitre. La BRI écrit « boom », « bust », « mania » et « exuberance ». « Bulle » ou « bulle internet » est une formulation extérieure au chapitre.

## Le graphique 11.C compare des multiples de creux, pas des montants

Le panneau 11.C (p. 23) est titré « Boom-bust cycles are a regular feature of past major innovations ». Son unité est « Multiples of pre-boom trough », son abscisse « Years since trough », de 0 à 10, et ses cinq séries valent 1 à l'année 0. Le PDF n'imprime aucune valeur pour ce panneau. La BRI publie ses séries dans un classeur distinct.

La note de la p. 35 définit chaque série et son creux. Canaux : dépenses de construction de canaux aux États-Unis, 1835. Chemins de fer : investissement réel en Grande-Bretagne, 1843. Années 20 : investissement fixe privé en actifs aux États-Unis, 1921. Dotcom : investissement fixe privé américain en équipements de traitement de l'information et logiciels, 1995. IA : dépenses d'investissement des hyperscalers de l'IA, 2023.

Quatre séries sont des agrégats d'un pays nommé, la cinquième est une dépense d'un groupe d'entreprises sans pays nommé. La série dotcom mesure un investissement en équipements et logiciels, non la bourse ni les entreprises internet. Chaque série étant un multiple de son propre creux, aucun montant n'est comparable d'un épisode à l'autre.

*Mon calcul, sur le classeur publié par la BRI.* À l'année 3, soit 2026, la série IA vaut 4,461 fois son creux. Le maximum de chacune des quatre autres séries sur la fenêtre publiée est plus bas : canaux 4,086, chemins de fer 2,645, années 20 1,916, dotcom 1,908. Le rapport 4,461 sur 1,432, valeur du dotcom à l'année 3, fait 3,12. C'est un rapport de multiples de creux, non de montants, et le chapitre ne fait pas ce calcul.

La série IA compte 4 points (années 0 à 3), la série dotcom 10, les trois autres 11. La note du 11.C dit seulement que les dépenses 2026 des hyperscalers sont collectées dans les conférences de résultats et les communiqués. La note du 11.A, elle, parle de « expectations » pour 2026, et la légende du 11.A distingue « Actual » et « Forecast ». Ces points ne permettent pas d'en tirer la suite de la courbe IA.

Dans la série dotcom, le maximum est de 1,908 à l'année 5 (2000). Le minimum postérieur est de 1,596 à l'année 7 (2002), soit un recul de 16,4 %. Sur la fenêtre publiée, la série ne redescend pas à 1. Elle ne mesure ni la bourse ni le financement du boom dotcom.

## Le financement du cycle IA est décrit, sans comparaison avec les épisodes passés

Le chapitre décrit le financement du cycle IA. Les engagements des hyperscalers dépassent leurs bénéfices et leurs flux de trésorerie disponibles, ce qui conduit certains à émettre de la dette (p. 22). Les volumes de dette émise par les hyperscalers, les laboratoires d'IA et les sociétés d'ingénierie-construction sont élevés (p. 24).

À la p. 25, il décrit un financement circulaire : des fabricants de puces et des hyperscalers prennent des participations dans des laboratoires, qui s'engagent en retour sur des achats pluriannuels. Il écrit que la construction de centres de données est de plus en plus externalisée, puis louée aux hyperscalers, que les conditions sont « typically poorly disclosed », avec des « risks of the same asset being pledged multiple times ». Le gage multiple est écrit comme un risque, sans estimation, et aucune entreprise n'y est nommée comme partie à un montage circulaire.

Dans le paragraphe des épisodes comme dans la note du 11.C, « financ », « debt », « equity », « credit », « loan », « bond » et « leverag » figurent 0 fois. Le seul terme voisin est « capital ».

Sur les 33 pages du chapitre, aucune phrase ne rapproche ni n'oppose le financement d'un des quatre épisodes du 11.C à celui du cycle IA. Les termes « circular », « equity stake », « pledged », « neocloud » et « debt financed » ne se rapportent qu'au cycle IA. Ni « IPO » ou « initial public », ni « telecom », ni « fibre » ou « fiber » ne figurent dans le chapitre.

Le paragraphe des épisodes est suivi de l'intertitre « Financial vulnerabilities as amplifiers », qui ouvre sur le cycle présent. La phrase sur un renversement de l'optimisme envers l'IA y suit une phrase sur un resserrement des taux directeurs, non le paragraphe des épisodes.

