# Data centers IA : la distance entre sites suffit-elle à diversifier le risque ?

> La page du Swiss Re Institute ne répond pas à cette question : elle ne l'écrit pas et ne la teste pas. Les mots « distance » et « diversif » n'y figurent pas. Elle décrit une perte qui peut se cumuler à plusieurs échelles : plusieurs sites dans un rayon d'environ 20 miles, des bâtiments séparés d'un même campus, de nombreux campus d'un marché dense et, sans péril nommé, des programmes d'assurance distincts et des systèmes critiques communs. Cette mise en regard est la mienne, non celle de la page. Ses deux estimations d'exposition à la grêle et aux tornades portent sur la capacité américaine, pas sur l'Europe.

- Source : https://probans.org/assurance/assurer-data-centers-ia/reassurance-risque-geographique-data-centers/
- Catégorie : Assurance
- Auteur : Axel Morel
- Publié le : 2026-10-02

## En résumé

- <strong class="text-ink">« Distance » n'est pas dans la page.</strong> Le corps ne contient ni « geograph », ni « distance », ni « proximity », ni « diversif ». Les expressions « risque géographique » et « distance entre sites » sont celles de cette pièce, non de la source.
- <strong class="text-ink">Deux estimations, sur la capacité américaine.</strong> Selon la modélisation des auteurs, plus d'un quart de la capacité américaine, prévue et existante, pourrait se trouver dans des lieux à au moins trois jours de grosse grêle par an. Au chapitre 3, environ 40 % de la capacité américaine (« plus de 40 % » au chapeau) pourrait se trouver en zones à nombre de jours de tornade significatif à très élevé ; ce passage ne nomme ni outil, ni données, ni période. Aucune n'est étendue à l'Europe.
- <strong class="text-ink">Une accumulation décrite, sans chiffre de perte.</strong> Les pertes décrites pour les grappes, le campus et le cyclone sont au modal, sans probabilité ni montant ; la page affirme en revanche que la construction en grappes aggrave le problème. La page écrit que seuls quelques grands data centers de nouvelle génération sont pleinement opérationnels, ce qui limite l'expérience empirique de sinistres.

La page du Swiss Re Institute ne répond pas à cette question : elle ne l'écrit pas et ne la teste pas. Les mots « distance » et « diversif » n'y figurent pas. Elle décrit une perte qui peut se cumuler à plusieurs échelles : plusieurs sites dans un rayon d'environ 20 miles, des bâtiments séparés d'un même campus, de nombreux campus d'un marché dense et, sans péril nommé, des programmes d'assurance distincts et des systèmes critiques communs. Cette mise en regard est la mienne, non celle de la page. Ses deux estimations d'exposition à la grêle et aux tornades portent sur la capacité américaine, pas sur l'Europe.

1. **« Distance » n'est pas dans la page.** Le corps ne contient ni « geograph », ni « distance », ni « proximity », ni « diversif ». Les expressions « risque géographique » et « distance entre sites » sont celles de cette pièce, non de la source.

2. **Deux estimations, sur la capacité américaine.** Selon la modélisation des auteurs, plus d'un quart de la capacité américaine, prévue et existante, pourrait se trouver dans des lieux à au moins trois jours de grosse grêle par an. Au chapitre 3, environ 40 % de la capacité américaine (« plus de 40 % » au chapeau) pourrait se trouver en zones à nombre de jours de tornade significatif à très élevé ; ce passage ne nomme ni outil, ni données, ni période. Aucune n'est étendue à l'Europe.

3. **Une accumulation décrite, sans chiffre de perte.** Les pertes décrites pour les grappes, le campus et le cyclone sont au modal, sans probabilité ni montant ; la page affirme en revanche que la construction en grappes aggrave le problème. La page écrit que seuls quelques grands data centers de nouvelle génération sont pleinement opérationnels, ce qui limite l'expérience empirique de sinistres.

## Une page web courte de la série sigma insights

La source est une page web de la série *sigma insights* du Swiss Re Institute, publiée le 27 mars 2026, signée de Jonathan Anchen et James Finucane. Les deux estimations d'exposition, grêle et tornade, y sont présentées comme celles des auteurs (« Our modelling finds », « we estimate »). La page donne comme indications de méthode la phrase sur l'outil CatNet, celle sur les conditions climatiques actuelles et le seuil de zone tornade.

La page ne traite pas la réassurance comme une branche. Le corps n'emploie pas « reinsur » ; il écrit trois fois « re/insur… », assurance et réassurance confondues. « Retrocession », « cat bond » et « catastrophe bond » n'y figurent pas. La pièce n'attribue donc à la page aucun énoncé propre aux réassureurs : ce qu'elle dit vaut pour les « re/insurers » ou les « insurers » selon la phrase.

## Deux estimations d'exposition, limitées aux États-Unis

Au chapitre 3, la page écrit que les besoins en terrain et en énergie renouvelable des nouveaux data centers poussent de plus en plus leur implantation, aux États-Unis, vers des lieux plus exposés aux catastrophes naturelles. Elle juge ce risque croissant, les données *sigma* montrant que les pertes assurées des catastrophes naturelles augmentent de 5 à 7 % par an en moyenne, en termes réels, sur le long terme. Ce 5 à 7 % porte sur l'ensemble des pertes assurées de catastrophes naturelles, non sur les data centers.

Pour la grêle, la page applique l'outil CatNet aux données de capacité prévue et existante des data centers, disponibles par comté auprès du Department of Energy des États-Unis. Elle trouve que plus d'un quart de la capacité américaine pourrait se trouver dans des lieux connaissant au moins trois jours de grosse grêle par an, en moyenne sur une période historique de 64 ans. La concentration est « similar » sous les conditions climatiques actuelles, sans valeur.

L'unité est la capacité, non le nombre de sites, et la base mêle capacité prévue et existante. Le modal est conservé : « could be » au chapitre 3, « may be » au chapeau.

La page rattache l'importance de l'exposition à la grêle à la sensibilité des data centers aux dégâts des eaux, qu'elle explique par leur construction : grandes emprises, toits à faible pente, nombreuses traversées de l'enveloppe pour les réseaux techniques, forte sensibilité des équipements à l'humidité. Les campus comportent aussi des équipements extérieurs critiques directement exposables à la grêle et aux débris.

Pour la tornade, la page estime qu'environ 40 % de la capacité américaine pourrait se trouver dans des zones à nombre de jours de tornade significatif à très élevé, soit au moins trois jours par an avec des tornades de force (E)F1 ou plus. Elle en tire que la survenue d'un EF1+ est « not improbable » pendant la durée d'une police. La pièce ne traduit pas cette formule par « probable » ni par un chiffre. Ce passage ne nomme ni outil, ni données, ni période.

Le chapeau et le chapitre 3 ne libellent pas la tornade de la même façon : « Over 40% » au chapeau, « ~40% » au chapitre 3. Le premier est une borne inférieure, le second une valeur approchée qui peut être inférieure à 40. La page ne dit pas lequel est exact, et la pièce nomme l'endroit qu'elle cite.

Ces deux estimations portent sur la capacité américaine. La seule occurrence de « Europe » dans le corps porte sur les orages convectifs sévères, dont les pertes 2025 sont mondiales, à 51 milliards de dollars, et ne concernent pas spécifiquement les data centers. « France » n'y figure pas. Le quart et les 40 % ne s'appliquent ni à l'Europe, ni à la France, ni au monde.

## Les valeurs des figures ne sont pas lisibles dans la copie archivée

Le texte lu est une copie archivée de la page. Les figures 2 et 3, qui portent la capacité en gigawatts par classe de jours de grêle et de tornade, y sont des intégrations chargées par script, dont seuls les titres sont dans le texte. La pièce ne cite donc aucun nombre de gigawatts ni aucun pourcentage exact de grêle ou de tornade tiré des figures.

L'appel de note de l'estimation grêle porte la note 14, dont la référence est « Ibid. », à la suite d'une référence à un article de *The Insurer TV* (réf. 13). Le même paragraphe écrit « we analysed » avec CatNet : l'estimation est présentée comme celle des auteurs.

La réf. 15, qui décrit les données de capacité par comté du Department of Energy et porte la réserve sur l'achèvement des projets prévus, n'est appelée nulle part dans le corps ; la réf. 25, sur un jeu du même nom, l'est au chapitre 6, sans cette réserve. La réf. 15 rapporte que le site du ministère « noted a high degree of uncertainty in completion rate of planned projects ». Cette réserve figure dans la liste des références et n'est rattachée par aucun appel de note à un chiffre du corps.