## D'autres passages historiques, et une calibration aux épisodes non nommés

Le chapitre convoque d'autres précédents. La Grande crise financière et mars 2020 y sont cités comme précédents de corrections simultanées des marchés d'actions et de crédit (p. 25). La p. 31 écrit que l'appétit pour le risque et l'opacité accompagnent « typically » les booms financiers, sans nommer d'épisode. L'encadré C évoque la machine à vapeur, l'électrification et les technologies de l'information comme technologies d'usage général antérieures, qui ont relevé la productivité des travailleurs (p. 20). Aucun de ces passages ne rattache le financement à un épisode du 11.C.

Le panneau 11.B est estimé par un modèle de concurrence qui comprend un financement croisé entre entreprises et de la dette, sur deux scénarios, tous deux IA. Sa calibration est dite encadrée par des données d'accords IA observés et par des « historical technology boom evidence », sans autre précision (p. 23 et p. 35). La note 3 renvoie pour le détail à Rungcharoenkitkul (2026b), référencé comme « mimeo ».

Hors du paragraphe des épisodes et du 11.C, « dotcom » n'apparaît que dans le titre du panneau 12.C (p. 24), qui porte sur l'exposition des ménages américains aux actions entre le quatrième trimestre 1998 et le quatrième trimestre 2025. Ce n'est pas une donnée sur le financement ou l'investissement du boom dotcom.

## Ce qu'un lecteur qui cite ce chapitre peut en faire

Ne pas écrire que la BRI compare le boom de l'IA à une bulle : le mot n'y figure pas.

Ne pas écrire que le financement de la période dotcom différait de celui du cycle IA, ni qu'il lui ressemblait, en invoquant ce chapitre : aucune phrase ne rapproche les deux.

Ne pas convertir le 11.C en comparaison de montants : chaque série est un multiple de son propre creux.

## Mes réserves

- **Un constat borné au chapitre I.** Les recherches portent sur ce chapitre de 33 pages. La BRI a pu traiter le sujet ailleurs, et la pièce n'en dit rien.
- **Des sources déclarées ensemble pour les trois panneaux du graphique 11.** Parmi elles, Cranmer (1960), « Canal investment, 1815–1860 », et Rungcharoenkitkul (2026b), « AI investment race », référencé comme « mimeo ». Ni cette ligne de sources ni la note du 11.C ne disent quelle source alimente chacune des quatre séries des épisodes passés. Pour la série IA, la note du 11.C rattache seulement les dépenses 2026 aux conférences de résultats et aux communiqués.
- **Cinq séries hétérogènes.** Ni le même pays ni le même agrégat, et un seul point de 2026 dans la série IA.
- **Des hyperscalers nommés ailleurs.** La note du graphique 11.A (p. 35) nomme Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle. La note du 11.C ne donne ni liste ni pays pour la série IA, et le « over a trillion » de la p. 22 ne s'applique pas à la courbe.
- **Un avertissement de la BRI.** Les opinions du chapitre ne reflètent pas nécessairement celles des banques centrales membres, et « la BRI » ne s'écrit pas « les banques centrales ».
- **Un silence n'est pas un reproche.** La pièce ne dit pas que la BRI ignore ou écarte le financement des épisodes passés, ni que sa comparaison serait limitée : le chapitre ne dit rien de ses propres limites.

## Sources

- [Banque des règlements internationaux (28 juin 2026). I. Progress and peril, chapitre I du BIS Annual Economic Report 2026. PDF de 33 pages (folios 7 à 39). Pages employées : p. 20, 22 à 25, 31, 35 et 37 à 39 ; graphique 11 (panneaux A, B et C) et ses notes ; graphique 12 (panneau C). Recherche plein texte sur l'ensemble du chapitre pour l'absence de « bubble » et des termes de financement.](https://www.bis.org/publications/progress-peril.pdf)
- [Banque des règlements internationaux (2026). Données sous-jacentes des graphiques du chapitre I du rapport économique annuel 2026, fichier AER2026_Ch1_GraphUnderlyingData.xlsx, feuille « Graph 11 », colonnes M à R (panneau C), archive ar2026e-stats.zip. Employé pour les valeurs des séries du panneau 11.C, que le PDF n'imprime pas.](https://www.bis.org/publications/aer/ar2026e-stats.zip)

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