## Quatre façons dont la page décrit une perte qui se cumule

*Plusieurs sites dans un rayon d'environ 20 miles.* La page écrit que le problème s'aggrave quand des promoteurs construisent ensemble de grandes grappes de data centers, comme à Abilene (Texas) et en Virginie, et que placer plusieurs sites dans un rayon d'environ 20 miles fait qu'un événement catastrophique naturel régional peut toucher à la fois une forte densité de valeur assurée. La phrase ne nomme pas l'aléa régional, et « can affect » n'est pas « affecte ».

La phrase décrit un groupement. La pièce ne lit pas ces 20 miles comme un seuil, une norme ou une distance de sécurité, ne les convertit pas en kilomètres, et n'écrit pas qu'au-delà le risque serait diversifié : « diversif » ne figure pas dans le corps. La phrase ne donne ni rayon, ni nombre de sites, ni valeur assurée pour Abilene et la Virginie.

*Des structures séparées d'un même campus.* La page écrit que le sillage et le champ de débris d'une tornade peuvent traverser des structures séparées d'un même campus et endommager plusieurs bâtiments simultanément. Un seul événement peut alors causer une perte supérieure à celle attendue sous une hypothèse de sinistre maximum probable d'origine humaine sur site unique, où typiquement un seul bâtiment, ou une partie, est endommagé. La page ne chiffre pas l'écart et ne dit pas qui emploie cette hypothèse.

*De nombreux campus d'un marché dense.* Dans un scénario de trajectoire le plus défavorable (« worst-case track scenario »), un cyclone tropical traversant un marché dense comme le Texas pourrait entraîner une accumulation de pertes, le vent et l'inondation touchant en même temps de nombreux campus et des infrastructures partagées. La phrase ne lui associe ni probabilité ni montant, et ne nomme pas l'infrastructure partagée.

*Des programmes d'assurance séparés et des systèmes communs.* Au chapitre 8, la page écrit que la transparence de l'accumulation est essentielle, car des portefeuilles assurés peuvent construire une concentration sans le vouloir. Les grands data centers sont parfois présentés aux porteurs de risque dans des programmes d'assurance séparés (par exemple bâtiment, équipements, centrales électriques), ce qui rend l'accumulation de capacité difficile à suivre pour les assureurs et pourrait permettre à un seul sinistre de toucher plusieurs programmes.

Le même chapitre écrit que les grands data centers concentrent aussi de nombreux locataires et intérêts assurés dans une même emprise physique, souvent derrière des systèmes critiques communs (alimentation, refroidissement, protection incendie), ce qui augmente la probabilité de sinistres multiples simultanés issus d'un même événement. Les deux passages cités de ce chapitre ne nomment pas de péril.

Un passage du chapitre 2 va dans le même sens sans concerner les aléas naturels : les nouveaux data centers sont bâtis en campus aux systèmes denses et aux interdépendances opérationnelles étroites, qui cumulent les risques sur un seul site, à la différence des constructions traditionnelles, dont les risques étaient familiers des assureurs.

*Mon interprétation.* Mis en regard, ces passages décrivent la perte qui se cumule à plusieurs échelles : un groupement de sites, un campus, un marché dense et, sans péril nommé, des programmes d'assurance séparés et des systèmes critiques communs. La lecture « le risque géographique ne se résume pas à la distance entre sites » est celle de cette pièce. La page ne l'écrit pas : « geograph », « distance » et « proximity » n'y figurent pas.

## Ce que la page n'écrit pas

« Earthquake », « wildfire » et « hurricane » ne figurent pas dans le corps ; « wildfire » n'apparaît que dans le titre de la réf. 12. La pièce ne prête donc à la page ni séisme, ni incendie de forêt, ni ouragan. Les mots « never », « none » et « every », et, en mots entiers, « no », « any » et « all », n'y figurent pas non plus. Dans les passages sur la tornade, le cyclone tropical et le chapitre 8, ses quantificateurs incluent « many campuses », « multiple buildings », « several insurance programs » et « multiple concurrent claims » ; aucun des quatre n'est une totalité, et la pièce ne lui prête ni « tous les data centers », ni « jamais », ni « aucun assureur ».

La page écrit que seuls quelques grands data centers de nouvelle génération sont pleinement opérationnels, ce qui limite l'expérience empirique de sinistres, et que le succès de la souscription dépend non seulement de la capacité mais d'une évaluation technique spécialisée et d'une gestion disciplinée de l'accumulation. C'est une condition énoncée, non un constat de manquement des assureurs. La pièce n'attribue à la page aucune méthode de gestion de l'accumulation.

Un autre passage, hors géographie, porte sur les limites de construction. La page écrit que le coût de construction d'un seul site peut atteindre 20 milliards de dollars ou les dépasser, et peut doubler une fois les GPU et autres technologies installés, et que les financeurs exigent des limites couvrant le coût complet de construction alors que les scénarios de sinistre maximum probable sont bien plus bas. Au chapitre 2, la phrase sur le dépassement des 20 milliards porte la note 8 et celle sur les scénarios de sinistre maximum probable la note 9 ; la liste des références renvoie la première à un document d'Allianz Commercial de novembre 2025, la seconde par « Ibid. ». La page ajoute que l'industrie de l'assurance et de la réassurance ne peut soutenir qu'une fraction de cette limite à des taux compétitifs dans les polices classiques de risque construction. La page ne dit pas si le sinistre maximum probable « much lower » de ce chapitre est l'hypothèse comparée à la tornade au chapitre 3.

## Ce qu'un lecteur qui doit décider peut en faire

Ne pas citer la page comme preuve qu'espacer les sites diversifie le risque, ni du contraire : « distance » et « diversif » n'y figurent pas, et les 20 miles décrivent un groupement.

Citer les deux estimations avec leur base, au modal : capacité américaine ; pour la grêle, capacité prévue et existante ; pour la tornade, sans outil, données ni période, que le passage ne nomme pas, et en nommant l'endroit de la page (chapeau ou chapitre 3).

Ne citer aucune valeur des figures 2 et 3 (gigawatts ou pourcentage exact de grêle ou de tornade) : la copie archivée ne contient pas ces valeurs.

Présenter le passage sur la tornade et le campus comme un possible (« can readily traverse »), sans chiffre d'écart.

## Mes réserves

- **Une page web courte, dont les deux estimations d'exposition sont présentées comme celles de ses auteurs.** La page donne comme indications de méthode la phrase sur l'outil CatNet, celle sur les conditions climatiques actuelles et le seuil de zone tornade.
- **Une copie archivée, sans les valeurs des figures.** Les figures 2 et 3 y sont des intégrations chargées par script, dont seuls les titres sont dans le texte.
- **Des estimations limitées aux États-Unis.** Le quart et les 40 % ne s'appliquent pas à l'Europe, à la France ni au monde.
- **Un libellé double pour la tornade.** « Over 40% » au chapeau, « ~40% » au chapitre 3, sans que la page dise lequel est exact.
- **Des pertes décrites au modal pour les grappes, le campus et le cyclone, sans probabilité ni montant.** La page affirme en revanche que la construction en grappes aggrave le problème, et que la concentration de nombreux locataires et intérêts assurés dans une même emprise, souvent derrière des systèmes critiques communs, augmente la probabilité de sinistres multiples simultanés issus d'un même événement. Elle écrit aussi que peu de grands data centers de nouvelle génération sont pleinement opérationnels, ce qui limite l'expérience empirique de sinistres.
- **Une lecture à plusieurs échelles qui est la mienne.** La page ne la formule pas.
- **La réassurance n'est pas distinguée de l'assurance.** La page écrit « re/insurers » ou « insurers » selon la phrase.

## Sources

- [Swiss Re Institute (27 mars 2026). sigma insights 07/2026 : Insuring AI: data centre value accumulation risks. Jonathan Anchen et James Finucane. Page web de neuf chapitres suivie de 29 références, sans pagination : repère par chapitre. Texte lu dans une copie archivée de la page (Wayback Machine, 16 août 2026) ; figures 2 et 3 non lisibles dans cette copie.](https://www.swissre.com/institute/research/sigma-research/sigma-insights-07-2026-insuring-ai-data-centre-risks.html)

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Publié sur Probans : https://probans.org/assurance/assurer-data-centers-ia/reassurance-risque-geographique-data-centers/